Chaud et froid

Image LFDT photographie

Il fait un froid de gueux aujourd’hui. Et le ciel est menaçant. On a même annoncé de la neige je crois. Alors, pour aller travailler, je me suis emmitouflée autant que possible. Tant pis si on ne voit de moi que mes yeux surmontant une silhouette rendue informe par les couches de vêtements que j’ai empilées. Je ne suis pas glamour le moins du monde mais au moins je ne suis pas gelée.

J’arrive en bas du bâtiment qui accueille les bureaux de la société où je travaille. Je porte machinalement la main à ma poche pour prendre mon sésame . Rien. Et là, je le visualise très bien dans le vide-poches de mon entrée. Mince, il va me falloir attendre que les hôtesses du desk arrivent pour récupérer un badge visiteur. Ma journée commence bien. 

— Vous avez des soucis Madame ? 

Je tourne la tête et tombe nez à nez avec un gars que je n’ai jamais vu mais dont je ne peux détacher mon regard. Je suis soufflée. L’hiver ne semble pas avoir de prise sur lui si j’en crois sa tenue : des derbies, un chino, et un manteau léger très cintré qui ne cache rien de sa carrure. Il est taillé dans un V très prononcé et je me dis qu’il doit le travailler très régulièrement. Il doit ressentir mon trouble car, sans qu’il ne me quitte des yeux, je vois un large sourire éclairer son visage. 

Il répète sa question. Je finis par bredouiller que je ne peux pas entrer. 

— Ce n’est que cela ? Vous vous collerez à moi au portillon d’entrée. Et puis nous prendrons l’ascenseur ensemble. Vous allez bien au onzième, non ? 

— C’est tout à fait ça. On se connaît ? 

— Non mais j’ai déjà croisé votre regard à la machine à café. Il est de ceux que l’on n’oublie pas. 

Je rougis et souris sous mon masque. 

— Merci 

Il finit par se présenter. C’est un nouveau du service informatique, fraîchement sorti de son école. La DRH a bien choisi me dis-je avant de le suivre dans le hall. Il sort son badge et me conseille de se coller à son dos. Je m’exécute et sens ses muscles rouler alors qu’il ouvre. J’ai subitement très chaud alors que nous nous dirigeons vers les cabines. 

Nous montons et je vois mon niveau défiler sous mes yeux alors que nous continuons à nous élever. Il s’excuse. Il a machinalement sélectionné le sien. Mais l’éclat de son regard dément ses dires. Nous arrivons au treizième. Tout est encore éteint. Il me propose un café, tranquille, avant que ses collègues n’arrivent. Il pose d’abord son manteau dans son bureau. Je le suis, les yeux vissés sur son adorable cul bombé. Est-il aussi musclé de partout ?

Il fait couler deux expressos. J’ai ôté mon écharpe. Il siffle d’admiration en voyant le tatouage dans mon cou. J’ai habituellement les cheveux lâchés et il ne pouvait pas l’avoir remarqué auparavant. Il y porte un doigt timide

— Je peux ? 

C’est comme si une bombe éclatait dans mon corps quand la peau de son index entre en contact avec la mienne. Je ne peux retenir un soupir et renverse la tête en arrière. Ses lèvres prennent alors le relais. J’ai l’impression de devenir liquide et porte la main en bas de son dos pour le plaquer contre moi. Il résiste un instant. Juste le temps de déboutonner mon manteau et d’en écarter les pans. Puis son corps s’écrase contre le mien. Il bande. Je fonds un peu plus. Je veux le toucher et lance une main vers son ventre. Il me faut sa queue entre mes doigts. Il grogne alors que je le libère avant de me saisir de son sexe. Puis essaie de se frayer un passage sous mes vêtements. Je me prends à maudire toutes ces couches que j’appréciais tellement il y a à peine quelques minutes. Il finit par arriver jusqu’à moi, m’électrisant un peu plus alors qu’il remonte le long de mes flancs en direction de mes seins. Je suis trempée. Je désire cet homme comme rarement cela a pu m’arriver.

La rampe de néons du couloir s’allume soudain et il nous faut reprendre une attitude digne le plus vite possible. Je n’en reste pas moins rouge. Tant pis si on le remarque, je mettrai cela sur un chauffage trop fort par rapport à ma tenue. Il me faut descendre à présent, pleine de frustration

J’ai quand même commencé à réfléchir à tous les prétextes possibles pour mobiliser le helpdesk en espérant tomber sur lui. Je n’aurai de cesse que lorsque je l’aurai. Et la fin justifie les moyens.

2 réflexions sur “Chaud et froid

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