31/01 : un éphéméride étroit

« À la saint Pierre, l’hiver s’en va ou se resserre »

Pourtant ce n’était pas l’hiver auquel il pensait à cet instant, non. Mais plutôt à son cul qui palpitait autour de sa queue tendue. Et qui, non content de chercher à partir, allait plutôt à la rencontre de son bassin. Elle le voulait décidément jusqu’à la garde. Et il y était si bien. Car bien qu’elle pratiquât souvent, elle avait su garder le tonus de ses muscles les plus secrets et il s’y sentait merveilleusement à l’étroit. Alors il continua ses aller et retour. Jusqu’à ce que petite mort s’ensuive

30/01 : un éphéméride indépendantiste

Il l’avait connue lors de vacances sur l’Île de Beauté dont elle était originaire. Elle s’était senti immédiatement Lui appartenir. Au point d’avoir tout accepté de Lui. Ça avait commencé par un contrat. Puis leurs jeux avaient lentement glissé dans un rapport BDSM très poussé. Au point qu’Il lui avait offert un collier de cuir, lui faisait subir des sévices d’intensité croissante et était allé jusqu’à l’offrir.

Mais un jour elle s’éveilla de cette brume. Et Le convoqua à un déjeuner pour lui signifier que tout était fini, qu’elle reprenait son indépendance.

Elle avait pris ce jour une bouteille d’Orezza.

Un nouveau rôle. De composition ?

Contrainte du 31/01 des oulimots : Brillantine, cabotine, colline, badine, copine, domine, combine, chemine, butine

Un ! Deux ! Trois !

Elle comptait méthodiquement les coups de badine qu’elle assénait sur le postérieur du soumis qui était à ses pieds. Sans la moindre émotion apparente. Après tout, elle n’était pas sa copine et il l’avait payée pour ça. Et il n’était pas le seul.

Elle était entrée dans la combine presque par hasard. C’était à l’issue d’un des nombreux castings qu’elle courait pour gagner sa vie, parfois au prix de sa vertu. Les choses avaient commencé d’une manière qu’elle ne connaissait que trop bien. Après une brève présentation et un texte rapidement déclamé, le metteur en scène s’était déshabillé devant elle. Et c’est là que les choses avaient basculé. Dans de tels cas il était usuellement convenu de façon tacite qu’elle butine le sexe qui se présentait à elle en échange d’un rôle. Mais là l’homme s’était jeté à ses pieds en lui demandant qu’il la domine, entourant ses chevilles de ses bras. Elle s’était ainsi retrouvée avec, sous les yeux, sa tignasse de vieux beau, luisante de brillantine. Ce surprenant  tableau l’avait emplie d’un profond mépris et elle l’avait repoussé d’un violent coup de stiletto dans le torse en le traitant de tous les noms. Ce qui sembla lui causer un plaisir intense à en juger par son érection. Il ne s’était alors pas passé longtemps avant que ne chemine dans son esprit l’idée qu’elle pourrait mettre ça à profit. Et, pendant de longues minutes, elle l’avait agoni d’injures, l’avait giflé et était allée jusqu’à le piétiner avec ses talons. Mais il avait été visiblement ravi de cette séance car elle était ressortie du bureau avec une jolie enveloppe et la supplique qu’elle revienne au plus vite. Ce qu’elle ne manqua pas de faire.

Elle devait être douée dans le domaine car sa réputation alla bien au delà du Théâtre de la Colline où s’était déroulée la scène. Et, bientôt, son agenda fut plein d’entretiens avec des puissants de ce monde qui désiraient se faire maltraiter. Elle renonça donc à faire la cabotine, préférant, et de loin endosser le rôle de maîtresse. C’était à la fois bien plus lucratif et une sacrée revanche sur tous ceux qui l’avaient utilisée auparavant.

29/01 : un éphéméride sur le pont

Il lui avait donné rendez-vous à la Tour d’Argent pour lui déclarer sa flamme. Il souhaitait y mettre les formes. Elle avait semblé enchantée par cette initiative et avait bu ses paroles durant tout le repas. Où il s’était montré cultivé et délicat. Sans commettre la moindre fausse note. Alors c’est volontiers qu’elle accepta une promenade à son bras une fois qu’ils eurent fini. Et c’est arrivés au milieu du pont de la Tournelle qu’elle se planta devant lui, le toisant d’un regard gourmand avant de se jeter sur lui. 

Il venait à son tour d’y atteindre sa cote record.

28/01 : un éphéméride brûlant

Ce n’était ça et là que corps enchevêtrés. Toutes les combinaisons possibles entre hommes et femmes se retrouvaient ici et on pouvait logiquement se demander s’il n’en avait pas été inventées pour l’occasion.

