The day after (2)

Il arriva à l’heure prévue. Croyant à un second round il se déshabilla. Mais ne la voyant pas sur le lit, il grommela une remarque désobligeante sur ces salopes qui ne savaient pas se tenir et avança dans la pièce.

La dernière chose qu’il vit fut un bras qui s’abattait vers son visage. Un bras de fille avec une statuette beaucoup trop lourde pour qu’elle puisse la tenir ainsi s’était-il dit. Et puis plus rien.

Il gisait maintenant sur le sol et une large flaque de sang trempait désormais la moquette autour de son crâne défoncé. Elle n’avait aucun doute quant au fait qu’il fût mort à présent et, après la satisfaction de sa vengeance, une sourde panique commença à l’envahir. Elle était désormais une meurtrière et elle savait la justice locale pas très tendre avec les gens qui assassinaient leurs notables. Il lui fallait donc fuir. Oui, mais où ? Comment ? Elle n’avait pas de temps à perdre et il lui fallait réfléchir à toute allure. Tout d’abord c’était lui qui avait réservé la suite. Et, pour ce qui s’y était passé, nul doute que la transaction avait dû se faire sous le manteau. Tout risque qu’elle apparût sur le registre de l’établissement était donc écarté. Et puis elle se souvenait du chemin qu’ils avaient emprunté pour se rendre sur la scène de leurs ébats. Tout avait été fait pour qu’on ne la vît pas. Elle n’était donc qu’une ombre dans ce paysage et elle pourrait s’en échapper facilement. Restait à effacer ses traces. Et là elle bénit son tourmenteur qui, pour la filmer avait exigé qu’elle soit parfaitement épilée et porte une perruque. Elle n’avait donc certainement laissé aucun poil ou cheveu dans la chambre. Restait à voir dans la salle de bains, bien nettoyer toutes les surfaces pour supprimer la moindre empreinte et embarquer les draps pour plus de sécurité. Ne pas oublier non plus de récupérer la carte mémoire de la caméra. Elle était l’héroïne du film qui s’y trouvait et elle ne tenait pas à ce que cela se sache.

Ce qu’elle fit avec soin. Mais il lui fallait parachever son œuvre et essayer de brouiller un peu les pistes en maquillant son crime. C’est là qu’elle se souvint des jouets qui avaient servi à l’occuper pendant que ces messieurs reprenaient des forces. Le cadavre était encore chaud et ne devait pas être encore pris de rigidité. Ils allaient avoir un ultime usage. Restait à les mettre en place. Un dans la bouche et le plus gros dans le cul, ce serait parfait se dit-elle. On penserait à une orgie qui avait mal tourné, suivi d’une vengeance. Ce qui était parfaitement le cas. Mais en féminisant un peu la victime et le remplissant de part et d’autre, elle le plaçait dans la position d’une sissy devenue un peu gênante et dont on aurait voulu se débarrasser. Elle se faisait toutefois peu d’illusions, les flics n’étaient pas des imbéciles, mais cela lui permettrait sûrement de gagner quelques heures.

Le mort était désormais maquillé comme une pute de bas étage et suçait un godemiché rose tandis que le simulacre d’une bite de cheval distendait son cul. IL était temps de partir à présent. Mais elle s’offrit deux minutes supplémentaires afin de prendre une photo. Qu’elle enverrait certainement à la presse, histoire d’ajouter un peu de désordre.

Elle jeta un œil par la porte. Personne. Restait à gagner l’escalier de service en espérant qu’il n’y avait pas de vidéosurveillance. Elle s’était caché le visage mais on pourrait avoir un chrono de sa sortie et ce serait dommage. Elle serrait dans son poing les clés du véhicule de sa victime. L’écusson qu’elles portaient attestait qu’il s’agissait d’un bolide et elle avait besoin de mettre de la distance au plus vite. Vers où ? Elle ne le savait pas encore.

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