Lettre 51

Lettre 50

Ma Chère Amie,

Nous jouons de malchance : ma commande a pris du retard et je ne vais pas être en mesure d’honorer ma promesse de vous présenter le formidable jouet que je vous ai annoncé. 

Et j’en suis le premier déçu. De ne pouvoir l’étrenner tout d’abord. Et, surtout de ne pas pouvoir vous faire la démonstration de mes progrès. 

Par chance nous pouvons toujours compter sur la créativité de la voisine. Il n’y en aura pas d’image mais je peux vous assurer qu’elle a réussi à trouver un excellent compromis entre distanciation et marquage de ma peau.

Votre Dévoué. 

Lettre 52

Medecine Man

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Elle a besoin de soins. Il s’est agenouillé

Et ausculte des yeux sa charmante toison

De lubriques idées leur viennent à foison

Et ses lèvres du bas s’en retrouvent mouillées

****

Avec le bout de sa langue il vient la fouiller

Il l’aspire, la suce : elle tombe en pâmoison

Il lui donne le La. Elle est au diapason

Il a de son plaisir la face barbouillée.

****

Mais il ne cesse pas. Il veut lui procurer

Des orgasmes sans fin, fût-il courbaturé

De par sa position, à ses pieds accroupi.

****

Elle crie sa jouissance, la tête renversée .

Un orgasme puissant vient de la traverser,

La guérissant de tout. La belle thérapie.

La belle saison

Les premières chaleurs étaient arrivées. Il était donc devenu incontournable de sortir les chaises longues et la table basse sur la terrasse. Et maintenant ils en profitaient autour d’un apéritif.

La conversation avait rapidement dévié sur les banalités qu’on peut se dire pour masquer une tension naissante. Elle était sexuelle dans le cas présent mais aucun des deux ne voulait l’avouer à l’autre. Leurs regards ne mentaient toutefois pas. Leur langage corporel non plus. C’était une étrange parade nuptiale où le verbal contredisait ce qui ne l’était pas.

Ça ne pouvait que déraper. Alors, quand en revenant d’aller chercher quelques tomates cerises il avait posé sa main sur son épaule, elle avait basculé la tête en arrière en fermant les yeux dans une irrésistible invitation. Leurs lèvres s’étaient jointes, leurs langues entremêlées. Et le vernis social qui leur restait avait volé en éclats en même temps que leurs vêtements s’étaient dispersés aux quatre coins de la terrasse.

Il n’osait toutefois pas la prendre à même les lames du sol qu’il jugeait par trop inconfortables. Elle avait dû alors prendre les devants et, le poussant délicatement, l’avait fait allonger sur le dos, non sans avoir étendu sa robe sous lui pour éviter toute abrasion. Il bandait comme un fou. Elle était trempée. Alors, sans autre forme de procès, elle vint s’accroupir sur son bassin, évitant ainsi de brûler ses genoux. D’une main douce et experte elle le saisit et présenta son gland à ses lèvres. Puis, fléchissant un peu plus, elle l’absorba complètement.

Elle jouait maintenant de la musculature de ses jambes pour monter et descendre le long de sa colonne. Il était objet plus qu’acteur et il ne détestait pas. Son plaisir était ailleurs. Dans le fait de la voir se faire jouir avec la seule connexion de leurs sexes. Il se mordait toutefois les lèvres tant la succion de ses lèvres intimes lui communiquait d’exquises sensations auxquelles il ne voulait pas mettre un terme prématurément. Il savait que sa jouissance donnerait un coup d’arrêt à celle de sa partenaire alors il se retenait autant que possible pour qu’ils arrivent ensemble à l’orgasme. Et ils y parvinrent, lui se répandant au plus profond d’elle sous les contractions spasmodiques de ses muscles intimes. Ils crièrent. C’était le premier son qui jaillissait de leurs bouches depuis que la conversation avait cessé. Puis, comme une poupée de chiffon, elle se laissa tomber sur lui. Il accompagna cette chute de ses mains qui l’avaient saisie sous ses seins puis l’enlaça une fois qu’elle fut posée sur son torse.

Ils restèrent un moment ainsi, à écouter leurs souffles et le battement de leurs cœurs tandis que le voisinage, inconscient de ce qui venait de se passer, vaquait à ses occupations. Puis elle se releva. Il en fit de même afin qu’elle puisse récupérer sa robe. Elle se rhabilla presque à regret, lui laissant en cadeau son tanga de dentelle noire. Un dernier baiser à la porte puis elle sortit. La vie reprenait son cours. Mais il ne regrettait pas d’avoir croisé sa nouvelle voisine aux boîtes aux lettres.

Prendre son élan

Il est peut-être temps pour moi de partir. De découvrir de nouvelles choses.

La vie m’offre cette opportunité, je me dois de la saisir. Mais, j’en conviens, ça ne se fait tout seul. Il y a des doutes, des interrogations qu’il me faut dissiper pour aller de l’avant. Alors j’essaie de me dire que si l’expérience est un échec je reviens juste au point de départ. Je ne recule d’aucune case et je ne vais pas brûler mes vaisseaux en débarquant. Et que, par conséquent, ce ne sera que du positif quoi qu’il advienne.

