Une rencontre. Bientôt

Nous sommes un peu plus libres de nos mouvements. Alors, certes, ce n’est pas encore le retour à ce que nous connaissions il y a à peine plus d’un an et qui nous semble désormais si loin, mais je ne veux pas bouder le plaisir de pouvoir passer plus de temps dehors ou d’aller plus loin.

Pour lui rendre visite par exemple. Nous nous sommes virtuellement rencontrés en période de totale restriction et, bien que nous nous connaissions  sous toutes nos coutures grâce à diverses applications, l’occasion n’a jamais pu se présenter de nous voir dans la vraie vie.

C’est désormais chose possible et, bien sûr, nous avons pris date. Car c’était d’autant plus frustrant de nous fréquenter à distance qu’il s’est avéré que nous ne vivions pas loin l’un de l’autre. Juste un peu trop d’après les directives gouvernementales.

Ce ne sera hélas pas à la terrasse d’un café ou autour d’une bonne table mais nous saurons nous contenter d’un repas et de boissons à emporter que nous consommerons sur un banc dans un parc. Nous en connaissons tous les deux quelques-uns susceptibles de nous offrir un peu d’intimité si nous devions continuer à nous plaire une fois face à face. Et, si besoin était, il sera toujours possible de s’enquérir d’un day use pour abriter d’éventuels ébats.

Je pense à tout cela en regardant la dernière photo que j’ai reçue de sa part. J’effleure du bout des doigts les courbes de son corps nu sur mon écran. Peut-être que, dans quelques jours, cela deviendra vrai et que je pourrai écrire un nouveau chapitre de notre relation sur ses pleins et ses déliés. En attendant, je lui écris ma hâte. Pourvu qu’elle soit partagée

Libération

Image Anais Cristole on Flickr

Je la sens extrêmement appliquée à essayer de me faire perdre la raison et je dois me mordre la lèvre inférieure pour ne pas que mes voisins puissent entendre la cohorte de mots crus que la situation fait arriver à ma bouche.

Moi, le doux, le réservé, le tendre, j’ai envie de lui parler salement à cette femme qui me prend dans sa bouche comme personne ne me l’a jamais fait. J’ai envie de la lui baiser sauvagement et de lui gicler mon foutre au fond de la gorge en la traitant de tous les noms. C’est tellement peu moi. Elle m’y amène pourtant tout droit.

Mais je ne le peux pas. De l’autre côté de la haie, il y a des personnes qui ne goûteraient certainement pas au spectacle que nous pourrions leur offrir si, intrigués par mes cris, ils venaient à passer la tête par-dessus la haie.

Alors je me tais. et me laisse guider par elle jusqu’à des sommets de plaisir animal  que je n’aurais jamais imaginés auparavant.

Je suis à la limite de mes forces. Elle doit le sentir car elle cesse sa fellation et, sans cesser de me caresser d’un mouvement rapide du poignet, fait maintenant pointer ma queue vers ses seins.

Je finis par me rendre. Et de longs jets de mon sperme viennent maculer son menton, sa poitrine et son ventre. Elle arbore un sourire extatique en me recevant ainsi tandis que je sens le goût du sang dans ma bouche. C’était tellement fort que je me suis mordu jusqu’au sang.

Elle vient laper mes dernières gouttes directement sur mon gland avant de se relever et de déposer un baiser plein de mes fluides sur mes lèvres.

— Merci. Je dois filer à présent. Je vais être en retard.

Je suis trop hébété pour la retenir. Elle rentre et, par la porte-fenêtre, je la vois se rhabiller dans la cuisine. Elle ne s’est pas essuyée et il y a maintenant de grandes taches sur son chemisier dont elle semble se soucier comme d’une guigne. Puis je la vois disparaître dans le couloir avant d’entendre claquer ma porte d’entrée.

Une fois que j’ai repris mes esprits, je vais voir le colis qu’elle m’a apporté et que je n’attendais pas. Il est vide à l’exception d’une petite carte.

Un prétexte comme un autre pour vous aborder. En ferez-vous une histoire ?

Possession

Je demeure interdit un instant, sans savoir que dire, avant de tenter de repousser la porte en bredouillant quelques excuses et en la priant d’attendre. Elle ne m’en laisse pas le loisir et, pressant le paquet contre mon abdomen, me pousse à l’intérieur.

C’est une fois que nous sommes hors de la vue des passants que sa furie se déchaîne. Elle me plaque au mur et se met aussitôt à dévorer ma bouche. Est-ce la passion ? Elle semble douée d’une force peu commune et, cela ajouté à l’effet de surprise, je ne parviens pas à me défendre.

