Le pari

Il avait gagné trop longtemps et la roue avait fini par tourner. Maintenant il connaissait le goût amer de la défaite et attendait que son adversaire du jour ne lui annonce son gage avec un mélange d’excitation et d’appréhension. Il la connaissait Domina, il était novice dans le domaine mais curieux. Tout juste espérait-il qu’elle n’irait pas trop loin.

Il n’eut pas longtemps à attendre. Le premier message tomba sur son smartphone :

— Mercredi prochain, midi, viens garni. Tu diras le mot “Duel” à l’accueil.

Suivait l’adresse d’un prestigieux hôtel de la région.

C’était abrupt. Sibyllin. Il n’osa toutefois pas lui poser plus de questions et alla ouvrir son tiroir secret. Il en sortit ses jouets. Lequel serait le plus à même de lui plaire ? Il ne voulait surtout pas la décevoir. Il jeta finalement son dévolu sur le plus gros de ses plugs d’acier. Le pseudo saphir qui l’ornait serait un bel hommage aux yeux de sa vainqueure du jour et il espérait qu’elle apprécierait son geste. Il appréhendait tout de même le fait de le supporter durant le trajet jusqu’à leur rencontre. Son diamètre et surtout son poids n’étaient pas anodins et il ne l’avait jamais porté si longtemps. Mais, comme on le dit, dette de jeu, dette d’honneur, et il saurait s’en accommoder.

Le jour J arriva vite. Et, conformément à la demande de celle qu’il allait rejoindre, il orna son cul. Puis il prit la route. Une fois arrivé, il gagna le desk. La réceptionniste le regarda d’un œil circonspect :

— Que puis-je pour vous monsieur ?

— Euh… Duel…

— Je vois… Chambre 214, deuxième étage. Vous êtes attendu.

Elle n’avait même pas cillé. Il était ébahi. Il monta. La porte était ouverte. Il entra. Sur le lit une enveloppe. Il l’ouvrit, le cœur serré. Ses instructions. Il devait se mettre nu et se positionner à genoux sur le tapis au centre de la pièce. Il prendrait ensuite soin de couvrir ses yeux du masque qui se trouvait sur l’oreiller et mettrait les bouchons d’oreilles qui l’accompagnaient. Un peu anxieux, il obtempéra. Et, bientôt, il fut en position comme cela lui avait été ordonné. La privation sensorielle dont il était l’objet le désorientait complètement. Il perdait peu à peu la notion de l’espace autour de lui, puis du temps. Seule lui restait pour le moment la sensation pelucheuse du tapis sous ses genoux.

Puis, au bout d’un temps qui lui sembla infini, il La sentit. Une note musquée, très animale qui excita immédiatement son odorat exacerbé par la perte d’une partie de ses autres sens. Il lui sembla qu’il pouvait presque deviner ses déplacements à son sillage. Son sexe se redressa, il le sentait pulser doucement.

Combien de temps dura ce manège ? Il l’ignorait. Elle finit toutefois par poser une main sur son épaule et cela lui fit l’effet d’une décharge électrique. Il faillit jouir de ce simple contact tant il était à vif. Elle sembla le deviner car elle fut alors un peu plus enveloppante, comme pour le rassurer, l’apaiser. Il le fut en effet par ces doux contacts et sa respiration ralentit un peu. Ce fut le moment qu’elle choisit soudain pour saisir sa nuque avec une poigne extraordinaire et plaquer son visage au sol. Il laissa échapper un cri de stupeur. De peur également. Et ses gémissements s’accentuèrent quand elle lia ses poignets dans son dos, le laissant totalement sans défense, le cul tendu dans une offrande obscène. Aussitôt elle reprit ses caresses. Il souffla. Complètement privé de sa maîtrise sur lui, ces attouchements étaient pour lui comme une récompense. Il aimait ça. Cette alternance de rigueur et de douceur sur laquelle il n’avait aucunement la main. Et son érection ne l’avait pas abandonné. Et, bien qu’il fût en permanence au bord de l’éjaculation, la maîtrise de sa tourmenteuse lui permettait quasiment de télécommander son excitation. Il crut toutefois qu’il allait se rendre quand il sentit ses doigts sur son cul qui jouaient maintenant avec le plug, le faisant aller et venir en lui. C’était quelque chose qu’il connaissait pourtant pour l’avoir pratiqué seul. Mais là le rythme lui était dicté et il ne pouvait que s’abandonner.

Elle finit toutefois par visiblement se lasser de ce jeu car elle lui ôta son jouet et le laissa là. Il était à la fois inquiet et impatient. Il ignorait ce qu’allait être la suite des événements, l’appréhendait même Mais il voulait la connaître. Il espérait qu’elle veuille encore s’occuper de lui.

