Aspiration

Doucement, elle se dégage de moi et mon sexe fait un bruit mouillé au moment où il sort du sien. Je n’ai pas encore joui et je suis maintenant tendu vers le ciel, tout luisant de  sa cyprine. 

Elle n’a pas ajouté un mot mais sa bouche est descendue tout le long de mon cou, y laissant une trace humide et brûlante, s’est arrêtée sur chacun de mes tétons qu’elle a mordillés, a coulé à leur aplomb jusqu’à ce que la pointe de sa langue ne m’agace le nombril, avant de s’arrêter juste au-dessus de mon gland.

Tout cela s’est passé avec une exaspérante lenteur et je n’ai pas pu étouffer un grognement de frustration. Le fait qu’on pût m’entendre ne m’a même pas effleuré. Cela la fait sourire alors qu’elle s’apprête à gober mon gland entre ses lèvres.

— Enfin Monsieur, on ne vous a pas enseigné la retenue ?

Elle se paie ouvertement ma tête. Je n’ai pas le temps de protester avant qu’elle ne me prenne tout entier en bouche. La voilà à présent qui fait jouer sa langue sur mon frein et la veine qui souligne ma queue avec une science qui manque de me faire crier et je dois faire appel à ce qui me reste de ressources pour résister à cet assaut.

J’attrape sa tête entre ses mains dans une tentative désespérée d’avoir un semblant de contrôle. Mais je sais au fond de moi que je l’ai perdu depuis que je lui ai ouvert la porte. Il ne me reste plus qu’à me rendre le plus honorablement possible.

Possession 2

Un bruit de voix se fait soudain entendre : mes voisins viennent de faire leur apparition dans leur jardin. Et ils ne pourront très certainement pas ignorer les gémissements de plaisir qu’elle s’est mise à émettre. Je lui attrape les hanches pour essayer de lui faire cesser ses mouvements tout en roulant de grands yeux effrayés pour lui faire comprendre que nous pouvons désormais être entendus. 

Elle s’interrompt, me fixe un instant et me fait un clin d’œil entendu avant de porter sa bouche à mon oreille.

— Il faut être plus discret tu crois ? Il va falloir que tu me bâillonnes dans ce cas.

Elle l’a murmuré. J’ai pourtant cru percevoir de la malice dans son intonation. Ce qui me laisse quelque peu perplexe : où veut-elle donc en venir ?

Je n’ai pas à réfléchir très longtemps. Elle écrase aussitôt sa bouche sur la mienne tandis que son bassin reprend ses va et vient sur mon sexe, d’abord plus doucement puis de plus en plus vite. J’en viens à bénir le bon sens qui m’a fait choisir un mobilier de jardin, certes plus cher à l’achat, mais qui se montre d’une robustesse et d’une discrétion sans égales malgré nos ébats. 

Elle pousse à présent de drôles de miaulements. Notre fougueux baiser prend alors tout son sens : Elle y étouffe l’expression de sa jouissance tandis que je la sens couler le long de ma hampe. 

Foudroyée par son orgasme, elle s’écroule sur moi. Je la sens encore pulser sur ma verge tandis qu’elle me picore de baisers d’oiseau.

— Merci. Ton tour va venir.

Elle l’a dit dans un souffle lourd de promesses.

Le cerisier

Elle lui a dit de l’attendre près du grand cerisier. Et de ne porter rien d’autre que ce qu’elle lui a fait livrer. 

Il est donc dans le jardin. Il se sent partagé entre la crainte qu’une personne du voisinage le découvre ainsi et la fierté qu’elle lui ait choisi cette tenue. 

Il l’entend descendre l’escalier et se met en position, dos à la porte. Elle ne dit rien mais le déclic d’un appareil photo lui prouve qu’il lui plaît. 

Le soleil est bas désormais dans le ciel et cela donne une belle lumière à ses évolutions. 

Il est bien.

Le test.

Une fois n’est pas coutume, elle s’est mise à genoux devant lui. C’est pour mieux l’avoir à sa merci. Car, si elle lui a interdit de jouir, elle veut savoir jusqu’où il peut tenir sa promesse.

De sa main gauche en coupe, elle lui enserre doucement les couilles. De la droite, elle fait des va-et-vient le long de sa hampe jusqu’à obtenir la raideur souhaitée.

Elle approche sa bouche du gland. Très près. Au point qu’il peut sentir son souffle. 

Sa queue oscille lourdement. Mais il sait qu’il ne doit pas esquisser le moindre geste.

Il gémit. 

Il est prêt. 

Apnée

Les yeux bandés, il est allongé en travers du lit, prêt à l’accueillir. Il bande plus que convenablement et le désir lui fait déjà rouler des hanches. 

Elle n’en a cure ce soir et délaisse sa queue pour venir plaquer son cul sur son visage sans la moindre douceur. Ce soir elle veut jouir en se faisant bouffer et c’est aussi une façon de l’assujettir en contrôlant ses temps de respiration. 

