Prendre son élan

Il est peut-être temps pour moi de partir. De découvrir de nouvelles choses.

La vie m’offre cette opportunité, je me dois de la saisir. Mais, j’en conviens, ça ne se fait tout seul. Il y a des doutes, des interrogations qu’il me faut dissiper pour aller de l’avant. Alors j’essaie de me dire que si l’expérience est un échec je reviens juste au point de départ. Je ne recule d’aucune case et je ne vais pas brûler mes vaisseaux en débarquant. Et que, par conséquent, ce ne sera que du positif quoi qu’il advienne.

Il n’empêche. Je serre les fesses.

Ces mots que j’ai osés, ce sonnet à ses seins.

Rayonnantes rotondités sous nos regard

Que ces seins sensuels qu’on nous offre en contrainte

Ils semblent innocents, sont-ils ceux d’une sainte ?

Ils méritent en tout cas les plus doux des égards

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Je leur dédie alors ces mots, bien dérisoires

Face à leur beauté. Mais je n’ai aucune crainte

Car ma vénération à ces seins est non feinte

Et je sais bien qu’elle saura la recevoir

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Je pourrais tant en dire, je n’en finirais pas

De chanter les attraits de ces si beaux appas

Qui méritent tant de baisers, tant de caresses

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Mais hélas je suis pris par le temps qui me presse

Alors en peu de mots je déclare ma flamme

Aux plus beaux attributs portés par une femme

 

Les oulimots des copines et des copains ici

Pas une histoire de miches…

Il était juste venu acheter du pain. Et puis il avait engagé la conversation avec la boulangère, une petite quadragénaire blonde. Elle s’était confiée à lui. Il avait l’habitude qu’on le fasse et n’avait rien fait pour écourter la discussion. Elle lui avait raconté sa vie, le Nord, la Bretagne, et maintenant le Sud. Elle lui avait parlé aussi de ses nouveaux patrons, de ses espoirs, ses craintes. Et il avait été à son écoute, rassurant, sans cesser toutefois de l’observer tout le temps qu’elle lui avait parlé. Il avait ainsi découvert un corps menu et une poitrine arrogante moulée sous un fin pull over sombre. Et, plus haut, une bouche fine, des pommettes hautes et des yeux noirs qui semblaient chercher les siens. Un frisson lui avait alors parcouru la nuque. Il le connaissait bien ce témoin d’un désir animal qui l’envahissait. Mais il avait dû partir. Alors il avait payé et pris ses campagnes tranchés avant de regagner sa voiture. À contrecœur. Non sans se jurer de revenir le plus vite possible. Pour essayer de prolonger ce dialogue.

Partage

Accorder leurs agendas avait été une rude tâche mais ils avaient enfin réussi à trouver une occasion pour se rencontrer. Et chacun d’entre eux avait amené son jouet préféré pour le montrer à l’autre. Pour qu’il puisse s’amuser avec aussi. Car il s’avérait que ce qu’ils se promettaient n’était pas forcément genré. C’était par exemple le cas du noir olisbos, qu’il n’avait à ce jour que dédié à son cul, et que la perspective de le voir à l’usage sur un corps féminin faisait frémir.

Et on peut dire qu’ils n’avaient pas été déçus du voyage une fois qu’il avait été tiré de son écrin de velours. Tour à tour ils s’étaient pénétrés avec et le plaisir qu’ils avaient pu y prendre avait été plus que perceptible. Notamment pour elle, à qui le maniement de l’objet au creux de son intimité avait provoqué des orgasmes qui l’avaient fait crier. Il s’exprimait quant à lui avec beaucoup de réserve mais, rassurée par sa souplesse et une fois la crainte d’une déchirure passée, elle lui avait arraché, par l’énergique tendresse  de ses mouvements, des grognements qui ne cachaient rien de ce qu’il éprouvait.