Son attente fut récompensée quand il sentit le froid du lubrifiant sur son anus, puis quand elle commença à le lui masser de deux doigts inquisiteurs. Il frissonna et se cambra un peu plus, comme pour l’inviter. Il sentit alors deux autres doigts le distendre, l’écarteler. Il gémit à nouveau. D’aise cette fois. Il reçut une claque sur les fesses et comprit qu’il devait se taire. Il serra alors les dents mais ne put retenir un cri quand il sentit ce qui se présentait à l’entrée de son cul. Ce n’était pas possible. Trop gros, trop… Mais il était saisi fermement aux hanches et, inexorablement, l’énorme sexe artificiel dont elle s’était équipée, le pénétra jusqu’à ce qu’il ait pu en accueillir une belle longueur. Elle le retira alors doucement. Puis repris possession de lui. Elle allait et venait désormais presque librement dans son anus distendu. Ses jambes tremblaient. Il aurait voulu hurler mais il savait qu’il ne le devait pas. Il se mordait les lèvres, quasiment jusqu’au sang, tandis qu’elle poursuivait sa sodomie. Mais il bandait plus fort que jamais et sentait quelques gouttes de son plaisir perler à l’orée de son gland.

Il avait complètement perdu toute autre notion que celle de son cul ouvert quand elle finit par se retirer, le laissant béant. Puis elle lui délia les poignets et le retourna sur le dos avant de prendre son sexe en main. Son excitation était telle qu’il ne résista pas bien longtemps et se répandit sur son ventre et son torse en de longs jets libérateurs. Il sentit qu’elle recueillait un peu de son sperme du bout d’un doigt. Puis elle força ses lèvres. Se goûter était également nouveau pour lui mais il lui en était reconnaissant. Elle finit par l’embrasser, presque tendrement, ce qu’il prit pour une récompense ultime.

Elle lui ôta alors bouchons et masque. Et il la vit enfin. Elle souriait.

— Gage parfaitement exécuté mon cher. Ça valait vraiment la peine de te battre enfin.

Et elle l’aida à s’allonger sur le lit, le berça un moment pour l’aider à se remettre de ces moments hors du commun. Il finit par s’endormir. Quand il se réveilla il faisait nuit. La LED de notifications de son téléphone clignotait. Il le prit. Une nouvelle partie commençait. Il plissa les yeux, comme pour mieux se concentrer. Il voulait sa revanche.

Manifeste

Pourfendre ces à priori tellement nuls

Qui disent que c’est l’homme qui doit besogner.

Je lance l’idée, mais il faut la relayer,

Qu’il est bon que, parfois, la femme aussi encule.

Ne pas considérer qu’un mâle postérieur

Est une imprenable forteresse. Et partir

À son assaut. Cela ne va pas estourbir,

Mesdames, celui qui sera le récepteur.

 

Et fourbir le projet d’investir son amant

Peut amener dans la relation du piment.

Il faut savoir ainsi évoluer sans cesse.

 

Je monte alors sur mon blanc destrier, clamant

Que vous ne devez négliger, assurément,

De parfois aiguillonner de Monsieur les fesses.

 

Suivant la conrtainte des oulimots du 07/03/2019 : pourfendre, forteresse, estourbir, fourbir, besogner, lance, destrier, investir, assaut

Les oulimots des copains ici

20181226 : oulimots

Une contrainte qui ne manque pas de souffle

engagement, souffle, enfin, nerf, vierge, privilège, pendulaire.

 

Il la possédait en une levrette puissante et elle sentait ses couilles la frapper du mouvement pendulaire qu’il leur imprimait. Pourtant elle en voulait plus :

—  Du nerf que Diable ! Et allez donc taper plus haut, je vous accorde ce privilège ! Ne le boudez pas !

Ce disant, elle taisait qu’elle était vierge de ce côté. Et elle espérait bien qu’il s’y intéressât. Ce qu’il fit. Pour son plus grand bonheur.

Et, quand elle se sentit enfin le cul rempli, elle prit l’engagement solennel de ne plus se laisser posséder par lui que de la sorte. Et ce, jusqu’à son dernier souffle.

20181124 : oulimots

Une contrainte cinématographique :

pâtisserie, cinéma,  sextoys, barbapapa, film, harnais, chocolat, pellicule, lubrifiant.

