20180930 : oulimots

9 mots en 9 lettres contenant chacun les lettres NEUF : Funambule, funéraire, enfûtages, enfumage, enfumeuse, openfield, nénuphars, funicules, funérales

 

Funambule oscillant dessus les nénuphars

Dont les doux funicules oscillent, immortels,

Prends garde à l’enfumage odieux de l’openfield

Dont l’enfumeuse en chef n’est autre que Mathilde.

Funéraire serait  ta chute. Et sans appel.

Funerales suivraient en Espagne, sans fard.

 

Et lors que, trépassé, viendrait ta mise en bière

Ton cercueil ne serait, contre ta volonté

Pas fait de ces tonneaux dont tu aimes tirer

Les élixirs servant sans fin à t’enivrer.

Non,aucun croque mort n’en voudrait démonter

Pour l’enfûtage auquel tu vouais tes prières.

 

1812

Je rêve à vous souvent et, la queue à la main,

Je donne libre cours à de troubles pensées.

Je ne peux m’empêcher d’ainsi me caresser

Avec, dans le regard, la courbe de vos seins

 

Vous êtes de moi proche et à la fois si loin

Et, quand avec vos amants du temps vous passez,

J’aime perdre du foutre. Il vous est adressé.

Vous penser avec eux m’excite au plus haut point

 

Ce désir à distance qu’ainsi je sublime

En me faisant jouir est une preuve ultime

De la complicité que nous avons tous deux.

 

Car je sais que, consciente de votre pouvoir,

Vous prenez du plaisir à me faire savoir

Dans tous leurs détails vos moments libidineux.

 

20180929 : oulimots

Paradoxal, myxomatose, rictus, hyper, wapiti, hipster, éclectisme, sybarites, lumineux

Mais quelle idée avait-elle eu d’accepter ce rendez-vous ? Elle se retrouvait à présent en face d’un garçon dont le  look plus qu’improbable lui agressait la rétine. Même sa barbe approximative lui hérissait le poil. Et pourtant, Dieu sait si elle aimait ça d’habitude. Franchement, elle avait dû avoir la myxomatose quand elle avait consulté son profil. Et si encore sa conversation faisait preuve d’un minimum d’éclectisme ? Même pas. Monsieur semblait faire preuve d’une hyper spécialisation en zoologie au point de lui raconter dans le détail la répartition géographique de la population mondiale des wapitis.

Elle eut un rictus en pensant au côté paradoxal de la situation. Elle qui voulait passer des moments lumineux avec quelque brillant sybarite, se retrouvait en ce moment à subir la présence assommante d’une sorte de hipster pontifiant. Et, en réfléchissant bien, ils étaient un peu son quotidien dans ses matchs du moment. Il fallait vraiment qu’elle change de site de rencontre.

20180928 : oulimots

chambre,  maison, office, table, jeu, récréation, classe, cadeaux, bal

Tu vas sans doute trouver que je te chambre, mais à force de rester chez toi, tu vas finir par y prendre racine. Bien sûr, on ne peut que louer ton sens aigu du rôle de maîtresse de maison mais trop c’est trop. Ton intérieur pourrait faire office d’appartement témoin tant le soin que tu lui portes est grand. Et je ne table pas sur moins de dix heures de ménage hebdomadaires de ta part pour arriver à ce résultat. Et tu en es fière, je le sais. Cependant, te rends-tu compte que, ce faisant, tu joues le jeu de tes détracteurs qui te te trouvent trop rigide et absolument pas marrante ? Alors laisse-moi te proposer une récréation. Partons faire les fous, voir de nouvelles têtes et découvrir de nouveaux plaisirs. Tu es dubitative ? Tu crains de ne pas être à la hauteur ? Tu n’as pas à douter de toi tu sais ? Ta classe naturelle fera de toi la reine du bal et te voir épanouie sera pour moi le plus beau des cadeaux. Allez, viens, on y va.

20180927 : oulimots

Étrilles,  tourteau, Araignée, Bouquet, Kenavo, Surf, Phoques, Minou, Léon

“Ça va les tourteaux ? Venez ma fille, que je vous baise !”

Combien de fois ai-je pu entendre cette vanne de la part de l’oncle Léon alors qu’une petite amie m’avait accompagné à un de ces trop nombreux repas de famille ? Sans oublier son sens tactile particulièrement déplacé envers elles et que je n’avais que trop longtemps supporté. Mais ce jour là ce fut le bouquet. Il avait beau avoir une araignée au plafond il fallait que je l’étrille, ne fût-ce que verbalement, à défaut de lui mettre mon poing dans la figure.