Je n’y avais pas fait attention jusqu’alors. Mais elle est d’une taille sensiblement équivalente à la mienne et nos visages parfaitement parallèles m’interdisent toute retraite alors que sa langue tente de forcer le barrage de mes lèvres. Ses seins, que je sens lourds de désir, se pressent contre mes pectoraux et j’ai carrément l’impression que leurs pointes s’impriment dans ma chair à travers le tissu de son chemisier.

La voilà à présent tout enroulée contre moi vu qu’une de ses jambes vient de passer derrière mes fesses pour assurer sa prise. Elle est une femme lierre qui s’accroche à moi.

La surprise m’avait fait me raidir. Mon corps finit par se relâcher sous son éteinte, à l’exception de mon sexe qui se dresse à présent entre nos ventres.

Elle finit par reculer. Elle a un regard un peu flou.

    — Pardon !  Je ne sais pas ce qui m’a pris

    — Et moi donc ! Quelle mouche m’a piqué de vous ouvrir ainsi ?

Son visage s’éclaire à présent d’un sourire mutin

— Je l’ignore mais vous voilà atteint d’un bel oedème. Qu’il va falloir résorber.

Elle a saisi ma queue.

Space X

Tout s’était bien passé. Il n’y avait pas eu d’interruption dans le compte à rebours et les ultimes vérifications n’avaient montré aucune anomalie. 

La fusée avait donc décollé à l’heure prévue et, désormais, le module habité voguait vers la station spatiale dans le silence profond de l’espace. 

C’était l’heure de la détente dans la capsule. Il ne restait plus que quelques ajustements de trajectoire mais le pilote, un homme très expérimenté s’en chargerait en temps utile.

C’est alors qu’une ombre vint obscurcir le hublot tandis qu’un choc sourd fit vibrer la carlingue. L’équipage, aussitôt en alerte, se mit à chercher les causes de cet incident ? Une collision ? Impossible ! À la vitesse à laquelle ils allaient, ils auraient été immédiatement pulvérisés. Non, ça ressemblait plutôt à un accostage en douceur. Mais qui ? 

Malgré leur entraînement, ils étaient proches de la panique. Il faut dire que la situation était tout sauf conforme à la masse de procédures qu’ils avaient eu à ingurgiter pendant leur préparation. 

Leur stress monta d’un cran lorsqu’ils virent qu’on était en train d’ouvrir l’écoutille qui les reliait à l’extérieur. Ils allaient peut-être se retrouver confronter à une atmosphère toxique pour eux et, quand bien même, ils n’avaient aucune arme pour se défendre en cas d’intrusion. 

Tout était-il perdu ? Ils étaient en tout cas prêts à vendre chèrement leur peau alors que la porte de communication venait de céder. 

  • Salut les gars ! On s’était dit qu’un peu de visite avant l’isolement de l’ISS vous ferait du bien. Ne bougez pas, on va vous mettre à l’aise 

Quatre femmes, entièrement nues, venaient de faire leur apparition à la suite l’une de l’autre, armées de bouteilles de champagne et de flûtes. Leurs lèvres intimes, teintées de rouge et saillantes ne laissaient rien ignorer de leurs intentions, surtout lorsqu’elles se mirent à défaire les combinaisons des astronautes médusés. 

  • Mais ! Par quel prodige ? 
  • Enfin les gars, ne me dites pas que vous ignorez encore que l’industrie du X cherche depuis toujours à être à la pointe de la technologie ! On va s’y mettre. N’oubliez pas de sourire, tout est filmé et streamé en direct. 

Ne restait plus qu’à prendre du bon temps. La mission attendrait. Et, dans l’espace, personne ne les entendrait crier leur plaisir 

Le coureur

Il avait besoin de sortir, de se changer les idées. Alors quoi de mieux que de chausser les baskets et d’aller courir au bord de la rivière ? Ce n’était bien sûr qu’un aller-retour sur la rive mais il avait l’intention d’y cracher ses poumons et, avec eux, tous ses problèmes.

Le résultat avait été au-delà de ses espérances. Il avait dû s’arrêter au bout de trois quart d’heures, la poitrine en feu et le coeur au bord des lèvres

— Monsieur, vous allez bien ?

Penché en avant, les mains sur les cuisses, il ne l’avait pas vue arriver. Et là, il ne distinguait que le bout des chaussures de l’inconnue.

