Lapsus linguae

Ou quand un défi lancé par Françoise génère une interprétation très particulière d’un tableau de Gustave Courbet

Allongée sur son lit, à peine voilée d’un petit bout de drap, elle se remémorait ses aventures passées
Sensible comme elle l’était aux beautés de la langue, ce fut tout naturellement vers cet homme qu’elle se tourna.

Elle le trouvait doué pour manier le verbe et c’est cela qui l’avait séduite dans un premier temps. Elle se rendit compte par la suite que sa maîtrise de la langue ne se réduisait pas à coucher des mots sur le papier mais que la sienne à lui était également agile. Rien que d’y penser un léger frisson lui parcourut l’échine jusqu’aux reins, et, négligemment, elle porta la main à son entrejambe.

Des images, des sensations lui revenaient en mémoire.  D’abord son souffle chaud dans son cou et l’humidité de sa langue sur le lobe de son oreille. Il venait ensuite l’embrasser à pleine bouche et alors commençait le plus doux, le plus excitant des ballets. Il finissait par l’abandonner pour descendre jusqu’à son ventre. La seule évocation du bout de sa langue qui agaçait son nombril lui arracha un soupir. Ensuite, c’était selon son humeur. Elle ne savait jamais s’il allait d’abord remonter jusqu’à sa poitrine afin d’en aspirer goulument ses mamelons si sensible ou bien s’il allait déposer un baiser sur ses lèvres du bas. Et l’effet de surprise sans cesse renouvelé était une source intarissable de plaisirs. Plaisir que là, en l’absence de son amant, elle se donnait de ses doigts.

Qu’elle était vivante cette langue quand elle s’appuyait doucement sur son bouton tout dressé, quand, d’une façon impérieuse, elle forçait le passage des lèvres pour s’aventurer dans son vagin et en récolter le nectar qui coulait, brûlant. Mais ce qu’elle faisait de mieux, n’était ce pas quand, indiscrète, elle gagnait ses fesses ? Quand elle allait de sa fente à son petit trou ? Cette langue si indiscrète qui massait son anus pour commencer à le dilater, qui dardait en dedans de lui tant il palpitait.

Malgré l’absence de son amant elle en avait une sensation presque réelle. Elle était brûlante et, trempée de ses sucs. Sucs qu’elle aurait tant voulu que son amant boive là, tout de suite. Elle ondulait, prise par le plaisir conjoint de ses doigts et de son imagination, et, bientôt, le plaisir lui arracha un cri

Apaisée, elle sourit. Décidément la maîtrise de la langue était une source intarissable de plaisirs

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