Voyage (28)

Après un mois sans sortir, il attendait beaucoup de sa balade au centre-ville.

L’as. Il y règne une ambiance de fin du monde avec ses vitrines pour la plupart fermées et ses passants trop rares.

Et puis il a reçu ses premiers défis. Et ce qu’il trouvait déprimant s’est transformé en une source d’inspiration. Elle veut le voir sexy en extérieur. Il va lui proposer une visite sensuelle de sa ville.

Il fait peut-être frais aujourd’hui mais à l’abri d’une porte cochère le temps d’une photo tout ira bien. 

Déjà il cherche des yeux le décor de sa première exhibition. 

Soft listening

Cigarettes after sex.

Le nom du groupe allait si bien avec l’atmosphère sensuelle et éthérée qui se dégageait de l’écoute de leur dernier album.

Il se sentait à l’aise avec cette musique. Comme enveloppé. Et, malgré la nonchalance du tempo, il se nourrissait de l’énergie qui se dégageait de chaque morceau.

L’érotisme latent de ce qui passait dans son casque, le seul éclairage de l’écran de son ordinateur, la douce chaleur du lit. Il laissait vagabonder son esprit et regonflait ego et libido.

Il pansait ainsi les plaies de son cœur. Il pourrait sans doute mieux l’offrir par la suite.

La bande son

L’envie en couleur

 

Elle m’a affirmé que ce n’est pas courant. Que c’est même un étrange concours de circonstances. Que son dressing est globalement habité de couleurs chaudes et qu’elle est plus rubis que saphir. Je veux bien la croire. Je n’en ai pas moins noté qu’en deux soirées où je la croise elle était électrique et électrisante. Et je ne sais si c’est cette couleur qui contraste si joliment avec son teint ou comment ses robes la galbent qui me plaît le plus. Quoi qu’il en soit, je parviens plus à l’imaginer autrement. Et je me plais désormais à l’appeler Lady Blue

Je t’aime à l’italienne

— Ti piace petanche ? Voglio giocare con le tue palle.

Ma maîtrise de la langue de Dante était par trop limitée pour saisir le sens des paroles de Flora ma belle romaine. Et, faute de comprendre ce qu’elle me disait, j’aurais pu décliner son offre si, à titre indicatif, elle ne m’avait pas mis franchement la main au paquet, renforçant ainsi l’axe syntagmatique de son énoncé.

Hormis l’aspect foutraque de son entrée en matière, elle me tenait donc morphologiquement par les couilles. Ce qui aurait pu être douloureux eut au contraire pour effet, l’expansion immédiate de mes corps caverneux et donc une érection sans la moindre gradation depuis l’état flaccide.

Il était donc temps de lui faire la contre proposition d’une partie de billard maintenant qu’ensemble nous pouvions conjuguer l’usage de queue, boules et trous.

Goldeneye

Une rencontre intense. Où l’on sait. Dès le premier regard. Elle avait même dû détourner ses yeux de lui un instant pour ne pas se consumer trop vite. 

Et puis ils s’étaient éclipsés de leur soirée et avaient gagné le premier lieu susceptible de leur donner de l’intimité. Et à la communion des regards s’était ajoutée celle des corps.

Elle avait cherché à percer le secret de ses iris en même temps qu’il perforait son ventre.

Et, quand elle lui offrit ses reins, ce fut face à lui, les jambes repliées sur son buste.

Rien ne devait briser ce lien.

Craving

Je pense à Ses mains.

À comment elles m’ont palpé, malaxé, griffé. Leurs coups savamment assénés sur mes fesses, ma peau. Leur façon de jouer toute une gamme de caresses, de la plus légère à la plus cuisante. Nues ou tenant des jouets. J’étais un instrument sous Ses doigts. J »ai vibré.

Elle est tactile. J’aime les sensations que me procure mon épiderme. C’est quelque chose de nouveau pour moi et pourtant tellement familier. Alors j’attends un geste de Sa part. Pour me remettre à nouveau entre Ses mains. Pour aller encore un peu plus loin.

Leur contact me manque déjà.