C’est en se relevant pour lui expliquer, le souffle encore bien court, qu’il lui fallait récupérer un peu mais que, oui, tout était OK que l’oxygène se mit réellement à lui manquer. La joggeuse était d’une beauté à couper le souffle. Une silhouette athlétique que ne parvenait pas à prendre en défaut le tissu moulant de sa tenue, des seins, certes comprimés par sa brassière mais à l’arrondi parfait et dont les tétons semblaient appeler à ce qu’on les saisisse et, surmontant tout cela, un visage dont le regard préoccupé ne parvenait pas à faire oublier le charme.

Et puis, surtout , sa peau qui luisait sous une fine pellicule de transpiration. Qu’il eut immédiatement envie de lécher.

Elle répéta sa question.

— Monsieur, vous allez bien ? Parce que, je vous assure, vous faites peur à voir. Je suis médecin, laissez-moi prendre votre pouls.

Et elle lui enserra le poignet de deux doigts tout en consultant sa montre d’un air préoccupé. Ce contact l’acheva. Il posa sa main sur son avant-bras. Elle releva les yeux et, quand elle vit son regard, elle comprit. Il avait plus que repris du poil de la bête et il était parfaitement en forme. De partout, ce qu’elle put constater en jetant un œil à son short. Il ne bougeait pourtant pas. Alors elle lui donna une tape sur les fesses

— Vous êtes prêt à repartir ? Je vais vous donner la cadence et nous ferons une petite halte dans une dizaine de minutes. Il y a un peu plus loin un bosquet avec une fontaine au milieu. Nous pourrons nous y désaltérer et nous serons plus à l’aise qu’ici pour faire quelques mouvements

Elle démarra, lui sur ses talons. Il aurait suivi cette apparition au bout du monde. 

Courses

Il est fatigué, sa journée s’est plutôt mal passée et il n’a qu’une hâte : rentrer se vautrer sur son canapé.

Il lui faut pourtant passer faire des courses, heureusement juste avant la cohue du soir.

Il fait vite, essayant de s’en tenir à sa liste. Puis dépose ses achats sur le tapis. Par chance c’est sa caissière préférée, celle qui a toujours un sourire pour lui, un petit mot. Il aime bien. 

Elle ne déroge pas à la règle pour le saluer et, le temps qu’elle scanne tout, ils ont l’occasion d’échanger brièvement sur leurs vies. Personne ne les attend ce soir. Cela les rapproche. 

Elle est jolie se dit-il, c’est presque dommage de devoir la laisser. Mais elle a son travail. 

Elle a juste appuyé ses doigts un peu trop fort dans sa paume quand elle lui a donné son ticket de caisse. Et il y avait comme une prière dans ses yeux. 

Alors, en sortant, il vérifie le ruban de papier. Griffonné au dos, il y a un prénom. Un numéro de téléphone. Et ces quatre mots : attends moi une heure. 

Il sourit en se retournant dans sa direction. Il a bien sûr ce temps à tuer et il connaît l’issue de la soirée. Ils s’aimeront un moment, toute la nuit peut-être. Ils n’ont sûrement pas d’avenir ensemble, mais, au moins, ce temps ensemble ils l’auront volé à la morosité de leur quotidien. 

L’attente

Je les entends discuter dans le salon. Ils rient et j’entends leurs verres s’entrechoquer tandis que, dans l’obscurité de ma chambre, je les attends. Il était écrit que ces deux là s’entendraient comme larrons en foire et je suis heureux que leur rencontre se fasse chez moi.

C’est elle que j’ai accueillie en premier. Elle n’a pas sourcillé quand je lui ai dit qu’ elle devrait l’attendre seule alors que je serais seul dans la pièce à côté. Elle ne m’a même pas posé de question, se contentant d’un sourire de Madone quand elle m’a laissé m’éclipser. Je ne sais pas si elle est au courant de ses envies à lui me concernant mais je suis persuadé qu’elle en sera la parfaite complice.

Il est temps que je me prépare à leur venue. J’étale un drap de bain sur la couette, que je couvre d’un drap sombre. Il sera un parfait fond neutre pour les photos que nous ne manquerons pas de faire. Puis, lentement, je me déshabille. Un dernier coup d’œil dans le miroir du dressing me rassure. Je me dis qu’ils ne résisteront pas à l’appel de ce que je vais leur offrir, surtout servi comme je vais le faire. 

Je prends mon téléphone. Un ultime message pour lui notifier qu’ils pourront entrer dans cinq minutes. Puis je monte sur le lit, m’y agenouille d’abord, avant de poser torse et front sur le tissu. Je me sais obscène ainsi mais j’aime. 