Nous en avions déjà discuté en plaisantant. D’introduire un objectif dans nos ébats. Et je ne l’avais jamais prise au sérieux jusque là . Mais, ce soir, ce n’était pas du cinéma quand elle m’annonça son intention d’immortaliser sur pellicule la séance qui allait venir. Elle avait d’ailleurs tout préparé : une caméra  était fixée sur son trépied à côté du lit et son harnais était à présent paré d’un sextoy dont l’épaisseur n’avait rien à envier à celle d’un rouleau à pâtisserie. J’étais un peu effrayé par la taille de l’engin. Bon sang ! Me croyait-elle la malléabilité d’un Barbapapa ? Heureusement qu’elle n’avait pas lésiné sur le lubrifiant dont un énorme bidon trônait sur la table de chevet. Parce que j’allais le sentir passer celui-là. Et je crois qu’elle comptait là dessus pour ses débuts de vidéaste. Des larmes et de la sueur, elle en aurait sûrement. Il fallait donc que je me prépare au mieux pour être à la hauteur de ses attentes. Alors je procédai à quelques assouplissements avec un plug. Une fois cela fait, je m’allongeai sur le dos, les jambes largement repliées sur ma poitrine, un coussin pour surélever mes fesses. J’étais en place. Prêt. Le film allait pouvoir commencer. Elle fut ferme mais douce et tout se passa très bien. Mon anus ne fut pas ménagé mais je pris un plaisir certain à cette dilatation, dont les cris résonnent encore à mes oreilles. Il y eut toutefois un bémol à ce bonheur quelques temps plus tard, quand je vis la vidéo sur un célèbre tube porno. J’étais partagé entre fierté du résultat et colère. Non pas qu’elle l’ait publiée, je l’espérais secrètement. Mais j’aurais préféré être mis préalablement au courant du fait que mon cul allait servir à faire des milliers de vues et de clics sur sa chaîne sans que je sois crédité pour la performance. Bref, elle allait avoir les honneurs et moi la médaille en chocolat.

20181102 : oulimots

Une contrainte lumineuse :

congratuler, lumineux/se, fusain, automne, papillonner, furieux, culbuto, crème,  saxifrage,

Je la trouvais tellement lumineuse sous ce soleil d’automne alors qu’elle m’exposait son adorable corps de culbuto au milieu des saxifrages. Ses larges fesses, qu’on aurait dites dessinées au fusain tant les jeux d’ombres de ce sous-bois les soulignaient divinement, m’inspirèrent alors des envies sodomites et, sortant la crème lubrifiante, j’entrepris de lui oindre le trou avant d’y faire papillonner un doigt puis un deuxième. Elle me congratula pour ma délicatesse mais n’en manifesta pas moins un furieux désir que je les remplace par ma queue. Et, comme suis un gentil garçon, je ne pus qu’accéder immédiatement à sa demande.

Toupies (4)

Sous la contrainte des toupies hurlantes du 27/07/2018.

 

— Faites-moi plaisir, goûtez ceci.

Marc releva la tête, s’arrachant à la contemplation de l’horreur culinaire qu’on venait de lui apporter. Il ne savait pas ce qu’avait bu ou fumé le chef aujourd’hui mais il s’était loupé dans les grandes largeurs dans sa carte du jour. Non pas que ce fût sans saveurs. Mais plutôt que la perception que Marc pouvait avoir de leur accord était des plus discutables. Bref, c’était vraiment mauvais ce qu’on lui avait servi. Quoi que pouvaient en dire les snobinards de tout poil qui se gobergeaient aux tables alentours. OK, c’était un étoilé. Mais de là à n’apprécier les plats qu’à l’aune des chiffres sur la carte…

Marc regarda donc la femme qui me faisait face à table. Une amie intime mais dont les affinités avec lui s’étaient, hélas, arrêtées aux confidences qu’elle avait pu lui faire du défilé de ses amants. Enfin, jusqu’à ce jour. Parce que, là, son invitation à goûter s’accompagnait du dévoilement d’un sein qu’elle avait fait jaillir subrepticement à son attention.

Il resta là, un peu ébahi par la formidable vision qu’elle lui avait accordée. Bien que Marc l’ait toujours désirée à en crever, il n’aurait jamais osé espéré une telle avance. Il bredouilla donc son acquiescement alors qu’elle remisait l’objet du délit dans son chemisier.

— On y va alors ? Nous avons beau être un peu à l’écart, sous l’ombre de cette branche d’arbre, ça va se voir si vous venez me lutiner les tétons ici.

Marc eut alors la perception de regards convergeant vers leur table. Elle avait chuchoté cette phrase mais il avait l’impression que tout le monde l’avait entendue. Elle se leva précipitamment et quitta la table direction des toilettes. Marc lui emboîta le pas, comme dans un rêve. Ils entrèrent et elle referma la porte sur eux

— Ce que j’aime dans ces lieux luxueux, c’est qu’il y a de la place pour baiser dans les chiottes.

