Le club des 300

Image Jürg Bader / Flickr

La première pensée qui m’est venue en voyant arriver le gamin et son papa sur le carré à côté de moi c’est qu’il en était terminé de la tranquillité de mon voyage avant même qu’il ne commence. Et puis j’ai vu la maman et je me suis dit que je pouvais tolérer un peu de dérangement. Les jeunettes ne sont pourtant pas trop ma tasse de thé mais, avec ses cheveux châtains légèrement ondulés, ses yeux noisette et son petit nez en trompette, elle était vraiment craquante. Ça c’est la version la plus acceptable de la chose car j’étais plutôt fascinée par ses seins en poire, qu’aucun soutien-gorge ne venait comprimer sous le léger tissu de son débardeur, et ses jambes fuselées qui emergaient d’un mini short noir un peu ajusté. Que dire alors quand elle a déposé son sac à dos sur le porte-bagage ? Ses fesses, rondes et hautes, étaient un véritable appel à la caresse mais, voyageant en famille, elle devait rester un simple plaisir pour les yeux. 

Il me fallait me donner une contenance. Je me suis donc plongé dans la lecture des Chroniques de Mertvecgorod sur ma liseuse, espérant y trouver un dérivatif à la contemplation appuyée de ma voisine. Les choses ont plutôt bien fonctionné et j’ai à peine levé le regard lorsqu’elle s’est levée pour quitter la voiture. La meilleure des lectures n’est cependant pas grand chose pour moi en comparaison du besoin de café et, au bout d’une demi-heure, le besoin impérieux de me rendre à la voiture bar s’est fait sentir.

Je n’ai été qu’à moitié surpris en la retrouvant attablée, une tasse fumante devant elle. Je l’ai été nettement plus lorsque, après m’avoir adressé un grand sourire, elle m’a fait signe de la rejoindre. 

  • Bonjour, je désespérais de pouvoir vous parler en tête à tête mais l’alibi du café fonctionne toujours avec mon mari. Il ne me restait plus qu’à croiser les doigts pour que vous partagiez le vice de l’expresso avec moi.
  • Je n’osais faire plus que vous regarder du coin de l’œil mais voilà exaucé mon désir de passer un moment avec vous.
  • Du coin de l’œil ? Vous en avez de bonnes ! Vous me bouffiez littéralement des yeux avant de plonger dans votre Kindle et je dois reconnaître que cela m’a fait du bien, Monsieur est trop préoccupé par sa progéniture pour me porter plus d’attention que ce que l’on peut en avoir pour une mère
  • Vous êtes avant tout une femme et cette négligence est regrettable. 
  • Heureusement que je parviens, ça et là, à mettre de légers coups de canif dans notre contrat de mariage. Jamais encore dans un train cela dit. Voulez-vous m’aider à y remédier ? Il existe un club des 10000 pour les avions, je me demande s’il en existe un des 300 pour le TGV. 
  • Je ne me suis jamais posé la question mais votre proposition est particulièrement alléchante et je serais bien mal inspiré de la décliner. 
  • Alors allons-y. Les toilettes de la partie inférieure des voitures sont vastes et seront, j’en suis persuadée, une alcôve parfaite.

Complices, nous avons entrechoqué nos gobelets avant de les finir et de quitter notre place. Comme elle l’avait annoncé, l’endroit nous permettait quelques évolutions dont nous ne nous sommes pas privés sitôt la porte verrouillée derrière nous. Cela a commencé par un long baiser langoureux qui a fini de réveiller mes ardeurs, ce qu’elle a sans doute senti contre elle car elle a porté la main à mon paquet. 

  • Ça a l’air intéressant tout ça, tu permets ? 

Le tutoiement était devenu de rigueur compte tenu de cette nouvelle intimité. 

  • Fais-en ce que tu veux 

Elle a défait les boutons de mon pantalon et en a extrait ma queue qu’elle a aussitôt enserrée entre ses doigts. 

  • Oh ! Comme elle palpite ! Tu as un second cœur là-dedans ?