Je suis à eux.  

Le jeu peut commencer.  

Métro Dodo

Il n’a pas fait tout de suite attention quand elle lui a tenu le portillon du métro, se contentant d’un vague sourire pour la remercier. Un geste gentil, ça reste rare mais on est tellement anonyme dans ces mégalopoles. 

Là où il a commencé à se poser des questions, c’est quand elle est venue s’asseoir en face de lui et s’est mise à le dévisager avec insistance. Elle n’avait pourtant pas l’air d’une folle. Mais, franchement, que pouvait-elle lui trouver ? Il a vraisemblablement plus du double de son âge et ne voit pas en quoi il pourrait passionner une nymphette. 

Elle s’est levée pour descendre au même arrêt que lui et lui a emboîté le pas jusqu’à son porche. Sauf qu’elle l’a devancé pour taper le code sur le clavier, pousser la porte et s’effacer pour le laisser entrer. Même manège avant de prendre l’ascenseur. Et elle a tapé sur son étage au moment d’entrer dans la cabine. 

Trop de coïncidences pour que ce soit honnête. Il allait lui poser la question quand elle a passé ses bras autour de son cou pour l’embrasser fougueusement.

Pris par une sorte de sidération, il s’est laissé faire quand elle a fait glisser la pointe de sa langue du lobe de son oreille à la base de son cou. Il n’a pas plus réagi quand elle a glissé ses mains sous son pull pour s’emparer de ses tétons. 

Il était rouge et bandant quand l’ascenseur est arrivé à destination. On aurait pu les surprendre. Il n’y avait personne sur le palier quand elle lui a pris la main et l’a attiré jusqu’à une porte qu’elle a ouverte en un tour de main avant de le pousser dans un canapé moelleux.

Sans dire un mot, elle s’est mise nue et il a pu admirer l’arrogance de son corps mince et juvénile. Lui qui n’en est pas friand habituellement, ne pouvait que mesurer l’effet qu’elle lui faisait à l’aune de la raideur de son sexe comprimé dans son pantalon. Dont elle l’a vite extrait avant de s’agenouiller devant lui et de le prendre en bouche avec un savoir faire peu en rapport avec son âge. 

Il n’était toujours pas sorti de sa stupéfaction quand, après l’avoir couvert d’un préservatif, elle est venue s’empaler sur lui pour littéralement se baiser sur sa queue jusqu’à ce qu’ils crient tous les deux leur plaisir.

Et puis elle a parlé.

  • Je te voulais depuis si longtemps. Tu vas partir dans pas longtemps et il ne fallait pas que je rate cette occasion. Alors je t’ai suivi toute la journée. Quand je pense que je t’ai localisé très vite comme voisin sur les réseaux sociaux mais qu’il m’a fallu tout ce temps pour te coincer. Et tu es à la hauteur de ce que je lisais de toi sur tes posts. Tu restes ce soir ? Il me reste des choses à vérifier. 

Il était ébahi. Mais flatté. Et la proposition, pour indécente qu’elle pouvait être, n’en était pas moins séduisante. Alors il a souri et a fini de se mettre à l’aise. Sa dernière soirée commençait bien. 

Business woman

Elle n’a pas l’air commode ma voisine de train. Et sa tenue, tailleur jupe strict et chemisier intégralement boutonné, montre à qui veut bien ouvrir les yeux qu’elle n’est pas ici pour plaisanter. 

C’est à peine si elle m’a adressé un « bonjour » lorsqu’elle est venue s’asseoir à la place voisine de la mienne. Et, une fois installée, elle a sorti ordinateur portable et casque. Depuis, elle a les yeux rivés sur son écran, tape nerveusement sur son clavier et fronce les sourcils. 

C’est dommage. Elle a l’air plutôt jolie malgré son uniforme mais, franchement, qui oserait aborder un tel dragon ? Pas moi en tout cas. Je plains déjà les destinataires des mails qu’elle envoie d’un doigt rageur alors je vais rester sagement à ma place et essayer de ne pas m’attirer ses foudres. 

Je ne peux toutefois pas m’empêcher de garder un œil sur elle. Les femmes puissantes m’ont toujours fait de l’effet mais je n’ai jamais osé l’avouer à l’une d’entre elles. Elle a semble-t-il fini d’envoyer ses, mémos et est maintenant absorbée par la lecture de nombreux graphiques. 

