Un dimanche

C’est dimanche. Je suis seul chez moi et je n’ai pas envie de grand chose. Pas même de faire le moindre effort de toilette. Alors, depuis mon lever, je reste nu. De toute façon je n’attends pas de visite et n’ai pas reçu la moindre invitation à mettre le nez dehors. C’est agréable d’évoluer ainsi dans mon appartement auquel les volets mi-clos donnent une ambiance intime et calme.

Est-ce à cause de cela que, depuis quelques minutes je rêvasse, alangui sur mon canapé, en attendant que la bialetti se mette à chanter ? Probablement. Peut-être me faut-il aussi ce temps pour songer à mon prochain texte. 

Le café est prêt. Je m’en sers une première tasse. C’est habituellement celle qui dilate mon imagination, celle avec laquelle je me lance. Mais aujourd’hui c’est la panne sèche. Qu’à cela ne tienne. Ce sera avec la suivante. Alors je me lève et marche vers la cuisine pour me la servir.

Mon attention est soudain captée par mon reflet dans le miroir de l’entrée. Je me trouve beau dans la lumière tamisée qui règne chez moi. L’occasion de faire quelques photos ? Je saisis mon smartphone et prends quelques poses. Je n’ai pas l’intention de faire grand-chose de ces images mais, si elles peuvent lancer ma journée de création, elles sont bienvenues.

Tasse fumante dans une main et téléphone dans l’autre, je regagne mon canapé. Mes clichés ont un rendu qui m’émeut. Je me suis un peu arrondi, alourdi, mais je trouve que cela me confère une nouvelle virilité, plus mûre qu’avant.

Je tiens mon idée : une exhibition par écran interposé. Ce n’est pas un sujet nouveau mais j’aime m’y renouveler. Les mots viennent assez vite.

Soudain on sonne. Mon premier réflexe est de ne pas me lever, de laisser l’importun s’escrimer sur le bouton. Je n’attends personne après tout. Il insiste et  la curiosité finit par me gagner. Je file alors vers l’interphone. C’est une voix tout à la fois étrangère et familière. Comme dans un rêve, j’actionne à distance le verrou électrique avant d’ouvrir ma porte et d’aller me rasseoir dans mon salon. Je ne pense même plus à ma nudité, elle me semble naturelle au vu des circonstances. Juste à l’attendre le plus posément possible en sirotant mon café.

J’entends du bruit dans le couloir. Cette rencontre que nous nous disions inévitable va devenir réelle. Je n’y suis certainement pas prêt. Mais cela n’a désormais plus aucune importance.

Le fantasme va se faire chair.

2 réflexions sur “Un dimanche

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