Exposition

Il commençait à s’ennuyer ferme dans cette soirée. Cela faisait certes partie de ses figures imposées mais il supportait de moins en moins l’exercice. 

C’est alors qu’il avait senti une présence derrière lui. Puis une main s’emparer de ses fesses. 

Surpris, gêné il s’était retourné. Lui prenant alors la nuque, elle lui avait roulé la pelle la plus mémorable de sa vie 

Elle l’avait pourtant prévenu. Leur première rencontre avait été courtoise mais elle ne s’était pas gênée pour lui dire par la suite qu’elle lui fourrerait sa langue au fond du gosier s’ils venaient à se recroiser.

Dont acte. 

Un soir, en banlieue

Je l’ai rencontrée hier soir.

Elle m’avait donné rendez-vous en banlieue. Et, après un peu d’attente sur le trottoir, je l’ai vue sortir de la librairie dans laquelle elle a l’habitude de jouer avec les mots. J’ai tout de suite aimé sa petite robe, sage au premier abord, mais qui s’est avérée être une réelle invitation à passer les mains dessous. Je lui ai donc demandé la permission après un premier baiser coquin et langoureux. Elle m’a demandé un peu de patience, la zone était un peu trop exposée. Et elle m’a pris par le bras pour m’emmener un peu à l’écart. Nous n’avons pas eu à marcher longtemps avant de trouver un banc un peu isolé. Et pourtant j’ai eu le temps d’aimer la sensation de sa main qui empoignait mes fesses avec un naturel teinté d’autorité. Je me suis senti sa chose à cet instant, et c’était terriblement excitant. L’a-t-elle vu ? Je bandais dans mon short alors que nous marchions. J’ai osé à mon tour la toucher, mais bien plus timidement qu’elle ne le faisait.

Puis nous nous sommes posés. Nous avons longuement discuté. Elle était intarissable et je buvais ses paroles. J’étais plus réservé mais je voulais m’ouvrir. Nous nous apprenions. C’était bien. Et mon envie de me fondre en elle allait croissant. L’a-t-elle ressenti ? Au bout d’un moment, elle m’a offert l’accès à ce que sa robe cachait. De jolis dessous rouges qui recelaient de prometteuses rondeurs. Et j’ai enfin pu passer ma main sur sa peau. J’ai adoré sa douceur et sa moiteur. Mais je n’ai pas cherché à aller plus loin. Ce n’était, je pense, ni le moment ni le lieu. Elle a fini par me raccompagner à mon métro. Un dernier baiser et nous avons regagné nos vies respectives. J’ai compris ce soir qu’il serait bon de m’abandonner à elle. J’ai pris la mesure de cette vie formidable d’assurance et de bienveillance qui émane d’elle et qui, je pense, donne envie d’aller loin en sa compagnie.

Nous nous reverrons. Sûrement. Je le désire. Ardemment.

Enchienné

Il la veut dans son cul. Ça ne date pas d’hier mais les choses ont pris une autre dimension. Il a toujours envie du pegging dont ils parlaient au début mais plus que. Il a maintenant le désir de se sentir tout autant exploré, fouillé, que simplement pénétré. Il sait qu’il peut souffrir. Il sait aussi que ça peut se faire dans la plus belle des communions. Alors, pour mieux l’accueillir, il se travaille, entretient sa souplesse. Il ne s’en doutait pas il y a quelques mois mais il sait maintenant qu’en se donnant à elle ils iront loin ensemble.

Le lecteur

Il ne la connaît que par ses mots. Elle en fait de jolis qu’il a lus sur quelques recueils. Mais il veut en savoir plus. Alors il ose la contacter. À sa grande surprise, elle s’avère être très disponible et lui propose un rendez-vous. Il s’y rend, brûlant de curiosité. Elle a prévu un cadeau : un livre, écrit de sa main, et qu’elle lui a dédicacé. Il s’y plonge. Et sait immédiatement qu’il y aura dans sa vie un avant et un après cet ouvrage. Il vacillait aux frontières du monde qu’elle décrit, ses mots ont achevé de le convaincre.

Ma dédicace

Je n’avais pas fait le lien, à réception de ton message me proposant de nous rencontrer, entre la façon que tu as de te qualifier de croque-monsieur et cette facilité que tu as de mettre les hommes sous ta coupe.

Ce qui aurait pourtant dû me mettre la puce à l’oreille c’est ce besoin quasi irrépressible que j’avais, depuis que j’avais fait ta connaissance, de te faire dédicace de certains de mes mots au fil de messages sybillins. Comme celui de garnir les rayonnages de ma bibliothèque de tes ouvrages favoris dont tu faisais l’article sur la Toile. Mais je préférais mettre ça sur le compte de notre passion commune pour les belles lettres.

Ça m’a finalement sauté aux yeux quand nous nous sommes vus. Ou plutôt au creux des reins, comme une secousse électrique. Tu appelles au partage des sens avec un tel naturel qu’on ne peut que s’abandonner à cette douce autorité que tu dégages. Et ce n’est pas le videur du club dans lequel tu m’as emmené pour que nous fassions plus ample connaissance qui dira le contraire, lui que tu as immédiatement changé de Cerbère en agneau au premier regard. Au point que, après qu’il avait chuchoté dans sa radio, un inoubliable accueil VIP nous avait été réservé.

Tu m’avais prévenu du fait que tu étais particulière. Je mesure maintenant à quel point. Tu es une sorte de déesse et je suis fier que tu acceptes de poser ton regard sur moi.