PNE 2020

L’angoisse de la page blanche

Première participation au Prix de la Nouvelle Érotique cette nuit. 

Après une petite montée en tension durant la soirée, la délivrance est venue avec l’annonce du thème. 

CONTEXTE : « Soigner le mal par le mâle »

MOT FINAL : « enfer »

Ne restait plus qu’à entrer dans le vif du sujet. 

Une première idée m’est venue assez vite, perturbée par mon correcteur qui était mis à l’anglais. Je ne sais pas vous, mais pour moi voir tous mes mots soulignés en rouge l’empêche d’avancer. 

Une fois ce problème résolu, j’ai pu avancer un peu plus vite. Je savais à peu près où je voulais aller. Mais les mots sont facétieux et avaient tendance à se dérober. 

Une première heure laborieuse donc. Et puis j’ai perdu la notion du temps et du volume de ce que j’écrivais. Seul mon bracelet connecté me rappelait de bouger toutes les heures. Petites pauses que je mettais à profit pour manger un carré de chocolat ou boire un thé. 

Je suis arrivé au bout de mon texte un peu après la mi-temps. Et j’ai changé ma playlist, passant de la new wave des eighties à Chopin le temps de la relecture. 

J’étais perplexe au moment d’envoyer. Et puis j’ai balayé mes doutes. À Dieu vat, ce n’est qu’un jeu après tout. 

Je suis allé dormir juste après l’accusé de réception. Peu. Mal. 

Et là, les yeux rougis devant ma tasse de café, je me dis que je n’aurais troqué ma place pour rien au monde. 

Ce fut un exercice stressant. Prenant. Mais tellement plaisant. Je recommencerai. 

A taste of debauchery (4)

Son appartement n’était pas loin et ils furent vite devant la porte.

Il ouvrit. La pièce était minuscule et le moindre espace avait une fonction. Il lui avoua qu’elle était la première à passer le seuil. Elle sourit. Elle allait lui montrer le potentiel des lieux 

Ils furent vite nus. À genoux sur le parquet, elle posa sa tête sur l’assise du canapé en creusant les reins. Son abricot trempé luisait sous les spots. Il y passa un bref coup de langue. Elle se cambra un peu plus. 

L’invitation était belle. Il prit ses lèvres à pleine bouche. 

Elle cria. 

A taste of debauchery (3)

À petits coups de langue, comme une chatte nettoie ses petits il tenta de redonner son lustre à celle de sa Dame, comme elle le lui avait ordonné.

Il dut hélas abdiquer au bout d’un moment. Ses efforts, loin d’arranger les choses, semblaient ne les faire qu’empirer et les gémissements générés par l’entreprise ne semblaient pas du goût des personnes qui attendaient que la place se libère. Alors il rajusta Madame. mais conserva sa culotte en poche. La fraîcheur de l’air ambiant lui était nécessaire lui dit-il. Le temps de trouver des lieux plus propices.

Il était temps de fuir.

L’aveu (3)

Est-ce la découverte tardive d’un univers , dont je n’aurais jamais imaginé il y a seulement deux ans qu’il puisse me convenir, et qui s’est avéré en peu de temps être le plus conforme à mes aspirations sexuelles ?

Toujours est-il que cette envie va désormais croissant, de m’abandonner à des mains fermes mais bienveillantes. Qui sauraient m’emmener dans la découverte de ce que je sens chaque jour un peu plus être moi.

Je me suis, à chaque expériences, aimé dans cette envie de me dépasser, de me montrer. Dans la fierté de passer certains caps. 

Je ne m’en tiendrai pas là. 

A taste of debauchery (2)

 

Il était venu la voir comme elle le lui avait demandé. Un bijou dans le cul et, pour cacher cela, un simple manteau long arrivant aux mollets. Un défi qu’il était fier d’avoir relevé. 

Elle s’était assise à côté de lui dans l’arrière salle du bar et avait constaté, défaisant deux boutons, qu’il était vraiment nu et en pleine érection.

Elle lui avait alors déclaré que cette découverte l’avait trempée. Il en avait souri.

Le prenant par la main, elle l’avait entraîné vers les toilettes. Il devait, dit-elle, réparer de sa langue les dégâts provoqués.

Il ferait de son mieux.

A taste of debauchery

Je l’ai rencontrée lors d’une soirée. Je fus probablement trop réservé et nous ne prîmes pas vraiment le temps de discuter. Mais ce n’était sans doute pas le moment. Nous échangeâmes toutefois nos coordonnées. 

Du temps a passé. Une conversation a débuté. Et puis, au détour d’une publication, nous nous sommes avoués un désir commun.

Une animale envie s’est éveillée en moi et j’ai déjà l’impression d’avoir le goût du cul de mon interlocutrice sur le bout de la langue. Celle également de la sentir me fouiller.

Ce désir semble partagé. Il ne reste plus qu’à provoquer l’opportunité de l’assouvir.

Chiche ?


Ce soir c’est réveillon. Les préparatifs vont bon train afin que ce moment soit le meilleur possible.

Certains, dans le dressing, choisissent leur tenue. C’est mon cas : chemise et pantalon sont fin prêts.

Mais dessous ? Je suis tenté de porter bijou. Un de ceux qu’on ne voit que dans l’intimité. Et, vous qui me lisez, serez dans le secret. Il sera bien sûr rouge. La période le veut. Il illuminera mon fessier de ses feux.

Une envie de le voir ? Cela n’est pas exclu. Demandez le moi donc et vous aurez mon cul.

