Inventaire

Mots contraints : Amour, croyance, mystique, garçon, cuivre, poubelle, dehors, espacer, maintenant 

Si l’amour est une croyance, il y en a de drôlement mystiques parmi les garçons qui font le siège virtuel de ma couche. 

Il y a ceux qui prétendent me faire reluire en me frottant comme une lampe en cuivre et se prennent pour des génies.

Il y a les pseudo bad boys, dont le langage semble sorti d’une poubelle, et qui croient être des poètes.

Il y a les limités, surtout, qui croient me séduire avec les vidéos de dedans-dehors dont ils abreuvent ma messagerie. 

Tout ce joli monde a réussi l’exploit de me faire espacer mes visites sur les réseaux sociaux, ce dont je ne me porte pas plus mal finalement car, en me consacrant maintenant au monde réel, j’en tire nettement plus de bénéfices. 

Les oulimots des copines et des copains

Coopérative

De passage en Provence, j’avais décidé de ramener quelques bouteilles de Côte du Rhône à mes amis, plutôt habitués aux vins du Minervois. Le choix ne manquait pas tout au long de la route dédiée et qui traverse le département du Vaucluse où j’étais basé mais je ne voulais pas succomber à la facilité de l’archi connu Châteauneuf du Pape et avais plutôt orienté mon parcours à proximité de la Drôme provençale, là où je savais que je trouverais quelques pépites moins connues.

Ma balade m’amena finalement dans ce village que j’aimais bien et plus particulièrement à sa cave coopérative dans laquelle je m’étais dit que je trouverais mon bonheur. Les premières chaleurs étaient arrivées et la fraîcheur qui y régnait fut la bienvenue. Je parcourais paresseusement les rayonnages lorsqu’on vint m’interpeller. 

  • Je peux vous être utile Monsieur ? 

Je me tournai pour tomber nez à nez avec une des vendeuses. Et pas la moindre me dis-je. Elle n’était pas bien grande mais la nature l’avait généreusement dotée au niveau de son décolleté qu’elle offrait à mon regard grâce à une robe à fleurs largement échancrée. Je marquai un temps d’arrêt à la vue de cette poitrine qui oscillait doucement au rythme de la respiration de la jeune femme 

  • Monsieur ? 
  • Oh pardon ! Je rêvassais 

Elle sourit 

  • Je comprends, l’atmosphère des lieux s’y prête tout particulièrement je trouve. J’y travaille depuis quelques années mais le charme opère toujours sur moi. Il y a quelque chose de sensuel avec le vin, ne trouvez-vous pas ? 

Je ne pus qu’acquiescer, même si, dans le cas présent, je trouvais que mon interlocutrice n’y était pas étrangère. Mais il n’était pas question de le lui avouer de but en blanc.

  • Il n’y a personne ce matin, je peux vous consacrer tout mon temps pour une dégustation. Ça vous dit ? 

J’acceptai avec plaisir. Elle m’offrit de la suivre jusqu’au comptoir prévu à cet effet et tourna les talons. Son côté pile valait son côté face car, très cambrée, elle possédait un fessier large et rebondi qui faisait des huit tandis qu’elle marchait devant moi. Cette femme avait décidément tout pour me plaire mais je me raisonnai. J’étais là pour acheter du vin, elle pour en vendre, et les choses en resteraient là. 

  • Par quoi voulez-vous commencer ? 
  • Je vous laisse l’initiative, faites-moi donc découvrir vos trésors. 
  • J’en ai de cachés qui pourraient vous étonner. 

Je rougis tandis que la vendeuse servait le premier verre en me faisant l’article de l’assemblage. J’y trempai mes lèvres. Le vin était un mélange de puissance et onctuosité aux notes de fruits rouges et d’épices. 

  • Vous aimez ? 
  • Beaucoup 

Elle m’en resservit une lampée. « pour que je me fasse une idée plus précise ». J’étais conquis par cette première mais elle ne s’en tint pas là et m’en fit goûter une demi-douzaine d’autres, ne négligeant pas ni son discours pour m’en faire l’article ni ses attitudes, que je trouvai de plus en plus provocatrices, de sorte que je finis par ne plus savoir si c’était l’alcool que j’avais ingurgité ou celle qui me le faisait déguster qui me tournait la tête. Je finis par abdiquer devant un vieilles vignes élevé en barriques. 

  • Il fallait recracher Monsieur ! J’ai oublié de vous prévenir cela dit. Quoi qu’il en soit, je ne peux pas vous laisser partir ainsi, ce ne serait pas raisonnable. Venez déjeuner avec moi, il est midi et je dois fermer la cave. Ce sera ma façon de me faire pardonner. 

