20181031 : oulimots

Une contrainte de rupture

Rupture,  départ,  soulagement, renouveau, projet, cinquantaine, élan, conventionnel, aventure.

Ils se rejoignirent t à la terrasse d’un café. Ils formaient un drôle de tableau trouvèrent-ils . Lui, la cinquantaine, plus ou moins en rupture avec la société et elle qui cherchait une aventure afin d’échapper un moment à un mode de vie trop conventionnel. Et pourtant, finalement, ils étaient animés par un même élan. Tous les deux voulaient vivre autrement, mieux. Ils étaient heureux de cette communauté de projet et, bientôt, leurs bouches se rencontrèrent, leurs langues se mêlèrent.

Ils furent vite indécents. Au point de devoir trouver au plus vite un lieu pour abriter leurs ébats. Mais pas question d’aller chez lui. Il avait dévasté son appartement au cours de ses élans de désespoir. Et chez elle ? C’était prendre le risque d’être surpris par l’époux et il était probable qu’il n’apprécierait pas ce genre de renouveau dans la sexualité d’Aline. Ce fut donc avec soulagement qu’ils aperçurent l’enseigne d’un petit hôtel au coin de la rue.

Ils réunirent tout juste la somme nécessaire à la location d’une chambre pour l’après-midi en fouillant leurs poches. Il commençait à être vraiment fauché et, pour ce qui la concernait, Monsieur tenait très serrés les cordons de la bourse. Mais bon, ils y étaient.

Une fois à l’intérieur, elle se jeta sur lui, arrachant presque les boutons de sa chemise avant de s’attaquer à sa ceinture avec l’empressement de son désir impérieux. Il n’était pas en reste pour la déshabiller et il se retrouvèrent vite nus, leurs corps emmêlés. Et ce furent alors de folles cavalcades vers les sommets du plaisir. il la lécha à l’en faire hurler, elle le  prit en bouche, en con, en cul. Et, quand elle voulut lui rendre la pareille de ses doigts agiles, il lui tendit le sien avec joie.

Il fut hélas temps de se séparer, chacun devant reprendre le cours de sa vie. Mais cette escapade leur avait rendu à tous deux l’espoir de lendemains qui chantent. Et ils se promirent de se retrouver bientôt pour donner libre cours à l’expression de leurs désirs. Ça avait été de belles retrouvailles et cette complicité renaissante faisait sonner en eux le signal du départ vers un monde dans lequel ils auraient leur place. Tout restait à créer.

20181030 : oulimots

Une contrainte aliénante :

Drogue, pourrir, aliéné, amer, vivant, accroupi, désosser, muraille,  gironde.

 

L’enthousiasme de Mathieu fut de courte durée. Toute la drogue et tout l’alcool qu’il avait pu consommer ces derniers temps avaient fini par pourrir son organisme. Et son esprit, aliéné par ces psychotropes, lui interdisait de pouvoir se concentrer sur le moindre sujet plus de cinq minutes d’affilée. Bref, il se retrouvait au pied d’une muraille infranchissable. Un peu amer, il dût se rendre à l’évidence : il était mal barré pour mener à bien son entreprise s’il restait ainsi. Mais que faire ?

Il en était là de ses réflexions, accroupi dans un coin de son salon, en proie à une montée d’angoisse quand une notification sur son smartphone l’arracha à son désespoir. C’était Aline, une de ses vieilles conquêtes, à qui, visiblement, il avait laissé un souvenir bien vivant, et qui lui proposait de le voir. La photo d’elle, nue, qu’elle avait jointe au message lui prouva qu’elle était restée bien gironde malgré les années et le sang de Mathieu s’échauffa. Aline lui servirait à prendre sa revanche après une première manche désastreuse. Elle ne serait pas une victime par contre, non. Aline n’était pas une de ces bimbo à désosser par désœuvrement. Et puis Mathieu était trop gentil pour ça. Il la voyait plutôt comme un moyen pour lui de se remettre en selle, de récupérer un peu d’estime de soi. Et puis il verrait bien.

Mathieu réunit donc le peu de créativité qui lui restait pour composer le message le plus érotico-spirituel qui fût. Il lui fallait la séduire. Ce serait le premier pas vers sa résurrection.

