Tea time

Elle lui a dit de se tenir prêt pour l’heure du thé. Ce n’est pas pour le boire, non. Il le sait. Ce qu’il ignore par contre, c’est la nature des réjouissances.

Il n’arrive pas à la déterminer, même quand elle arrive, son grand sac à l’épaule. Dieu sait ce qu’il peut contenir. Mais il n’a pas peur. Leurs pratiques sont souvent limites mais il lui fait confiance. 

Elle le lui a promis : il va progresser entre ses mains. C’est son pIus cher désir depuis qu’il la connaît. Et il la sait tout aussi déterminée que bienveillante pour l’y accompagner. 

En piste

C’était l’heure de sa pause déjeuner quand il avait reçu le programme. 

Cela avait été dit sans fioritures. Son style si direct, reconnaissable entre mille et qu’il aimait tant. 

Cela ne supportait pas de réplique, il le savait. Il devait se tenir prêt à l’heure et à l’endroit dits. 

Il n’avait rien su de plus. Ce qui avait alimenté son imagination durant tout l’après-midi. De quelles attentions allait-il être l’objet ? Il avait juste senti cette envie qu’il lui appartienne et s’en était senti flatté tout autant qu’anxieux. 

Ce soir promettait d’être grand. Il lui fallait se montrer à la hauteur. 

Dans les bois jolis.

J’aurais dû me douter du fait qu’elle tramait quelque chose quand elle me proposa cette balade dans les bois, elle qui d’habitude n’aime ni marcher ni la nature. Pourtant je la suivis sans me poser de question, même pas lorsqu’elle chargea dans le coffre de la voiture ce sac à dos noir que je ne lui connaissais pas. Après tout, elle pouvait avoir envie d’emporter de quoi se rafraîchir et un plaid sur lequel se poser.

C’est quand, en plein milieu du chemin et alors que nous avions marché un bon quart d’heure, elle me demanda de poser mes mains sur ce gros tronc d’arbre, que j’ai commencé à comprendre. En moins de temps qu’il ne fallut le dire, elle déboucla ma ceinture et baissa mon pantalon et mon caleçon sur mes chevilles. J’étais donc cul nu, à la merci du regard du premier promeneur qui croiserait notre route, partagé entre honte et excitation. Mais c’était loin d’être fini.

J’étais toujours contre mon arbre quand je l’étendis fouiller dans son sac 

  • Ne bouge surtout pas 

Et, soudain, la morsure du premier coup. Je reconnus immédiatement sa cravache. Elle avait donc décidé de me corriger en plein air, au vu et au su de quiconque passerait par ici.

J’aurais pu utiliser notre safe word. Je n’en fis rien. Je voulais savoir jusqu’où elle pouvait aller et, surtout, si j’étais capable de l’y accompagner. 

J’avais les fesses en feu et le rouge aux joues quand, après avoir rangé son matériel, elle vint se coller contre mon dos pour me cajoler. 

  • Je suis fier de toi. Retournons à la voiture maintenant. 

Elle avait agrippé ma queue en me disant cela et me fit bander en quelques mouvements de poignet. 

Il était temps de rentrer. Cette sortie avait encore enrichi notre couple. J’étais bien.  

Marques

Image tirée du site caressedecuir.com

Tu me tournes le dos, les mains contre le mur. La blancheur de ta peau ressort de façon parfaite sous la lumière froide des spots qui t’éclairent. Tu t’es exagérément cambrée et m’offre la rondeur de ton cul en une ultime provocation.

Tu me troubles ainsi et j’ai un instant d’hésitation avant de me saisir du premier instrument. Je veux certes te marquer mais pas te faire souffrir exagérément. 

Je choisis finalement un martinet aux fines lanières de latex. Il sera parfait pour commencer à te faire rougir doucement. Mais qui sait jusqu’où je vais t’amener ? Et où m’amèneras-tu toi ?

Sensoriel

La bande son ici

J’ai commencé par contraindre ton corps dans un savant jeu de cordes. Te voilà à présent immobile. Je vais à présent te bander les yeux pour soustraire ce qui t’entoure à ta vue. Puis je finirai par glisser ces écouteurs que j’ai fait faire à tes mesures avant de lancer le morceau sans début ni fin que je te destine. 

Tu seras alors déconnectée du monde extérieur. Complètement ? Non. Ta peau pourra encore interagir et c’est ce que je lui destine. Tu vas connaître les sensations presque insoutenables d’un toucher exacerbé par la privation des autres sens.

Tu vas aimer.

Voyage (26)

La journée ne fait que commencer et pourtant il sait déjà qu’il sera très occupé. 

Par le travail ? Non, même si sa boîte mail professionnelle ne désemplit pas. Mais ça il sait qu’il pourra le gérer. 

Ce qui le préoccupe en revanche, c’est ce qu’il a reçu sur son téléphone. Les consignes sont limpides. Leur réalisation va demander des trésors de créativité.

Il n’en manque pas et, tandis qu’il accomplit ses tâches avec le plus grand sérieux, il se voit déjà dans sa voiture, garage fermé, avec la seule lumière du plafonnier. 

