Au revoir les amis

Le week-end est terminé et nous rentrons à la maison, la tête emplie de souvenirs tous plus agréables les uns que les autres.

Je n’aurais jamais cru que me retrouver aux prises avec plusieurs garçons fût si agréable, surtout en entendant les déclics de l’appareil photo de mon chéri qui avait tout organisé. Savait-il quant à lui quel plaisir il tirerait de me voir assaillie de toute part par par ces hommes si attentionnés ? J’en doute pour avoir saisi son regard humide alors que j’étais empalée sur une queue tandis qu’une autre me forait les entrailles. 

Mais je garderai tout particulièrement en mémoire le moment où, après m’avoir chevauchée de façon particulièrement virile, le cowboy de la bande m’a coiffée de son chapeau en me disant que j’étais la meilleure pouliche qu’il ait jamais connue. Et c’est bien la moindre des choses si je les salue avec ce souvenir qu’il m’a laissé. 

Morning mood

J’ai bien fait d’emmener cette lampe tempête hier soir en allant marcher sur la plage. Car c’était l’une nouvelle et, si je ne l’avais pas eue, je ne t’aurais pas vue sortir de l’eau. Tu étais comme la Vénus de Boticelli et, totalement abasourdi par ta beauté, je suis resté planté dans le sable. 

Sans la lumière que j’avais au bout de mon bras ballant, tu ne m’aurais pas remarqué toi non plus et tu ne serais pas venue me demander d’attraper la serviette que j’avais sur l’épaule et de te prendre dans mes bras « pour te réchauffer parce que la mer est fraîche quand même en cette saison »

Nous n’y aurions rien vu non plus lorsque nous nous sommes aventurés parmi les rochers et nous n’aurions pas trouvé cette petite crique à l’abri des regards dans laquelle nous nous sommes aimés toute la nuit.

Le jour se lève et sa lumière vacille, comme pour nous dire qu’elle a fait son temps et que le nôtre est venu de reprendre tous les deux le cours de nos vies. Tu vas repartir dans l’eau et moi je resterai à terre. Mais je reviendrai te guetter tous les soirs. 

J’ai compris le pouvoir du chant des sirènes. 

Adieu

Brûler ce que l’on a adoré. Jamais je n’aurais cru faire mienne cette maxime. Et pourtant tu m’y as amenée.

Lorsque nous nous sommes rencontrés, mon âme et mon corps se sont embrasés. C’est donc tout naturellement que je me suis donnée à toi, avant de m’abandonner entre tes mains. Tu me disais que ce n’était que du plaisir, le tien et le mien.

Alors j’ai plongé. De plus en plus profond. Jusqu’à ce que je manque d’air et que je comprenne que tu ne faisais que m’utiliser pour faire vivre tes fantasmes.

Je suis partie depuis et, même si cela a été dur la vie sans toi au début, j’ai fini par consumer jusqu’à ton souvenir. 

Adieu Mortimer, tu ne me manqueras pas 

Là haut sur la montagne

Le brouillard est monté très vite de la vallée et il a chassé les touristes. Je regarde disparaître le dernier télésiège et je souris car je sais que nous allons être seuls pendant un moment. 

Je n’ai pas à tourner la tête pour deviner que tu es nue et que tu m’attends : je connais l’effet que te font ces conditions météorologiques, quand tout semble s’évanouir dans du coton et que tu sais que tu pourras crier ton plaisir à pleins poumons sans que quiconque d’autre que moi ne t’entende.

J’entends tes premières vocalises. Tu as décidé de commencer sans moi

Mutation

Lorsque j’ai vu sa photo de profil, j’ai été immédiatement séduit. Pensez donc, une grande femme africaine dont la chevelure blanche tranchait délicieusement avec sa carnation, je ne pouvais que plonger. Je lui ai donc écrit et j’ai été ravi qu’elle me réponde avant que, de fil en aiguille, je ne lui propose un rencard, ce qu’elle a accepté avec plaisir..

Ororo, c’est son prénom, m’attendait dans une chambre d’hôtel et, quand j’ai vu le X qu’elle arborait en guise de boucle de ceinturon, je me suis imaginé les choses les plus folles. Une star du porno, j’avais touché le gros lot.

C’était avant qu’elle ne reçoive un drôle de message et que ses yeux virent au blanc. Puis elle est sortie et son corps s’est entouré d’éclairs. Là j’ai eu carrément la trouille et je me suis enfui sans demander mon reste. Je ne suis pas fait pour ce genre d’aventures. 

Ebony and ivory

Image Gurney Bracken / Flickr

Mots contraints : amplitude, décrépitude, sonorité, ubiquité, pourpre, fumeux, clameur, rumeur, ivoire.

