20181009 : oulimots

Une noble contrainte.

Noble, abusé, prestation, compte, architecture, voûte, pupitre, gratuit, coït

C’était une soirée caritative bien particulière. En effet ce n’était pas simplement pour un repas que l’on venait verser son obole au profit d’une noble cause mais également pour l’éventualité d’un coït ou de toute autre dépravation en compagnie  d’une des vestales présentes.

L’architecture des lieux, une salle aux basses voûtes, se prêtait merveilleusement bien à ce genre de soirée et sa réputation de lieu de débauche ne semblait nullement abusée si on considérait les nombreuses alcôves qui s’y trouvaient et qui avaient dû entendre bien des soupirs.

Un greffier accroché à son pupitre, notait tous les dons et attribuait un numéro à chacun des convives en vue de la tombola finale. Chacun espérait être le lauréat d’une des prestations de choix qui avaient été annoncées car le ticket d’entrée était loin d’être gratuit et, même si c’était pour le compte d’une bonne œuvre.

Pourquoi étais-je là ? J’étais un des sponsors habituels de l’association au profit de laquelle la soirée était organisée et mon nom avait été retenu dans le fichier des personnes susceptibles de participer à cet événement si peu conventionnel. Ma curiosité naturelle avait fait le reste. Du libidineux caritatif, l’entreprise n’était pas pour me déplaire et si je pouvais découvrir de nouveaux plaisirs à cette occasion ça n’en serait que mieux.

Je payai mon dû et pris place à la table qu’on m’avait attribué, impatient de voir la suite, les sens en éveil. Je m’étais résolu à  une abstinence totale la semaine précédente afin qu’ils soient aussi affûtés que des rasoirs. J’espérais en être récompensé.

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20181008 : oulimots

Une contrainte de Cour.

Débarquer, décisif, déroute, explosion, diète, syndicat,  poursuivre, autorité, dynastie.

La dynastie était en danger. Le couple royal n’avait toujours pas conçu d’héritier et, plus le temps passait, plus les chances que cela arrive devenaient minces. Aussi, un syndicat se créa alors pour faire avancer ce dossier d’une extrême sensibilité au niveau des plus hautes sphères de l’État. Monsieur de Chamblain, qui faisait autorité dans le domaine des rapports humains, fut désigné pour diriger les recherches. Dans un premier temps, quelques valets furent soudoyés pour rapporter de la fréquence des visites du Roi dans les appartements de son épouse. Il s’avéra qu’il y débarquait quasiment tous les soirs. Ce n’était donc pas ça. Il fallait poursuivre les investigations. Décision fut donc prise de se cacher dans la chambre de la Reine pour enfin connaître la nature du problème. Le Baron insista pour payer de sa personne. Le soir même, dissimulé derrière une tenture, il était aux premières loges.

Madame était allongée dans sa couche, uniquement vêtue d’une fine dentelle bien peu conforme à l’étiquette quand Monsieur son mari arriva. Sans autre forme de procès, il se déshabilla et s’allongea auprès d’elle. Ils ne furent pas longs à échanger des caresses. Puis, bientôt elle se mit à quatre pattes s’empalant sur son vit tendu. Monsieur de Chamblain était perplexe. Ce n’était donc pas un problème de désir. L’un d’entre eux serait il infertile ? Ce serait une vraie déroute si tel était le cas se dit-il. Il ne perdait pas une miette du spectacle des ébats royaux lorsque arriva le moment où, à son souffle saccadé il devina que le Roi était au bord de l’explosion. La Reine le déconna prestement et le prit goulûment dans bouche sous les protestations de son époux :

-Madame, je vous en supplie, laissez moi finir ce que j’ai commencé ! Je n’en puis plus de sortir de vous à ce moment décisif !

Elle cessa brièvement sa fellation, mais continua toutefois de le manipuler vivement :

– Monsieur, mon médecin m’a vanté les bienfaits nutritifs du foutre royal et ce n’est pas encore aujourd’hui que vous me mettrez à la diète !

Elle l’engloutit de nouveau et ne le laissa que quand, ayant bu sa jouissance, elle en fut rassasiée. Puis elle le congédia.

Monsieur de Chamblain nota qu’il faudrait dès le lendemain rendre visite à ce docteur Diafoirus pour qu’il incite la Reine à changer ses appétits et autres habitudes alimentaires. C’était moindre mal. Il sourit.

20181007 : oulimots

Une contrainte à la Audiard.

Poire, Polonaise, Grisbi, Pomme, Montauban, Marin, Puzzle, Barbu, Tonton

J’étais étudiant à l’époque. Et, pour me faire un peu de grisbi, j’étais parti faire les vendanges du côté de Montauban. J’avais été affecté au portage des seaux par le vigneron, un barbu taciturne. Ce dernier, pour faire nombre, avait recruté parmi ses cueilleuses deux étudiantes polonaises. Deux sœurs. Elles ne parlaient pas un traître mot de français et notre patron n’avait de langue étrangère qu’un obscur patois local. Heureusement j’avais appris l’allemand au lycée. Nos vendangeuses le maîtrisaient également et nous pûmes donc établir le dialogue. Et même un peu plus pour ce qui me concernait. En effet, comme j’étais là seule personne avec qui elles pouvaient parler, Benedykte et Fryderyka m’invitaient de temps en temps à partager un verre de la vodka qu’elles avaient amenée dans leurs bagages.

