Quand vient l’aube

(image by Cédric Lauzier on Flickr)

Mots contraints du 31/01/2018 : Espagnolette, gypaète, horizon, lapiez, messagerie, photographie, talon-aiguille, tétrapode, thermodynamique.

Les premiers rayons du soleil qui passent à travers les volets viennent de me tirer du lit. Je vais à la fenêtre et tourne l’espagnolette. J’observe un moment le mouvement lent et circulaire d’un gypaète à l’horizon. Son survol silencieux des lapiez en contrebas m’hypnotise un moment. Puis je tourne la tête vers le bruissement du ruisseau et je vois une salamandre se réchauffer sur un galet. L’apparente paresse de ce tétrapode m’engourdit un peu plus

Soudain un choc entre mes omoplates vient m’arracher à mes rêveries. Tu viens de me lancer un de tes talons-aiguilles parce que la lumière du jour vient de te réveiller. Je me tourne. Tu me souris, faussement excédée. Ta nudité est belle dans les draps que nous avons froissés une bonne partie de la nuit.

Elle me donne envie de l’immortaliser. Une photographie qui lui rendrait le plus beau des hommage. Alors je saisis mon reflex. Cabotine et sensuelle, tu prends la pose, appuyée sur tes coudes et genoux et m’offrant ton cul tendu.

Est-ce une nouvelle loi de la thermodynamique ? Toujours est-il que je sens aussitôt une douce chaleur irradier dans mon bas -ventre, signe d’une irrépressible attraction pour ce que tu m’offres.

J’y résiste juste le temps d’une série de clichés. Et puis, n’y tenant plus, je viens te rejoindre.

Et dire que sans ce projet qui nous a réunis via messagerie nous n’en serions pas là. Les jeux du hasard et de l’écriture.

À l’origine

Retrouvailles

(Image by Rachel Elaine on Flickr)

Mots contraints de la semaine 5 : vertige, absinthe, vert, cru, biffeton, tapis, baraka, demi-castor, olive.

e n’y aurais jamais cru. Jamais mis un biffeton dessus. Elle qui, au lycée, était gaulée comme la Olive de Popeye, avait, depuis, acquis des rondeurs à donner le vertige. Et s’il n’y avait que ça. Ou alors j’avais mal vu à l’époque. Mais ses iris avaient des reflets verts qui, à l’instar de l’absinthe que je sirotais tranquillement jusqu’alors, étaient en train de me rendre fou alors qu’elle me dévisageait en silence.

Nous nous étions retrouvés par hasard. Et c’est elle, devenue bombe anatomique, qui m’avait reconnu et alpagué pour ce verre. Et j’avais mis cette rencontre inopinée sur le compte de cette baraka insolente qui me collait aux basques depuis quelques jours. Tout ce que je touchais semblait se transformer en or et aucun obstacle ne me résistait. Et, maintenant, c’était elle qui refaisait surface avec ses armes de séduction massive. Il me fallait l’avoir. Et pour ça j’étais prêt à lui dérouler le tapis rouge. De ce bar où nous nous trouvions jusqu’au bout du monde si elle le voulait. Peu m’importait. Elle m’avait littéralement ensorcelé.

Je n’avais pas deviné à ce moment qu’elle était devenue un demi-castor ni qu’elle allait faire de moi son oncle d’Amérique.

Et, maintenant qu’elle m’a ruiné, la voilà qui s’en va chasser un nouveau pigeon. Et moi, assis dans le caniveau, je pleure un amour auquel j’ai cru et qui n’était qu’intérêt et, sûrement un peu aussi, sombre revanche sur notre adolescence.

La chance avait tourné. Je ne l’avais pas vu venir.

Une tirlipotante contrainte pour une femme invisible : deux ans après

 

(Image by Hunter Nicoll on flickr)

Mots contraints du 30/01/2018 : Plaisir, désir, Loisir, Sire, Sucette, Musette, Ravigoter, Tirlipoter, Astragale.

Les décoction d’astragale n’y faisaient rien. Nous manquions de tonus. Alors, afin de ravigoter un peu notre couple, j’avais pris la décision d’y inclure une composante rôliste. Et trioliste. J’avais donc invité une de mes jeunes collègues à participer. Je ne semblais plus éveiller le désir chez mon homme mais peut-être qu’un petit bout de femme née juste avant le début de ce millénaire saurait m’aider à le remettre en selle.

Nous étions donc convenues de la jouer japanime, monsieur ayant été bercé par ces dessins animés. Et ma complice avait pour cela fait les choses en grand. Mini-jupe plissée, vareuse, socquettes et couettes. Jusqu’à la sucette qu’elle tétait d’un air mi ingénu mi coquin. Elle était certes plus hentai que Club Dorothée mais je la trouvai parfaite pour ce qu’elle avait à faire. J’avais opté pour ma part pour une tenue stricte pour faire son pendant. Mon mari aurait à sa disposition deux versions contradictoires de la femme et j’espérais qu’il y trouverait son plaisir.