Un beau dimanche

J’ai aimé ce dimanche C’était mon deuxième salon de la littérature érotique et je m’y suis senti bien. .

J’ai par exemple adoré converser avec la jolie blonde masquée qui m’a dédicacé son livre. Je l’avais croisée à visage découvert en d’autres lieux et j’ai trouvé amusante la situation ici. C’est d’ailleurs peut-être cela qui m’a donné le courage de l’aborder. Qui sait. 

J’ai aussi pu échanger avec cette amie dont la lecture m’a ouvert des voies que je m’étais jusqu’alors interdites. Ce fut une belle occasion de l’en remercier.

Je n’ai par contre pas osé lire en public. L’année prochaine ? 

Billard

C’était parti pour être une soirée tranquille, au sein d’un groupe de personnes de bonne compagnie. Comme à mon habitude j’étais arrivé en avance et, après que j’avais décliné le nom de mon groupe à l’accueil et pris un verre, un employé m’avait dirigé vers les tables que l’organisatrice avait réservées. Elles étaient un peu à l’écart dans la salle et baignaient dans la pénombre. Seuls les plateaux étaient réglementairement éclairés. Le hasard nous avait placés là me dis-je sans plus y prêter attention

Les boules étaient déjà disposées en triangle et les queues étaient sagement rangées sur leur râtelier. Alors je posai ma consommation sur une table haute à proximité et décidai de faire une partie solo d’échauffement. Cela faisait une vingtaine d’années que je n’avais pas pratiqué et je ne voulais pas paraître trop ridicule aux yeux du reste de l’équipe quand ils arriveraient. On m’avait pourtant dit qu’il n’y aurait pas d’experts, bien au contraire. Il n’empêchait. J’étais une fois de plus rattrapé par mon besoin de bien faire. 

J’étais donc affairé à tourner autour de la table, essayant d’empocher au mieux tantôt les boules rouges tantôt les jaunes quand je sentis une présence derrière moi. Contre moi serait une meilleure définition car, le buste allongé sur le velours, j’avais désormais un bassin collé à mes fesses tandis qu’un bras plus qu’amical faisait le tour de ma taille. 

— Alors on joue tout seul avec sa queue et ses boules sans attendre les autres ? Que c’est égoïste…

C’était dit par une voix qui féminine qui m’était inconnue mais dont j’appréciai l’humour teinté de sensualité. Il me fallait savoir qui c’était. Je posai donc donc mon matériel sur la table et amorçai un savant demi-tour afin de faire connaissance avec mon interlocutrice. Cette jolie brune au regard pétillant et aux courbes pleines ne faisait en effet pas partie de celles et ceux que j’avais déjà rencontrés mais j’avais apprécié son entrée en matière. 

Après cela les présentations se firent d’une façon tout à décontractée. Et comme des messages étaient arrivés annonçant que le reste de l’équipe aurait du retard à cause de manifestations, je décidai de lui proposer une partie. À deux c’était toujours mieux me surpris-je à dire. Elle accepta avec entrain mais me demanda d’être patient et pédagogue. Elle n’avait jamais joué au billard. Je lui promis que je le serais. 

Je disposai donc les boules dans le triangle et allai casser. Ma partenaire se mit de l’autre côté de la table pour m’observer. J’avais repris la position dans laquelle elle m’avait surpris. 

— En fait, si je comprends bien, ta queue est une sorte de prolongement de ton corps. Jusque là c’est bon, je connais. 

Complètement surpris par cette remarque, je faillis déchirer le feutre et dus interrompre mon mouvement pour essayer de reprendre un minimum de contenance. 

—C’est tout à fait ça. Et tout le reste n’est qu’une question de positionnement et d’alignement. Mais nous verrons plus tard. 

— Avec plaisir 

Je n’avais rentré aucune boule à la casse. C’était donc à elle de jouer.

— Il faut que tu me montres maintenant. Mais, si j’ai bien vu en arrivant, il faut se mettre comme ça. 

