Cris et suçotements

Je pense à votre sexe, là. Aux hurlements de désir modulés par ses lèvres et qui, bien que silencieux, vous vrillent l’âme, le corps. Malgré la distance, il me semble les entendre.  Et cela me peine. Aussi, je voudrais réduire au silence cette chatte qui vous travaille tant. Et pourquoi pas en proposant ma bouche pour la bâillonner ? Mes lèvres l’enveloppant, l’aspirant la suçant, la mâchant, sauraient-elles en apaiser les tracas ? Rassurez-vous, votre bouton, partie prenante de cette faim, ne serait pas oublié.

En faisant ainsi taire vos lèvres du bas, je ferai peut-être chanter celles du haut. Qui sait ?

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A bouche que veux-tu

Ta bouche d’abord. Je voudrais la prendre. Oh, bien sûr, juste avec mes lèvres pour commencer Et, si tu venais à desserrer les tiennes, je glisserais ma langue à la recherche de la tienne…

Ces baisers m’excitent tant et me voilà comprimé, tendu. T’en es-tu rendu compte ? Certainement. Ta bouche abandonne la mienne et tu descends, le long de mon ventre, jusqu’à ma queue. Tes douces lèvres, je les sens, à présent, emprisonner mon gland. Tu m’aspires et ta langue danse un merveilleux ballet. Tu sais faire durer nos plaisirs. L’explosion finale est si proche et si loin. C’est divin…

Voyage (3)

J’ai envie de toi. C’est viscéral. Alors, il est vrai, nous ne nous sommes vus, ou plutôt croisés, qu’une fois.  Mais j’ai, en persistance rétinienne, les courbes de tes hanche, de tes seins. Que je ne demande qu’à parcourir des doigts ou de la bouche. Ce qui m’amènerait probablement vers tes trésors les plus secrets, ceux, exclusivement réservés aux initiés. Alors, peut-être que j’userai d’autres artifices pour en explorer les méandres.

Hélas, tu ne m’as certainement pas remarqué dans la masse des usagers de la voiture bar du train qui nous emmenait dans le Sud. Mais je ne t’oublierai pas

Virtualité (3)

Nous sommes loin. Mais si proche à la fois. Qu’est réellement la distance géographique quand les esprits, les envies sont à l’unisson ? Et puis les moyens de communication ont tellement progressé en si peu de temps. Nous pouvons nous regarder l’un l’autre, en train de nous donner du plaisir, en direct ou quasiment. Alors, bien sûr, ça crée autant de tension que ça en assouvit. Mais n’est-ce pas un équilibre qui se crée et qui nous aide à supporter les kilomètres qui nous séparent ? Notre désir mutuel est intact, savamment entretenu par ces échanges virtuels. Et quand viennent les retrouvailles…

L’aveu (2)

Je rêve de me retrouver avec elle, contre elle. Pas forcément en elle. Bah oui, j’ai surtout envie de l’embrasser, la caresser, la lécher. Pourquoi la pénétration serait-elle une fin en soi ? Certes, je suis un garçon. Mais, même si je ne rechigne pas à me servir de ma bite, elle n’est pas mon principal instrument de plaisir. Je préfère jouer de toute la gamme des organes dont je dispose pour en donner. Et puis, une langue, des doigts, ne sont-ils  pas plus “fins”, précis, pour partir à la découverte du corps de l’autre ? C’est en tout cas mon opinion.

Attente

Il va falloir attendre ? Peu importe. Le jeu en vaut la chandelle. Je suis, de toute façon, extrêmement patient. Et, si c’est pour mieux la retrouver, que sont quelques jours, quelques semaines supplémentaires ? Bien peu de choses je vous le dis. Et, quand je constate que mon désir pour elle, loin de s’émousser, ne va que croissant, je me dis qu’il y a pire que cette délicieuse attente. Nous nous sommes déjà trouvés, nous nous retrouverons. Et ce qui ne fut pas sera. Peut-être.  Je le souhaite en tout cas. Ses envies seront les miennes, telle est ma résolution. Hâte.

