La belle saison

Les premières chaleurs étaient arrivées. Il était donc devenu incontournable de sortir les chaises longues et la table basse sur la terrasse. Et maintenant ils en profitaient autour d’un apéritif.

La conversation avait rapidement dévié sur les banalités qu’on peut se dire pour masquer une tension naissante. Elle était sexuelle dans le cas présent mais aucun des deux ne voulait l’avouer à l’autre. Leurs regards ne mentaient toutefois pas. Leur langage corporel non plus. C’était une étrange parade nuptiale où le verbal contredisait ce qui ne l’était pas.

Ça ne pouvait que déraper. Alors, quand en revenant d’aller chercher quelques tomates cerises il avait posé sa main sur son épaule, elle avait basculé la tête en arrière en fermant les yeux dans une irrésistible invitation. Leurs lèvres s’étaient jointes, leurs langues entremêlées. Et le vernis social qui leur restait avait volé en éclats en même temps que leurs vêtements s’étaient dispersés aux quatre coins de la terrasse.

Il n’osait toutefois pas la prendre à même les lames du sol qu’il jugeait par trop inconfortables. Elle avait dû alors prendre les devants et, le poussant délicatement, l’avait fait allonger sur le dos, non sans avoir étendu sa robe sous lui pour éviter toute abrasion. Il bandait comme un fou. Elle était trempée. Alors, sans autre forme de procès, elle vint s’accroupir sur son bassin, évitant ainsi de brûler ses genoux. D’une main douce et experte elle le saisit et présenta son gland à ses lèvres. Puis, fléchissant un peu plus, elle l’absorba complètement.

Elle jouait maintenant de la musculature de ses jambes pour monter et descendre le long de sa colonne. Il était objet plus qu’acteur et il ne détestait pas. Son plaisir était ailleurs. Dans le fait de la voir se faire jouir avec la seule connexion de leurs sexes. Il se mordait toutefois les lèvres tant la succion de ses lèvres intimes lui communiquait d’exquises sensations auxquelles il ne voulait pas mettre un terme prématurément. Il savait que sa jouissance donnerait un coup d’arrêt à celle de sa partenaire alors il se retenait autant que possible pour qu’ils arrivent ensemble à l’orgasme. Et ils y parvinrent, lui se répandant au plus profond d’elle sous les contractions spasmodiques de ses muscles intimes. Ils crièrent. C’était le premier son qui jaillissait de leurs bouches depuis que la conversation avait cessé. Puis, comme une poupée de chiffon, elle se laissa tomber sur lui. Il accompagna cette chute de ses mains qui l’avaient saisie sous ses seins puis l’enlaça une fois qu’elle fut posée sur son torse.

Ils restèrent un moment ainsi, à écouter leurs souffles et le battement de leurs cœurs tandis que le voisinage, inconscient de ce qui venait de se passer, vaquait à ses occupations. Puis elle se releva. Il en fit de même afin qu’elle puisse récupérer sa robe. Elle se rhabilla presque à regret, lui laissant en cadeau son tanga de dentelle noire. Un dernier baiser à la porte puis elle sortit. La vie reprenait son cours. Mais il ne regrettait pas d’avoir croisé sa nouvelle voisine aux boîtes aux lettres.

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