Elle s’est mise à me branler doucement et je me suis aussitôt dit demandé comment on pouvait se détourner d’une personne qui le faisait aussi bien. Ce n’était pourtant que le début car, me jugeant assez raide, elle s’est agenouillée devant moi et m’a pris dans sa bouche. J’ai cru que j’allais crier tellement sa langue était douce sur ma tige. Quand elle s’est redressée, je luisais de sa salive, parfaitement lubrifié.

  • Tu es parfait à présent. 

Elle a ôté son short -je n’ai même pas été surpris qu’elle ne porte rien en dessous- et a posé les mains sur le miroir, les reins exagérément cambrés. 

  • Encule-moi ! 

Je lui ai fait part de ma surprise et elle m’a répondu que son sexe restait chasse gardée de son mari. J’ai ri quand elle a ajouté qu’elle gardait certains principes avant d’écarter ses fesses et de positionner mon gland sur son œillet. J’ai ensuite poussé tout doucement et son cul m’a pris jusqu’à la garde. Elle était serrée et brûlante et j’ai adoré la tisonner pendant de longues minutes, la faisant gémir au rythme des bogies. Les meilleures choses ont pourtant une fin et, avant de jouir, je lui ai demandé où je pouvais le faire. Elle m’a alors décuplé et est revenu me gober jusqu’à ce que je lâche tout au fond de sa gorge et qu’elle l’avale. 

Lorsque nous sommes sortis des toilettes, nous avons eu droit aux regards furieux des voyageurs qui attendaient leur tour mais, ivres du plaisir que nous venions de prendre, nous n’en avions rien à faire. Nous avons regagné nos places en même temps. Le mari, en pleine partie de Uno avec son rejeton, n’a même pas relevé la tête. J’ai repris mon roman, elle a attrapé un livre de conseils à destination des enseignants débutants et nous avons terminé notre voyage ainsi, non sans échanger quelques clin d’œil à la dérobée. 

Je les ai laissés sortir lorsque le train s’est arrêté à destination et suis resté un moment, le temps que les couloirs se vident. Au moment de ramasser mes affaires, j’ai remarqué un rectangle blanc sur le sol. Je l’ai ramassé. Sa carte de visite. Restait maintenant à savoir s’il ne fallait pas pas que cette histoire reste une agréable parenthèse. Je l’ai tout de même mise dans ma poche. En souvenir 

La piscine

Je paie de lourdes charges pour ça mais, lorsque vient l’été, elles prennent tout leur sens. Il y a une piscine dans ma résidence et il est agréable d’aller y piquer une tête lorsqu’il fait chaud comme maintenant. Enfin, je ne suis pas dingue comme la plupart de mes voisins qui y passent leur après-midi et préfère y aller alors que le soleil se couche ou très tôt, comme ce matin. J’ai passé une mauvaise nuit et le soleil n’est pas encore levé quand je décide de renoncer à courir après un sommeil qui m’a fui et d’aller faire quelques brasses. 

C’est la canicule et la fraîcheur de l’air est toute relative. Celle de l’eau est en revanche bien agréable et je passe un très bon moment dans l’eau à faire des longueurs dans le bassin jusqu’au moment où quelqu’un vient troubler ma quiétude. Je fais une traversée sous l’eau et n’entrevois d’abord qu’une silhouette sur le bord qui s’avère être une femme aux cheveux courts et bruns et à l’âge indéfinissable. 

Ce n’est pourtant pas le fait d’être incapable de déterminer s’il s’agit d’une jeune femme ou d’une personne plus mûre qui me trouble le plus. C’est plutôt le fait que son maillot deux pièces ultra minimaliste ne cache rien ou presque des imposants bijoux de corps qu’elle porte. J’ai certes déjà vu des photos sur le net mais me retrouver ainsi confronté d’aussi près à de tels piercings, tant aux tétons qu’au sexe, à quelque chose de terriblement troublant et je ne peux pas en détacher mon regard jusqu’à ce qu’elle plonge,et même une fois qu’elle est dans l’eau. 

