Carnet de voyage (18)

Allez branle-moi à présent, elle m’attend. 

L’accent est toujours aussi rocailleux mais le ton s’est adouci, comme s’il voulait m’apprivoiser. Il n’en fallait pas plus pour que je me mette tout doucement à balancer mon poignet. Ma main libre descend entre mes jambes. Je tiens désormais deux queues et je mesure toutes leurs différences. La mienne est lisse tandis que la sienne est striée de grosses veines qui ondulent sous mes doigts. Ce n’est peut-être qu’un tour que me jouent mes sens mais j’ai l’impression que le sexe de l’homme pulse et pas le mien. 

Je nous masturbe à l’unisson 

Carnet de voyage (17)

Je tourne la tête et me retrouve avec le gros plan d’un gland ovoïde et violacé comme une prune. Il oscille lourdement sous mes yeux mais, à ma grande surprise, je ne le considère ni choquant ni comme une menace. Je le vois plutôt comme une formidable friandise dont elle va pouvoir bientôt profiter et à laquelle je dois ajouter ma contribution. 

Je presse le bouton et, dans un bref sifflement de moteur électrique, lui ouvre le passage. 

  • Prends-le ! 

J’avance une main timide vers la colonne de chair. Je suis surpris par la chaleur et la douceur qui en émanent. 

Carnet de voyage (16)

L’homme a un rire gras. 

  • Bien sûr que je vais te défoncer ma belle. Tu vas prendre cher et ton cocu ne va pas en perdre une miette. 

Elle ne cherche pas à le détromper, bien au contraire

  • Montre-lui bien comment tu vas me baiser, oui. Il faut lui donner une leçon.
  • Et s’il me suçait avant pour que ça rentre plus facilement ?
  • Va donc lui proposer. 

Il l’abandonne et se dirige vers moi, la queue dressée. Je fais mine de chercher quelque chose pour en détourner mon regard 

  • Toc toc ! 

Je n’imagine que trop bien avec quoi il frappd 

Carnet de voyage (15)

L’inconnu n’est pas en reste car, sans cesser de faire aller et venir ses doigts dans le vagin de mon auto-stoppeuse, il a empoigné son sexe et le manipule désormais dans de grands gestes lents que j’imagine mesurés. Il en attend certainement plus d’elle et ne veut pas jouir tout de suite.

Il n’a pas cessé de commenter ce qu’il faisait. La crudité de ses mots me vrille le cerveau. 

Je me calque sur sa cadence, je veux voir jusqu’où il peut aller et, peut-être, récupérer ses restes.

  • Mets-la moi toute ! 

C’est à la lisière entre l’ordre et la supplique.

Carnet de voyage (14)

Le nouvel arrivant se place entre les jambes de ma passagère et, sans autre forme de procès, crache sur ses doigts avant de les vriller dans la chatte qui lui est offerte.

J’ai le souffle coupé par cette entrée en matière. Pas elle car, après avoir poussé un petit cri de surprise, elle l’encourage à la pilonner fort sans cesser de me regarder à travers le pare-brise.

Je pourrais être offensé qu’elle s’offre ainsi à un autre. Il n’en est rien et la scène que j’ai sous les yeux me colle une trique incroyable. 

Je commence à me branler frénétiquement.  

Carnet de voyage (13)

Elle est terriblement provocante à se caresser ainsi devant moi et je me sens  durcir dans mon pantalon. J’en défais les boutons précipitamment et ma queue jaillit, tendue vers ciel et avide de la posséder. 

  • Vous avez besoin d’aide madame ? 

Puis un rire gras. L’homme qui vient de faire son apparition est une caricature de routier avec son marcel d’un blanc douteux. 

  • J’attends que l’autre empoté s’occupe de moi . Mais vous pourriez lui montrer comment faire, non ?

Il se retrouve le jeans aux chevilles et un membre mou mais énorme à la main en un clin d’œil. 

  • Avec plaisir madame 

Revanche

Mots contraints : Rivière, champ, suivre, sentir, esprit, larme, route, imperméable, survivre.

Il croit que m’offrir une rivière de diamants va lui ouvrir le champ des possibles et plus particulièrement mes cuisses ? Non mais il rêve ! Il a commencé à me suivre sur les réseaux sociaux il y a à peine deux heures et il s’imagine déjà qu’il peut m’acheter. Je crois qu’il ne connaît pas l’esprit de la maison et il va passer du rire aux larmes quand je vais publier les captures d’écran de ses DM. Avec sa prétention, il vient de mettre en route la machine qui va le broyer et, quoi qu’il arrive, je resterai imperméable à ses suppliques.

Je me frotte déjà les mains. Son ego ne devrait pas y survivre.

Les oulimots des copines et des copains.

Carnet de voyage (12)

Je me croyais fort et conquérant,j’étais persuadé de ne faire qu’une bouchée de cette femme une fois que nous serions arrêtés, mais je reste tétanisé sur mon siège devant cette nouvelle provocation. Elle est visiblement bien plus audacieuse que moi et je me retrouve totalement démuni face à elle. 

Ses lèvres finissent par esquisser un « viens ! » muet tandis que de son index en crochet elle me fait signe de la rejoindre. Puis elle s’allonge sur mon capot, les jambes exagérément écartées et sa main gauche plonge vers son sexe. 

Son visage, renversé vers moi, ne sourit plus. Il interroge 

Carnet de voyage (11)

– Garez vous un peu à l’écart, ce sera mieux. 

Cette précision est inutile. J’ai une telle envie de me jeter sur elle que je n’attendrai pas une seconde de plus après avoir immobilisé mon véhicule.

La place sur laquelle je m’arrête est au fond du parking et l’ombre des pins en ce début de soirée est propice à mes desseins. Mais elle ouvre la portière avant que je n’aie coupé le moteur et sort. Elle est à moitié nue. Elle est désormais face à moi, les coudes sur le capot et les fesses nues, offertes à quiconque passerait par ici. 

Carnet de voyage (10)

Les cinq minutes qui nous séparent de la voie de décélération me semblent une éternité mais je sais qu’il me faut tenir jusqu’à l’arrêt complet du véhicule. S’il me venait l’idée de poser le moindre regard sur ma passagère je sais que nous serions perdus. Que je ne pourrais pas faire autrement que de me jeter sur elle et qu’ainsi nous finirions dans le décor. 

Mais c’est plus fort que moi et je décide, pour ne pas l’affronter directement, de faire pivoter légèrement mon rétroviseur. Cela a bien fonctionné pour Persée, alors pourquoi n’en serait-il pas de même pour moi ?