Ce soir là, nous avions bu un peu plus que d’habitude et Fryderyka me posa une drôle de question :

– Bist du verheiratet ?

Si j’étais marié ? Quelle drôle de question. Après un bref moment d’hésitation, je lui répondis :

-Nein, ich bin zu jung.

-Oh ! Ich bin auch ganz frei !

Et, le sourire aux lèvres, elle posa sa main sur mon genou. Benedykte prétexta alors une envie d’aller se promener et nous laissa seuls. Les pièces du puzzle s’étaient assemblées et une belle soirée se profilait pour ma pomme. “Tonton, c’est le moment” me dis-je. Et, penchant mon visage vers Fryderyka, je pris possession de ses lèvres. Elle me rendit mon baiser. Puis, délicatement, je lui ôtai son petit pull marin, découvrant de jolis seins en poire. Je les pris dans mes mains, agaçant gentiment leurs pointes. Elle m’attira alors dans sa tente. Le reste de la nuit ne fut que découverte de nos corps et échanges linguaux plutôt que linguistiques. Benedykte eut la délicatesse de revenir au campement sans nous déranger

Les deux sœurs restèrent encore quelques jours mais ces moments restèrent uniques. Puis elles reprirent leur périple. J’avais quand même appris comment dire vendanges en polonais. Et ces “winobranie” restent vivaces dans mes souvenir.

Plaisirs partagés

Douces sont les tensions que l’on m’a infligées

Avant d’aller au lit. Même si, virtuelles,

Elles m’ont procuré des émois bien réels

Et que de ma senestre j’ai dû soulager.

 

Ces plaisirs solitaires pourraient m’affliger

Il n’en est rien. Et puis la relation est belle

Entre mes caresses et tout ce que m’envoie celle

Envers qui elles étaient ce soir dirigées.

 

Ces soupirs devinés aux phrases que j’ai lues,

Sait elle à quel point cela m’aura t il plu ?

J’ai joui en pensant qu’elle le faisait aussi.

 

Le pouvoir des images et des mots se mesure

À l’intensité des plaisirs qu’ils nous procurent.

Et c’était cette nuit ma foi fort réussi.

20181006 : oulimots

Une contrainte de rupture.

Lâchement,, mines,, années,  casses, grimacer, sommeil,, silence,  symptôme.

“Tu te casses maintenant ! Disparais de ma vie pauvre type ! Tu finiras dans le caniveau ! J’ai  supporté en silence que tu te mettes des mines pendant toutes ces années mais maintenant je n’en peux plus !”

Il repense souvent à ces paroles quand le sommeil ne vient pas et ça le fait grimacer. Il aurait dû admettre à l’époque qu’il avait tous les symptômes d’une addiction. Mais, lâchement, il s’est voilé la face en se disant que c’était juste festif, qu’il arrêtait quand il voulait. Et, maintenant, il est trop tard. Il a eu beau se sevrer depuis, elle l’a définitivement rayé de sa vie. C’est triste mais c’est comme ça. À jouer au con on finit toujours par perdre.

20181005 : oulimots

Une contrainte romantique. Ou pas

Entrailles , torpeur, muse, promenade, rideau, vêpres, nitide, lacrymal.  Bambocher.

La queue dans ses entrailles il essayait de la faire grimper aux rideaux avant les vêpres. Il n’en revenait pas de sa chance. Coucher avec elle. Il ne l’aurait jamais imaginé. Et dire que tout avait commencé dans la torpeur de l’été par une promenade au bord du lac. Ils s’étaient croisés. Plusieurs fois, S’étaient souri. Avaient fini par se parler. La conversation avançant, ils s’étaient découvert des goûts musicaux communs. Il s’étaient notamment accordés sur le fait qu’Origin of Symmetry était le meilleur album de Muse et s’étaient juré d’aller les voir en concert ensemble. En attendant, ils avaient commencé à bambocher ensemble et, fatalement, étaient venus les premiers baisers. Et, maintenant, leur première étreinte, dans la blancheur nitide de l’après midi, juste après la sieste. Ces pensées lui arrachèrent un léger épanchement lacrymal. Vite passé. Il était un bonhomme, bordel. Il reprit ses va et vient. Il fallait la faire couiner quand même.

