Une contrainte brûlante de 2018

Contrainte : brûlure, arabesques, archet,  gammes, scalpel, stigmates, cravache, complice baguette.

 

Que la brûlure de Vos coups était douce à mes yeux. La cravache était Votre archet, moi Votre instrument. 

J’ai aimé Vous sentir faire Vos gammes sur mon corps en de savantes arabesques aussi précises qu’un trait de scalpel.

Et cette baguette dont Vous avez usé également. . Elle devait être magique. Car je me sens intimement transformé depuis son application. 

Alors peu importent les stigmates. Ils disparaîtront tôt ou tard. Pas le souvenir de Votre regard complice quand je suis arrivé au bout du décompte de ce que Vous m’aviez promis. 

Vous étiez fière de moi et j’en étais heureux.

 

Les oulimots du 4 mars 2018

Manifeste

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(image by Eric Espié on Flickr)

Mots contraints du 06/02 : Tournesol, plume, tréfonds, cloître, passion, légèreté, malin, grandiose, présent.

 

Le comportement de l’humain mâle est souvent prévisible. Navrant parfois. Regardez par exemple ce spécimen en terrasse qui se dévisse le cou pour essayer de suivre le moindre fessier présent ou toute paire de seins qui passe à portée de son regard. Un vrai tournesol qui se retrouverait sur une planète régie par un système d’étoiles binaires.

Tout ça pour finir par se faner à peine aura-t-il obtenu ce qu’il désirait. Se faire tailler une plume dans la grande majorité des cas. Et, dans son cas, c’est mal barré.

Car vous nous ne leurrez plus messieurs. Vous faites les malins la plupart du temps, vous essayez de présenter ça avec le plus de légèreté possible et vous êtes parfois grandioses je vous le concède. Mais ça ne prend plus.

Nous ne sommes pas dupes et, sous le vernis de la passion amoureuse que vous essayez de nous vendre, nous voyons très bien sourdre ce besoin primal de conquête depuis les tréfonds de votre cerveau reptilien. Et nous savons très bien que, une fois assouvis, vous nous condamnez souvent au cloître de nos frustrations en nous laissant en plan.

Alors sachez que, quand nous vous accordons nos faveurs désormais, ce n’est pas parce vous avez réussi à nous convaincre mais bien parce que nous l’avons décidé. Et ne vous ratez pas. Parce que nous ne vous raterons plus.

05/ 02 : une contrainte musicale

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(Image by Patrice Deramaix on Flickr)

Mots contraints du 5/02 : Cave, mille-feuilles, hautbois, intubation, suranné, politicien, vif, labour, explorateur

 

On me dit suranné ? Je veux la conquérir avec des mots modernes et me renouveler.

Il me faut être vrai. Lui jouer du pipeau ou alors du hautbois, ce n’est pas dans mes cordes. Je suis, je le sais bien, piètre politicien.

Plutôt la rassasier avec le mille-feuilles de ma littérature. Il est peut-être lourd mais il est le labour du champ de mes pensées. Et je veux qu’elle sache.

On l’a prétendu chienne ? Je sais qu’elle peut mordre pour peu qu’on soit trop vif, voire indélicat. Alors je me tiens bien. Je connais mon latin. Et le “cave canem”.

Et si l’intubation doit se produire un jour, si je dois devenir intime explorateur et faire entrer en elle un morceau de ma chair, j’en serai très heureux.

Mais je dois patienter. La décision est sienne.

Aux origines

Accro (stiche)

 

(image by Jean Albert Viola on Flickr)

Mots contraints du 04/02 : bitte Autruche,Pratique,Chaleur Moiteur, Polie, Offrir(conjugué), Eau, Trique

 

Moiteurs mêlées de nos épidermes unis

À ton con ruisselant je présente ma trique

Rêvons-nous que nous nous accordons ces pratiques ?

Dans le doute restons ensemble cette nuit

Il nous faut nous offrir des chaleurs frénétiques

Pas avoir l’un pour l’autre une affection polie

Osons parler de bitte, de chatte de vit

Et de l’autruche rejetons la politique.

Suce moi ! Je te lèche. Et nous sommes ravis

Il n’est de plus heureux que nous dans l’érotique.

Et quand je bois tes eaux je suis au paradis

Apocalypse

(image by Spencer on Flickr)

 

Mots contraints du 03/02 : Tunnel, supplier, chariot, crépuscule, journal, catacombes, pénurie, ruines, prédateurs.