  • Vous avez peur que je coule avec tant d’acier sur moi ? Ne faites pas l’innocent, j’ai très bien vu comment vous me matiez ! 
  • Pardonnez-moi, je ne voulais pas vous mettre mal à l’aise. 
  • Ce n’est pas le cas, je suis habituée au fait que les regards s’attardent sur moi et j’en tire un certain plaisir lorsqu’ils sont respectueux comme le vôtre. Vous comprendrez toutefois que j’essaie d’éviter les heures d’affluence pour me baigner. 
  • Je l’entends bien. Mais je ne vous ai jamais vue auparavant. 
  • Je passe juste quelques jours ici. Attendez ! 

Le bracelet qu’elle a au poignet droit vient de vibrer. Elle y porte un regard inquiet et, lorsqu’elle se tourne à nouveau vers moi, son visage a changé. 

  • Prenez-moi ! Ici ! S’il vous plaît !

Je reste quelques secondes les bras ballants, abasourdi par cette proposition tout aussi indécente qu’inattendue, qu’elle met à profit pour retirer son maillot et me présenter ses fesses à quatre pattes. Le jour se lève à peine et le métal qui orne ses lèvres luit doucement. 

  • Faites vite ! Je vous en prie ! 

La situation est complètement dingue. Je n’en aventure pas moindre deux doigts sur son abricot, qui s’y enfoncent doucement tant elle est moelleuse. Je la branle un peu. Elle est brûlante et détrempée, ce qui me fait immédiatement bander.

  • Défoncez-moi ! 

C’est plus une supplique qu’une injonction et je ne peux pas y résister. Je viens me présenter derrière elle, la saisit aux hanches et m’enfonce d’une poussée puissante et rectiligne avant de commencer à la besogner. Elle n’a pas la moindre réaction et aucun son ne sort de sa bouche. Elle encaisse mes coups de queue comme une poupée de chiffon. C’est troublant, tout comme le fait de sentir mes couilles taper contre ses énormes anneaux lorsque je suis en elle jusqu’à la garde. 

Il ne me faut que quelques minutes pour arriver au bord de l’orgasme. Comme je ne sais pas si je peux jouir en elle, je préfère l’en avertir. Elle m’éjecte aussitôt, se place en face de moi et m’offre ses seins. 

  • Arrosez-moi ! 

Je m’exécute et jouis à long jets sur sa poitrine dont elle tord les pointes, ses doigts passés dans ses piercings. Une nouvelle vibration arrive à son poignet. Elle consulte son bracelet et tourne un regard ravi dans ma direction. 

  • Je vous remercie, adieu ! 

Je n’ai pas le temps de répondre. Elle ramasse ses affaires et disparaît rapidement, toujours nue et couverte de foutre. C’est alors que je remarque un homme sur un balcon qui n’a sans doute rien manqué de la scène. Il m’adresse un signe de la main, son index refermé sur son pouce et les autres doigts relevés, en guise de remerciement. 

Je comprends qu’il ne s’agit pas d’un simple voyeur lorsque je vois mon inconnue le rejoindre sur la terrasse. 

Coopérative

De passage en Provence, j’avais décidé de ramener quelques bouteilles de Côte du Rhône à mes amis, plutôt habitués aux vins du Minervois. Le choix ne manquait pas tout au long de la route dédiée et qui traverse le département du Vaucluse où j’étais basé mais je ne voulais pas succomber à la facilité de l’archi connu Châteauneuf du Pape et avais plutôt orienté mon parcours à proximité de la Drôme provençale, là où je savais que je trouverais quelques pépites moins connues.

Ma balade m’amena finalement dans ce village que j’aimais bien et plus particulièrement à sa cave coopérative dans laquelle je m’étais dit que je trouverais mon bonheur. Les premières chaleurs étaient arrivées et la fraîcheur qui y régnait fut la bienvenue. Je parcourais paresseusement les rayonnages lorsqu’on vint m’interpeller. 

  • Je peux vous être utile Monsieur ? 

Je me tournai pour tomber nez à nez avec une des vendeuses. Et pas la moindre me dis-je. Elle n’était pas bien grande mais la nature l’avait généreusement dotée au niveau de son décolleté qu’elle offrait à mon regard grâce à une robe à fleurs largement échancrée. Je marquai un temps d’arrêt à la vue de cette poitrine qui oscillait doucement au rythme de la respiration de la jeune femme 

  • Monsieur ? 
  • Oh pardon ! Je rêvassais 

Elle sourit 

  • Je comprends, l’atmosphère des lieux s’y prête tout particulièrement je trouve. J’y travaille depuis quelques années mais le charme opère toujours sur moi. Il y a quelque chose de sensuel avec le vin, ne trouvez-vous pas ? 