Hélas c’était Ligue des Champions ce soir là et, quand nous entrâmes, il était visiblement trop tard pour avoir le loisir de faire quoi que ce soit. Ce triste sire avait éclusé son pack de douze et ronflait sur le canapé. Nous tentâmes toutefois le tout pour le tout et je pus constater que mon amie, malgré son jeune âge, avait plus d’un tour dans sa musette pour ce qui était de tirlipoter. Mais rien n’y fit. Monsieur resta parfaitement flaccide et n’ouvrit même pas un œil.

Allions-nous en rester là ? Ma petite écolière voyant ma déception déposa un baiser sur ma bouche en empoignant un de mes seins à pleine main. Et cette soirée, qui aurait pu tourner au fiasco, me permit de découvrir les plaisirs saphiques grâce à l’expertise de mon amante du soir, décidément bien plus délurée que je n’avais pu le deviner quand je lui avais proposé de se joindre à nous.

Ce fut une vraie révélation. Au point que nous devînmes inséparables, nous moquant bien des sous-entendus à la machine à café et du sacro-saint « no zob in job ». Il n’y en avait pas de toute façon. Et mes réunions de travail devinrent de plus en plus fréquentes. Et tardives.

Jusqu’au jour où je fis mes valises. Pour toujours.

 

Les origines

Merci Rita

Il y a deux ans j’avais pour la première fois ce dessin sous les yeux avec, pour contrainte, d’écrire des mots qui l’illustreraient. Il m’avait inspiré à l’époque de menus fragments poétiques. Il avait aussi éveillé en moi le désir de le posséder. Ce fut fait quelques temps plus tard, même si son transport fut rocambolesque. Et, depuis, j’ai toujours un regard tendre sur lui. Il est pour moi un des symboles de cette belle aventure que sont les oulimots. Il est aussi un lien que j’ai avec sa créatrice.

Et j’aime les objets qui me racontent de belles histoires. 

 

A l’origine

Un nouveau point de vue

Mot contraints du 28/01 : entrave, chuchotement, empreintes, sapide, cyprine, ventre, toison, morsure, ordre

 

« Entrez ici sans entraves. Elles viendront peut-être après si tel est votre souhait »

L’accueil de ce club avait le mérite d’être clair. Et c’était ce que je cherchais, même si je ne savais pas encore comment j’allais me positionner. Je me savais plutôt doux et soumis. L’annonce semblait donc tomber sous le sens pour ce qui me concernait. 

Cette soirée allait me faire basculer. 

C’est en circulant dans l’établissement que j’avais vu ce couple. Elle, attachée à une croix de Saint André, le ventre zébré par les morsures d’un fouet, et les yeux bandés. Lui, l’observant avec circonspection avant de s’adresser à moi. 

— Cher ami, cette gourgandine mérite que l’on s’occupe dignement d’elle. Mais ce soir je crois qu’elle a besoin de changement. Si vous le désirez je vous cède ma place. 

Cela avait été formulé dans un chuchotement, sûrement pour qu’elle ne l’entende pas, mais de façon très péremptoire. Je ne me savais pas un air de tourmenteur mais, pour cet homme, cela semblait être dans l’ordre des choses. 

J’étais un peu pris au dépourvu. Par quoi commencer ? Je décidai d’aller tâter le terrain en prenant à pleine main sa toison, chose paraît-il rare en ces lieux. Elle avait les poil soyeux. Je les tirai plus fortement, comme pour les lui arracher. Elle poussa un cri de surprise et douleur mélangés tout en esquissant un mouvement de recul, vite freiné par ses liens. Et, si j’avais craint un instant d’avoir été un peu dur avec elle, la coulée de cyprine qui maculait maintenant l’intérieur de ses cuisses me prouvait que j’étais dans le vrai. J’en prélevai du bout des doigts avant de la goûter. Son plaisir était sapide. J’en étais ravi. 

Il était temps de la détacher. Je la pris par sa laisse et la fis allonger à plat ventre sur un banc, son cul offert. Je voulais la marquer. Mais pas forcément en la fessant. Elle avait reçu assez de coups à mes yeux et une dilatation me semblait une bonne alternative. Alors je saisis un tube de lubrifiant à proximité et commençai à lui en oindre la rondelle. Avant de lui fourrer deux doigts sans autre forme de procès. Je les faisais aller maintenant aller et venir sans problème et, les faisant tourner, je la dilatai un peu plus. J’ajoutai un doigt sous le regard surpris de son maître habituel. 

— Elle n’est pas si « disponible » à l’accoutumée. Mais ne cessez pas je vous prie. Je veux voir jusqu’où elle peut aller.