Dire que tout ce monde s’était retrouvé en ces lieux juste pour danser. Et que s’ils en étaient arrivés là c’était parce que le chauffage s’était détraqué, contraignant l’assistance à se déshabiller. Ce qui avait fini par susciter des vocations.

Mais ce bal des ardents d’un nouveau genre n’avait, lui, causé aucune victime si ce n’était quelques vertus. Et encore. Et il aurait très probablement des redites.

Une contrainte policière (2)

Suivant la contrainte du 10/01 des oulimots

 

Elle se décida quand même à appeler l’hôtel pour savoir si sa chambre avait été nettoyée. Par chance ce n’était pas encore fait. Une expertise restait donc possible. Se posait maintenant la question de comment envoyer une équipe sur place sans reconnaître son implication dans la scène que ses collègues découvriraient. L’ADN ne mentait pas et elle avait dû en laisser des dizaines d’échantillons. Finalement, elle se résolut à faire cavalier seul. Et à aller faire les prélèvements de façon non officielle pour mener son enquête en parallèle de l’officielle. Elle trouverait bien, le temps voulu, le moyen de faire coexister les deux. La similitude avec le reste de sa vie lui sauta aux yeux. Se mettre dans des situations inextricables et savoir trouver des solutions peu orthodoxes afin de s’en dépêtrer toute seule était quasiment une seconde nature chez elle.

Comme cette fois où, étudiante, elle avait succombé au charme de ce beau jeune homme aux yeux indigo. Visiblement, elle ne le laissait pas de bois lui non plus mais il semblait vouloir rester inaccessible. Elle avait alors mené sa petite enquête pour découvrir qu’il rejoignait tous les soirs en secret Yoko,une des doctorantes dont elle suivait les TD. Et, après avoir écouté une de leurs entrevues à travers une porte, qu’il n’était clairement pas dans ses résolutions de le partager. Il fallait donc changer son fusil d’épaule. Et c’est tout naturellement que l’option de séduire la thésarde lui vint à l’esprit. Elle n’était pas si mal et, une fois dans son lit, lui proposer un FFH semblait être là solution idéale. Et elle la mit en place dès que possible.

C’était le printemps et les cerisiers commençaient à fleurir. Et elle avait présupposé que, en bonne japonaise d’origine, Yoko y serait sensible. Elle avait donc prétexté une demande d’explications sur le dernier devoir qu’elle avait donné pour obtenir un rendez-vous dans la suave ambiance d’un salon de thé à proximité du jardin des serres d’Auteuil. Et, pendant qu’elles laissaient leurs Sencha infuser, elle avait entrepris d’instaurer plus que de la complicité avec son enseignante, faisant monter le trouble en elle. Et, alors qu’elles rentraient, lui proposa une photo pour son hanami. Yoko avait bruni, ce qui était sa façon de rougir, et avait accepté de prendre la pose en bredouillant en japonais une exquise formule de politesse. Il fut alors facile, sous prétexte de lui montrer le cliché, de se rapprocher d’elle plus que nécessaire. Jusqu’à l’enlacer. Puis l’embrasser. Yoko se laissa facilement faire. Plus que prévu. Il était alors temps de l’entraîner dans un lieu plus intime.

— Chez toi ou chez moi ? J’ai juste une chambre de bonne tu sais ?  Avec un tout petit lit. Et très mal insonorisée.

— Viens à la maison alors. Mon copain ne rentrera pas avant ce soir, nous avons un peu de temps.

Ainsi, Yoko était plus à même de se partager elle-même que de le faire de son partenaire. Mais le  poisson était ferré. Et ce serait un réel délice de l’amener au triolisme. Ne restait plus qu’à faire durer le plaisir jusqu’à son retour.

Elles gagnèrent rapidement l’appartement tout en se bécotant. Et, une fois dans la chambre, passèrent à de bien plus langoureux baisers. Rapidement nues, chacune d’entre elles se repaissait des courbes de l’autre, la couvrant de caresses. Yoko, plutôt grande et fine, appréciait les rondeurs de sa partenaire. Laquelle, intégralement épilée, jouait de ses doigts dans petit pinceau de poils qui ornait son pubis. Puis, bientôt, les doigts pénétrèrent les sexes, non sans s’être préalablement attardés sur les clitoris gonflés de désir. Les deux amantes ondulaient désormais, étouffant leurs soupirs sur les lèvres de l’autre, leurs langues emmêlées.

