Holiday

Laurent était soulagé. C’était enfin les vacances. Il allait pouvoir laisser derrière lui les vicissitudes de son boulot. Il était un peu triste aussi, de partir alors qu’il venait juste d’oser enfin adresser la parole à sa collègue du deuxième étage sud. Laurent s’était jusqu’alors contenté de l’observer à la dérobée. Il faut dire que Luce ne manquait pas de charme. Des yeux d’un gris profond, un joli visage à la bouche pulpeuse et un joli nez retroussé, elle avait tout pour lui plaire. Mais ce qui avait surtout marqué Laurent c’était ses fesses. Appelons un chat un chat, Luce avait un gros cul. Large, rond, rebondi, il avait attiré le regard de Laurent dès la première fois qu’ils s’étaient croisés dans les couloirs de la boîte. Elle l’avait regardé de haut en bas et lui avait souri. Laurent n’en était pas revenu et, intrigué, s’était retourné sur elle. Et là, il avait eu une révélation. Dans le lascif balancement de ses hanches, la somptueuse croupe de Luce lui était apparue dans toute sa splendeur et s’était irrémédiablement imprimée dans sa mémoire jusqu’à hanter ses nuits. Il lui fallait avoir ces hémisphères en paume, les malaxer, les pétrir. Il les aurait également embrassés sans s’en lasser, il en imaginait l’élasticité sous ses lèvres. De plus sombres desseins ? Il en avait également quand leur souvenir alimentait ses caresses nocturnes et solitaires. Mais il en restait à ses fantasmes. Timide, il n’avait jamais osé l’inviter, ne fût ce que pour un café.

Jusqu’à ce dernier jour avant qu’il ne parte en vacances. Laurent déjeunait à l’extérieur quand il vit Luce s’avancer vers lui.

— Bonjour, puis-je m’asseoir avec vous ? La terrasse est bondée et j’ai oublié de réserver.

Laurent, fort surpris, accepta néanmoins volontiers et lui désigna le siège en face de lui. Luce s’installa et entama la conversation.

— Bientôt les vacances ? Je pars ce soir et j’ai vraiment hâte. Avec cette chaleur je supporte de moins en moins mes vêtements et je n’ai qu’une envie, me baigner. Et vous ?

Ça avait été dit sans équivoque. Laurent eut un blanc. D’autant plus que Luce lui avait mis son décolleté sous les yeux. Son chemisier était largement ouvert sur une poitrine dont il n’avait jamais souçonné le galbe, tout entier happé par ses fesses. Et pourtant. Pas spécialement volumineuse, elle avait ce genre de rotondité qui appelle le regard ou la caresse. Laurent avait immédiatement remarqué qu’aucune lingerie ne venait en altérer la ligne. Et maintenant, cette goutte de sueur, née à la base du cou de Luce et qui venait de se perdre dans son délicieux sillon. Laurent était subjugué. Il parvint toutefois à articuler qu’il était également en congés le soir même. Il déclara également qu’il partageait le goût de Luce pour la baignade mais qu’il n’en avait que trop peu l’occasion. Il n’osa toutefois pas rebondir sur son aveu relatif à ses vêtements. Il brûlait désormais de la voir nue, certes. Mais de là à lancer la conversation là-dessus, il y avait un fossé qu’il ne se serait jamais aventuré à franchir.

— Quand je suis en vacances, je passe le plus clair de mon temps dans l’eau. Bon, j’ai une piscine à la maison ça aide. Mais j’y pense, tu – on se tutoie maintenant, hein – pourrais passer si tu restes dans le coin. Et ça me ferait de la compagnie. Deal ?

Estomaqué par cette proposition, Laurent ne sut que répondre. D’autant plus que Luce avait planté son regard gris dans le sien et que ses lèvres affichaient un sourire gourmand. Il commençait à rougir. Alors, pour se donner une contenance, il orienta la conversation sur un terrain plus professionnel. Luce semblait faire semblant de manifester un quelconque intérêt à ce qu’il disait mais n’avait pas cessé de le dévisager, toujours avec la même mine enjouée. Et puis elle avait regardé sa montre.

— Oh ! Déjà ? Il faut que je file, j’ai une réunion. Ravie de ce déjeuner avec toi

Et elle était partie, laissant Laurent ébahi par les avances dont il avait été l’objet et frustré par le fait qu’elles ne fussent arrivées que maintenant, au moment où il quittait le bureau pendant trois semaines pour aller visiter de lointains cousins. Ça resterait certainement un feu de paille, il en était persuadé. Avec le tempérament qu’il lui avait découvert, Luce l’aurait vite oublié dans les bras d’un autre.