Lorsqu’il m’a parlé de l’harmonie entre ivoire et ébène, j’ai cru qu’il allait me jouer une sérénade au piano et je n’ai pas voulu écouter la rumeur qui disait qu’il était un drôle d’oiseau. Et puis il m’avait juré que ce serait cool, que je serai au centre de son attention 

C’est quand j’ai été accueillie par une clameur joyeuse, à peine, la porte de son loft franchie que j’ai compris que son argumentaire était fumeux et le pourpre m’est monté aux joues. Il faudrait que je possède le don d’ubiquité pour contenter tous ces mâles à la peau chocolat. 

Le tête à tête qu’il m’avait promis avait en fait des sonorités de gang bang interracial et annonçait la décrépitude de ma foi en mon prochain. Il ne me restait plus qu’à espérer que l’amplitude des mouvements de ces messieurs m’amène au moins un peu de plaisir

Les oulimots des copines et des copains

La marque

Elle vient de se déshabiller et, dans un ultime mouvement de pudeur, me tourne le dos. Elle m’offre alors la vision des motifs qui ornent sa peau et je comprends que c’est bien plus qu’une invitation qu’elle me fait en élevant ses bras au-dessus de sa nuque d’un mouvement gracieux 

  • Tu veux toujours de moi maintenant ? 

Je suis touché par la confiance qu’elle a en moi et qui vient de la pousser à me révéler son passé. Elle porte sur elle les marques que l’on fait habituellement à celles qui sont destinées à s’offrir à qui y mettra le prix. 

Souvenirs

Je suis monté dans le  grenier de ma vieille maison de famille et me voilà nez à nez avec cet amas de valises. Je me souviens à présent de toutes les histoires que me racontait mon grand-père. C’était un grand voyageur qui avait bourlingué un peu partout sur le globe. Un grand séducteur à ce qu’il paraît aussi car, au grand dam de ma grand-mère il avait paraît-il une femme dans chaque port. Elle l’avait supporté car, elle non plus, n’était pas très fidèle.

J’avais toujours cru que les choses en étaient restées là : à de simples coups de canif dans leur contrat. Mais, après avoir vu tous ces bagages, me remonte soudain en mémoire cette ultime confidence qu’il m’avait faite sur son lit de mort 

« Ta grand-mère ne le sais pas mais j’ai emporté avec moi un peu de chacune d’entre elles à chaque voyage ». 

Je ne veux surtout pas penser à leur contenu.

Tout là haut

Du haut de la tour en ruine qui surplombe la ville, il y a un point de vue imprenable. C’est pour cela que j’amène ici toutes celles qui me manifestent de l’intérêt et, jusqu’à présent, aucune ne s’est dérobée quand, après lui avoir montré les charmes de notre cité à travers cette brèche, je leur ai proposé d’en découvrir d’autres bien plus charnels et relatifs à l’exploration de celle qui sépare leurs cuisses. La plupart m’offrent même une vue arrière de leur abricot pour ne rien perdre de ce qui se passe plus bas tandis que je les tisonne. Je garde notamment un souvenir ému de celle qui, en pleine action, n’a pas hésité à hurler le nom de son mari et à lui décrire dans les moindres détails de quelle manière elle le faisait cocu. Il ne pouvait bien sûr pas nous entendre à cette distance et avec le tumulte de la rue mais je n’en ai pas moins connu un temps d’arrêt tandis qu’elle s’époumonait. 

Ce soir la lumière est belle et j’attends qu’une nouvelles conquête vienne me rejoindre. J’ai envie d »être tendre et de lui offrir ma langue tandis que, accroupie sur mon visage, elle contemplera le coucher du soleil sur la cathédrale. Et puis après, qui sait ce qui se passera ? 

La musique adoucit les mœurs

Je regarde vers la scène. L’orchestre est prêt et, dans quelques secondes vont s’élever les premières mesures de la Symphonie du Nouveau Monde. C’est notre composition préférée et nous ne la ratons sous aucun prétexte chaque fois qu’elle passe dans notre ville. 

Toutefois, et cela va sans doute vous surprendre, nous ne la vivons jamais ensemble car, comme à l’accoutumée, elle va s’éclipser à peine les musicien auront commencé à jouer et notre jeu habituel commencera. 

Je ne serai pas attentif qu’à la musique. Il me faudra également deviner dans quelles loges elle se sera introduite et, à l’aide de mes jumelles, voir avec qui elle s’ébattra. De son côté, elle fera son possible pour m’égarer en changeant de loge sitôt la jouissances de son occupant obtenue de sa bouche (et Dieu sait que ce qu’elle veut, elle peut l’avoir très vite), mais ne se cachera de rien, bien au contraire. Il faut que, si je la trouve, je ne perde pas la moindre miette du spectacle qu’elle m’offrira. Et, ce faisant, elle se rendra visible à tout un chacun, perspective qui m’excite au plus au point.

Elle me rejoindra pour les ultimes notes et, avant que les lumières ne se rallument, elle me donnera un baiser qui aura la saveur de de tous ses amants, ce qui aura immanquablement le don de me faire exploser dans mon pantalon. Puis, nous rentrerons afin de nous livrer à bien d’autres plaisirs. 

Merci à Antonín Dvořák pour sa musique.