Je ne pus qu’acquiescer, même si, dans le cas présent, je trouvais que mon interlocutrice n’y était pas étrangère. Mais il n’était pas question de le lui avouer de but en blanc.

  • Il n’y a personne ce matin, je peux vous consacrer tout mon temps pour une dégustation. Ça vous dit ? 

J’acceptai avec plaisir. Elle m’offrit de la suivre jusqu’au comptoir prévu à cet effet et tourna les talons. Son côté pile valait son côté face car, très cambrée, elle possédait un fessier large et rebondi qui faisait des huit tandis qu’elle marchait devant moi. Cette femme avait décidément tout pour me plaire mais je me raisonnai. J’étais là pour acheter du vin, elle pour en vendre, et les choses en resteraient là. 

  • Par quoi voulez-vous commencer ? 
  • Je vous laisse l’initiative, faites-moi donc découvrir vos trésors. 
  • J’en ai de cachés qui pourraient vous étonner. 

Je rougis tandis que la vendeuse servait le premier verre en me faisant l’article de l’assemblage. J’y trempai mes lèvres. Le vin était un mélange de puissance et onctuosité aux notes de fruits rouges et d’épices. 

  • Vous aimez ? 
  • Beaucoup 

Elle m’en resservit une lampée. « pour que je me fasse une idée plus précise ». J’étais conquis par cette première mais elle ne s’en tint pas là et m’en fit goûter une demi-douzaine d’autres, ne négligeant pas ni son discours pour m’en faire l’article ni ses attitudes, que je trouvai de plus en plus provocatrices, de sorte que je finis par ne plus savoir si c’était l’alcool que j’avais ingurgité ou celle qui me le faisait déguster qui me tournait la tête. Je finis par abdiquer devant un vieilles vignes élevé en barriques. 

  • Il fallait recracher Monsieur ! J’ai oublié de vous prévenir cela dit. Quoi qu’il en soit, je ne peux pas vous laisser partir ainsi, ce ne serait pas raisonnable. Venez déjeuner avec moi, il est midi et je dois fermer la cave. Ce sera ma façon de me faire pardonner. 

Un peu groggy, je la suivis dans sa voiture le temps d’un bref trajet puis le long d’un étroit chemin jusqu’à un belvédère situé non loin. Elle sortit du pain, du fromage et un peu de charcuterie du sac isotherme qu’elle avait pris avec elle. 

  • Nous y serons tranquilles, plus personne ne vient par ici depuis longtemps. C’est un peu mon spot secret. Vous permettez ? 

Après avoir étendu une couverture, elle se retrouva nue sans que je n’aie pu répondre quoi que ce soit. Je la contemplais, médusé. 

  • Mettez-vous à l’aise vous aussi, le soleil est délicieux en cette saison. Mais peut-être que vous êtes gêné, je n’y avais pas pensé. 

Son langage corporel me disait le contraire mais je n’osais pas m’approcher. Jusqu’à ce qu’elle remarque la bosse qui déformait mon pantalon

  • Je vous assure que vous devriez vous mettre à l’aise, je vous vois tout comprimé dans vos vêtements. 

Elle posa la main sur ma braguette et je perdis tout discernement. En à peine quelques instants mon froc se retrouva sur mes chevilles et ma queue dans sa bouche. Elle suçait divinement et, toute réserve désormais envolée, je fis voler ce qui me restait de vêtements avant de m’allonger tête bêche sur elle. Elle me bouffait, je lui rendais la pareille, et nos gémissements emplissaient l’air ambiant 

  • Défonce-moi ! 

Désormais à quatre pattes devant moi, elle m’offrait son superbe cul. Je promenai un instant mon gland sur ses lèvres, ce qui la fit grogner 

  • Non ! Là c’est réservé à mon copain. Plus haut ! 