Mais une fois que leurs corps eurent connu l’apaisement, il dut se rendre à l’évidence. À la lumière du plaisir qu’il lui avait vu prendre, elle et ce jouet étaient faits l’un pour l’autre. Ça avait été une révélation. Il ne lui appartenait plus désormais. Alors il ne put faire autrement que de le lui offrir, en gentleman, pensant déjà à tout le bonheur qu’elle se donnerait avec.

Un samedi

C’était un  jours sans. Un de ceux où même le jour a du mal à se lever. Alors il traînait. Nu ,bien évidemment. Il aimait ça et la paresse de ce samedi matin lui interdisait le moindre effort vestimentaire. À quoi bon finalement ?  Il n’avait rien à faire de sa journée, n’attendait ni visite ni nouvelles du monde extérieur, et c’était peut être mieux comme ça. La semaine avait été plutôt intense et son esprit comme son corps réclamaient ce relâchement.

Il n’avait, malgré tout, pas voulu renoncer à ce léger fond de lascivité qui l’habitait. A la sensualité  rémanente de ce souvenir qu’il ne voulait pas extraire sa mémoire. Alors il avait décidé de retourner se coucher et étreindre l’oreiller. Comme s’il s’agissait d’un corps. Il avait envie de sentir cet ersatz de présence contre lui, faute de mieux. Et, tout doucement, ses pensées jointes aux frottements de son sexe sur le drap lui avaient prodigué ce début d’érection qu’il escomptait et qu’il avait décidé d’entretenir le plus longtemps possible. Ce n’était pas une de ces masturbations que l’on fait parfois, vite, frénétiquement, pour soulager un trop plein de sève. Non. Là, il voulait prendre tout le temps de sa caresse.

Du temps il n’avait que ça aujourd’hui, ça tombait bien. Et il savait se faire durer. Déjà de par la préhension de sa hampe. Il n’allait pas la prendre à pleine main, non. Ce n’était pas assez subtil pour ce qu’il voulait se faire. Il s’était juste saisi du bout des doigts, le pouce en opposition et faisait  balancer son poignet avec délicatesse. Le rythme restait lent aussi. Rien ne pressait. Et même si, parfois il se livrait à de brefs crescendo, il savait les faire suivre d’étourdissantes pauses et de longues plages de lento. Il était à l’écoute de son corps, laissant le plaisir monter tout doucement et sachant le faire redescendre s’il sentait qu’il allait trop loin. Car le but n’était pas d’obtenir une éjaculation mais au contraire de rester dans cet entre deux, partagé entre excitation et plénitude.

Plus rien ne comptait à ce moment que ces vagues d’énergie qu’il pilotait, paisiblement par la pression de ses phalanges et ses mouvements. Il était à la fois dans le contrôle et l’abandon et cette position paradoxale le rendait heureux. Il était si bien.

L’inconnue

Il rentrait. La journée avait été longue. Il n’en ressentait aucune fatigue. Au contraire. Il avait accumulé tant de positif, les rencontres du jour avaient été si belles. Il s’était notamment senti désiré par cette femme croisée à la gare. Chose confirmée par le billet qu’il avait découvert entre les pages du livre qu’elle avait abandonné sur sa table en quittant la terrasse. C’était donc intentionnel et il en était heureux. Même s’il ignorait comment il la retrouverait. À moins qu’elle n’eût laissé quelques indices dans l’ouvrage. Alors il se lança dans sa lecture. Elle semblait joueuse, il l’était assurément.

Page blanche

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Il était en balade le long de la voie ferrée à la recherche d’une idée pour son prochain roman. Un peu à court d’inspiration, il comptait sur le bol d’air qu’il allait prendre pour démarrer quelque chose. Et au pire il se serait dégourdi les jambes.C’est alors qu’elle avait croisé sa route. Sa tenue ne laissait planer que peu de doutes sur les raisons de sa présence en ces lieux. C’était soit une professionnelle de l’ébat furtif et tarifé, soit une aventurière en quête de sensations fortes. Il avait lu pas mal de choses à ce sujet. Du dogging lui semblait-il. Ce n’était pas vraiment ce qu’il cherchait mais peut être que le fait de l’aborder lui amènerait l’idée de départ qui le fuyait depuis des jours. En même temps il se demandait bien ce qu’elle pourrait lui apporter si ce n’était une éjaculation outdoor.