Je jette un œil à son écran. Et manque m’étrangler. Si j’en crois les légendes des slides qu’elle lit, il ne s’agit ni plus ni moins que des statistiques de fréquentation et de rentabilité d’un site de partage de vidéos pour adultes. Je ne peux m’empêcher de sourire largement en pensant au grand écart entre l’aspect de ma voisine et le sujet de son travail. 

Elle le remarque et me fusille du regard. 

  • Vous trouvez ça drôle ? 

Je ne peux que bredouiller que cela me surprend. 

  • Parce que vous vous imaginiez que tout cela se gérait au bord d’une piscine en buvant des cocktails servis par des blondes siliconées ? C’est un business très sérieux mon petit. Et qui ne supporte pas la moindre approximation. 

Elle me fixe à présent, rouge et les yeux brillants 

  • Et vous croyez que ça m’amuse de faire des corrélations entre les taux de répartition de la double vaginale et de la double classique ? De chercher à optimiser la surface d’exposition d’une faciale ? Tout ça rien qu’avec des chiffres ? Vous imaginez à quel point c’est frustrant de vivre tout ça sur PowerPoint et Excel ?

Elle a presque crié sa dernière phrase. Je suis à la fois pétrifié par ce déchaînement et triste pour cette femme à qui les plaisirs charnels ne semblent accessibles que sur son écran via des courbes et autres camemberts. Tout ce que j’arrive à faire c’est lui saisir la main. 

Et là, le barrage cède. Elle éclate en sanglots et vient se blottir contre mon épaule en agrippant ma chemise. Je me mets à caresser ses cheveux en essayant de la consoler tandis qu’elle hoquète. 

Elle finit par se reprendre. 

  • Baisez-moi ! 

Je suis estomaqué

  • Euh, maintenant ? 
  • Qu’il est bête ! Non, en arrivant à destination. J’ai une grande chambre d’hôtel et toute la frustration accumulée depuis le début de ma mission à libérer. Vous êtes plutôt pas mal et semblez en forme. On ne  vous attend pas j’espère. 

Je préfère taire que le seul accueil que j’aurai ce sont les murs blancs de ma minuscule studette sous les toits et accepte sa proposition. 

  • Et pourquoi pas un acompte dans les toilettes de la salle basse ? Elles sont nettement plus spacieuses. Et si je peux déjà juger de la qualité de ma nuit à venir, je vous avoue que ça m’arrange. 

Elle s’est levée, déboutonne largement son chemisier et me tend la main. Elle vient de retrouver son pragmatisme, auquel elle mêle à présent une pointe de gourmandise et je sais que je ne peux pas résister à un tel cocktail.

Une rencontre à venir

Cela fait quelques temps que je traîne sur ce site de rencontres spécialisé. Sans succès jusqu’alors. Je suis plutôt quelqu’un qu’il faut venir chercher et, paradoxalement, je ne fais pas grand chose pour. Il existe paraît-il un marketing social mais je ne m’y suis jamais intéressé, comptant peut-être un peu trop sur la sincérité de mes mots.

Pourquoi n’ai-je toujours pas supprimé ma fiche alors ? Par paresse sûrement. Parce que, franchement, je n’y crois plus. Pas une seule visite sur ma page durant toute la semaine qui vient de s’écouler malgré une énième mise à jour du texte de mon annonce et de nouvelles photos. 

Mais ce soir je m’ennuie. Alors je parcours les profils sans trop chercher. Jusqu’à tomber sur ce couple. Chose rare, j’ai un profil relativement en adéquation avec ce qu’ils recherchent. Et je les trouve tous les deux très séduisants, tant dans leurs mots que dans leurs images.

Ils sont en ligne. Qui ne tente rien n’a rien. Je leur envoie un message. J’ai aussitôt une notification de consultation de ma page. Et puis un « salut » accompagné d’un emoji souriant. Ils n’ont pas traîné. 

Nous engageons la conversation. Je tombe immédiatement sous le charme. L’élégance de ce qu’ils montrent ne se dément pas au fil des messages et, s’ils me montrent très précis sur leurs attentes, il apparaît que je peux très bien entrer dans leur jeu. Ils ne se privent d’ailleurs pas de me le faire savoir. Mais, et c’est tout naturel, ils veulent en savoir plus sur moi. 

Nous passons une bonne heure à discuter avant de convenir d’un rendez-vous. Il se fera en terrain neutre autour d’un verre. Nous nous connaîtrons d’abord verticalement avant de passer éventuellement à autre chose. Je souris toutefois quand ils m’annoncent le lieu de notre rencontre. Je connais un peu le quartier et je sais qu’il y a un joli endroit où se restaurer et jouer si le cœur nous en dit…