Malgré son plaisir, elle ne perdait toutefois pas de vue la finalité de cette baise qu’il fallait faire durer jusqu’au retour de sa cible. Alors autant qu’elle en profite. Elle plaça donc sa tête entre les jambes de Yoko, le bassin posé sur son visage. Elle découvrit alors le goût étonnamment sucré du sexe de sa partenaire et se mit à la laper goulûment. Elle agaçait son bouton de la pointe de la langue. De lents cercles qui lui arrachaient de petits cris. Puis, prenant les lèvres de son amante entre les siennes, alternait succions et mordillements. De longs aplats sur le sexe offert et le jeu de ses doigts dans le vagin offert parachevaient son œuvre. Les hanches de Yoko semblaient animées d’une vie propre et son sexe venait convulsivement à la rencontre de cette bouche qui lui donnait des orgasmes à répétition sans jamais sembler s’en lasser. Les draps étaient trempés de sa cyprine et elle hurlait à présent. Quand elle n’était pas bâillonnée par le pubis qui pressait sur son visage . Toute autre notion que celle de leurs corps semblait abolie. C’est alors que la porte s’ouvrit.

— Chérie ? Mais que ?

— Ne manquait plus que toi. Viens !

Et, jouant de l’effet de surprise, elle le prit par la main et l’entraîna sur le lit alors que Yoko, pantelante, essayait de se remettre. Il s’était enfin retrouvé entre ses mains et on avait pu commencer à jouer. Les deux filles ne pouvaient plus rien se refuser et le garçon, tout heureux de l’aubaine, s’était prêté à tout ce qu’on lui avait demandé Aucune combinaison n’avait alors  été négligée. Aucun orifice non plus. Et ce, jusqu’à ce que les forces de tous les protagonistes ne les aient totalement abandonnés. Ce qui avait été le début d’une belle aventure

Ce souvenir la fit sourire. Elle en avait bien besoin vu les circonstances. Mais il était temps à présent de replier ses affaires, de passer au labo pour prendre tout le nécessaire à ses prélèvements et d’aller jouer en sous-main. Une fois de plus.

 

Le début ici

Les autres oulimots ici

26/01 : un éphéméride sismique

Ils s’étaient donné rendez-vous à Lisbonne et étaient arrivés séparément, tous les deux soucieux de la confidentialité de cette rencontre. Pourquoi cette ville ? Tout simplement parce qu’il pouvait y prétexter un déplacement professionnel et qu’elle en était originaire. Elle souhaitait ainsi profiter de cette escapade pour lui en faire découvrir les charmes.

En attendant, c’étaient plutôt les siens à elle qu’il avait explorés. Ardemment. Animalement. Partout où c’était possible. Au point qu’on eût pu croire, en voyant la chambre, qu’un séisme avait frappé la ville. Mais celui là n’avait rien ébranlé d’autre que les certitudes qu’ils pouvaient avoir eues auparavant.

25/01 : un éphéméride concordant

Pourquoi ce rendez-vous à Fontainebleau ?

Parce qu’Elle n’en était pas loin et que, pour lui, la distance n’était pas un obstacle dès qu’il était question de La voir.

Mais, cette fois, les choses étaient tout autres. Il avait décidé de Lui abandonner sa liberté et de se soumettre au moindre de Ses désirs.

Ce n’était pas un coup de tête, non. Sa décision était mûrement réfléchie et il avait même rédigé un document actant sa décision. Ne restait plus qu’à ce que les deux parties le ratifient.

Il était donc, en quelque sorte, venu signer un concordat bien peu catholique.

24/01 : un auto-éphéméride ?

Il nourrissait une passion inconditionnelle pour les fesses. Et il avait parfaitement admis qu’un anus était unisexe. Que, donc, ce qui était bon pour Elle l’était aussi pour lui. Et son amour pour le cul l’avait amené à accepter bien plus qu’un simple doigt. C’est ainsi que, à chacune de leurs rencontres, ils avaient coutume de se sodomiser réciproquement, voire simultanément, à l’aide de jouets ad hoc.

Pour le commun des mortels, détenteur de la “morale”, c’étaient bien plus que des péchés. Mais, dans la mesure où c’était assouvir des désirs partagés, pouvait-on réellement parler des passions sales de François ?

23/01 : un éphéméride hasardeux

 

Rien ne les prédisposait à se retrouver tête-bêche sur l’immense lit qui trônait au centre du coin câlin de ce fameux établissement libertin. Chacun ignorait l’existence de l’autre une heure auparavant. Et il y avait eu ce café renversé. L’épongeage qui avait suivi avait rapidement dégénéré en caresses. Et, bientôt, le bar où ils étaient littéralement tombés l’un sur l’autre n’avait plus pu leur donner l’intimité nécessaire aux ébats qu’ils se promettaient. Alors ils avaient gagné le lieu le plus proche dans lequel ils savaient qu’ils pourraient jouer.

C’était de nouveau le triomphe des jeux de l’amour et du hasard.