“Phoque you tonton, y en a marre de ton humour éculé à deux balles ! Un peu de surf sur la toile te ferait le plus grand bien pour renouveler tes punchlines. En attendant ferme ton clapet et laisse-nous tranquilles ! Celle-là tu ne la feras pas partir avec tes conneries et tes mains baladeuses. D’ailleurs on se barre, kenavo la compagnie ! Tu viens minou ?”

Et nous partîmes en claquant la porte. J’étais devenu, par cet esclandre, le paria de la famille et on ne nous invita plus au moindre déjeuner. Grand bien leur fasse ! Je revis quand même mon oncle. À sa veillée funèbre. Il s’était enfin tu et ne ferait plus de mal à qui que ce soit. Il était temps de renouer avec le clan.

20180926 : oulimots

Montre-moi ta courgette, je te montrerai mon abricot…

J’ai toujours eu du mal avec le sens caché des emoji. Particulièrement quand ils sont utilisés à des fins de séduction. Jusqu’à ce jour lorsque, au détour d’une conversation, une de mes amies m’en envoya une série sous forme de divers fruits et autres légumes. De part sa profession de webmistress, je comprenais aisément qu’il y avait un sens caché à ce message mais j’étais bien en peine de lui fournir une réponse immédiate et spontanée. Et ce fut une jeune collègue qui, regardant par dessus mon épaule, me l’avait décodée :

  • Montre-moi ta courgette, je te montrerai mon abricot. Eh bien, on t’en envoie des choses…

Je rougis.

  • Aaahhh ? Et, euh, comment lui faire une réponse favorable, euh,  dans la même veine ?

Sans mot dire, elle m’avait pris le smartphone des mains et avait répondu par une ligne parfaitement sybilline à base de donut, d’épi de maïs et de gouttes d’eau, puis une avec un biberon et une langue. Pour finir par une pêche et une main agitée.

  • Laisse venir maintenant. Tout ce qui ne sera pas sens interdit sera bon à prendre. Mais je crois qu’il va te falloir un cours. Veux-tu que je devienne ta prof ? Je suis expérimentée et pédagogue.

Et elle appuya sa proposition par un furtif baiser dans mon cou.

Et c’est ainsi que je devins expert en la matière en même temps que polygame.

 

20180925 : oulimots

Une contrainte de séduction : Armoire, livre, linge, changer, soleil, herbe, plafond,  nuage, bijou

Ce n’était pas une armoire à glace, non. Il comptait plutôt sur son esprit que sur son physique pour séduire. Alors il aimait le travailler au cours de ses nombreuses lectures. Et pour cela il y avait du beau linge dans sa bibliothèque. Pourtant, bien qu’il aimât en changer souvent, un livre revenait souvent entre ses mains : Aphorismes d’Oscar Wilde. Ce qu’il y trouvait le ravissait à chaque fois qu’il s’y plongeait et il  aimait briller en société en le citant, au cours de ces soirées que l’on ne quitte qu’au lever du soleil et, de préférence, en galante compagnie. Et cela fonctionnait parfois. Oh, bien sûr, pour vaincre sa timidité il prenait soin de consommer un peu d’herbe. Mais vraiment pas de quoi sauter au plafond. Juste ce qu’il fallait pour le désinhiber. Alors ses saillies devenaient d’authentiques bijoux que n’aurait pas reniés son inspirateur. Et, sur un nuage, les donzelles de l’assemblée se pendaient à ses lèvres, avant de l’être à quelque chose de nettement plus charnel, pour la plus grande joie de chacune des parties.

20180924 : oulimots

Une addiction, une contrainte ?

Amour,  vie, temps, coupe,  montre, nourricière, bien, dormir, enlacer

Ils avaient fait l’amour. Toute la nuit. Et, plein de vie, ils avaient l’impression que le temps n’aurait plus de prise sur leur relation. Puis ils rentrèrent, chacun chez soi. Pour y découvrir que la coupe était pleine et qu’il fallait passer à autre chose. Ils décidèrent donc de se créer de nouveaux moments ensemble. Et que de ce renouvellement viendrait le salut. Ils savaient que ce serait difficile de résister entre temps mais ils ne s’étaient pas promis l’exclusivité. En attendant, ils allaient entretenir leur besoin l’un de l’autre dans des échanges enflammés bien que virtuels. Pour mieux se retrouver.