Et elle colla son buste sur la table, écrasant ses seins sur le tissu bleu. La vision que j’avais de son décolleté en face était proprement délicieuse. Il me fallut pourtant m’arracher à cette contemplation. 

— Viens par là. Je te conseille de jouer la rouge qui  est en face du trou du milieu. Il faut que tu procèdes avec douceur. Le billard n’est pas une affaire de brutes. 

Ce disant je lui avais pris la main pour positionner la queue entre ses doigts.

— C’est comme ça que tu la diriges. Et pour taper tu peux te contenter de prendre l’autre bout juste au milieu. 

Et je pris son autre main pour la poser sur le manche. J’étais maintenant derrière elle,  avec une vue imprenable sur son cul moulé dans une jupe en cuir. Pris d’une inspiration soudaine, je me collai alors à elle.

— Nous allons jouer ce coup ensemble. Laisse toi guider. 

Je la plaquais désormais sur la table. Elle n’avait pas opposé la moindre resistance.

— C’est toi le spécialiste. Vas-y 

Et elle recula ses fesses vers moi. Son contact me colla aussitôt un début d’érection que je ne pus lui dissimuler. Elle se cala alors carrément contre mon bas ventre. 

— Je comprends tout de suite mieux le principe du prolongement du coup. 

Et, d’un coup sec, elle propulsa la boule rouge dans la poche avec un petit cri victorieux. Je la félicitai. D’un coup de bassin gracieux elle se dégagea et se tourna vers moi, un grand sourire aux lèvres 

— Tu es un bon prof. On joue la prochaine ?

Et elle alla se mettre en place.

L’obscurité qui m’avait paru bizarre lorsque j’étais arrivé me semblait maintenant tout à fait propice et j’allais de nouveau la couvrir quand le reste de la troupe arriva. La fin de la magie ? Pas vraiment car elle insista pour faire équipe avec moi tout le reste de la soirée et notre association fit des merveilles. Parce nous sortîmes victorieux de toutes nos joutes dans un premier temps.

Et puis, pour le reste, je laisse libre cours à votre imagination… 

Une rencontre (3)

Ses mains en conque sur sa queue dressée. C’est tout ce qui le sépare de l’irréparable. Il sait que ce dernier rempart est illusoire. Qu’elle le fera bientôt tomber. Et céder, c’est tout ce qu’il désire à présent. 

Il ne l’aurait pas cru il y a seulement une heure quand elle lui a demandé s’il avait du feu alors qu’il buvait son café en terrasse. Il ne fume plus alors il a pensé que l’histoire s’arrêterait là. Qu’elle passerait à un autre. Et puis non. Elle l’a regardé dans les yeux et lui a dit qu’il avait raison, qu’il y avait d’autres façons de se faire plaisir que la cigarette. Et elle s’est assise en face de lui. Un serveur est passé, elle a commandé deux expressi. Parce que, bien sûr il n’allait pas la laisser boire seule. Il a aimé le pluriel qu’elle a utilisé et qui a fait tiquer le garçon de café. Et puis elle a engagé la conversation. 

— Ça vous arrive souvent d’attendre en terrasse qu’une femme tombe dans vos bras ? La chasse à l’affût est interdite en cette saison, vous savez ? 

 Lui est trop réservé pour dire ce genre de choses. Et il ne se connaît de talent que pour répondre, pas pour engager. Mais là il, même si elle s’est montrée extrêmement directe, il n’ pas été désarçonné. Bien au contraire. Il s’est senti tout de suite à l’aise. Avec cette drôle d’impression, celle de connaître son interlocutrice depuis bien plus que les cinq minutes qui ont précédé cette question. Elle a un air tellement avenant aussi. Qui ne serait pas totalement détendu face à elle ?

— Un point pour vous. Je me dois toutefois de vous corriger. Je n’attends que ce qui m’arrive en général. C’est à dire rien. Et, sauf erreur, c’est vous qui avez lancé vos filets avec votre prétendu besoin d’une flamme. 

— Le besoin de flamme est réel. Je suis une fumeuse invétérée. Mais j’ai vite compris dans votre attitude que vous étiez disposé à m’en offrir d’une autre manière. 