Journal du 3 février,

Il doit être 18h. Ma montre ne fonctionne plus depuis un moment mais le crépuscule vient de tomber. Ma recherche d’autres survivants que moi dans les ruines de ce qui fut autrefois la plus belle ville du Monde s’achève. Il faut que je pousse mon chariot jusqu’à mon bunker et que je m’y barricade. Car c’est le moment où les victimes du virus mutagène qui a frappé la planète sortent des catacombes, transformés en zombies prédateurs. Car le soleil les brûle. Je me demande d’ailleurs s’ils n’en sont pas réduits à se dévorer entre eux maintenant. Je dois représenter tout ce qu’il reste de vivant dans les parages et cette pénurie de chair fraîche doit les contraindre au cannibalisme.

J’ai eu la chance de trouver mon abri assez vite, avant que les choses n’aillent trop mal. Un refuge dans un tunnel, initialement prévu pour les incendies, et dont la résistance m’a déjà été salvatrice.

Je ne comprends toujours pas comment tout cela a pu se dégrader aussi vite. La progression de la maladie a été exponentielle et a entraîné émeutes, puis guerre civile, et enfin conflit global pour que les grandes puissances économiques essaient de sauver leurs intérêts. Nos “élites” ont fini par décoller vers des stations spatiales pour “trouver des solutions” et tous ceux qui, comme moi, n’avaient ni péri ni été contaminés ont eu beau les supplier de faire vite, j’ai l’impression que, maintenant qu’ils sont à l’abri, ils ont abandonné ce qui pouvait se trouver sur Terre et planchent plutôt sur la création d’une nouvelle civilisation “hors sol”.

Ça fait longtemps que je n’ai plus que de la friture sur ma radio. Je me sens seul. Et je n’ai presque plus de vivres ici. Il va falloir que j’envisage de me déplacer. Trouver un nouvel endroit plus propice. Et, qui sait, des gens comme moi.

Si tout cela existe encore.

Sad Morning

Mots contraints du 02/02 : boulot, poireaux, drapeau, tôt, Yvetot, grelot, entrepôt, suppôt, marteau.

Il est trop tôt et je n’ai pas assez dormi. Dans la lumière grise de ce matin d’hiver je dois avoir un teint d’endive voire de poireau en me rendant à ce boulot qui, s’il me nourrit à peu près, est en train de me rendre marteau.

Quelle idée aussi d’être venu m’enterrer à Yvetot comme magasinier dans cet entrepôt. Tout ça parce que je n’ai pas eu les grelots assez bien attachés pour voler vers une liberté qui me tendait les bras. Me voilà maintenant esclave du Grand Capital et de ses suppôts.

J’ai baissé pavillon, affalé les drapeaux.

Aux origines

Jour 1/02 : Une contrainte de perlimpinpin avec des mots surannés. Deux ans ont passé

Mots contraints du 01/02 : pet-en-l’air, rodomontades, capitaine de bateau-lavoir, popaul, copurchic, fleure-fesse, fifrelin, perlimpinpin, ver-coquin

Tu es hors des modes avec ce pet-en-l’air que tu dois avoir tiré de je ne sais quelle malle ancestrale. Sous ton charme, je te trouves la plus copurchic des femmes de la soirée. Et je suis fier d’être celui à qui tu accordes le privilège de faire reluire popaul en voyant tes moues affectées devant les rodomontades de tous ces capitaines de bateau lavoir qui t’assiégaient en vain. Pourtant je n’aurais pas misé un fifrelin sur mes chances quand nous nous étions rencontrés. Parce que tu avais déjà ta cour de fleure-fesse dans laquelle j’avais l’impression de me fondre. Mais c’est peut-être parce que je ne t’ai pas jeté de la poudre de perlimpinpin que tu m’as pris sous ton aile. Et je suis heureux maintenant de répondre au moindre de tes vers-coquins. Car je suis ton dévoué chevalier servant. 

 

Aux origines

Quand vient l’aube

(image by Cédric Lauzier on Flickr)

Mots contraints du 31/01/2018 : Espagnolette, gypaète, horizon, lapiez, messagerie, photographie, talon-aiguille, tétrapode, thermodynamique.

Les premiers rayons du soleil qui passent à travers les volets viennent de me tirer du lit. Je vais à la fenêtre et tourne l’espagnolette. J’observe un moment le mouvement lent et circulaire d’un gypaète à l’horizon. Son survol silencieux des lapiez en contrebas m’hypnotise un moment. Puis je tourne la tête vers le bruissement du ruisseau et je vois une salamandre se réchauffer sur un galet. L’apparente paresse de ce tétrapode m’engourdit un peu plus

Soudain un choc entre mes omoplates vient m’arracher à mes rêveries. Tu viens de me lancer un de tes talons-aiguilles parce que la lumière du jour vient de te réveiller. Je me tourne. Tu me souris, faussement excédée. Ta nudité est belle dans les draps que nous avons froissés une bonne partie de la nuit.

Elle me donne envie de l’immortaliser. Une photographie qui lui rendrait le plus beau des hommage. Alors je saisis mon reflex. Cabotine et sensuelle, tu prends la pose, appuyée sur tes coudes et genoux et m’offrant ton cul tendu.