Alors ? Qui osera ? Curieux de le savoir.

Chaleur d’Orient

 Mots contraints : Salope, Ondine, Dominée, Ordonné, Minaret, Immoral, Soulevée, Élève, Envolée

La place de la ville, dominée par un imposant minaret, était déserte en ce début d’après-midi. Pas étonnant avec cette chaleur étouffante. Il n’y avait qu’une touriste comme elle pour se risquer dehors à cette heure s’était-elle dit en cherchant du regard un endroit où elle pourrait se préserver des rayons du soleil. Mais pourquoi n’était-elle pas restée jouer les ondines à la piscine de l’hôtel ? Elle aurait pu, pour se rafraîchir, profiter des parasols et des cocktails du bar entre deux plongeons

C’est alors qu’elle vit une porte s’entrouvrir et une main lui faire signe. La providence lui offrait une alternative à l’insolation qui lui était promise. Elle se hâta de franchir les quelques mètres qui la séparaient. de ce refuge inespéré.

La porte se referma sur elle et elle se sentit saisie par la relative fraîcheur qui régnait entre les murs épais. Le lieu était plongé dans la pénombre et elle ne pouvait distinguer le visage de son sauveur. Elle lui lança toutefois un timide « merci » qu’elle n’était pas sûre qu’il comprenne.

Elle se laissa un instant griser par les parfums d’orient qui flottaient dans la pièce. Il y en avait un qui la troublait tout particulièrement sans qu’elle ne pût déterminer ce que c’était. Une épice sans nul doute, mais à laquelle elle était incapable de donner un nom. Tout ce qu’ elle savait c’est qu’elle lui procurait de bien troublantes vibrations au creux de l’abdomen. L’idée que ce fût un aphrodisiaque olfactif, un de ces philtres dont parlent les contes, lui plut. C’était une belle découverte. Et l’idée d’exprimer sa gratitude à celui qui l’avait attirée ici lui traversa l’esprit. Il avait su offrir des frissons à son épiderme et une douce chaleur à son ventre. Elle ne se montrerait pas ingrate. 

C’est alors qu’elle réalisa que celui qui lui avait ouvert n’était pas seul. Une dizaine d’yeux la fixaient sans qu’elle ne pût voir à qui ils appartenaient. Par contre elle ressentait maintenant la tension sensuelle qui emplissait la pièce. Elle était au centre d’un faisceau d’ondes de désir et cela la fit frémir un peu plus. Ces hommes la voulaient et, bien qu’ils lui fussent parfaitement inconnus, l’idée qu’ils la possèdent lui apparut délicieuse . 

Alors, avant que cela ne lui fût ordonné ni même demandé, elle fit lentement glisser ses vêtements au sol. Toute pudeur envolée, elle tournait maintenant sur elle-même afin d’offrir à chacun l’intégralité de sa nudité. D’un seul mouvement les hommes s’approchèrent d’elle, formant désormais un cercle resserré autour de son corps. Elle sentait maintenant l’odeur de leurs corps et distinguait leurs sexes tendus dans sa direction. Ils allaient certainement la prendre chacun leur tour à présent. Elle le voulait. Et même en accueillir plusieurs en même temps. Et elle n’y voyait rien d’immoral. Ne se sentait pas salope. Au contraire. Elle était là, en ce pays monothéiste qui les bannissait, comme une idole païenne qu’ils allaient vénérer de leur virilité. 

Ils étaient tout contre elle maintenant, et elle se sentit soudain soulevée par d’innombrables bras pour être déposée sur ce qui allait être l’autel de leur liturgie.

Ces hommes, dont elle ignorait tout, allaient lui apprendre les amours multiples.

Elle serait une bonne élève. 

 

Belle de jour

Elle m’avait fait du pied sous la table à peine s’était-elle installée avec moi. Avant même de commencer à me parler. En me souriant de toutes ses dents. Elle rayonnait sous ce beau soleil de printemps

Que vouliez-vous que je fasse ? J’avais plongé et je l’avais suivie dans le recoin de cette place, à l’abri du mistral.

Et là, mots assassins, elle m’avait demandé son petit cadeau avant de continuer. Fini de rire. Et moi, pauvre pigeon, j’avais cédé 

Ce qui me restait de fierté jeté à terre, je l’avais baisée debout contre le mur.

Mon bel oiseau de paradis.

Aux champs Elysées

Il est des mœurs étranges à Paris, quelquefois.

Je sais qu’à l’occasion vous vous y promenez,

Et vous seriez, je crois, malgré vous, amenée

À en subir les fruits quand vous allez au Bois.

****

Ainsi vous pourriez être un beau jour confrontée

À une exhibition. Et un vit sous les yeux

Est pour vous un spectacle ô combien merveilleux.

Y répondre, je crois, pourrait bien vous tenter.

****

Relevant vos jupons alors vous montreriez

Au satyre un conin joliment fendillé,

Ce qui est très aimable, oh oui. Mais cependant

****

Nul ne sait de quelle façon il le prendrait

Il tomberait peut être illico en arrêt,

Son sexe, de hardi, devenant tout pendant.

 

 

(Librement interprété de l’extrait suivant du manuel de civilité pour les petites filles à l’usage des maisons d’éducation :

SI UN VIEUX SATYRE vous montre son membre au détour d’une allée, vous n’êtes nullement obligée de lui montrer votre petit con par échange de courtoisie.

Et rédigé dans le cadre du projet Pierre Louÿs)