Cette brève fable montre bien que, pour nourricière que soit une relation, elle peut aussi créer du manque. La laisser dormir est alors impossible, il faut que la passion vive, soit entretenue. Et, souvent, enlacer son oreiller en pensant à l’autre ne suffit pas.

20180923 : oulimots

Tournez manège : ivresse, tournis, pompon, tour,  encore, lendemain, fête, année, bonheur

C’est le pompon ! Tu m’avais promis d’être sobre afin de me laisser le loisir de me mettre un peu la tête en dedans. C’est ma soirée quand-même. Et voilà que tu prétends que tu as le tournis. Je te rappelle que, comme d’habitude, c’était ton tour de jouer les Capitaines de soirée. Bon sang ! Si encore c’était la première fois. Mais non ! Tu me fais ce plan chaque année. Chaque fois qu’on se voit. Tu me fais des promesses et puis… Je devrais le savoir à force. Mais je ne cesse d’espérer que tu changes. Bref…

Bon, avisons. Quelle alternative nous reste-t-il ? Pas d’Uber dans notre cambrousse. Et tout le monde est déjà rentré. Alors à part rester jusqu’au lendemain dans la voiture sur le parking de la discothèque je ne vois pas. Et, franchement, j’en ai marre ! Passer une nouvelle nuit d’anniversaire avec toi comme ça je n’en peux plus. À croire qu’à cette occasion tu as une prédilection pour les étreintes en état d’ivresse et sur les banquettes arrière. Et surtout qu’elles suffisent à ton bonheur. Tu n’as pas envie qu’on essaie au moins une fois de faire l’amour dans un lit ? Et à jeun ?

20180922 : oulimots

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Une verte contrainte.

Le vert est paraît-il la couleur de l’espérance. C’est ce que me dis en contemplant mon Perrier menthe  alors que, contrairement à l’accoutumée, tu es en retard. Et, à bien y réfléchir, cette couleur est une des composante essentielle de notre relation.

Déjà notre rencontre. Je m’en souviens très bien. Je cherchais un logement dans l’Essonne et j’avais fait appel aux services de l’agence Green Acres. En tant qu’agent chez eux tu m’avais proposé un logement à Vert le Petit. Et, alors que tu me le faisais visiter, j’avais été plus impressionné par tes courbes que par les volumes dont tu me faisais l’article. Ta généreuse poitrine ne demandait qu’à jaillir de ton chemisier de soie émeraude et je n’arrivais pas à en détacher mes yeux. Tu avais remarqué que je louchais dessus et, au lieu de me réprimander vertement, tu m’avais pris par la main pour me guider, d’abord vers la chambre, puis vers les boutons qui allaient faire céder les dernières barrières de tissu entre nous. Les gémissements de plaisir que tu poussas ensuite alors que je te caressais me firent vite prendre conscience du fait que j’avais la main verte pour ce qui était de cultiver notre jardin secret. Car, bien que nous eussions cédé si facilement l’un à l’autre, tu avais quelqu’un dans ta vie et moi aussi. Ce qui ne nous empêcha pas d’enchaîner des rendez-vous qui amenèrent autant d’étreintes, et ce, jusqu’à ce que nous finissions par trouver la  garçonnière qui devait m’accueillir pendant ma mission en île de France.

C’était donc pour célébrer cette signature que je t’avais invitée au restaurant la 7ème épice dont j’avais entendu le plus grand bien, notamment au niveau des cocktails. J’avais cru t’épater avec mon Gin to’Mint du Sichuan. Quelle ne fut alors pas ma surprise quand tu commandas un Last Word. Ce breuvage n’était pas des plus courant bien que remis au goût du jour dans les années 2000.  Je t’en fis part. Tu m’avouas alors ton faible pour la Chartreuse dû à tes origines iséroises. Et, une fois ton verre terminé, que ce serait probablement très difficile de se revoir maintenant que l’alibi de ton mandat auprès de moi ne tenait plus. Et tu partis. J’étais vert.

Alors aujourd’hui, alors que nous avons enfin trouvé un prétexte pour nous retrouver, je triture dans ma poche le trèfle à quatre feuilles que j’ai ramené d’Irlande, comme pour conjurer le sort alors que tu n’es toujours pas arrivée…