Le résultat sera saisissant, il en est persuadé. 

Voyage (24)

Il a du temps devant lui ce matin. Il le met à profit pour tester cette posture dont il a rêvé la nuit précédente et qui le taraude depuis qu’il s’est réveillé. 

Il déplace légèrement sa table basse pour avoir de l’espace et installe son smartphone sur son trépied avant de se déshabiller. Si tout fonctionne bien, il lui offrira quelques clichés de ce qu’il espère lui proposer lors de leur prochaine rencontre.

Est-ce un cap qu’il a franchi dans sa tête ? C’est en tout cas une nouvelle manière de la servir qu’il imagine. De valet il va devenir mobilier. 

Roulette

Paris est un casino paraît-il. Mais ils n’avaient pas voulu faire de leur vie un jeu de carte. Leur rencontre était tour sauf un coup de poker et il n’y avait aucun bluff entre eux. Alors ils avaient opté pour la roulette. Pair, impair, manque, passe, rouge, noir, cela leur convenait mieux. Croupière, elle avait lancé la roue bien des fois. Joueur, il avait connu la fièvre de l’incertitude, celle de ne plus rien maîtriser. Et cela l’avait marqué.

Au final, ils en étaient sortis tous les deux gagnants et s’étaient jurés de recommencer dès qu’une nouvelle opportunité se présenterait. 

Initiation

Mots contraints :Désir, soif, appétit, envie, convoitise, appétence, avidité, souhait, goût.

— La soirée est-elle à votre goût ?

Il tourna la tête, curieux. La femme qui lui avait lancé cette question le regardait avec convoitise. Allait-elle jeter son dévolu sur lui ? C’était son souhait le plus cher d’être pris en main dans ce lieu qu’il avait eu soif de connaître mais où il n’avait pas encore trouvé sa place.

— Oui et non Madame.

— Expliquez-vous.

— Je suis venu ici parce qu’on me l’a recommandé. Mais seul. J’ai bien observé mais il me manque quelque chose.

— Votre souhait à présent est de jouer ? Je vais voir ce que je peux faire pour vous. Mais parlez moi d’abord de vos compétences et de vos appétences. Je veux tout savoir de vous.

Il lui fit part de son désir d’être pris. Par une femme. De son propre aveu il était très anal et cherchait une partenaire qui accepte de le remplir. Pendant qu’il se livrait, elle le regardait avec une avidité croissante.

— Et si je vous fistais ? D’après ce que vous venez de me dire, c’est quelque chose qui devrait vous plaire. Mais cela n’a rien d’anodin comme pratique et, même si je on me dit experte en la matière, il faut vraiment que vous en ayez envie pour que cela fonctionne.

— Ce serait un bonheur Madame. 

Il jubilait intérieurement Il n’avait jamais osé imaginer que l’on lui propose cela un jour. 

— Alors suivez-moi. Et prenez mon sac à malices. 

Et elle prit l’escalier qui les menait aux coins câlins. Il était encore trop novice pour être donné directement en pâture au public. 

Une fois arrivés, elle le fit déshabiller. Une fois nu elle lui ordonna de se mettre à quatre pattes, les fesses relevées, offertes. Elle se mit derrière elle et passa un gant avant de l’oindre de lubrifiant. La sensation de frais le fit frissonner.

Elle commença par un doigt. Vite rejoint par un deuxième. Le troisième ne tarda pas et bientôt il ne manqua que le pouce. Elle le travaillait avec douceur. 

— Vous ne m’aviez pas menti sur votre « souplesse ». Votre cul a vraiment un gros appétit et je pense que le moment ne va pas tarder où j’aurai ma main en vous.

Puis elle se tut, attentive à ses réactions. Il soufflait, grognait, se tendait vers elle. Il sentit soudain une poussée un peu plus franche de sa part et essaya de se détendre du mieux qu’il pouvait. Il se sentait s’ouvrir comme jamais tandis que la dextre de la femme se frayait un chemin dans ses profondeurs. Et puis elle s’immobilisa. Il retenait son souffle. Y était-elle parvenue. Il n’osait le lui demander. 

— Mon cher, je me suis enfoncée jusqu’au milieu de l’avant-bras. Vous me sentez bien ? 

— Oui Madame. Merci Madame. 

Il en avait les larmes aux yeux. Sa dernière barrière venait de céder. Il ne s’était jamais senti aussi mâle. 

Autres vacances : épilogue

J’ai regagné à présent ma vie de tous les jours. Je repense à ce séjour. Il a été bien plus que l’exploration de nouveaux possibles et le dépassement de mes limites. Je me suis senti grandir auprès d’Elle et je sais que je ne serai plus jamais le même homme après être passé entre Ses mains.

Avant que nous nous séparions Elle m’a pris sur Son sein en m’assurant que je serais toujours le bienvenu. J’ai été touché par cette preuve d’affection mais je n’ai pas su Lui dire à quel point.

Il me faudra revenir. Le plus vite possible.