Il n’empêche. Je serre les fesses.

Ces mots que j’ai osés, ce sonnet à ses seins.

Rayonnantes rotondités sous nos regard

Que ces seins sensuels qu’on nous offre en contrainte

Ils semblent innocents, sont-ils ceux d’une sainte ?

Ils méritent en tout cas les plus doux des égards

****

Je leur dédie alors ces mots, bien dérisoires

Face à leur beauté. Mais je n’ai aucune crainte

Car ma vénération à ces seins est non feinte

Et je sais bien qu’elle saura la recevoir

****

Je pourrais tant en dire, je n’en finirais pas

De chanter les attraits de ces si beaux appas

Qui méritent tant de baisers, tant de caresses

****

Mais hélas je suis pris par le temps qui me presse

Alors en peu de mots je déclare ma flamme

Aux plus beaux attributs portés par une femme

 

Les oulimots des copines et des copains ici

Partage

Accorder leurs agendas avait été une rude tâche mais ils avaient enfin réussi à trouver une occasion pour se rencontrer. Et chacun d’entre eux avait amené son jouet préféré pour le montrer à l’autre. Pour qu’il puisse s’amuser avec aussi. Car il s’avérait que ce qu’ils se promettaient n’était pas forcément genré. C’était par exemple le cas du noir olisbos, qu’il n’avait à ce jour que dédié à son cul, et que la perspective de le voir à l’usage sur un corps féminin faisait frémir.

Et on peut dire qu’ils n’avaient pas été déçus du voyage une fois qu’il avait été tiré de son écrin de velours. Tour à tour ils s’étaient pénétrés avec et le plaisir qu’ils avaient pu y prendre avait été plus que perceptible. Notamment pour elle, à qui le maniement de l’objet au creux de son intimité avait provoqué des orgasmes qui l’avaient fait crier. Il s’exprimait quant à lui avec beaucoup de réserve mais, rassurée par sa souplesse et une fois la crainte d’une déchirure passée, elle lui avait arraché, par l’énergique tendresse  de ses mouvements, des grognements qui ne cachaient rien de ce qu’il éprouvait.

Mais une fois que leurs corps eurent connu l’apaisement, il dut se rendre à l’évidence. À la lumière du plaisir qu’il lui avait vu prendre, elle et ce jouet étaient faits l’un pour l’autre. Ça avait été une révélation. Il ne lui appartenait plus désormais. Alors il ne put faire autrement que de le lui offrir, en gentleman, pensant déjà à tout le bonheur qu’elle se donnerait avec.

Un samedi

C’était un  jours sans. Un de ceux où même le jour a du mal à se lever. Alors il traînait. Nu ,bien évidemment. Il aimait ça et la paresse de ce samedi matin lui interdisait le moindre effort vestimentaire. À quoi bon finalement ?  Il n’avait rien à faire de sa journée, n’attendait ni visite ni nouvelles du monde extérieur, et c’était peut être mieux comme ça. La semaine avait été plutôt intense et son esprit comme son corps réclamaient ce relâchement.

Il n’avait, malgré tout, pas voulu renoncer à ce léger fond de lascivité qui l’habitait. A la sensualité  rémanente de ce souvenir qu’il ne voulait pas extraire sa mémoire. Alors il avait décidé de retourner se coucher et étreindre l’oreiller. Comme s’il s’agissait d’un corps. Il avait envie de sentir cet ersatz de présence contre lui, faute de mieux. Et, tout doucement, ses pensées jointes aux frottements de son sexe sur le drap lui avaient prodigué ce début d’érection qu’il escomptait et qu’il avait décidé d’entretenir le plus longtemps possible. Ce n’était pas une de ces masturbations que l’on fait parfois, vite, frénétiquement, pour soulager un trop plein de sève. Non. Là, il voulait prendre tout le temps de sa caresse.

Du temps il n’avait que ça aujourd’hui, ça tombait bien. Et il savait se faire durer. Déjà de par la préhension de sa hampe. Il n’allait pas la prendre à pleine main, non. Ce n’était pas assez subtil pour ce qu’il voulait se faire. Il s’était juste saisi du bout des doigts, le pouce en opposition et faisait  balancer son poignet avec délicatesse. Le rythme restait lent aussi. Rien ne pressait. Et même si, parfois il se livrait à de brefs crescendo, il savait les faire suivre d’étourdissantes pauses et de longues plages de lento. Il était à l’écoute de son corps, laissant le plaisir monter tout doucement et sachant le faire redescendre s’il sentait qu’il allait trop loin. Car le but n’était pas d’obtenir une éjaculation mais au contraire de rester dans cet entre deux, partagé entre excitation et plénitude.