Il en était là de ses réflexions, dansant d’un pied sur l’autre quand la femme avait pris les devants. Sans un mot, elle avait défait sa ceinture puis sa braguette avant d’extraire son sexe de son caleçon. Elle n’avait pas annoncé de tarif, c’était déjà ça. Il manquait de toute façon des liquidités nécessaires à une transaction pécuniaire. Pour ce qui était du reste, il en avait à revendre. Sa vie libidineuse connaissait un coup de mou en ce moment, ce qui ne faisait qu’exacerber son excitation à la moindre sollicitation. Ce qui était actuellement le cas, d’autant plus que l’inconnue le manipulait avec frénésie. Sa queue semblait lui inspirer bien des choses au vu de l’énergie qu’elle déployait. Faute de remplir son carnet de notes, il allait au moins se faire vider.

C’est alors qu’il avait eu l’idée de dégainer son smartphone pour immortaliser la scène. Une masturbation en plongée serait peut être une image dont il se servirait pour démarrer son projet. Et l’érotisme était vendeur à ce qu’il savait. Alors il avait décidé d’être photographe avant de devenir pornographe, mêlant auto exhibition et voyeurisme au travers de son écran. Il verrait bien ce qu’il en tirerait par la suite.

Il se mitraillait donc, la pine dans la main de cette femme, quand il avait commencé à ressentir une insupportable brûlure dans son entrejambe. Non seulement elle tardait à le faire jouir mais, en contenant ainsi son plaisir malgré ses caresses, elle l’échauffait au plus haut point. Et puis il y avait ces drôles de sensations qu’elle lui transmettait du bout des doigts, ces étranges picotements qui ajoutaient à son excitation. Comment s’y prenait-elle ? Il ne savait comment. Et, de toute façon, ne parvenait plus vraiment à avoir une réflexion construite.

Il était sur le point de défaillir quand il avait remarqué le petit boîtier à son poignet. C’était sans doute ça les vibrations. Un dispositif micro ondes portatif. Et, en un éclair il avait eu cette révélation. Elle allait le faire bouillir de plaisir. Jusqu’à ce que mort, petite ou pas, s’ensuive. Il avait alors souri.

Non seulement l’expérience était extrême, mais il tenait enfin la phrase d’accroche de son futur bouquin

« Le cadavre du chemin de fer à la braguette fumante intrigue la police. »

Le hic c’est qu’il risquait d’en être à la fois l’auteur et la victime…

Les oulimots des copines et des copains

Demain…

Ils allaient se voir le lendemain. Les hasards de la vie l’amenaient pas loin de chez elle à l’occasion d’un rendez-vous professionnel et ils étaient heureux de pouvoir enfin se faire le cadeau de se voir IRL. Mais, alors que l’heure tournait, les rapprochant un peu plus à chaque seconde, l’événement occupait leurs esprits.

Ils se connaissaient déjà un peu car ils s’écrivaient souvent, se parlaient parfois et avaient même échangé des images afin de pouvoir se voir malgré la distance.. Et ils s’appréciaient. Toutefois, là, au moment de se retrouver en présence l’un de l’autre, ils se demandaient s’ils se plairaient, si leurs peaux allaient s’accorder. Ils l’espéraient, en avaient même l’intime conviction. Mais, comme toute rencontre a ses incertitudes, aucun scénario ne peut en être écrit. Ils le savaient tous deux.

Ils savaient aussi qu’ils sauraient s’en accommoder.

Ce début d’après midi serait beau. Quoi qu’il advienne.