Son œillet brun semblait palpiter tandis que je lui écartai les fesses et je ne fus pas long à m’y engouffrer jusqu’à la garde. Elle criait maintenant, des mots obscènes et sans suite, tandis que, encouragé par sa crudité, je la pilonnais de plus en plus vite. Mon sexe devait pulser son plaisir proche car elle m’éjecta d’elle, se mit à genoux en face de moi et, en quelques secondes me fit inonder sa poitrine à long jets. Elle étala le tout sur son torse et son ventre avant de m’embrasser. 

  • Merci ! J’aime bien me prendre un coup de queue pendant ma pause mais les occasions sont rares. Tu ne regrettes pas que je t’aie attiré dans ce traquenard j’espère. On mange un morceau maintenant ? 

Toujours nus, nous fîmes honneur à ses victuailles, mine de rien, le grand air ça creuse et les émotions aussi. Puis je la raccompagnai jusqu’à la cave où je pris un carton de ce vin qui m’avait tant séduit dès le début. Elle ajouta un numéro au stylo sur le ticket de caisse. 

-Si jamais tu repasses par là. 

Elle alla ensuite s’occuper d’un couple qui venait d’entrer. Je suis sûr qu’on pouvait une légère croûte de sperme séché par l’échancrure de son haut et cette idée m’excita au plus au point mais je devais reprendre ma route. 

Mes copains me félicitèrent pour le choix de ce vin et m’en commandèrent à chacune de mes visites dans le coin. Mais je ne leur dis jamais la saveur tout particulière qu’il avait pour moi 

Service compris

Le temps des terrasses est revenu et, même s’il fait encore frais ce matin , le plaisir d’y prendre un café est toujours présent. Il est encore tôt et celle sur laquelle j’ai jeté mon dévolu est presque vide. Je m’y assois et lance un coup d’œil circulaire pour prendre possession des lieux. Il y a une belle lumière sur la place et je suis bien. 

  • Vous désirez Monsieur ?

Je tourne la tête. La serveuse est un tout petit bout de femme aux cheveux courts et aux yeux gris acier qui a bravé les frimas de ce printemps qui tarde à venir pour mettre une petite robe imprimée qui met ses jambes et ses formes en valeur et sur laquelle elle a passé une doudoune légère et ouverte sur un joli décolleté. Elle est terriblement désirable mais je pense qu’on a déjà dû lui faire le coup de le lui répondre dès dizaines de fois et ce n’est pas mon genre de toute façon. 

  • Un expresso s’il vous plaît. 
  • Sans rien avec ? 
  • Non merci, juste un café. 
  • C’est vous le chef. 

Elle disparaît dans le bar, me rendant à mes réflexions. Elle a été commerçante et je me suis montré un peu sec avec elle. Je compte donc lui adresser mes excuses lorsqu’elle reviendra. 

La voilà d’ailleurs, avec son plateau sur lequel il y a ma tasse mais aussi un verre d’eau. 

  • L’eau c’est pour que vous soyez un peu moins aride. Je ne vais pas vous manger vous savez ? 

Elle m’a bien eu et son sourire est désarmant. Je lui souris à mon tour. 

  • Un point pour vous. Je n’ai pas été très gentil en effet, pardonnez-moi. 
  • Aucun souci. N’hésitez surtout pas s’il vous faut quoi que ce soit. 

Elle me laisse. J’ai la sensation qu’il s’est passé quelque chose lors de ce bref échange mais je chasse rapidement cette idée de mon esprit en pensant à faire une photo. L’établissement a une belle vaisselle et cela pourrait faire une composition sympa pour mes réseaux sociaux. Je me mets à bouger le verre et la tasse afin de trouver le meilleur angle de vue quand je sens une présence dans mon dos. C’est même plus que cela, une poitrine s’écrase sur mes omoplates 

  • Vous permettez ? C’est pour avoir le même point de vue que vous. J’ai suivi des cours de photo et j’ai envie de vous aider, même si je me demande si vous le méritez. 

Je rougis alors que la serveuse, toujours collée à mon dos, passe son bras par-dessus mon épaule pour créer une diagonale parfaite sur la table. 

  • Là, ça devrait être bon. Prenez votre photo. 