20181029 : oulimots

Une contrainte fallacieuse :

Cône, Fallacieux, Bouche-trou, Seringue, Carrément, Chandelle, Terminaison, Sobriété, Rapine

Ça ne s’arrangeait pas pour Mathieu. La sobriété le fuyait de plus en plus et, des cônes, était désormais tenté de passer à la seringue. Et voilà qu’à présent Léonard venait de lui envoyer un SMS lui faisant mention du fait qu’il avait recruté un bouche-trou de talent pour finir le projet. Et que, par conséquent, s’il voulait prendre le temps de se remettre, il le pouvait. Ce ne serait par contre pas aux frais de la société et sa carte bancaire professionnelle était désormais bloquée. Bref, Léonard lui annonçait carrément son éviction du cabinet sans même chercher de fallacieux prétextes. Mathieu s’en doutait un peu suite à la visite qu’il avait reçue mais il trouva quand même le procédé un tantinet brutal

Cela aurait pu lui porter un coup fatal . Au contraire. Un vent de révolte se mit à souffler sous son crâne. Il eut un instant envie d’aller casser la gueule de son désormais ex associé. Toutes ses terminaisons nerveuses véhiculaient alors de la haine envers ce connard prétentieux qui n’avait fait qu’apporter du capital à leur entreprise. Putain, c’était lui, Mathieu, qui était leur caution créative. Puis il se dit que le jeu n’en valait pas la chandelle et que ce serait trop d’attention à lui donner. Non, il allait lui piquer son client en lui faisant en sous-main une proposition qu’il ne pourrait pas refuser. L’idée de cette rapine finit définitivement de le dégriser. Il se mit aussitôt à son bureau et commença à griffonner nerveusement quelques notes.

20181028 : oulimots

Une contrainte d’urgence

madrigal, Léonard, so fuckin’ special, Grasse, parfum, cadeau, chance, joie, J-11

 

Mathieu traînait donc ainsi depuis un temps.qu’il avait renoncé à compter quand on frappa à sa porte, troublant sa grasse matinée. Il reconnut aussitôt la voix de Léonard, son associé, qui lui demandait d’ouvrir séance tenante. Il s’exécuta sans se presser. Léonard entra en trombe :

— Putain ! Tu es complètement inconscient ? On est à J-11 de la deadline bordel ! Tu es au parfum qu’on joue l’avenir de la boîte sur ce projet ? Tu n’es vraiment pas un cadeau quand tu t’y mets ! Alors sors-toi les doigts du cul et donne-nous du so fuckin’ special qui mette le client en joie !

— C’est pas de chance mais, vois-tu, je crois que je n’en ai plus rien à foutre. Elle m’a flingué la  créativité l’autre conne, et je crois que je suis complètement grillé sur la place publique. Alors tu pourrais me chanter tes menaces sur un madrigal que cela n’y changerait rien. Laisse-moi juste tranquille. Par contre, si tu as un peu d’herbe…

Léonard sortit, complètement furieux, non sans lui promettre toutes formes de poursuites s’il le plantait. C’est à peine si Mathieu réagit. Foutu pour foutu, autant boire le calice jusqu’à la lie. Il prit une bière et s’affala devant son écran.

20181027 : oulimots

Une contrainte surprise :

Ami, légo, vidéo, piscine,  gâteau, surprise, minecraft, milk-shake, bonbon

“ Mon cher ami, connaissez-vous la différence entre un clitoris et un Lego ? Non ? Alors continuez à jouer aux Legos et arrêtez de me casser les bonbons ! “

Mathieu avait vraiment du mal à se remettre de l’humiliation publique que lui avait infligée celle qu’il convoitait depuis des semaines. Alors qu’il l’avait invitée à une soirée au bord de la piscine d’un célèbre producteur, il avait voulu lui faire la surprise de le lui présenter. Et voilà la récompense qu’il en avait reçue.