Loin…

Ce désir dont je sais qu’il emplit ton regard,

Dont j’imagine aussi qu’il détrempe tes cuisses,

Me donne envie de m’abreuver à ton calice.

Tu t’offres à moi ainsi, ce don me laisse hagard.

****

Nous nous retrouverons mon amie, tôt ou tard,

Partageant de nouveau de nos corps les délices,

Ces spasmes crescendo, ce si sensuel supplice

Qui nous laisse, de jouissance, dans le coltar.

****

Je me contente, en attendant, de nos échanges

Nos images, nos mots, tout ce que l’on partage.

La technique permet d’apaiser l’impatience.

****

C’est toutefois bien peu, j’en ai pleine conscience.

Nous sommes de nos vies les impuissants otages

Mais j’ai foi qu’un beau jour la situation s’arrange.

The party

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Ils s’étaient plu dès le premier regard mais, bienséance obligeant, étaient restés sur leur faim durant toute la soirée. Elle était la maîtresse de maison et ne pouvait pas abandonner le reste de ses invités pour aller batifoler avec lui, si séduisant fût-il. Ils avaient donc dû ronger leur frein, non sans se livrer à une interminable mais passionnante joute de regards de plus en plus appuyés. De plus en plus gourmands.

L’excitation venant, elle avait senti affluer le sang aux pointes de ses seins qui, désormais, tendaient l’étoffe de son chemisier qu’elle portait sans dessous. elle les savait maintenant aussi rouges que des griottes et espérait qu’il en apprécierait la saveur fruitée. La lueur qu’elle entrevit dans ses yeux lui confirma que ce serait le cas. Et qu’il en aimait déjà la turgescence, désormais impossible à cacher.

Les derniers convives étaient à peine partis que, brisant la dernière couche du vernis de civilisation qui leur restait encore, ils se jetèrent l’un sur l’autre. Leurs vêtements ne furent bientôt plus un obstacle à leur envie. Ce fut donc nus qu’il  la plaqua d’une main sûre contre la première porte qu’il avait trouvée, tout en tournant la poignée de l’autre. Au point où ils en étaient, n’importe quelle pièce serait la parfaite alcôve pour leurs ébats. Elle résista toutefois mollement :

— Non, pas ici, c’est…

Elle ne put aller plus loin, il l’avait bâillonnée d’un baiser aussi fougueux que tendre avant de la pousser un peu plus loin, vers la banquette qu’il devinait dans la pénombre. Il voulait la voir maintenant, dans toute la splendeur de son désir. Alors, sans cesser de l’enlacer, il trouva à tâtons le commutateur.

Et là, ce fut la déconfiture. En face de lui, sur le lit qu’il destinait à leurs ébats, une créature aussi grande qu’étrange le regardait. Ça avait tous les attributs du dinosaure mais les couleurs qu’il arborait mon Dieu ! Il n’était certainement pas de ce monde. Et de toute façon ces sauriens avaient disparu depuis des millions d’années. Sûrement une créature venue d’une autre galaxie. Pourtant il n’avait rien de méchant. Ses yeux reptiliens affichaient même une certaine bonhomie. Il n’empêchait. La bête était en train de lui couper tous ses effets.

— J’ai essayé de te prévenir. Il est un peu tard maintenant, vous avez fait connaissance. Mais je vais lui demander de s’éclipser

Elle prit alors la peluche et la fit se tourner contre le mur, de sorte que désormais c’était sa queue qu’elle leur présentait, ce qui était nettement moins impressionnant.

— Maintenant qu’elle a le cul tourné, j’espère que tu ne verras pas d’inconvénient à ce que je fasse de même.

Et elle joignit le geste à la parole, présentant à son amant du soir l’étoile sombre de son anus ainsi que son abricot détrempé dans une invitation sans équivoque.

Il respira un grand coup, ferma les yeux brièvement pour chasser de son esprit l’image de leur encombrant témoin et, approchant son visage du fessier offert, entreprit de le goûter.

Ça commençait. Enfin.