Marrakech (4)

Elle prit tout son temps pour dîner. Et de là où elle était elle n’aurait pas pu le rater s’il s’était présenté dans la salle du restaurant. 

Las. Il ne pointa pas le bout de son nez durant tout le temps de son repas. Elle en fut quelque peu désappointée. Non content de lui avoir posé un lapin et d’avoir triché quand elle lui avait proposé un jeu, voilà qu’il se montrait lâche à préférer garder la chambre.

Elle prit la décision de tirer un trait sur ce triste personnage. Il ne méritait pas ses attentions. Il n’en demeurait pas moins que ses plans pour la soirée étaient contrariés. Elle qui s’imaginait passer un peu de bon temps se retrouvait sans cavalier.

Elle remonta dans sa chambre. Les lits jumeaux lui semblèrent subitement bien grands. Elle chassa rapidement ces mauvaises pensées de sa tête. Faute d’homme il lui restait au moins ses jouets. Ils lui étaient fidèles, eux. Jamais une défaillance. Toujours prêts. 

Elle commença avec son womanizer. Elle voulait commencer par une jouissance rapide et intense. Aussi elle régla aussitôt la puissance d’aspiration au maximum. L’orgasme ne tarda pas, qui lui arracha un cri.

C’est alors que, un peu rassasiée par ce premier round, elle entendit qu’on grattait à sa porte. Elle ne répondit pas. Si c’était le bellâtre il ne manquait pas d’air. Mais il n’allait pas lui gâcher un peu plus son plaisir. Qu’elle allait prendre désormais avec son Orchidée d’Idée du Désir, compagne idéale de jouissances profondes qui la laissaient systématiquement repue. 

Elle s’installa confortablement en travers du lit. Elle ne manquait pas de place. Et commença à se pénétrer avec son magnifique jouet de bois. Ses courbes et nervures étaient parfaitement adaptées à son anatomie et elle commença vite à gémir. 

On gémissait à l’unisson dans le couloir. De frustration espéra-t-elle alors que le plaisir commençait à l’emporter. Qu’elle manifestait sans la moindre retenue. Qui que ce fût, il lui fallait profiter du son de sa jouissance. 

Elle criait maintenant, agitée de spasmes, espérant que son auditeur n’en perdait pas une miette.

Et puis la houle de ses sens s’arrêta. Il n’y avait plus un bruit dehors. Elle ouvrit la porte. Personne. Mais son admirateur secret avait laissé une trace baveuse de son passage. Elle en était heureuse. 

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