Un peu groggy, je la suivis dans sa voiture le temps d’un bref trajet puis le long d’un étroit chemin jusqu’à un belvédère situé non loin. Elle sortit du pain, du fromage et un peu de charcuterie du sac isotherme qu’elle avait pris avec elle. 

  • Nous y serons tranquilles, plus personne ne vient par ici depuis longtemps. C’est un peu mon spot secret. Vous permettez ? 

Après avoir étendu une couverture, elle se retrouva nue sans que je n’aie pu répondre quoi que ce soit. Je la contemplais, médusé. 

  • Mettez-vous à l’aise vous aussi, le soleil est délicieux en cette saison. Mais peut-être que vous êtes gêné, je n’y avais pas pensé. 

Son langage corporel me disait le contraire mais je n’osais pas m’approcher. Jusqu’à ce qu’elle remarque la bosse qui déformait mon pantalon

  • Je vous assure que vous devriez vous mettre à l’aise, je vous vois tout comprimé dans vos vêtements. 

Elle posa la main sur ma braguette et je perdis tout discernement. En à peine quelques instants mon froc se retrouva sur mes chevilles et ma queue dans sa bouche. Elle suçait divinement et, toute réserve désormais envolée, je fis voler ce qui me restait de vêtements avant de m’allonger tête bêche sur elle. Elle me bouffait, je lui rendais la pareille, et nos gémissements emplissaient l’air ambiant 

  • Défonce-moi ! 

Désormais à quatre pattes devant moi, elle m’offrait son superbe cul. Je promenai un instant mon gland sur ses lèvres, ce qui la fit grogner 

  • Non ! Là c’est réservé à mon copain. Plus haut ! 

Son œillet brun semblait palpiter tandis que je lui écartai les fesses et je ne fus pas long à m’y engouffrer jusqu’à la garde. Elle criait maintenant, des mots obscènes et sans suite, tandis que, encouragé par sa crudité, je la pilonnais de plus en plus vite. Mon sexe devait pulser son plaisir proche car elle m’éjecta d’elle, se mit à genoux en face de moi et, en quelques secondes me fit inonder sa poitrine à long jets. Elle étala le tout sur son torse et son ventre avant de m’embrasser. 

  • Merci ! J’aime bien me prendre un coup de queue pendant ma pause mais les occasions sont rares. Tu ne regrettes pas que je t’aie attiré dans ce traquenard j’espère. On mange un morceau maintenant ? 

Toujours nus, nous fîmes honneur à ses victuailles, mine de rien, le grand air ça creuse et les émotions aussi. Puis je la raccompagnai jusqu’à la cave où je pris un carton de ce vin qui m’avait tant séduit dès le début. Elle ajouta un numéro au stylo sur le ticket de caisse. 

-Si jamais tu repasses par là. 

Elle alla ensuite s’occuper d’un couple qui venait d’entrer. Je suis sûr qu’on pouvait une légère croûte de sperme séché par l’échancrure de son haut et cette idée m’excita au plus au point mais je devais reprendre ma route. 

Mes copains me félicitèrent pour le choix de ce vin et m’en commandèrent à chacune de mes visites dans le coin. Mais je ne leur dis jamais la saveur tout particulière qu’il avait pour moi 

Drôle de clause.

Mots contraints : Maison, testament, création, perle, venin, cendre, commencer, chic, monstre 

Il y avait une foule monstre pour assister au spectacle. Il faut dire que la révélation du testament de Monsieur avait eu le chic pour exciter l’imagination de tout ce que la ville comptait d’esprits libertins. 

La maîtresse de maison, désormais veuve,  était uniquement vêtue de trois rangs de perles et devait commencer par collecter la semence de tous les mâles de l’assistance, puis la mélanger aux cendres du défunt avant de s’en enduire le corps et d’effectuer un body painting qui serait ensuite vendu aux enchères. Les bénéfices de cette création formeraient son unique héritage. 

Ce n’était pourtant pas le venin de la jalousie qui coulait dans ses veines lorsque le cocu l’avait rédigé. Le happening allait bien au contraire assurer la postérité et la fortune de son autrice si on en croyait la rumeur, il le savait, et cela avait été son ultime excitation.

Les oulimots des copines et des copains

Image yana Courley

Chantage ?

En arrivant très tôt ce matin, je pensais être seul au bureau. J’avais déjà plein d’idées en tête sur ce que j’allais faire et ce n’était pas très professionnel. Ma correspondante m’avait demandé de voir dans quel environnement je travaillais et j’avais envie de le lui montrer.