Plus rien ne comptait à ce moment que ces vagues d’énergie qu’il pilotait, paisiblement par la pression de ses phalanges et ses mouvements. Il était à la fois dans le contrôle et l’abandon et cette position paradoxale le rendait heureux. Il était si bien.

L’inconnue

Il rentrait. La journée avait été longue. Il n’en ressentait aucune fatigue. Au contraire. Il avait accumulé tant de positif, les rencontres du jour avaient été si belles. Il s’était notamment senti désiré par cette femme croisée à la gare. Chose confirmée par le billet qu’il avait découvert entre les pages du livre qu’elle avait abandonné sur sa table en quittant la terrasse. C’était donc intentionnel et il en était heureux. Même s’il ignorait comment il la retrouverait. À moins qu’elle n’eût laissé quelques indices dans l’ouvrage. Alors il se lança dans sa lecture. Elle semblait joueuse, il l’était assurément.

Page blanche

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Il était en balade le long de la voie ferrée à la recherche d’une idée pour son prochain roman. Un peu à court d’inspiration, il comptait sur le bol d’air qu’il allait prendre pour démarrer quelque chose. Et au pire il se serait dégourdi les jambes.C’est alors qu’elle avait croisé sa route. Sa tenue ne laissait planer que peu de doutes sur les raisons de sa présence en ces lieux. C’était soit une professionnelle de l’ébat furtif et tarifé, soit une aventurière en quête de sensations fortes. Il avait lu pas mal de choses à ce sujet. Du dogging lui semblait-il. Ce n’était pas vraiment ce qu’il cherchait mais peut être que le fait de l’aborder lui amènerait l’idée de départ qui le fuyait depuis des jours. En même temps il se demandait bien ce qu’elle pourrait lui apporter si ce n’était une éjaculation outdoor.

Il en était là de ses réflexions, dansant d’un pied sur l’autre quand la femme avait pris les devants. Sans un mot, elle avait défait sa ceinture puis sa braguette avant d’extraire son sexe de son caleçon. Elle n’avait pas annoncé de tarif, c’était déjà ça. Il manquait de toute façon des liquidités nécessaires à une transaction pécuniaire. Pour ce qui était du reste, il en avait à revendre. Sa vie libidineuse connaissait un coup de mou en ce moment, ce qui ne faisait qu’exacerber son excitation à la moindre sollicitation. Ce qui était actuellement le cas, d’autant plus que l’inconnue le manipulait avec frénésie. Sa queue semblait lui inspirer bien des choses au vu de l’énergie qu’elle déployait. Faute de remplir son carnet de notes, il allait au moins se faire vider.

C’est alors qu’il avait eu l’idée de dégainer son smartphone pour immortaliser la scène. Une masturbation en plongée serait peut être une image dont il se servirait pour démarrer son projet. Et l’érotisme était vendeur à ce qu’il savait. Alors il avait décidé d’être photographe avant de devenir pornographe, mêlant auto exhibition et voyeurisme au travers de son écran. Il verrait bien ce qu’il en tirerait par la suite.

Il se mitraillait donc, la pine dans la main de cette femme, quand il avait commencé à ressentir une insupportable brûlure dans son entrejambe. Non seulement elle tardait à le faire jouir mais, en contenant ainsi son plaisir malgré ses caresses, elle l’échauffait au plus haut point. Et puis il y avait ces drôles de sensations qu’elle lui transmettait du bout des doigts, ces étranges picotements qui ajoutaient à son excitation. Comment s’y prenait-elle ? Il ne savait comment. Et, de toute façon, ne parvenait plus vraiment à avoir une réflexion construite.

Il était sur le point de défaillir quand il avait remarqué le petit boîtier à son poignet. C’était sans doute ça les vibrations. Un dispositif micro ondes portatif. Et, en un éclair il avait eu cette révélation. Elle allait le faire bouillir de plaisir. Jusqu’à ce que mort, petite ou pas, s’ensuive. Il avait alors souri.

Non seulement l’expérience était extrême, mais il tenait enfin la phrase d’accroche de son futur bouquin

« Le cadavre du chemin de fer à la braguette fumante intrigue la police. »

Le hic c’est qu’il risquait d’en être à la fois l’auteur et la victime…

Les oulimots des copines et des copains

Loin…

Ce désir dont je sais qu’il emplit ton regard,

Dont j’imagine aussi qu’il détrempe tes cuisses,

Me donne envie de m’abreuver à ton calice.

Tu t’offres à moi ainsi, ce don me laisse hagard.

****

Nous nous retrouverons mon amie, tôt ou tard,

Partageant de nouveau de nos corps les délices,

Ces spasmes crescendo, ce si sensuel supplice

Qui nous laisse, de jouissance, dans le coltar.

****

Je me contente, en attendant, de nos échanges

Nos images, nos mots, tout ce que l’on partage.

La technique permet d’apaiser l’impatience.

****

C’est toutefois bien peu, j’en ai pleine conscience.

Nous sommes de nos vies les impuissants otages

Mais j’ai foi qu’un beau jour la situation s’arrange.