Il n’a pas senti le coup venir et étouffe vite, les doigts crispés dans le drap. Elle le sent et lui accorde une petite goulée d’oxygène avant de lui écraser de nouveau la bouche. 

Ce manège se reproduit plusieurs fois. Il apprend vite et, en apnée, s’efforce à présent de lui provoquer un orgasme dont la fulgurance le libérera.

L’air finit par lui manquer. Il lui mord les lèvres presque jusqu’au sang, ce qui la fait crier alors qu’elle se répand sur lui en l’enserrant un peu plus entre ses cuisses. Est-ce un effet de cette pression ? L’hypoxie ? Il décharge à son tour sur le dos de celle qui, enfin repue, s’apprête à le libérer.

Ils ont gagné tous les deux 

Tea time

Elle lui a dit de se tenir prêt pour l’heure du thé. Ce n’est pas pour le boire, non. Il le sait. Ce qu’il ignore par contre, c’est la nature des réjouissances.

Il n’arrive pas à la déterminer, même quand elle arrive, son grand sac à l’épaule. Dieu sait ce qu’il peut contenir. Mais il n’a pas peur. Leurs pratiques sont souvent limites mais il lui fait confiance. 

Elle le lui a promis : il va progresser entre ses mains. C’est son pIus cher désir depuis qu’il la connaît. Et il la sait tout aussi déterminée que bienveillante pour l’y accompagner. 

Dressing room

C’est le week-end. Le temps d’éteindre son PC et il pourra commencer son autre vie. Celle qu’il ne montre qu’à un cercle d’amis très restreint ou bien, anonyme, aux personnes de moins en moins inconnues qui partagent ses passions.

Il la commencera par le choix d’une tenue ad hoc. Il y a dédié une partie de son dressing car il a appris à aimer ces matières qu’il ne porte que quand il devient un autre. Un uniforme ? Pas vraiment. Il sait varier les combinaisons des pièces et n’est jamais deux fois le même. 

Il faut qu’il soit le plus beau. 

En piste

C’était l’heure de sa pause déjeuner quand il avait reçu le programme. 

Cela avait été dit sans fioritures. Son style si direct, reconnaissable entre mille et qu’il aimait tant. 

Cela ne supportait pas de réplique, il le savait. Il devait se tenir prêt à l’heure et à l’endroit dits. 

Il n’avait rien su de plus. Ce qui avait alimenté son imagination durant tout l’après-midi. De quelles attentions allait-il être l’objet ? Il avait juste senti cette envie qu’il lui appartienne et s’en était senti flatté tout autant qu’anxieux. 

Ce soir promettait d’être grand. Il lui fallait se montrer à la hauteur. 

Oser c’est vivre

Pas question de se défiler. Elle lui a promis un café dont il sait qu’il ne sera que le prétexte à un rapprochement tant elle s’est montrée claire dans son implicite. 

Elle lui fait pourtant un peu peur. Il est si inexpérimenté, elle fait montre de tant d’assurance dans ce qu’elle décrit. Il ne sait pas s’il sera à la hauteur de ses attentes.

Mais, au fond, ne se met-il pas la pression tout seul ? Même dans ses non-dits elle n’a jamais suggéré qu’il soit un performeur

Alors il ira et fera de son mieux. Elle appréciera certainement ses intentions.

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Image Lovetantrique on Flickr

Chacune de nos rencontres est une fête. Un peu comme à Noël, quand on déballe les cadeaux. En l’occurrence, c’est moi qui, à peine as-tu franchi le seuil de ma porte d’entrée, défais fébrilement les boutons de ton manteau pour découvrir comment tu es venue jusqu’ici . 

Tu es passée experte en matière de dissimulation et te permets d’arriver chez moi quasiment nue sans que quiconque sur ton trajet n’ait pu déceler que tu ne portais rien d’autre qu’une lingerie des plus osées sous la toile de ton trench. 

Je m’inquiète souvent de te savoir ainsi. J’ai peur que tu attrapes froid. Mais tu me rassures systématiquement. La perspective de déambuler ainsi dans les rues en attendant des pouvoir me rejoindre te réchauffe tout  autant le corps que l’esprit. 

Nous n’en restons bien sûr pas là une fois que tu t’es offerte à mon regard. Nous échangeons juste les rôles. Et, de présent à ma personne, tu deviens le réceptacle de toutes mes attentions.

Tu t’es assez occupée de mon plaisir de voyeur, le tien sera vibrant jusqu’à ce que, dans un grand cri, tu inondes le tapis de mon salon. Depuis le temps que tu viens, une auréole s’y est formée. Je ne la nettoie pas. Elle est mon souvenir de toi lors de mes longues soirées. Et, en caressant les boucles de laine synthétique, je pense à celles de ta toison, bien naturelles celles-là.

Les occasions de nous voir sont devenues trop rares depuis que nos déplacements se sont réduits à leur plus simple expression. Et, même si nous nous amusons à distance avec ce que la technologie peut nous offrir, rien ne remplacera le contact de ta peau contre ma peau. 

Il paraît que les meilleures choses ont une fin Puisse-t-il en être de même pour les pires.