Métro, boulot. Dodo ?

Il n’était pas encore huit heures du matin et déjà les transports étaient bondés. La rentrée était encore plus anarchique que d’habitude de ce côté-là. Les travaux sur les voies, qui avaient pris du retard, contraignaient les usagers que nous étions à une promiscuité étouffante. Cela avait au moins le mérite de générer une sorte d’égalité sociale : le prolo n’avait pas moins d’espace vital que le cadre situé à côté de lui.

Mais c’était une situation dont le couple assis en face de moi semblait se soucier comme d’une guigne. Étaient-ce les prémices d’une matinée off ? La conclusion d’une nuit d’amour ? Ils étaient en tout cas inextricablement enlacés et se prodiguaient de douces caresses qui leur arrachaient des gloussements pleins de voyelles. Je doutais presque, à ce propos, de leur nationalité française tant le verbiage de leurs émois me semblait étranger, bien que le langage des corps fût universel et les leurs très parlants.

Si leur désir était indiscutable, on pouvait toutefois méditer sur la légitimité de leur relation tant ils étaient dissemblables. Elle, en tailleur jupe, devait probablement s’encanailler avec le motard présumé qu’elle étreignait. Ça n’avait finalement aucune importance. On ne mettait plus personne en cabane pour adultère.

Ils étaient descendus deux arrêts avant moi mais leurs ébats avaient eu le mérite de m’échauffer les sens. C’était avis de tempête dans mon crâne. Alors j’avais installé cette application de rencontres sur mon téléphone. C’était mon tour de trouver une complice et j’allais m’en remettre au hasard pour ce faire. Enfin, c’était un aléatoire bien logiciel qui allait me faire des propositions de profil.

Et c’est donc confortablement installé à mon bureau, en train de manger une madeleine en sirotant une mini brique de jus de raisin (bien maigre petit déjeuner pris au ditributeur de mon étage, mais quand on n’a pas de temps…) que je me mis en chasse. Surprise, mon premier match se situait à moins de cent mètres de moi. Il n’y avait pas de photo de profil mais, ma société occupant un bâtiment assez grand pour couvrir le périmètre annoncé, c’était très probablement une collègue Cette coïncidence m’arracha un franc sourire. Comme si le destin m’offrait la livraison à domicile. Je commençai à rédiger un message.

No zob in job ? On ne fait pas non plus d’omelette sans casser des œufs. Et ce serait peut-être nous les prochains bécots ferroviaires.

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