Sa bouche est très près de mon oreille quand elle me dit ça et un frisson me parcourt l’échine tandis que j’attrape mon smartphone. 

  • Vous pouvez prendre des notes tant que vous l’avez ? 

Elle me dicte un numéro, que je saisis, stupéfait. Plus un @ : celui d’un compte Instagram ? Twitter ? 

  • Prévenez-moi si un jour vous avez envie de faire autre chose que des natures mortes. Je suis modèle aussi.

Je n’ai pas le temps de lui répondre quoi que ce soit. Un groupe vient d’arriver, dont elle doit s’occuper. Mon café est un peu froid mais cela n’a aucune importance car j’ai eu un like juste après avoir posté ma photo, accompagné d’un commentaire sous la forme d’un emoji clin d’œil, et que je viens de voir que, non seulement c’est le compte qu’elle m’a donné, mais également qu’il fait partie de mes abonnés. 

Surprise !!!

Les beaux jours sont revenus et je savoure un café en terrasse en attendant qu’une amie ne me rejoigne. Je suis justement en train de consulter son dernier message, dans lequel elle me dit qu’elle aura un peu de retard, lorsqu’un couple s’assoit à la table voisine de la mienne. 

  • Bonjour, pouvons-nous vous emprunter une chaise ? Nous attendons du monde. 

Il y en a quatre autour de moi et une seule personne doit me rejoindre : je leur en cède donc une bien volontiers, ce qui me vaut un grand sourire, tant de l’homme que de la femme. Ils sont vraiment très bien assortis, lui grisonnant et elle ayant renoncé aux artifices d’une couleur pour arborer une coupe très courte et presque blanche. Ils partagent également une silhouette plutôt charpentée mais très bien proportionnée. Bref, je les trouve tous les deux très agréables à regarder. Mon regard s’attarde un peu plus sur elle quand elle retire la fine écharpe qu’elle portait pour offrir son décolleté aux doux rayons de ce début de printemps. Je ne sais pas ce qu’il doit à la nature ou à un soutien-gorge pigeonnant, voire même à la chirurgie, mais le résultat me plaît beaucoup, au point que j’en oublie ma tasse. 

C’est l’homme qui me ramène les pieds sur terre lorsqu’il vient s’asseoir en face de moi. 

  • Elle te plaît, hein ? 

Le tutoiement est sans agressivité. Plutôt amusé, même. 

  • Tu la mates depuis cinq, bonnes minutes, juste sous mes yeux, ne dis pas le contraire. Alors ?
  • Elle est ravissante en effet. Et, vous avez raison, je n’ai pas été très discret. Excusez-moi. 
  • Tu peux me tutoyer aussi. Et il n’y a aucun problème, parce que tu lui plais. Et à moi aussi. Tu es libre ? 

Quelque peu décontenancé par cette révélation, je lui avoue que j’attends quelqu’un, mais que cette personne aura du retard. 

  • Alors nous avons le temps de faire plus ample connaissance si le cœur t’en dit.

Je suis un peu gêné par cette proposition mais, au fond, je ne peux m’en prendre qu’à moi-même. C’est moi qui ai provoqué cette rencontre avec mes regards appuyés et je peux m’estimer heureux d’être tombé sur des personnes si conciliantes. Je l’accepte donc et vient m’asseoir à leur table.

  • Et alors ? On ne se fait pas la bise ? 

Le sourire carnassier de la femme n’appelle aucune protestation, je m’exécute donc et mes lèvres viennent se poser sur les siennes. 

  • Sandra, enchantée. 
  • Philippe, moi de même. 
  • Moi c’est Alex et je veux un bisou moi aussi !
  • Chéri ! Laisse donc ce garçon tranquille ! À moins que…

Elle plonge son regard dans le mien. Il y a du défi dans ses pupilles, ce qui me donne envie de jouer. Je pose donc un baiser d’oiseau sur la bouche de son compagnon. 

  • Les présentations sont faites ! Et si on s’amusait maintenant ? Philippe, nous allons en club après le déjeuner, tu nous suis ?

Sarah pose la main sur mon entrejambe.

  • Je peux te donner une idée de ce qui pourrait se passer si tu veux bien m’accompagner aux toilettes. 

Alex renchérit. 