Voyage (2)

Dans le train. Retour d’un bref voyage professionnel. Content. L’enrichissement personnel que j’en retire me ravit. Pas pour son objet principal, en forme de fin de cycle, non. Pour son corollaire. Ces minutes où, sorti du virtuel, j’ai pu toucher du doigt et des lèvres une réalité qui me convient tellement plus. Ces personnes dont je connaissais seulement l’image et les mots et qui sont devenus, pour mon plus grand bonheur, des êtres de chair. Alors, ma décision est prise, il y aura d’autres voyages. Bientôt. Pour d’autres raisons, sûrement. Ils me manquent déjà. Ceux qui manquaient à l’appel également.

L’aveu

Je crois que, depuis que j’ai découvert ce qu’était le sentiment amoureux, je n’ai cessé de l’être. Un sourire, une attitude, un rien et je succombais. Je succombe toujours d’ailleurs. La grande majorité des cas ce ne fut hélas  que rêvé. Une timidité surdimensionnée couplée, comme c’est souvent le cas, à une image de moi déplorable ont souvent été des obstacles insurmontables. Mais j’ai aimé. Passionnément. L’ai je été en retour ? Sûrement. Et peut être plus que ce que je ne l’ai cru. Mais j’ai surtout souffert de ne pouvoir assumer ce trop plein dans un monde où les amours ne semblent se conjuguer qu’à deux. Car je crois que les miennes n’ont jamais été uniques, exclusives. Il me semble qu’il y a toujours eu, dans mon cœur, de la place pour plusieurs personnes.

Mais,  curieusement, coucher n’a jamais été une fin en soi pour ce qui me concerne. J’ai besoin d’implication affective pour faire l’amour mais la réciproque n’est pas exacte. Donc j’ai aimé et j’aime. De façon plurielle. Platoniquement la plupart du temps. Et même si j’ai vécu des histoires fortes, passionnées, parfois houleuses, il y a toujours eu cette autre, ces autres dans un coin de ma tête, de mon cœur. Aucune relation n’a su effacer ces hypothétiques amour de mon esprit.

J’ai donc trompé de façon idéelle bien plus que de façon concrète. Cela fait il de moi un homme infidèle ? Assurément. Et, aux yeux des gens, peut être même d’une façon pire que si j’avais donné sans cesse des coups de canif dans mes différents contrats.

Mais j’ai l’impression que ce papillonnage, qui devient d’ailleurs de plus en plus réel au fur et à mesure que je m’accepte en tant que tel, est nécessaire à mon équilibre. D’aucuns évoqueront la crise de la cinquantaine. Je ne cherche pourtant pas à rattraper le temps perdu, à prendre une revanche sur une jeunesse gâchée. Ni à me prouver quoi que ce soit. Je découvre simplement qu’un autre possible existe et qu’il semble me correspondre plus que celui que j’ai vécu jusqu’à présent.

Alors oui, je l’assume, je suis un coeur d’artichaut . J’aime. Au sens large du terme. Pas à celui d’une norme à laquelle je me suis jusqu’à présent  plié mais qui, finalement, ne m’a jamais convenu et dont je n’ai eu de cesse que de tenter de m’en évader en imagination. Alors, quitte à vous déplaire, je me préfère en panamoureux assumé qu’engoncé dans le costume trop étroit du compagnon idéal.

Oulimots : l’histoire (11)

En reprenant la contrainte des oulimots du 12/01/2018 : océan, statue, armure, parjure, amour, mélancolie, bal, Transnistrie, orphéon.

Je sais, j’ai sauté les mots du 11/01. Un oubli ? Un acte manqué ? Peu importe. Et, de toute façon, c’est relâche. Alors je fais ce que je veux.