Mais, bien sûr, à ma façon, c’est à dire torse nu voire encore moins habillé. Je sais qu’elle est friande de ce genre d’images qui détournent le quotidien de façon coquine et, si elle voulait du spectacle, elle allait en avoir

Je devais toutefois prendre mes précautions au cas où

Je fermai donc la porte de mon bureau afin de ne pas être dérangé et ôtai mon pull pour la première photo. La lumière du petit matin était douce et j’allais certainement faire des images très sympa. Impression confirmée dès le premier déclenchement.

Il me fallait en faire plus.

Chaussures et chaussettes finirent donc au sol et on pantalon se retrouva donc vite sur le dossier de mon siège. Il ne me restait plus qu’à caler mon smartphone pour pouvoir me prendre en pied, le retardateur ferait le reste.

Première pose, de face, grand sourire et torse bombé.

Deuxième pose. Je voulais lui offrir mon côté pile. Mon boxer disparut à son tour. Désormais complètement nu, je tournai le dos à l’objectif et creusai les reins. Je sais l’effet que peuvent faire mes fesses et j’ai de délicieuses fossettes. 

Le retardateur égrenait les secondes.

 J’entendis soudain que quelqu’un tournait la poignée. Pris de panique, je me rendis compte du fait que j’avais oublié de verrouiller et que j’allais par conséquent être pris en flagrant délit d’exhibition : ma carrière dans cette boîte allait s’achever de façon bien peu glorieuse. 

Qui allait me découvrir ? Je fis une prière muette pour que ce ne soit pas la responsable RH qui me détestait cordialement et qui prendrait un malin plaisir à rendre public le motif de mon licenciement.

Je fus exaucé.

C’était la personne en charge de l’entretien des bureaux.

J’étais horriblement gêné, tentant vainement de voiler ma nudité de mes mains en coupe sur mon sexe. Elle l’était beaucoup moins, arborant le sourire en coin de celle qui en a vu d’autres.

– Oh ! Je vous dérange peut-être.

Elle n’en entra pas moins et ferma la porte derrière elle. 

Elle prit le soin de tourner la clé dans la serrure. J’étais désormais à sa merci. Elle avança vers moi.

– Puis-je faire quelque chose ?

Horrifié, je sentis mon sexe commencer à se dresser derrière sa pitoyable cachette dont il allait émerger.

Elle ne lui en laissa pas le temps.

– Voyons ce qui se cache là-derrière.

Sa main écarta les miennes et ma queue se déploya sous ses yeux.

– Mais ce n’est pas mal ! Vous permettez ?

Elle l’empoigna, m’arrachant un gémissement, et se mit me caresser. Son autre main fouilla dans sa poche et en sortit un téléphone.

– Pour ma collection personnelle. Vous n’y voyez pas d’objection ? Rassurez-vous, on ne verra pas votre votre visage. N’y voyez aucune offense mais ce n’est pas là ce qui m’intéresse.

Mon service trois pièces fut donc mitraillé sous tous les angles pendant quelques minutes.

Une vidéo fut même capturée au moment où elle me fit jouir sur sa blouse en quelques savants mouvements  de son poignet. Puis elle posa son smartphone sur mon bureau, recueillit mon foutre sur le bout de ses doigts et les lécha.

– Merci pour ce cadeau, j’espère en avoir d’autres. 

– Rhabillez-vous maintenant, vos collègues ne vont pas tarder.

Elle m’accorda le temps de reprendre mes esprits et de remettre mes vêtements avant de disparaître.

Je reçus un dans la matinée un mail de la société de nettoyage, qui contenait mes exploits et trois mots.

À très vite. 

Première

Mots contraints Arriver, dessous, rythme, délicieux, disque, tournoyer, fin, jeu assis

Assis à ses pieds, j’attends que le jeu commence. Je sais pertinemment que je ne serai plus tout à fait le même quand il prendra fin et, même si j’ai peur, je n’en ai pas moins hâte.

Nous y voilà. Elle m’a demandé de me placer face au mur, les reins cambrés et j’entends à présent les lanières de ses martinets qui commencent à tournoyer au rythme du disque de techno que passe le DJ. 

Le premier coup tombe et j’étais en dessous de la réalité lorsque je m’imaginais le recevoir. Elle a le chic pour rendre cet instant délicieux, ce qui ne m’était arrivé avec aucune autre. 

Elle parlait d’alchimie. Je comprends mieux à présent

Les oulimots des copines et des copains.

Service compris

Le temps des terrasses est revenu et, même s’il fait encore frais ce matin , le plaisir d’y prendre un café est toujours présent. Il est encore tôt et celle sur laquelle j’ai jeté mon dévolu est presque vide. Je m’y assois et lance un coup d’œil circulaire pour prendre possession des lieux. Il y a une belle lumière sur la place et je suis bien. 