  • Allez Phil ! Ça n’engage à rien ! 

Je ne sais plus où me mettre et je me vois sauvé par le gong lorsque mon amie apparaît dans mon champ de vision. Et roule une pelle magistrale à la femme avant de faire de même à l’homme . 

  • Les présentations sont déjà faites je pense. Tu aimes ton cadeau ?

Tout à ces émotions j’en avais oublié jusqu’à mon anniversaire et au fait que c’était à cette occasion que je devais déjeuner avec Delphine. Qui m’embrasse à mon tour.

  • Ce n’est que le début tu sais ? Mais allons manger d’abord, nous passerons aux choses sérieuses plus tard. Nous avons jusqu’au bout de la nuit. 

C’est un délicieux traquenard dans lequel je suis tombé et je pense que je ne suis pas au bout de mes surprises. J’ai cinquante ans aujourd’hui et je ne céderais ma place pour rien au monde 

Pearl

J’ai toujours détesté aller à la banque. Mais, changement de vie oblige, j’ai été obligé d’accepter un rendez-vous dans ma nouvelle agence pour faire un point. 

Me voilà donc dans le sas à attendre que l’on me délivre. Une fois que c’est chose faite, je m’avance vers le guichet afin qu’elle m’annonce. C’est une ravissante brune, coupée à la garçonne, un look auquel je suis très sensible. 

Elle lève les yeux. De la porcelaine de Delft, c’est fascinant, mais moins que la perle qu’elle porte en sautoir et qui roule doucement dans le sillon entre ses seins.

  • Vous avez rendez-vous ? 

Salle d’attente

Je suis dans la salle d’attente. Il est tard et je pense que je serai la dernière consultation du jour. Les chaises se sont vidées une à une et me voilà seul à présent.

Une enceinte au mur diffuse de la musique classique, la lumière est douce et si je ne savais pas que je suis ici pour renouveler une ordonnance, je pourrais presque me croire dans l’ambiance feutrée d’un club sélect tant les assises sont confortables. 

Je suis arraché à ma rêverie par l’entrée d’un nouveau patient. D’une patiente plutôt. Masquée comme il se doit, je ne vois d’elle que des yeux emplis de fatigue mais terriblement séduisant, tout comme sa silhouette sanglée dans un léger manteau cintré et une jupe courte dont émergent des jambes fuselées et gainées de noir. 

Elle s’asseoit à côté de moi. Nos regards se croisent un instant et je devine qu’elle m’adresse un sourire. Je le lui rends. 

C’est alors que le médecin fait son apparition. 

  • Vous m’excusez ? Madame est une urgence mais, rassurez-vous, cela ne prendra pas très longtemps. 
  • Je ne suis pas pressé, rassurez-vous. 

La femme me remercie d’un battement de cils avant de disparaître dans le cabinet. Elle en ressort à peine cinq minutes plus tard. Je ne sais pas ce qui s’est passé mais je lui trouve une démarche plus assurée qu’en entrant. C’est mon tour et, après les vérifications d’usage, le docteur sort son carnet et rédige le précieux sésame qui me permettra de soulager mes maux.

La nuit est tombée lorsque je sors mais je distingue une silhouette qui m’est presque familière dans le halo de lumière d’un réverbère. C’est la personne que j’ai laissée passer peu detemps auparavant. Elle me fait signe de la main et je la rejoins, intrigué. 

  • Vous avez du temps devant vous ?
  •  Personne ne m’attend si c’est ce que vous voulez dire 
  • J’ai senti en vous de la sensibilité et de la gentillesse tout à l’heure et j’ai envie que quelqu’un soit attentionné avec moi. Ce que m’a dit le médecin tout à l’heure m’a redonné envie de vivre et d’aimer. Vous me suivez ?
  • J’ aurais mauvais gré de vous refuser cela et je connais justement un endroit qui sera parfait pour ce que vous projetez. 

Elle rit. Je lui offre mon bras et elle s’y pend avant que nous ne disparaissions dans la nuit. 