Marc ne releva pas l’inhabituelle vulgarité des propos dans la bouche de son amie, complètement hypnotisé par le contour des aréoles qu’elle tendait vers lui. Il prit enfin les globes offerts dans ses mains et commença à en apprécier la texture, du bout des doigts puis de la langue. Elle le laissa faire un moment, en soupirant d’aise. Puis elle le repoussa, se dégagea et alla s’appuyer contre le lavabo, les reins cambrée dans sa direction. Marc, fou de désir, passa outre sa timidité et releva autoritairement la jupe de son amie. Aucun dessous. Marc jubila. Il allait enfin pouvoir se confronter à ce cul qu’il désirait tant et cette perspective l’excitait au plus au point. Il bandait dur dans son pantalon. Il le fit alors glisser le long de ses jambes. Le caleçon également. Il avait la queue désormais à l’air, tendue vers sa cible. Il avança une main vers l’entrejambe de son amie. Elle était déjà trempée, bouillante. Il avança un doigt fureteur dans sa chatte.

— Enfin Marc, vous savez bien que ce n’est pas cette voie que je vous destine, je vous en ai déjà assez parlé, non ?

Il fit aussitôt le lien avec ce qu’elle lui racontait depuis toujours. Mariée, elle accordait l’exclusivité de son sexe à son époux. Ses amants avaient par contre celle de son cul. Il cessa donc immédiatement de la titiller. Mais il avait récupéré une bonne dose de mouille sur ces doigts dont il entrepris de lubrifier la rosette qui lui était promise. L’index d’abord. Puis le majeur. Une fois joints il les fit aller d’arrière en avant avec un mouvement de rotation pour dilater le trou. Elle se cambra un peu plus.

— Mettez la moi maintenant, je n’attends plus que ça. Et vous aussi.

Marc ne se fit pas prier pour présenter son gland contre l’anus désormais entrouvert. Puis, d’une irrésistible poussée, s’y engouffra. Elle était étroite, brûlante. Il eut un temps d’arrêt, comme pour s’y accoutumer. Puis commença ses va et vient. D’abord lents et délicats, ils devinrent vite plus sauvages. Le ventre de Marc tapait maintenant en rythme contre les fesses de sa désormais conquête tandis qu’il la maintenait fermement aux hanches. La tête penchée en arrière elle soupirait de plaisir sous les assauts qu’elle subissait. Puis ce devinrent des cris. Marc ahanait en cadence.

On frappa. Marc accéléra le mouvement, bien décidé à prendre son plaisir. Ils entendaient à présent toute la réprobation du monde de l’autre côté de la porte. Ils y étaient sourds, complètement pris par la montée de leur orgasme. Qui les prit d’un coup, lui se répandant dans les entrailles qu’il besognait, elle se cassant en deux vers l’avant. Ils restèrent un moment collés l’un à l’autre, groggy. Puis Il sortit d’elle. Son foutre gouttait. Elle sembla s’en soucier comme d’une guigne, se contentant de rabaisser sa jupe. Marc se rajusta.

Ils sortirent. Marc fut aussitôt saisi au collet et plaqué au mur par un costaud en maillot de corps.

— Petit con ! C’est la dernière fois que tu mets les pieds chez moi ! Il y a des hôtels pour vos saloperies !

Marc considéra l’homme en marcel avec amusement. La toque qu’il portait l’éclairait sur sa fonction et, par conséquent, sur ce qu’il avait pu avoir dans l’assiette et qui l’avait tant navré

— Comptez sur moi. Mais lâchez moi maintenant, je n’en partirai que plus vite.

Interloqué, le chef relâcha son étreinte. Marc prit son amie par la main.

— Suivez-moi, il y a mieux à faire ailleurs. À tout niveau. Je connais d’ailleurs un excellent kebab où nous serons certainement mieux accueillis qu’ici. Et je pense qu’il n’aura pas à rougir de la comparaison pour ce qui est de l’assiette. Je savais que la réputation d’ici était très surfaite, j’ai pu voir ce soir qu’on m’avait parlé par euphémisme.

La brigade dut se saisir de son chef, devenu fou de rage. Et le ramena en cuisine. Quant à Marc et son amie, ils quittèrent le restaurant, sous les regards courroucés de l’assistance, mais bien décidés à remettre le couvert en d’autres lieux. La soirée ne faisait en effet que commencer et il leur restait encore beaucoup de plaisirs, charnels ou pas, à découvrir.