Et, donc, mon auriculaire finit par rejoindre ses comparses. Elle ondulait des fesses, ne sachant pas visiblement si elle voulait fuir ma possession ou s’y ouvrir d’avantage. 

Je la travaillai longtemps ainsi. Avant de mettre mon pouce en opposition et de pousser. Inexorablement. Elle hurlait, se débattait mais se projetait en direction de ma main Jusqu’à finir par l’avaler. 

Je ne fis pas beaucoup durer les choses. C’était son premier fist et c’est une pratique éprouvante. Alors je me retirai d’elle, la laissant pantelante. .

Puis l’homme me fit un signe entendu de la tête. Elle ne m’avait pas vu et ne le devait pas. Alors je pris congé. 

En me disant que je lui avais laissé une empreinte indélébile. Ce souvenir allait en tout cas l’être pour moi.

 

Les origines

 

Un café nommé désir

Mots contraints : invitation, calendrier, viking, astrolabe, souris, canon, iPhone, manteau, sac à dos.

 

Je déambule sur les boulevards, mon sac à dos, dans lequel j’ai le nécessaire pour être paré à toute éventualité, solidement arrimé sur mes épaules. J’ai besoin d’un café. D’un peu de chaleur plus généralement. Alors pourquoi ne pas m’asseoir au comptoir du bar, là, au coin de la rue ? Son enseigne, un énorme viking un hanap à la main indique qu’on y sert plutôt des bières. Mais c’est bien le diable si je n’arrive pas à obtenir plutôt un petit arabica.

Je pousse donc la porte. Il fait sombre et, à part la serveuse, il n’y a personne. Je dépose mon manteau sur une patère et m’assois sur un tabouret. Elle me salue d’un  » Hello ! Que puis-je pour vous faire plaisir ?  » sonore et amical. C’est bête mais cette façon de m’accueillir, si directe fût-elle, m’a aussitôt mis à l’aise. Alors je lui souris et passe ma commande. Elle fronce les sourcils.

— De la caféine ? Vous êtes fatigué ? Malade ? Vous êtes certain que vous ne préféreriez pas notre blonde artisanale ?

Dieu qu’elle peut être canon, là, avec la moue interrogative et vaguement réprobatrice qu’elle m’adresse. Une réelle invitation au voyage. De ceux où l’on veut se perdre et pour lesquels on ne prend donc ni boussole ni astrolabe.

Mais je n’ai pas tout à fait l’esprit à ça. Les hasards du calendrier font que je cumule plusieurs entretiens dans la journée pour lesquels je dois garder la tête froide. Alors je lui confirme mon souhait d’un expresso bien serré. Une certaine déception se lit sur son visage et, après avoir déposé tasse et soucoupe devant moi sur le zinc, elle se désintéresse complètement de moi et s’abîme dans la contemplation de l’écran de son IPhone.

Il est temps que j’y aille. Je paie mon café assorti d’un petit pourboire, me rhabille et sors.

Je n’ai pas fait dix pas dehors que mon téléphone vibre. Une application de rencontres géolocalisées que j’avais délaissée, faute d’y trouver quiconque. Je l’ouvre. Un fav d’un profil à proximité, accompagné d’un message.

— La blonde sera toujours là pour vous. Elle vous attendra le temps que vous changiez d’avis.

Et je pense aux boucles dorées qui encadraient le visage de ma serveuse. J’ai manqué d’à propos.

J’hésite à faire demi tour. J’y renonce. Pas le temps. Mais je note le nom et l’adresse. Puis je lui réponds.

— Ce sera avec joie que je reviendrai déguster. A très vite.

Et je me dirige vers le métro. Vers mon prochaine entretien. Le cœur léger et le moral remonté à bloc. Les anges viennent de m’adresser un signe. Je vais le décrocher ce job.

 

A l’origine

27/01 : un éphéméride qui se détend

(image by michael mcintyre on flickr)

Leur rencontre n’était pas évidente. Il était timide, elle se rendait inaccessible. Mais, plein de désir pour elle, il avait essayé de tourner les plus belles phrases possibles pour attirer son attention. Et le résultat avait été au delà de ses espérances. Non seulement elle l’avait lu mais, ce jour, elle lui avait donné un rendez-vous au cours duquel elle l’avait encouragé à se raconter. Puis à s’emparer de ses lèvres et, finalement, de tout son corps.

“Saint Julien brise la glace, s’il ne la brise, il l’embrasse.”

Ils avaient réussi à faire les deux. Pour leur plus grand plaisir.

Lecture

netflix

Mots contraints du 26/01 : Tolérance, exergue, consensuel, anachronique, plume, outrance, effluve, filigrane, spéléologie. 

