L’impromptu

Une soirée pour laquelle je m’étais décidé au dernier moment. Une réservation confirmée seulement au matin. Bref, mon inorganisation légendaire m’avait rattrapé. Et, bien sûr, je n’avais rien à me mettre. Mais il était hors de question de m’y rendre sans un minimum de respect du dress code. Compte tenu de mon statut c’était la moindre des choses. Mais comment faire ? 

Ma pause déjeuner me fut salutaire. Trop courte pour me permettre la moindre emplette, elle m’avait au moins permis de constater qu’une boutique que je connaissais, pour y avoir assisté à une séance de dédicace, se trouvait à trois stations de métro de mon lieu de travail. Et à seulement un quart d’heure du lieu où je devais me rendre. En finissant à une heure raisonnable j’aurais même du temps à consacrer aux essayages. C’était parfait.

Un bonheur en appelant un autre, la migraine qui m’avait broyé le crâne une partie de la journée s’était dissipée dans les volutes de mon tea time. Et c’est un peu flagada mais l’âme légère que je me mis en chemin en sortant du bureau. 

Je fus pris en charge avec gentillesse par l’équipe du magasin. Ils savaient les tenants et les aboutissants de ma soirée et ils furent de bon conseil. Et c’est équipé de pied en cap que je partis vers ma destination finale. Non sans avoir regretté de ne pas avoir senti le regard de la superbe créature qui trônait sur le sofa situé à côté des cabines. Une personne de renommée internationale pour qui le lieu était privatisé pour la soirée appris-je plus tard. Mais il me fallait plutôt penser à ce qui allait advenir. Et j’espérais être à la hauteur. 

J’arrivai parmi les premiers, ce qui me permis de m’imprégner des lieux. Et de retrouver une amie chère, qui se trouve être une habituée des lieux. Il y aurait au moins une tête connue, j’étais rassuré. Nous fûmes bientôt rejoints par l’organisatrice de l’événement. Une ravissante personne dont la mise était parfaitement raccord avec la mienne. Ce qui eut l’heur de lui plaire car elle me promit de me consacrer de son temps un peu plus tard. 

Et puis la soirée commença. J’étais finalement très à l’aise au milieu de tous ces inconnus. Dont certains s’avérèrent être des connaissances virtuelles. J’eus ensuite droit à une multitude de questions sur mes expériences et mes spécificités. Un bien agréable entretien d’embauche me dis-je. Je fus loué pour ma disponibilité, laquelle était paraît-il un admirable don de soi.

Tout à mes conversations j’avais perdu de vue la divine maîtresse de céans. Pas elle à croire la main qui se posa sur mon épaule. Je me tournai vers elle. 

—Il est temps. Si vous voulez bien m’accompagner. 

C’était dit avec le sourire mais sur un ton sans réplique. Je l’aurais tout de même suivie où qu’elle m’amène. J’étais tout autant curieux que subjugué.

Nous finîmes par nous arrêter sous une jolie suspension. Elle me débarrassa du superflu avant de m’installer. Le jeu allait commencer.

Elle sut vite relever mes points d’amélioration. Je les acceptai volontiers. Et puis les choses commencèrent. Je pus alors constater sa dextérité, fruit probable d’une longue pratique. Elle m’avait annoncé être tactile. Ce qu’elle maniait bien l’euphémisme. Car j’eus droit à une large variété de contacts qui m’échauffèrent tout autant le corps que l’âme. Tout cela était si bien fait qu’à aucun moment je ne fus tenté de lui donner le moindre nom d’oiseau. Au contraire. J’aimais être entre ses mains.

Puis un de ses amis de longue date nous rejoignit . Elle nous voulait ensemble. C’était troublant de voir notre différence. Notre complémentarité peut-être, même si tout parallèle semblait exclu. 

Le jeu reprit. J’y serais resté toute la nuit mais les contraintes des transports en commun me contraignirent à écourter ceux, plus sensuels, que je vivais alors.

Je quittai les lieux après les salutations d’usage. J’avais passé une excellente soirée et, si nous étions amenés à passer à nouveau du temps ensemble je serais le plus heureux des hommes.

Je ne regrettais pas d’avoir suivi mon instinct. Il avait été d’excellent conseil. Il me fallait peut-être l’écouter plus souvent. Et je me découvrais de mieux en mieux dans ce nouveau rôle. 

À moi de moi de m’y engager 

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