Pensées nocturnes

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Minuit et sa série de zéros viennent de s’afficher sur ma box. Je sais que ça va être compliqué de trouver le sommeil. Je tourne d’un bord à l’autre du lit, étreins alternativement mes oreillers mais rien n’y fait. Au contraire. Tout contact me rappelle l’absence de sa peau et ne fait qu’aviver mes idées libidineuses. Alors je me dis que si je veux me réveiller dans de bonnes conditions demain, il va falloir que je passe par l’auto assouvissement de mes sens.

J’aurais préféré qu’elle soit là et que ce soit la fusion de nos corps et notre plaisir mutuel qui m’apporte plénitude et repos. Mais elle est loin. En vacances dans un de ces départements que l’on ne visite que pour raisons familiales.

Je l’ai tout de même dans la tête et, disons le crûment, sur le bout de la queue. Je n’ai aucun problème pour me rappeler ce qu’elle est capable de me faire avec sa bouche et ses doigts. Ces organes qui me manquent tant au moment où je vous parle. Car oui, elle est un peu magicienne. Elle a une façon presque irréelle de me tenir au bord de l’orgasme pendant un temps dont je finis inéluctablement par perdre la notion. Mais ce soir, nécessité faisant loi, je ne vais pas faire durer le plaisir. Non. Il me faut jouir vite et fort pour plonger dans un sommeil de brute ivre.

Alors je cale un coussin derrière mes omoplates et me saisis la queue. Je la serre pour augmenter mes sensations. Et je vais vite. Ce sera net et sans fioritures ce soir. Je n’ai pas envie qu’il en soit autrement. De toute façon, mes caresses totalement solitaires ont perdu un peu de leur sel depuis qu’elle est entrée dans ma vie. Car lorsque je me masturbe c’est la plupart du temps sous son regard désormais. Ou celui de la caméra de mon smartphone.

Oui, nous aimons nous regarder nous branler, même si nous sommes loin. C’est même comme ça que, si on peut le dire ainsi, nous avons baisé pour la première fois, jouissant ensembles mais chacun dans sa chambre. Nous nous nous sommes bien sûr rapprochés depuis et nous faisons l’amour de façon plus conventionnelle. Mais j’ai découvert avec elle cette façon de vivre le sexe, sans contact mais pas sans plaisir. Il n’y aura pas son regard ce soir, il est trop tard pour la réveiller et ce n’est au final pas ce que je veux.

En pensant à elle et à tout cela j’ai ralenti, desserrant mon étreinte et prenant mon temps. Comme si j’en avais. Mais les minutes s’égrènent inexorablement, me rapprochant d’un réveil dont je sais qu’il sera difficile. Je me reprends alors. Il faut que j’en finisse. Et peu importe si je m’en mets partout. Ça disparaîtra sous l’eau de la douche et à ma prochaines lessive.

J’accélère. Ça commence à venir. Je maintiens la cadence et je finis par jouir brutalement dans ma main et sur mon ventre. Je peux respirer à présent. Ma tension est retombée et je roule sur le côté, laissant couler mon sperme sur le drap housse.

Avant de fermer les yeux je jette un dernier regard sur l’horloge. Il me reste un peu moins de cinq heures avant la sonnerie. Il est temps de sombrer.

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