Cigarette du soir, espoir

Comme son épouse ne supportait pas l’odeur du tabac dans la maison, notre homme était sorti fumer sa cigarette du soir en faisant le tour du pâté de maisons.

C’est alors qu’une voiture italienne mais immatriculée en Allemagne s’arrêta à sa hauteur. Il en descendit une superbe jeune femme, une courte veste de fourrure probablement synthétique posée négligemment sur les épaules. 

Elle tenta d’engager la conversation mais la barrière de la langue semblait infranchissable. 

Notre homme crut néanmoins comprendre que l’allume-cigare du véhicule dont sortait cette magnifique créature était en panne et que cette dernière, en manque de nicotine, cherchait désespérément un quidam pour lui donner du en cette heure tardive où la ville semblait déserte. 

L’homme sourit et plongea la main dans la poche de son manteau à la recherche de son briquet. Voyant qu’elle avait été comprise, la jeune femme esquissa à son tour un sourire.

Dans un mauvais anglais, vu qu’aucun des deux protagonistes ne maîtrisait la langue de l’autre, ils entamèrent la conversation. La jeune femme se présenta comme étant Birgit Heinze, en provenance de Hanovre, où elle exerçait le métier de serveuse dans une grande brasserie à proximité du port. Et si elle se trouvait si loin de chez elle, c’est qu’elle avait décidé de fuir la grisaille germanique, ainsi qu’un compagnon par trop possessif, pour rejoindre la douceur de la côte d’Azur. 

Quant à lui, il se présenta sous le patronyme d’Amalric Engelbert, psychiatre de son état. Il lui expliqua tant bien que mal qu’il avait séjourné quelques temps en Allemagne alors qu’il était étudiant mais, n’ayant pas pu s’adapter à la rigueur teutonne, il avait choisi de s’établir à Marseille dont le côté cosmopolite l’intéressait au plus haut point. Il lui avoua également que son couple battait de l’aile, son épouse, outre le tabac ne supportait pas sa nombreuse clientèle féminine.

Ils avaient finalement pas mal de points communs et cela fit naître une attirance réciproque. 

Cette rencontre improbable n’aurait sans doute jamais eu lieu sans tabac. Comme quoi, en plus d’être nocive pour la santé, la cigarette peut être un danger pour le couple. 

Farewell

Partir 

Pour fuir 

Une réalité dont on ne veut plus 

Partir

Et découvrir 

Que la vie peut offrir plus

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Ce n’étaient que quelques mots. Mais il ne pouvait s’empêcher de les trouver très proches de sa réalité. 

Il était en train de faire sa mue. De briser un cocon qui, tout rassurant qu’il soit, était devenu trop étroit pour lui. 

Il avait la sensation d’arriver dans un nouveau champ des possibles dont l’immensité lui donnait le vertige. 

L’avenir lui promettait certainement des remords. Des regrets aussi. Ce n’était rien en regard du plaisir qu’il allait connaître à être enfin lui. 

 

Prendre son élan

Il est peut-être temps pour moi de partir. De découvrir de nouvelles choses.

La vie m’offre cette opportunité, je me dois de la saisir. Mais, j’en conviens, ça ne se fait tout seul. Il y a des doutes, des interrogations qu’il me faut dissiper pour aller de l’avant. Alors j’essaie de me dire que si l’expérience est un échec je reviens juste au point de départ. Je ne recule d’aucune case et je ne vais pas brûler mes vaisseaux en débarquant. Et que, par conséquent, ce ne sera que du positif quoi qu’il advienne.

Il n’empêche. Je serre les fesses.

Ecrits thérapeuthiques (1)

Des souvenirs, vieux de 15 ans, qui ressortent de l’oubli

 

L’aiguille dans mon bras, où coule le Tranxène,

Insuffle dans mon corps ce délicieux poison.

Est-il seulement là pour soulager ma peine ?

Ou bien égare-t-il un peu plus ma raison ?

 

La drogue ingurgitée au cours de la journée

M’apporte le repos et l’oubli du dehors

En ce triste début de la nouvelle année.

Pourquoi mon âme a pris ce chemin si retors ?

 

Mon mal être me voue à l’autodestruction

Et m’empêche de voir la vie belle à nouveau,

Je dois sans cesse œuvrer à ma reconstruction,

Il le faut pour un jour me remettre à niveau.

 

En sortant de ce lieu je serai bien plus fort

Et ne sombrerai plus dans ces sombres abysses.

Tout mon travail est là ! Il faut que je me hisse

Vers des sommets heureux, quels qu’en soient les efforts.