Est-ce une nouvelle loi de la thermodynamique ? Toujours est-il que je sens aussitôt une douce chaleur irradier dans mon bas -ventre, signe d’une irrépressible attraction pour ce que tu m’offres.

J’y résiste juste le temps d’une série de clichés. Et puis, n’y tenant plus, je viens te rejoindre.

Et dire que sans ce projet qui nous a réunis via messagerie nous n’en serions pas là. Les jeux du hasard et de l’écriture.

À l’origine

Merci Rita

Il y a deux ans j’avais pour la première fois ce dessin sous les yeux avec, pour contrainte, d’écrire des mots qui l’illustreraient. Il m’avait inspiré à l’époque de menus fragments poétiques. Il avait aussi éveillé en moi le désir de le posséder. Ce fut fait quelques temps plus tard, même si son transport fut rocambolesque. Et, depuis, j’ai toujours un regard tendre sur lui. Il est pour moi un des symboles de cette belle aventure que sont les oulimots. Il est aussi un lien que j’ai avec sa créatrice.

Et j’aime les objets qui me racontent de belles histoires. 

 

A l’origine

Un nouveau point de vue

Mot contraints du 28/01 : entrave, chuchotement, empreintes, sapide, cyprine, ventre, toison, morsure, ordre

 

« Entrez ici sans entraves. Elles viendront peut-être après si tel est votre souhait »

L’accueil de ce club avait le mérite d’être clair. Et c’était ce que je cherchais, même si je ne savais pas encore comment j’allais me positionner. Je me savais plutôt doux et soumis. L’annonce semblait donc tomber sous le sens pour ce qui me concernait. 

Cette soirée allait me faire basculer. 

C’est en circulant dans l’établissement que j’avais vu ce couple. Elle, attachée à une croix de Saint André, le ventre zébré par les morsures d’un fouet, et les yeux bandés. Lui, l’observant avec circonspection avant de s’adresser à moi. 

— Cher ami, cette gourgandine mérite que l’on s’occupe dignement d’elle. Mais ce soir je crois qu’elle a besoin de changement. Si vous le désirez je vous cède ma place. 

Cela avait été formulé dans un chuchotement, sûrement pour qu’elle ne l’entende pas, mais de façon très péremptoire. Je ne me savais pas un air de tourmenteur mais, pour cet homme, cela semblait être dans l’ordre des choses. 

J’étais un peu pris au dépourvu. Par quoi commencer ? Je décidai d’aller tâter le terrain en prenant à pleine main sa toison, chose paraît-il rare en ces lieux. Elle avait les poil soyeux. Je les tirai plus fortement, comme pour les lui arracher. Elle poussa un cri de surprise et douleur mélangés tout en esquissant un mouvement de recul, vite freiné par ses liens. Et, si j’avais craint un instant d’avoir été un peu dur avec elle, la coulée de cyprine qui maculait maintenant l’intérieur de ses cuisses me prouvait que j’étais dans le vrai. J’en prélevai du bout des doigts avant de la goûter. Son plaisir était sapide. J’en étais ravi. 

Il était temps de la détacher. Je la pris par sa laisse et la fis allonger à plat ventre sur un banc, son cul offert. Je voulais la marquer. Mais pas forcément en la fessant. Elle avait reçu assez de coups à mes yeux et une dilatation me semblait une bonne alternative. Alors je saisis un tube de lubrifiant à proximité et commençai à lui en oindre la rondelle. Avant de lui fourrer deux doigts sans autre forme de procès. Je les faisais aller maintenant aller et venir sans problème et, les faisant tourner, je la dilatai un peu plus. J’ajoutai un doigt sous le regard surpris de son maître habituel. 

— Elle n’est pas si « disponible » à l’accoutumée. Mais ne cessez pas je vous prie. Je veux voir jusqu’où elle peut aller.

Et, donc, mon auriculaire finit par rejoindre ses comparses. Elle ondulait des fesses, ne sachant pas visiblement si elle voulait fuir ma possession ou s’y ouvrir d’avantage. 

Je la travaillai longtemps ainsi. Avant de mettre mon pouce en opposition et de pousser. Inexorablement. Elle hurlait, se débattait mais se projetait en direction de ma main Jusqu’à finir par l’avaler. 

Je ne fis pas beaucoup durer les choses. C’était son premier fist et c’est une pratique éprouvante. Alors je me retirai d’elle, la laissant pantelante. .

Puis l’homme me fit un signe entendu de la tête. Elle ne m’avait pas vu et ne le devait pas. Alors je pris congé. 

En me disant que je lui avais laissé une empreinte indélébile. Ce souvenir allait en tout cas l’être pour moi.

 

Les origines