  • Vous désirez Monsieur ?

Je tourne la tête. La serveuse est un tout petit bout de femme aux cheveux courts et aux yeux gris acier qui a bravé les frimas de ce printemps qui tarde à venir pour mettre une petite robe imprimée qui met ses jambes et ses formes en valeur et sur laquelle elle a passé une doudoune légère et ouverte sur un joli décolleté. Elle est terriblement désirable mais je pense qu’on a déjà dû lui faire le coup de le lui répondre dès dizaines de fois et ce n’est pas mon genre de toute façon. 

  • Un expresso s’il vous plaît. 
  • Sans rien avec ? 
  • Non merci, juste un café. 
  • C’est vous le chef. 

Elle disparaît dans le bar, me rendant à mes réflexions. Elle a été commerçante et je me suis montré un peu sec avec elle. Je compte donc lui adresser mes excuses lorsqu’elle reviendra. 

La voilà d’ailleurs, avec son plateau sur lequel il y a ma tasse mais aussi un verre d’eau. 

  • L’eau c’est pour que vous soyez un peu moins aride. Je ne vais pas vous manger vous savez ? 

Elle m’a bien eu et son sourire est désarmant. Je lui souris à mon tour. 

  • Un point pour vous. Je n’ai pas été très gentil en effet, pardonnez-moi. 
  • Aucun souci. N’hésitez surtout pas s’il vous faut quoi que ce soit. 

Elle me laisse. J’ai la sensation qu’il s’est passé quelque chose lors de ce bref échange mais je chasse rapidement cette idée de mon esprit en pensant à faire une photo. L’établissement a une belle vaisselle et cela pourrait faire une composition sympa pour mes réseaux sociaux. Je me mets à bouger le verre et la tasse afin de trouver le meilleur angle de vue quand je sens une présence dans mon dos. C’est même plus que cela, une poitrine s’écrase sur mes omoplates 

  • Vous permettez ? C’est pour avoir le même point de vue que vous. J’ai suivi des cours de photo et j’ai envie de vous aider, même si je me demande si vous le méritez. 

Je rougis alors que la serveuse, toujours collée à mon dos, passe son bras par-dessus mon épaule pour créer une diagonale parfaite sur la table. 

  • Là, ça devrait être bon. Prenez votre photo. 

Sa bouche est très près de mon oreille quand elle me dit ça et un frisson me parcourt l’échine tandis que j’attrape mon smartphone. 

  • Vous pouvez prendre des notes tant que vous l’avez ? 

Elle me dicte un numéro, que je saisis, stupéfait. Plus un @ : celui d’un compte Instagram ? Twitter ? 

  • Prévenez-moi si un jour vous avez envie de faire autre chose que des natures mortes. Je suis modèle aussi.

Je n’ai pas le temps de lui répondre quoi que ce soit. Un groupe vient d’arriver, dont elle doit s’occuper. Mon café est un peu froid mais cela n’a aucune importance car j’ai eu un like juste après avoir posté ma photo, accompagné d’un commentaire sous la forme d’un emoji clin d’œil, et que je viens de voir que, non seulement c’est le compte qu’elle m’a donné, mais également qu’il fait partie de mes abonnés. 

La complainte de l’amant éconduit

Mots contraints : Muscle, peur, doute, preuve, vivant, gentil, cruel, poignard, mentir. 

Sans vouloir vous mentir belle Dame, lorsque je vous regarde je sens le poignard du désir me fouiller les reins et il serait cruel de votre part de me laisser ainsi. Montrez-vous donc un peu gentille avec moi, je vous assure que je n’aurai pas assez de mon vivant pour vous le rendre au centuple

Vous en voulez une preuve ? Auriez-vous donc le moindre doute quant à ma sincérité ? N’ayez pas peur, le plus intime de mes muscles est à votre unique disposition et restera sagement à sa place tant que vous ne le solliciterez pas. Le voudrez-vous belle Dame ? 

Les oulimots des copines et des copains

Sens dessus dessous

Je ne sais pas ce qui m’a pris d’accepter mais les faits sont là : me voilà en train de me balader en ville avec un de ses strings comme dessous et j’ai l’impression que tous les passants le savent. 

Je lui rends compte de mes sensations par messagerie au fur et à mesure de mes pérégrinations. Comment mon sexe s’échappe sur le côté de la dentelle, comment le tissu me fend la raie.

Mon chéri. J’ai envie que tu ailles essayer un pantalon. Et que tu me fasses des photos.

C’est dit. J’ai peur mais je ne me défilerai pas.