Le début ici

Un voile de mélancolie passa devant mes yeux. J’aurais donc perdu ma bien aimée avant même d’avoir pu faire son entière connaissance ? Je trouvais ce parjure étrange et ne pouvais m’y résoudre. Je partis à donc à sa recherche. Cela faisait une bonne heure que je parcourais l’aire de repos en tout sens quand j’aperçus un bien curieux manège à côté d’un camion dont la bâche vantait en cyrillique les charmes de la Transnistrie. Craignant le pire, je pressai le pas en sa direction. Ça parlait fort et dans toutes les langues, mais nul besoin d’être polyglotte pour en connaître la teneur. Les yeux brillants de lubricité des hommes présents étaient bien plus parlants que importe quelle traduction. Je compris aussitôt. Avait-elle été reconnue ? Était-ce seulement le fait qu’elle ait été isolée ? Mon amireuse était en tout cas tombée entre de bien mauvaises mains et elle devait s’acquitter d’une rançon dont je ne mesurais pas encore le montant.

Je jouai des coudes pour en avoir le cœur net, sourd aux protestations de ceux que je privais du spectacle. Et là, je vis. C’etait bien ce que je pensais. Un matelas de fortune à même le sol et elle, aux prises avec une demi douzaine de mâles, dans une mise en scène qui relevait de tout sauf de l’amour. Empalée sur l’un d’entre eux qui était allongé sur le dos, elle offrait ses fesses à un deuxième qui semblait prendre plaisir à la labourer sauvagement. Déséquilibrée par ce double assaut, elle était contrainte de prendre en main deux autres sexes pour ne pas basculer en avant. Sexes qui coulissaient frénétiquement entre ses doigts. Un cinquième lascar lui tenait la tête en arrière et, avec le sixième larron, prenait alternativement place au fond de sa gorge, quand ils n’essayaient pas simultanément de forcer sa bouche. Le reste de l’assistance, la queue à l’air attendait son tour. Ça sentait le foutre et la transpiration et, déjà quelques préservatifs usagés jonchaient le sol, preuve s’il en fallait que le bal avait débuté depuis un moment. Intervenir ? Seul contre tous c’eût été du suicide et il était hors de question d’alerter les autorités, le remède aurait été pire que le mal. Ça me rendait malade.

Un instant, je me trouvai en face d’elle. Les hommes se succédaient en elle et elle ne semblait en avoir cure, arborant un regard vide, parfaitement inexpressif. Une statue eût donné plus de sensation de vie qu’elle à ce moment. Ou plutôt un robot. Car elle bougeait quand même. Mais son corps était animé de mouvements mécaniques, semblant optimisés pour soutirer toute substance aux sexes qui la prenaient. Cela ne semblait toutefois pas gêner la foule de ses assaillants qui se succédaient sans relâche, uniquement préoccupés par le fait d’investir chacun de ses trous et d’en jouir le plus animalement possible. L’orphéon des râles de plaisir des mâles présents etait assourdissant. Et le matelas commençait à être imbibé de toutes les humeurs qu’elle et eux pouvaient répandre au cours de cette sarabande effrénée. J’avais peur qu’elle ne se noie dans cet océan de masculinité dont les marées semblaient ne pas vouloir cesser d’affluer et refluer. Mais, un infime instant, nos regards se croisèrent et j’y retrouvai un léger éclat, vite remplacé par le néant. Je compris. Elle s’était donc réfugiée dans son armure comme elle avait dû le faire pour s’échapper de sa garde à vue. Et œuvrait de la meilleure des manières pour épuiser ses assaillants. Mais leur flux semblait sans fin.

Combien de temps cela dura-t’il ? J’avais perdu depuis longtemps le compte des hommes et celui du temps. Mais, finalement le dernier d’entre eux remonta dans son véhicule, non sans avoir souillé à son tour mon amireuse de sa semence. Elle gisait donc, nue, le corps couvert des marques de cet invraisemblable messe païenne au cours de laquelle elle s’était sacrifiée pour préserver sa liberté. Elle finit par se relever et me regarda.

  • Va chercher du savon ! Beaucoup ! Et des serviettes. J’ai besoin de me nettoyer !

Son regard avait repris toute sa détermination.J’étais à la fois effrayé et fasciné. Comment pouvait-elle ? Je fis ce qu’elle me demandait, non sans l’avoir enveloppée dans une couverture avant de l’accompagner aux douches. Je ne voulais pas que sa nudité attire de nouvelles convoitises. Au bout d’un long moment elle en sortit. Nous nous regardâmes à peine en remontant dans la voiture. La route était encore longue mais je décidai de la finir d’un trait. Tout valait mieux pour nous deux que de réitérer cette épreuve.

