Panique

Les promoteurs du parc d’attractions avaient eu là une excellente idée en proposant au public un survol panoramique des manèges et, même s’il paraissait un peu ancien, le téléphérique semblait faire son job sans problème.

Jusqu’à ce que je prenne place dedans. Car, arrivé en plein milieu de son parcours, il s’était arrêté dans un bruit de ferraille assourdissant. Par la fenêtre je regardais le vide en dessous de nous. Quelques dizaines de mètres quand même, ce n’était pas rien. Et, peu à peu, la panique m’avait pris. Je m’étais persuadé que nous étions perdus. Quelle serait la conclusion ? Nous allions tomber, c’était certain. À force de nous balancer ainsi la cabine allait se décrocher avant que les secours n’arrivent. Et après une chute pareille, inutile de gaspiller la moindre poche de sang pour essayer de nous sauver. Ramasser nos morceaux serait tout ce qu’il resterait à faire. J’étais tétanisé. Et ce n’était pas le vieux croulant qui marmonnait des prières en égrénant son chapelet à toute allure qui allait me rassurer.

Il me fallait trouver un dérivatif, fixer mon attention sur autre chose. Sinon la terreur qui me broyait les entrailles allait me faire rendre mon déjeuner.

Et mon salut était venu d’une somptueuse rouquine tout de cuir noir vêtue. Une motarde certainement et qui, sans doute habituée aux sensations fortes, restait parfaitement impassible. Je m’étais d’abord absorbé dans la contemplation de sa flamboyante chevelure dans laquelle elle faisait négligemment courir ses doigts. Un véritable incendie de forêt qui m’avait fait temporairement oublier la situation. Et puis j’avais continué mon exploration visuelle. À cause de la chaleur elle avait ouvert grand le zip de sa combinaison et j’étais maintenant captivé par la rondeur de ses seins. Et une sensation de désir animal pour cette inconnue avait remplacé toute peur dans mon esprit

Et c’est alors que j’allais me rapprocher d’elle et entamer la conversation que le gars au chapelet avait plongé le nez dans son décolleté en lui pelotant les fesses d’une façon tout à fait sordide. Et que, loin de le repousser, elle s’était mise à rire en gloussant des “enfin poussin, pas ici ». J’avais du mal à le croire. Cette abominable vision était sûrement le fruit de mes angoisses. Il me fallait me réveiller de ce cauchemar

Et puis les gens s’étaient mis à applaudir. Et tout s’était Illuminé dans ma tête. J’avais été le jouet d’un énorme canular. Il n’y avait aucun souci technique et ces personnes étaient des comédiens. Mais quelle trouille j’avais eue.

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