Cerise sur le gâteau, la scène avait été immortalisée par de nombreuses vidéos qui tournaient désormais en boucle sur les réseaux sociaux. Sa gloire à elle était désormais faite. C’était par contre un very bad buzz pour Mathieu et, désormais cloîtré chez lui en attendant que les choses se tassent, il meublait le temps en s’abrutissant au cours d’interminables parties de Minecraft. Et il ne se nourrissait plus que de pizzas surgelées qu’il prenait soin d’arroser  de milk-shakes améliorés avec tous les alcools dont il disposait, quand ce n’était pas de quelques pincées de cannabis.

Tout était bon pour être ailleurs. Ne plus penser. Oublier. S’oublier. Il espérait d’ailleurs que ses provisions lui suffiraient. Il était hors de question d’avoir le moindre contact avec l’extérieur avant un bon moment. Il lui fallait ce temps de no life avant d’essayer de rebondir. La roue allait tourner. Il l’espérait. Sans trop y croire.

Mon Kasala

Le Kasala est un texte de force et d’affirmation à travers lequel l’homme prend sa place parmi les humains. Il ne se met pas ni au dessus, ni en dessous des autres, il existe.

Dans beaucoup de cultures, il est proscrit de faire la louange de soi, c’est l’autre qui a ce droit. C’est le passant qui dit au fermier que son champ est magnifique.

Dans l’art oral africain, la proclamation de son propre Kasala renforce le cœur des autres. L’utilisation du ‘’Je’ qui est utilisé dans la cette pratique est accepté car c’est un ‘’JE’’ qui dépasse l’être.

C’est l’expression de notre appartenance à quelque chose de plus grand qui nous est commun.

Voilà donc le mien :

Je suis l’élan, le créateur

Qu’un obstacle se dresse devant moi et je sais fabriquer l’outil pour l’abattre

Tu ne vas pas bien ? Je sais avoir les mots, les actes pour panser tes plaies

Je suis le bienveillant, celui qui saura écouter tes doutes pour mieux les dissiper. Qui te redonnera l’énergie dont tu as besoin

Je suis cette épaule forte et douce à la fois, celle sur qui on aime se reposer

Je suis cette douceur, cette chaleur dont tu aimes t’envelopper

Et je t’offre alors avec plaisir tout cela

Je suis en résumé le moteur de ta joie.

 

La version audio

20181026 : oulimots

Une contrainte ensorcelante :

Besoin, , intérieure, méconnu,  chimériques, ensorceleur, victimes, ruissellement, nocturne, harpies.

Il était un artiste injustement méconnu, sous le joug d’une harpie qui passait le plus clair de  son temps à le rabaisser, à minimiser son œuvre, soi-disant pour son bien. Il végétait donc. Elle, victime d’une terrible surexposition médiatique depuis que son ex avait posté des vidéos de leurs ébats nocturnes, avait besoin de se retrouver. Leur rencontre, pour improbable qu’elle fût, n’en généra pas moins des étincelles. Fascinée par son talent elle n’hésita pas à prendre pour son objectif les poses les plus osées, allant jusqu’à lui offrir ses ruissellements les plus intimes. Il se retrouva quant à lui en se perdant dans les  méandres ensorceleurs qu’elle lui dévoilait. Et, paradoxalement, cela leur apporta à tous deux sérénité et paix intérieure. Au point que, se foutant désormais du qu’en dira-t-on, il ne leur apparut pas si chimérique que ça d’exposer le fruit de leurs séances au public. Le succès que cela leur apporta alors fit leur fortune et permit leur émancipation. On les retrouve maintenant, pas forcément ensemble, mais heureux de vivre et de se revoir à l’occasion.

20181025 : oulimots

Une contrainte en balade :

mustang, merveilles, moulin, militaire, mappemonde, mouiller, musarder, multilatéral

Musardant au volant de ma Mustang au moulin trafiqué je réfléchissais à aux endroits de la mappemonde dans lesquels je n’avais pas encore mouillé. Et, tout à mes pensées, je ne vis pas le feu passer au rouge.

Ce fut le sifflet d’une gendarmette qui me rappela à l’ordre. Je m’arrêtai, penaud, m’attendant à une remontrance voire une amende salée.

Quelle ne fut pas ma surprise de voir alors la militaire ouvrir la portière passager, s’asseoir et, lançant son calot par dessus bord, me demander de démarrer et d’aller au bord de l’océan. Elle voulait, dit-elle, se baigner.