— Voyez-vous ça. Me croyez-vous donc si facile comme garçon ? À vouloir sauter sur tout ce qui bouge ?

— Point du tout. Mais j’ai la prétention de penser que je ne suis pas tout ce qui bouge.

— Un deuxième point pour vous. Je vais finir Fanny à ce train. 

Elle n’a pas répondu. Mais  a laissé glisser ses doigts le long de son poignet. Et cette caresse l’a électrisé. Il a appelé le serveur et réglé les consommations. Puis s’est levé et lui a proposé son bras. Elle s’y est pendue. Ils ont commencé à marcher. 

— Où allons-nous ? 

— Je n’en ai aucune idée. Mais je suppose qu’en descendant cette avenue et en continuant tout droit nous tomberons forcément sur un endroit où nous serons au chaud et à l’abri des regards. Car je pense deviner à votre tenue que vous êtes frileuse. Je ne présume de rien par contre quant à votre exhibitionnisme. 

Elle a eu un joli rire d’oiseau et s’est un peu plus accrochée à son bras. Pour être plus proche de lui. Il s’est surpris de cette répartie dont il ne se serait jamais cru capable. Mais, il a aimé sa réplique. Ils ont fini par arriver à la porte d’un hôtel de quartier. La façade n’était pas trop moche. Ils sont entrés. Le réceptionniste leur a demandé combien de temps ils allaient rester. Ils se sont regardés et ont répondu en choeur que la fourchette allait de dix minutes à toute une vie. Le groom a grimacé et à marmonné quelque chose de très désobligeant par rapport aux couples illégitimes. Mais les affaires étant ce qu’elles sont, il leur a tendu la carte magnétique qui fait désormais souvent office de sésame dans les hôtels.

— Chambre 316. Troisième étage. L’ascenseur est par là. 

L’appareil, hors d’âge, leur a permis de commencer à faire connaissance. Elle lui a tendu ses lèvres et il l’a embrassée. Puis sa main s’est posée sur sa hanche et il l’a collée contre lui. Leurs ventres se sont touchés. Ils ont frémi. Et ils sont arrivés à destination. Ils étaient pressés maintenant. La porte de la chambre n’a pas été un obstacle bien longtemps. Et leurs vêtements non plus une fois refermée.

Et les voilà maintenant face à face. Aussi nus qu’ils pouvaient l’être. Un dernier réflexe de pudeur le pousse à masquer son sexe. Elle ne l’a pas et il la voit dans toute la plénitude de la quarantaine qu’il lui attribue. Mais l’âge est une donnée dépassée à ce moment. Seuls comptent leurs épidermes qui leur crient silencieusement leur désir de se retrouver l’un contre l’autre. 

Ils se regardent. Il est encore un peu emprunté. Alors elle prend les devants et vient déposer un doux baiser sur son torse. Avant de se placer derrière lui, son abdomen contre ses fesses, et de l’entourer de ses bras. Elle a maintenant les mains sur les siennes. Elle les laisse quelques secondes. Puis passe dessous pour venir effleurer son sexe. La pulpe de ses doigts est douce et ce contact le fait se tendre encore un peu plus. Il s’y attendait pourtant. Mais pas à ce que ça l’amène presque à la jouissance.

Il relâche finalement ses épaules et ses bras descendent le long de ses flancs. Il est vaincu. Elle peut maintenant faire de lui ce qu’elle veut. Il est à elle, corps et âme. 

Il l’est de toute façon depuis qu’elle s’est penchée vers lui et qu’elle lui a adressé la parole.

#VendrediSeins

 

#VendrediSeins au saut du lit

Et toujours le café à la main.

Nu ? Il est bien meilleur ainsi

Dans la quiétude du matin.

Ravissement ainsi des sens,

Enivrés par cet expresso

Dont le plaisir reste l’essence,

Il reste à faire le grand saut.

 

Servi avec un grand plaisir,

En quelques mots et cet image,

Il lancera votre journée.

Ne soyez alors pas si sages

Sortez ! Affirmez vos désirs !