20180914 : oulimots

La fin d’une histoire sous la contrainte des oulimots du 14/09/2018 :

féerie, lumière, roue, bateau, surprise, rue, noir, inoubliable, plénitude

Quand je poussai la porte de la chambre, quelle ne fut pas ma surprise de la trouver dans le noir. Il me semblait pourtant que la lumière était allumée quand je l’avais laissée. Elle avait dû vaguement émerger et n’avoir le courage que de presser l’interrupteur avant de sombrer à nouveau. Je n’eus pas le cœur de la réveiller malgré mon désir. J’étais certes un peu déçu mais je préférais la laisser à la plénitude de son sommeil. Je refermai donc la porte et commençai à me rhabiller. Puis je sortis de l’appartement et descendis l’escalier.

Je lui avais laissé un mot pour lui dire à quel point son initiation aux choses réelles de l’amour resterait inoubliable pour moi. Pas un post it, non. Un fichier Word plutôt, laissé ouvert sur le bureau de son PC. Je lui disais notamment que j’aimerais avoir d’autres bulles de temps avec elle, comme celle que nous venions de passer ensemble. Pour prolonger la féerie de ces moments de communion charnelle. Bref, une sorte de déclaration amireuse. Que je ne  trouvais pas vraiment brillante. J’avais beau avoir essayé de ne pas être trop bateau dans la construction de mes phrases, je ne pouvais m’empêcher de penser que je n’avais toujours pas trouvé la formule pour la séduire. On verrait bien si elle allait me rappeler.

Une fois dans la rue, je jetai un dernier coup d’œil à ses fenêtres, toujours obscures et  m’éloignai doucement, à la fois heureux et triste. Ça avait été de bons moments. C’était désormais derrière moi. Chemin faisant, je n’eus de cesse que de regarder l’écran de mon smartphone. En vain. Pas la moindre notification de sa part. Pour me rassurer je me dis qu’elle devait encore dormir.

Toujours pas de nouvelles au bout d’une semaine. J’en pris mon parti. J’avais été un aimable sujet d’expérimentation, point barre. Il me fallait passer à autre chose. La roue avait tourné, tant pis. J’essayai de l’oublier dans d’autres bras. Sans jamais vraiment y parvenir. Et puis, un soir, alors que j’étais en train de chatter, essayant d’attirer dans mon lit une énième conquête, l’écran devint noir. Puis une paire de fesses apparut tandis qu’une phrase flottait en lettres de feu : “same player shoot again”. Je les reconnus aussitôt. C’était les siennes. Puis : “press enter to continue, cancel to exit”. Je m’exécutai et validai avec une impatience non feinte. L’image disparut et j’entendis sa voix me murmurer un “viens” langoureux. Puis tout s’éteignit. Je pris ma veste, un grand sourire aux lèvres. Ça recommençait.

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