Morning mood

J’ai bien fait d’emmener cette lampe tempête hier soir en allant marcher sur la plage. Car c’était l’une nouvelle et, si je ne l’avais pas eue, je ne t’aurais pas vue sortir de l’eau. Tu étais comme la Vénus de Boticelli et, totalement abasourdi par ta beauté, je suis resté planté dans le sable. 

Sans la lumière que j’avais au bout de mon bras ballant, tu ne m’aurais pas remarqué toi non plus et tu ne serais pas venue me demander d’attraper la serviette que j’avais sur l’épaule et de te prendre dans mes bras « pour te réchauffer parce que la mer est fraîche quand même en cette saison »

Nous n’y aurions rien vu non plus lorsque nous nous sommes aventurés parmi les rochers et nous n’aurions pas trouvé cette petite crique à l’abri des regards dans laquelle nous nous sommes aimés toute la nuit.

Le jour se lève et sa lumière vacille, comme pour nous dire qu’elle a fait son temps et que le nôtre est venu de reprendre tous les deux le cours de nos vies. Tu vas repartir dans l’eau et moi je resterai à terre. Mais je reviendrai te guetter tous les soirs. 

J’ai compris le pouvoir du chant des sirènes. 

Mutation

Lorsque j’ai vu sa photo de profil, j’ai été immédiatement séduit. Pensez donc, une grande femme africaine dont la chevelure blanche tranchait délicieusement avec sa carnation, je ne pouvais que plonger. Je lui ai donc écrit et j’ai été ravi qu’elle me réponde avant que, de fil en aiguille, je ne lui propose un rencard, ce qu’elle a accepté avec plaisir..

Ororo, c’est son prénom, m’attendait dans une chambre d’hôtel et, quand j’ai vu le X qu’elle arborait en guise de boucle de ceinturon, je me suis imaginé les choses les plus folles. Une star du porno, j’avais touché le gros lot.

C’était avant qu’elle ne reçoive un drôle de message et que ses yeux virent au blanc. Puis elle est sortie et son corps s’est entouré d’éclairs. Là j’ai eu carrément la trouille et je me suis enfui sans demander mon reste. Je ne suis pas fait pour ce genre d’aventures. 

Les randonneurs

Elle est fan de montagne et moi plutôt citadin. À priori, nous n’aurions jamais dû nous rencontrer, mais le destin nous joue parfois de drôles de tours.

Cela s’est passé Gare de la Part Dieu à Lyon. J’étais venu pour un congrès dans le Crayon, elle était coincée entre Pyrénées et Alpes. Le hasard a voulu que, absorbé par la lecture d’un rapport sur l’écran de mon smartphone, je la percute et renverse son café. Alors que je me confondais en excuses, en essayant d’éponger les dégâts avec une lingette – J’en ai toujours un paquet sur moi pour nettoyer la moindre surface que je pourrais toucher, elle a pris un air faussement sévère pour fustiger « ces gars de la ville qui n’ont plus le moindre respect pour leur environnement, au point d’attenter à la vie de leur prochain ».

J’ai ri et lui ai proposé de racheter ma faute au distributeur le plus proche. Elle m’a alors regardé droit dans les yeux avant de me répondre que je ne m’en tirerais pas à si bon compte. Mais alors quoi ? Elle m’a donné sa carte. Elle organisait des treks et m’a littéralement ordonné de la rejoindre le week-end qui allait suivre. Pour m’aérer les chakras a-t-elle ajouté, car j’en avais bien besoin. 

J’aurais pu l’envoyer promener mais je n’en ai rien fait. En quelques minutes, elle avait réussi à me faire prendre conscience de la vacuité de ma vie. 

Je lui ai donc juré que je viendrai. Puis son train a été annoncé et je suis parti travailler. Mais, en sortant, je suis allé claquer une petite fortune en équipements dans un magasin de sport de la galerie marchande et j’ai fait une demande de RTT pour le vendredi

Me voilà donc à suer sang et eau, en train de grimper sur des rochers qui me semblent immenses, tandis qu’elle m’encourage, jusqu’à me tendre la main pour les derniers pas avant le sommet. Le soleil nous illumine, je suis bien. Et la promesse d’une soirée en tête à tête avec elle quand nous serons descendus n’y est pas étrangère. 

Je crois que je suis tombé amoureux d’elle et de son univers.