Tu mettais en exergue ton goût pour le consensuel. J’y voyais en filigrane un manque de goût pour l’expérimentation. Et je voulais te pousser dans tes derniers retranchements, dussè-je aller jusqu’à l’outrance.

Alors j’avais pris la plume et semé au sein de mon blog tout un tas d’indices textuels aux effluves sensuels afin de voir jusqu’où tu serais curieuse et, surtout, où se situait ton seuil de tolérance.

Quelle ne fut pas ma déception en constatant que, non seulement tu ne t’étais livrée à aucune action de spéléologie dans le foutoir qu’est le site qui recueille mes pensées, mais qu’en plus tu avais eu le toupet de me dire que tu trouvais anachronique ce besoin d’écrire à l’époque où 60% des flux internet sont des partages de vidéo. Et tu étais partie streamer une énième série sur l’écran géant du salon.

Nous n’avions, je le crois, plus grand chose à nous dire.

 

aux origines

Plaisirs de concert

(image by Alla Sokolova on Flickr)

 

Mots contraints du 25/01/2018 : Gloire, Machin, Réglisse, Palonnier, Charlotte, Ylang-Ylang, Clystère, Mâchonner, Palper

Je t’ai remarquée entre toutes à peine entré dans cette salle de concert. C’était la scène qui était sous le feu des projecteurs mais c’est toi qui prenais toute la lumière. Alors j’ai cessé de mâchonner le chewing-gum à la réglisse que j’avais dans la bouche pour me donner une contenance, je l’ai enfermé dans un mouchoir que j’ai mis dans ma poche et, prenant mon courage à deux mains, j’ai eu l’audace de déposer un baiser dans ton cou. Tu as semblé apprécier mon initiative à en croire la façon dont tu as renversé la tête en arrière pour m’offrir un peu plus ta gorge. Je t’ai ensuite prise par la taille et je t’ai embrassée à pleine bouche. Nos langues se sont aussitôt trouvées pour danser un ballet endiablé tandis que nos corps se collaient l’un à l’autre.

Puis tu as reculé.

— Dis donc ! C’est un sacré machin que tu as dans ton pantalon ! C’est juste moi qui te fais de l’effet ? À moins que dans le civil tu ne fasses dans l’outil de levage.

Je n’ai pas su que répondre. Je ne l’aurais pas pu cela dit. Car, tout en commençant à me palper l’entrejambe, tu m’as fait un bâillon de tes lèvres.

Je bandais comme un fou, prêt à exploser. Alors tu as cessé tes caresses et tu m’as entraîné dehors. Et, une fois dans un bosquet à l’abri des regards, tu as baissé mon jeans et mon caleçon. Et tu t’es suspendue à mon membre, comme pour t’assurer de sa solidité. Ceci fait, tu as posé tes mains sur un tronc d’arbre et as tendu tes fesses vers moi.

— Encule-moi. Fort ! Et donne-moi tout ton jus !

Ce n’était plus du tout la même fonction. De palonnier tu voulais donc faire de ma queue un clystère.

Et c’est ainsi que, grâce à toi, j’ai connu ce soir là ma première sodomie.

Nous en avons pratiqué d’autres depuis mais celle-ci restera toujours ancrée dans ma mémoire par sa fraîcheur et sa spontanéité. Et aussi parce que j’ai découvert à cette occasion que ta peau prenait des accents d’ylang-ylang quand tu parvenais à l’orgasme. Et ça, même après des années, ça me rend toujours aussi dingue.

Gloire à toi Charlotte.

Les origines

First (and last) date ?

 

(Image by Bobby on Flickr)

Avec les mots contraints du 24/01/2018 : Sérendipité, Allégorie, Notation, Neuf, Chicane(r), Statu-quo, Colère, Emporter.

 

— Alors toi et moi c’est de la sérendipité ?

— Si on veut. Je trouve que tu te laisses un peu emporter par tous ces mots un peu compliqués que tu vas sûrement chercher dans le dictionnaire pour briller. Mais, en effet, notre rencontre fut le fait d’un bien heureux hasard. Même aidé par la technologie.

— J’ai voulu faire une allégorie, excuse moi d’essayer de faire du neuf dans notre conversation. Ça ronronne depuis quelques minutes.

— Et voilà. Tu recommences…

— Je fais ce que je veux avec mon vocabulaire ! Et, si ça ne te plaît pas, je ne vois pas de raison de continuer à se voir.

— Ne te mets pas en colère. Mais si on ne peut déjà plus chicaner…

— OK. Tu me saoules. On en reste là ? Et on reprend nos vies chacun de son côté alors ? Mais on s’accorde quand même une notation correcte sur le site ? Il y a quand même eu un certain feeling je trouve. Dommage qu’il se soit évaporé si vite…

— C’est un bon statu-quo…

— Pfff, si toi aussi tu t’y mets…

à l’origine