L’après-midi passa trop vite. Pris par ses tâches de dernière minute il n’avait pas pris le temps d’envoyer le moindre message à Luce. Et quand bien même, il n’aurait pas trop su quoi lui dire. C’était fichu. Il passerait ses vacances avec ses fantasmes. Et puis, au moment où il allait éteindre son PC, un mail. Arriva. Sans objet. C’était Luce. Il l’ouvrit fiévreusement.

Il contenait ces quelques mots.

Ta réserve est touchante. Je l’apprécie vraiment et j’avoue avoir quelques projets pour ce qui te concerne. Ce message contient une pièce jointe. Interdiction de l’ouvrir ici. Tu trouveras certainement le moyen de le faire de chez toi. Je compte sur toi. À très vite.

Puis une adresse et un numéro de mobile.

Soufflé, Laurent remarqua seulement à l’instant le fichier ZIP joint au courriel. Il obéit à Luce et l’enregistra sur une clé USB. Puis il quitta son bureau, curieux et impatient. Une fois chez lui il alluma son ordinateur, y inséra son périphérique et décompressa l’archive. Elle contenait un dossier nommé « piscine » et un fichier .doc intitulé sobrement « à lire ». Laurent ouvrir le dossier. Il était rempli par toute une série de clichés de Luce au bord de son bassin et dans le plus simple appareil. Elle y prenait des poses plus que suggestives et l’auteur des images semblait partager ses goûts car le fessier dont il rêvait tant y était pris sous toutes ses coutures. Maintenant qu’il le voyait nu, Laurent avait fini, s’il le fallait, d’être conquis. À la rotondité qu’il connaissait déjà, venait de s’ajouter la vue de la raie sombre de Luce, de la fine pilosité qui la soulignait, de ce buisson qu’il n’aurait jamais imaginé et dont la vue le mettait à présent en émoi, de cet œillet sur lequel il rêvait désormais de passer une langue avide. Laurent fit défiler les clichés plusieurs fois, de plus en plus excité. Il avait sorti son sexe de son pantalon, devenu trop étroit et avait commencé à se caresser.

Et le fichier .doc ? Qu’est ce que Luce avait bien pu lui écrire ? Ça devait illustrer les photos mais… Il l’ouvrit.

Les photos sont assez explicites, n’est-ce pas mon cher Laurent ? Tu n’es pas sans avoir remarqué que je ne porte de maillot sur aucune d’entre elles. Il est donc inutile d’en amener un quand tu viendras. Nous serons bien mieux nus pour nous baigner, lézarder. Et le reste.

Tu aimes mes photos ? Je connais l’effet que produit mon cul sur la plupart des hommes et j’ai souvent senti ton regard dessus. Alors je t’imagine, là, la queue à la main en train de te branler en le contemplant. Pour ta gouverne, sache que mon plus grand plaisir est de m’en servir pour étouffer mes partenaires en m’asseyant sur leur visage tandis qu’ils me bouffent la chatte. J’espère que tu aimes le face-sitting. Mais je te pense gourmand alors j’ai confiance.

Un autre de mes péchés mignons est de me faire faire asperger les fesses de foutre chaud après une bonne levrette. Alors ne jouis pas devant ton écran et garde tout pour quand nous nous verrons.

Tu auras sans doute remarqué également que mon maillot est « naturel ». J’aime le poil et, pour avoir vu l’ouverture du col de ta chemise, je devine que tu n’es pas un de ces minets pour qui l’épilation est indispensable, pas plus pour toi que, je l’espère, pour ta partenaire.

Pour ce qui est du reste de mes fantaisies, tu le découvriras bien assez tôt.

Ne tarde pas trop, je suis impatiente de faire ta connaissance.

Bises

Luce

Laurent referma son PC. Ses sens étaient en ébullition et il sentait presque son sexe palpiter d’excitation sous ses doigts. Mais Luce avait raison. Il valait mieux se réserver pour plus tard. Alors il lâcha son entrejambe et se leva en direction de la douche. Un peu de frais lui ferait le plus grand bien. Et il lui fallait aussi reprendre ses esprits afin de trouver la meilleure excuse possible auprès de ses cousins. Ses priorités venaient de changer radicalement.

Et, après tout, ce n’était que de la famille éloignée.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s