Un peu ébahi, j’obtempérai. Nous n’avions pas échangé un mot de plus. C’était un peu irréel. Arrivé à une intersection, je quittai brièvement la route des yeux afin de lui lancer mon fameux coup d’œil multilatéral. Et ce que je vis me plut immédiatement. Elle avait largement ouvert son chemisier et, compte tenu du fait qu’elle avait savamment fendu sa jupe très haut sur le côté, sa tenue n’avait plus rien de réglementaire. C’est alors que, ouvrant les jambes vers moi, elle me dévoila une merveille de chatte qu’aucune culotte ne masquait. Je ne savais pas où cela allait nous mener mais je me laissais glisser. Ça allait sûrement être sympa.

20181024 : oulimots

Une contrainte sans retour :

aller, retour, allée, rature, allant, amour, amant, toujours

 

Faire aller mon stylo sans rature

Pour te dire des mots sans détour

Et me dévoiler au grand jour

En exhibant ma vraie stature

 

Je n’attends de toi en retour

Qu’une complicité sans parjure

Du plaisir que l’on se procure

En ne se faisant que l’amour

 

J’ai posé ma candidature

Au poste d’amant. Ce concours

De circonstances qui un jour

M’a révélé ma vraie figure

 

Ca ne durera pas toujours

Et quand vers d’autres aventures

Tu seras allée par nature

Je l’accepterai à mon tour.

 

 

20181023 : oulimots

Une contrainte à déguster sans modération :

Place, réverbère, ambiance, exposé, sang, repas, fatal, dégusté, doute.

L’heure tardive avait fait déserter la place à la foule des badauds et, maintenant, il n’y avait plus que nous deux à en arpenter le pavé. Nous avions quitté le restaurant après un repas très long mais aux portions raisonnables, aux saveurs exquises et qui avait été fort agréablement arrosé. Nous n’avions donc pas la panse alourdie ni l’esprit embrumé. Tout juste baignions-nous dans une douce euphorie. Nos agapes nous avaient également rendus un peu égrillards. Car tu me fis remarquer en riant que les réverbères faisaient une lumière d’ambiance fort propice à une petit striptease. Je te mis alors au défi d’exécuter sur le champ une séance privée à mon attention, argumentant que la douce chaleur nocturne de cet été qui n’en finissait pas s’y prêtait à merveille.

Tu ne protestas même pas. Tu n’eus même un instant de doute. Tu allas illico te placer sous l’un des éclairages municipaux et entrepris alors un savant effeuillage. Ce fut d’abord ta veste que tu déposas négligemment sur le banc à proximité. Puis ta jupe qui glissa le long de tes cuisses. Tu ondulais désormais en talons et dessous telle une vraie pole danseuse le long du mât improvisé. Je ne perdais pas une miette de ce spectacle et, la main dans la poche, massais délicatement mon sexe à travers le tissu. Tu ne manquas pas de remarquer mon manège et, comme pour exaspérer mon trouble, tu commenças à dégrafer ton soutien gorge que tu lanças dans ma direction. ton slip suivit dans la foulée Tu dansais maintenant nue, juchée sur tes stilettos, sous le halo du lampadaire et, voir ton corps nu ainsi exposé sous cet éclairage qui donnait à ta peau un éclat laiteux, me mettait dans tous mes états. Le sang me battait aux tempes et une érection formidable jaillissait maintenant de mon pantalon que j’avais ouvert pour me caresser plus à l’aise.

Tu me regardais maintenant l’entrejambe avec un regard gourmand et je pense que tu aurais dégusté ma queue séance tenante et ce,  jusqu’à ma totale reddition. Mais nous entendîmes une bande de noctambules qui approchait. Et nous eûmes à peine le temps de ramasser tes affaires et de courir nous cacher sous une porte cochère avant d’être à leur vue. Mais cette irruption, loin de porter un coup fatal à nos projets coquins, ne fit qu’en augmenter l’intensité quand, à peine rajustés, nous gagnâmes notre chambre d’hôtel. Ce qui s’ensuivit ne se racontera pas ici mais je garde un souvenir impérissable de cette soirée. Merci à toi ma belle.