Initiation

(Photo by Alia Baroque on Flickr)

Contrainte : touffeur, envisage, ruisseau, frisson, lunule, allegro, navrant, maudit, divague.

— J’irai crescendo. Et si, au début, tu ne ressentiras qu’un frisson, tu finiras par implorer ma grâce. Mais ta semence sera ruisseau tant ta jouissance sera grande. Tu dois te dire que je divague, je le vois à ton air perplexe. Et je ne chercherai pas à te détromper par des mots. Mais nous en reparlerons après.

Elle l’avait prévenu lors de leur prise de contact, il s’en souvenait parfaitement. Mais il n’avait pas imaginé à ce moment à quel point ce serait fort.

Comme elle l’avait annoncé, les choses avaient été croissant dans l’intensité. Il avait tout d’abord été impressionné par la mise en scène. Un éclairage savamment agencé et Carmina Burana sorti d’enceintes invisibles avaient annoncé la couleur. Puis elle était apparue, gainée de noir et masquée, ce qui lui avait conféré une classe folle. Il avait cru qu’il sourirait de ce décorum. Il en avait été extrêmement troublé, se disant que, rien que pour cela, cela resterait un grand moment. Quoi qu’il en soit.

Les actes qui avaient suivi avaient confirmé cette entrée en matière. Les premières caresses s’étaient faites d’abord coups légers. Il l’avait, par défi, encouragée à aller plus loin. Alors elle avait augmenté la cadence. Jusqu’à ce moment où, le prenant allegro avec un godemiché qu’il ne se serait jamais imaginé pouvoir accueillir aussi facilement, elle avait claqué ses fesses au rouge. Il n’avait alors plus pu se contenir et en avait griffé le tapis jusqu’aux lunules, de douleur autant que de plaisir, tandis qu’il se vidait. Ils avaient ainsi atteint le point culminant de cette séance qu’il s’était maudit de ne pas avoir acceptée plus tôt. C’était tellement navrant d’avoir si longtemps jeté un voile pudique sur ce genre d’envies. De s’être dit que ce n’était pas pour lui. Le cérébral qu’il était se retrouvait parfaitement dans ces jeux. Il mesurait tout de même la chance qu’il avait de l’avoir rencontrée. Elle n’y était certes pas allée de main morte. Mais en demeurant à son écoute et jamais au delà.

Laminé par ses sensations, il n’avait pas pu lui dire quoi que ce soit. Et, quand bien même, il n’aurait pas su quoi lui dire pour lui manifester sa gratitude. Alors il s’était tu. Mais le regard qu’il lui avait lancé avait été tellement éloquent. Et l’avait tellement ravie.

— Tu ne dis rien ? Je devine tout. Et je suis heureuse de m’être occupée de toi. J’envisage maintenant de grandes choses pour la suite. Tu es réceptif, plus que je ne pensais, et je sens en toi une réelle volonté de progresser. Pour ton plaisir et le mien. Et je sais que je serai plus qu’un souvenir pour toi, que tu me reviendras. Je le lis dans tes yeux. Mais il est temps que je te libère. Tu as une autre vie que je me dois de respecter. Alors Va !

Elle lui avait donné ainsi son congé. Et quand il s’était retrouvé seul, béant, et l’épiderme cuisant dans la touffeur de cette nuit d’été, il avait compris qu’il n’en était qu’aux prémices de l’exploration de sa face cachée. Et qu’elle serait son guide.

Il s’en était complètement remis à elle ce soir, il recommencerait.

La bande son ici

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