Canicule

Les quarante degrés avaient été atteints. Et, à cause des travaux, les bus étaient bondés. Ça aurait pu être là pire épreuve de sa vie. Et pourtant.

Un mouvement de foule à un arrêt l’avait jetée sur lui écrasant ses seins sur son torse. Elle avait souri, gênée. Il l’avait rassurée d’un regard bienveillant.  Les choses auraient pu en rester là. Mais il avait vu perler à la base de son cou une goutte de transpiration qu’il avait suivie, hypnotisé, jusqu’à ce qu’elle se perde dans le sillon de son décolleté. Une drôle de tension l’avait alors envahi. Qu’il essayait de réfréner. Il n’était pas comme ça. L’avait-elle ressenti ? Elle avait relevé la tête et leurs regards s’étaient de nouveau croisés. Mais la gêne avait changé de camp. Et, même sans la chaleur, il n’aurait pas pu rougir plus. Alors elle lui avait souri de nouveau. Mais c’était plutôt interrogateur maintenant. Et amusé. Comme si elle savait où il voulait en venir mais qu’elle voulait l’entendre. Il était incapable du moindre mot. Alors, presque innocemment, elle avait posé sa main près de la sienne sur la barre. Juste assez pour que leurs doigts s’effleurent. Et elle avait fini par poser sa tête sur son épaule.

Le bus était arrivé à son terminus. Elle avait alors pris sa main et l’avait entraîné à sa suite. Jusqu’à son domicile. La climatisation était parfaitement réglée. Il avait apprécié. Il n’avait toutefois pas eu le temps de savourer plus. Elle s’était déshabillée sitôt la porte franchie et, à peine nue, s’était attaquée à sa tenue. Une fois nus tous les deux, elle l’avait poussé vers la salle de bain, dans la grande cabine de douche. Puis elle avait commencé à les mouiller tous les deux. Puis avait pris son sexe en main comme on caresse un petit animal fragile. Il avait bandé instantanément malgré l’eau un peu fraîche. Il avait même l’impression d’être plus dur et plus gros qu’à son habitude. Elle l’avait massé un moment. Puis, jugeant sans doute qu’il était à point, elle s’était tournée, appuyant ses mains contre le pare-douche et exagérant la cambrure de ses reins. C’est là qu’il avait vu le lubrifiant dans le porte-savon. Dont il lui avait soigneusement oint l’anus avant de s’y enfoncer d’une poussée rectiligne et triomphante. Elle n’avait pas poussé le moindre cri tout le temps qu’il l’avait besognée, se contentant d’accompagner ses coups de boutoir de bascules de son bassin. Ce manège n’avait pas duré très longtemps et, sur le point d’exploser, il s’était retiré avant de se vider sur ses fesses après quelques mouvements de poignet.

Puis ils s’étaient rincés. Et, encore humides, étaient partis dans la chambre. Où presque tout ce qui peut s’envisager entre deux adultes consentants avait été abordé.

Il aurait bien aimé dormir avec elle. Ce n’étaient pas ses projets à elle. Alors il s’était retrouvé sur le quai du tramway, en pleine nuit, un peu déçu de cette fin précipitée. Mais la tête et le corps encore pleins de sensations qui l’avaient accompagné bien longtemps après qu’il était rentré chez lui. Et qu’il garderait avec lui jusqu’à la fin de sa vie.

Il avait entendu dire quelques mois plus tard que ce jeudi avait été la journée la plus chaude jamais enregistrée. Et il n’aurait jamais laissé quiconque prétendre le contraire.

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