20181004 : oulimots

Magnétisme, cathartique, éructation, acajou, concupiscent, corneille, acrimonieux, anathème, flatulence

Il avait toujours eu un faible pour les rousses. Elles exerçaient sur lui un magnétisme irrésistible. Alors quand, ouvrant grand les jambes, elle lui dévoila sa luxuriante toison acajou, il ne put retenir une éructation de joie et son regard s’éclaira d’un éclat concupiscent. Il n’était clairement pas temps de bayer aux corneilles. Ni de lui jeter l’anathème pour son exhibition. Mais au contraire de dévorer ce sexe offert. Il ne s’en priva donc pas. Le nez dans cette adorable touffe il faisait aller ses doigts et sa bouche de son bouton à ses lèvres du bas, jouant sur toute la gamme des aspirations, pressions et autres caresses. Elle s’abandonna complètement  et, tout à son plaisir, ne put retenir une légère flatulence. Cela ne le rendit toutefois pas acrimonieux, bien au contraire. Il l’interpréta comme une invitation et sa langue quitta le con pour le cul. Pour y revenir. Elle apprécia beaucoup cette alternance et, quand il lui présenta sa queue, elle lui offrit ses deux trous avec le même désir. Il ne se priva pas de les investir tour à tour jusqu’à ce qu’une onde de plaisir touchant au cathartique ne vienne saisir les deux amants. Les reins broyés par l’orgasme, ils s’endormirent heureux, enlacés.

20181003 : oulimots

Une contrainte en road movie.

Sirop, Carafe, Sucre, Jupe, Café, Magasin, Bougie, Tasse,  Guitare.

Elle était en carafe au bord de la route, le pouce levé et la guitare dans le dos. Si elle avait été en jupe peut être qu’un autre l’aurait prise à ma place. Mais ce fut moi. Le sourire qu’elle m’adressa en montant me fit fondre et je l’aurais amenée au bout du monde si elle me l’avait demandé. Elle se rendait simplement à Marseille, prendre un ferry pour l’Algérie. On l’attendait à Bougie me dit-elle. Un amour perdu et retrouvé par hasard grâce aux réseaux sociaux. Elle me demanda une cigarette. Je n’avais pas ça en magasin mais je lui proposai de nous arrêter pour une pause. Elle accepta volontiers. Et, alors que nous étions devant nos tasses, me vint cette drôle de question alors que je lui prenais la main :

– Tu sucres ?

– Tu ne manques pas d’air dis donc !

Elle se dégagea, me fixa d’un regard trouble et tourna les talons. Je ne comprenais pas son comportement, ni sa réponse. Était-ce une allusion non dénuée de finesse ? Une fin de non recevoir dont l’esprit était fortuit ? Je ne sus toutefois pas y donner suite. Timidité ? Manque d’à propos ? Un peu des deux je pense. Quoi qu’il en soit, la discussion s’arrêta là et elle reprit sa route sans moi. Aurais-je abusé de la situation si je lui avais donné du sirop de cordum pour agrémenter son café ? Des années après, la question me trotte encore dans la tête. Et je n’en aurai probablement jamais la réponse.

20181002 : oulimots

Un vent de révolte au café cunni ?

gazon, machine, panne,  merde, démarrage, grève, bougie, ciseaux, désencrasser

Avis au patronat,

Vous savez à quel point nous aimons brouter le gazon. Mais là, trop c’est trop. Halte aux cadences infernales. Nous ne sommes pas des machines. Et voilà que la demande de la clientèle nous voit contraint de prodiguer de nouvelles prestations de plus en plus complètes et de plus en plus fréquentes. Et ce, sans que le  personnel ne soit redimensionné. La panne nous guette et nous n’avons pas envie de prendre des pilules bleues ou quoi que ce soit comme merde pour assurer un démarrage aussi répétitif à nos organes.

Alors oui, le mot grève est lancé. Et nous serons inflexibles. Et, tant que nos revendications n’auront pas abouti, il faudra se contenter d’user de bougies pour contenter ces dames. Voilà ce que c’est de tailler dans les budgets à grands coups de ciseaux. Il est temps, je vous le dis, de désencrasser le dialogue social sous peine d’aller au devant de gros soucis au niveau d’une entreprise dont nous soutenons l’idée et que nous voulons pérenne. La balle est dans votre camp.

20181001 : oulimots

chaton, chais, chaude, chose, chantonnait, choisi, changer, chiquenaude, chic

– Chaton, tu viens te baigner ?

– Chais pas. Elle est chaude au moins ?

– 27 degrés, ça te va ?

– Brrr, non, je vais rester encore un peu sur la chaise longue. Et puis il est un peu pourri ce bassin. Ça ne me donne pas envie.

Nous avions choisi une villa de location dans le Sud pour changer un peu. Une des conditions qu’elle avait posées était qu’il y ait une piscine. Je m’en étais fait une joie. Mais trouver ce havre de paix au plus fort de l’été la sachant frileuse avait été une vraie galère. Et, avec cette phrase, elle venait de me pourrir les vacances. Elle avait vraiment le chic pour gâcher les plus belles choses d’une simple chiquenaude.

Malgré la canicule, une ambiance glaciale venait de s’installer, à peine troublée par une cigale solitaire qui chantonnait. Le séjour allait être long…