Oulimots : l’histoire (10)

En reprenant la contrainte des oulimots du 10/01/2018

Velours, Profane, Sacré, Balançoire, Chrysalide, Glucide, Hérisser, Débonnaire, Gallinacé

le début de l’histoire ici

Quand nous fûmes arrivés à ma voiture, elle préféra monter derrière, arguant que, le cas échéant, il lui serait plus facile de se dissimuler aux regards extérieurs en s’allongeant sur la banquette. Ce qu’elle fit aussitôt. Je démarrai et m’immisçai dans la circulation déjà dense de la métropole qu’il nous fallait quitter au plus vite. Était-ce la fatigue ? Cette longue suite d’émotions contradictoires ? Toujours est-il qu’elle ne disait pas un mot. J’étais donc seul à meubler la conversation. Et, au bout d’une dizaine de minutes, un bref regard m’apprit qu’elle s’était endormie sur le velours un peu élimé des sièges. Je me tus donc et me concentrai sur ma conduite. Pas assez probablement car le cri strident d’un sifflet à roulette me hérissa subitement le poil. Et je vis un agent me faire de grands signes pour que je m’arrête. L’idée de commettre un délit de fuite me traversa un instant l’esprit. Mais jugeant illico que nous serions immédiatement pris en chasse, je décidai d’obtempérer, me disant que si j’avais commis une infraction bénigne, je m’en sortirais avec un bon acte de contrition. Le pandore s’approcha, débonnaire.

  • Alors monsieur, il n’y a donc pas de feux dans votre cambrousse ?

Il avait vu mon numéro minéralogique et, visiblement, pour lui tout ce qui était au delà du périphérique était le tiers monde. J’eus un sourire gêné, bien décidé de la jouer au bluff.

  • Mes excuses monsieur l’agent mais j’étais plus préoccupé par ce qui se passait derrière. Madame a voulu faire la tournée des grands ducs et, comme elle tenait une sacrée cuite, il a fallu que je vole à son secours. Et maintenant, je me hâte de la ramener avant qu’elle ne profane les sièges.

Le gallinacé considéra la forme pelotonnée sur la banquette. Ses cheveux longs , répandus de manière désordonnée sur son visage, la rendaient méconnaissable. Elle faisait vraiment peine à voir ainsi allongée. Il rit.

  • Votre papillon de nuit semble avoir regagné sa chrysalide en effet. Allez, filez ! Mais essayez de faire un peu plus attention maintenant. Les collègues ne seront pas forcément aussi sympa que moi.

Je me confondis en remerciements et promis d’être exemplaire désormais. Et je réintégrai la circulation. Nous l’avions échappé belle et la chance ne nous sourirait peut-être plus de la sorte. Aussi je redoublai de prudence.

J’avais gagné l’autoroute depuis une bonne heure maintenant quand j’eus un léger étourdissement. Je n’avais rien mangé depuis la veille et, si je voulais que nous arrivions à bon port, il me fallait absolument faire provision de glucides. Heureusement une aire s’annonçait à quelques kilomètres, où nous pourrions nous restaurer et prendre un café.

Une fois arrivé je pris soin de me garer un peu à l’écart, derrière l’aire de jeux. Il était trop tôt pour qu’elle soit envahie par la marmaille et, masqués par les balançoires je pensais que nous serions moins visibles. Je secouai légèrement l’épaule de mon amireuse pour la réveiller. Elle aurait au moins autant que moi besoin de se restaurer pensai-je. Elle fit un bond et étouffa un cri. Je la rassurai. Ce n’était que moi et nous avions mis un peu de distance avec ses ennuis. Je lui demandai ce qu’elle voulait. Elle me réclama du café. Rien de plus. Elle me dit qu’elle réfléchissait mieux le ventre vide et que, là, il fallait que ses neurones tournent à plein régime pour analyser la situation. Je la laissai donc pour aller chercher ce dont nous avions besoin. Quand je revins, elle avait disparu, me laissant en plan avec mes gobelets et mes doutes.

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