Que calor en la discoteca

Ecrire, ce 19 juillet, sous la contrainte des toupies hurlantes.

C’était l’été et, afin de briser la monotonie de notre couple, nous avions décidé d’aller faire un tour en boîte de nuit. Cela faisait si longtemps que nous n’avions rien fait ensemble. Vu que chacun d’entre nous avait tendance à se réfugier derrière l’écran de son ordinateur, se câliner devenait problématique. Il fallait briser cette routine. Ou envisager des alternatives. Telle était donc la situation.

Mais, maintenant que nous étions sur la piste, c’était plutôt sympa de se trémousser ensemble. Nos corps vibraient tellement peu à l’unisson d’habitude. Je trouvais ça dommage, mais ma douce ne semblait pas en vouloir plus. Pas plus qu’elle ne semblait disposée à me laisser la bride sur le cou en bonne jalouse qu’elle était. J’avais évoqué cette possibilité d’autres vies pour nous deux. J’avais entendu le reste. Mais là, nos corps presque emmêlés au rythme de la musique électro des lieux, j’en oubliais presque les vicissitudes de notre vie de couple.

Soudain, alors que nous dansions, je sentis un regard sur moi. Je tournai la tête à sa recherche. Et je la vis. C’était cette brune piquante que j’avais entrevue en arrivant et qui me fixait en mimant d’obscènes caresses sur le porte-clé plastique en forme de pénis qu’elle avait sur le comptoir. C’eût pu être une ouverture du champ des possibles. Son manège n’échappa toutefois pas à ma compagne :

  • Non mais tu l’as vue celle là ? Elle veut te capturer dans sa chambre ou quoi ?
  • Euh, qui donc chérie ?
  • L’autre connasse au comptoir avec sa robe bariolée. Si elle continue, je vais lui coller une marmite, ça lui apprendra à essayer de me piquer mon compagnon !
  • Ah, oui, maintenant que tu me le dis. Doucement quand même. La dernière fois que tu t’es crêpée le chignon avec une de tes supposées rivales, ça a fait un tel désordre que le patron du restaurant est venu me voir pour dire : “vire-moi cette conne qui agresse ma femme” et je crois qu’il parlait de toi.
  • Tu crois que je vais la laisser te réciter la grande complainte de l’amante délaissée ? Ah, ça non, mon bonhomme, elle va comprendre sa douleur la virago.
  • Va déjà au comptoir, prendre un mojito. Une bonne dose de rhum dans le gosier te fera du bien. Lâche un peu l’affaire, ça ne vaut pas la peine de se prendre la tête.

Mon amie obtempéra mais ne manqua pas d’aller faire un brin de causette à l’importune. Elle sortit de son sac une orange qu’elle gardait toujours en cas de fringale, l’éplucha et la posa devant la brunette. Puis elle sortit un tube qu’elle disposa à proximité. Mon amie murmura ensuite quelques mots à l’oreille de sa rivale et vint me rejoindre, un mauvais sourire aux lèvres.

Du coin de l’œil je vis l’accorte demoiselle considérer alternativement les deux objets déposés devant elle, particulièrement l’orange pelée font elle semblait évaluer les dimensions à l’aune de sa main. Je la vis alors blêmir, puis partir précipitamment, en oubliant presque son sac. Le porte-clé était resté aussi, formant une bien étrange nature morte avec le reste des accessoires.

  • Eh bien chérie, qu’as tu fait encore ?
  • Va voir, tu comprendras

Je gagnai le tabouret désormais déserté. Je reconnus alors le tube de vaseline que ma douce utilisait parfois pour ses cils à la place de la colle habituelle. J’avais peur de comprendre. Je la rejoignis.

  • Tu ne lui as pas…
  • Dit que je lui laissait le choix de prendre l’orange dans son cul entière ou par quartier si elle continuait ? Bien sûr que si ! Et la vaseline était une option supplémentaire que je lui ai proposée dans ma grande magnanimité.
  • Tu es décidément incorrigible.
  • Mon grand, quitte à ce que tu aies des maîtresses, autant que j’aie un droit de regard dessus. Et celle là ne me disait rien. Par contre, que penses-tu d’elle ?

Et du menton elle désigna une rousse incendiaire qui venait d’entrer.

  • Eh bien, je ne sais que dire.
  • Alors, ne dis rien et laisse-moi faire. Tu voulais du trio ? Tu en auras. Mais tu as intérêt à assurer.

Et elle me planta là pour aller enlacer la rouquine. Le reste de la soirée promettait.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s