Toupies (4)

Sous la contrainte des toupies hurlantes du 27/07/2018.

  • Faites-moi plaisir, goûtez ceci.

Marc releva la tête, s’arrachant à la contemplation de l’horreur culinaire qu’on venait de lui apporter. Il ne savait pas ce qu’avait bu ou fumé le chef aujourd’hui mais il s’était loupé dans les grandes largeurs dans sa carte du jour. Non pas que ce fût sans saveurs. Mais plutôt que la perception que Marc pouvait avoir de leur accord était des plus discutables. Bref, c’était vraiment mauvais ce qu’on lui avait servi. Quoi que pouvaient en dire les snobinards de tout poil qui se gobergeaient aux tables alentours. Ok, c’était un étoilé. Mais de là à n’apprécier les plats qu’à l’aune des chiffres sur la carte…

Marc regarda donc la femme qui me faisait face à table. Une amie intime mais dont les affinités avec lui s’étaient, hélas, arrêtées aux confidences qu’elle avait pu lui faire du défilé de ses amants. Enfin, jusqu’à ce jour. Parce que, là, son invitation à goûter s’accompagnait du dévoilement d’un sein qu’elle avait fait jaillir subrepticement à son attention.

Il resta là, un peu ébahi par la formidable vision qu’elle lui avait accordée. Bien que Marc l’ait toujours désirée à en crever, il n’aurait jamais osé espéré une telle avance. Il bredouilla donc son acquiescement alors qu’elle remisait l’objet du délit dans son chemisier.

  • On y va alors ? Nous avons beau être un peu à l’écart, sous l’ombre de cette branche d’arbre, ça va se voir si vous venez me lutiner les tétons ici.

Marc eut alors la perception de regards convergeant vers leur table. Elle avait chuchoté cette phrase mais il avait l’impression que tout le monde l’avait entendue. Elle se leva précipitamment et quitta la table direction des toilettes. Marc lui emboîta le pas, comme dans un rêve. Ils entrèrent et elle referma la porte sur eux

  • Ce que j’aime dans ces lieux luxueux, c’est qu’il y a de la place pour baiser dans les chiottes.

Marc ne releva pas l’inhabituelle vulgarité des propos dans la bouche de son amie, complètement hypnotisé par le contour des aréoles qu’elle tendait vers lui. Il prit enfin les globes offerts dans ses mains et commença à en apprécier la texture, du bout des doigts puis de la langue. Elle le laissa faire un moment, en soupirant d’aise. Puis elle le repoussa, se dégagea et alla s’appuyer contre le lavabo, les reins cambrée dans sa direction. Marc, fou de désir, passa outre sa timidité et releva autoritairement la jupe de son amie. Aucun dessous. Marc jubila. Il allait enfin pouvoir se confronter à ce cul qu’il désirait tant et cette perspective l’excitait au plus au point. Il bandait dur dans son pantalon. Il le fit alors glisser le long de ses jambes. Le caleçon également. Il avait la queue désormais à l’air, tendue vers sa cible. Il avança une main vers l’entrejambe de son amie. Elle était déjà trempée, bouillante. Il avança un doigt fureteur dans sa chatte.

  • Enfin Marc, vous savez bien que ce n’est pas cette voie que je vous destine, je vous en ai déjà assez parlé, non ?

Il fit aussitôt le lien avec ce qu’elle lui racontait depuis toujours. Mariée, elle accordait l’exclusivité de son sexe à son époux. Ses amants avaient par contre celle de son cul. Il cessa donc immédiatement de la titiller. Mais il avait récupéré une bonne dose de mouille sur ces doigts dont il entrepris de lubrifier la rosette qui lui était promise. L’index d’abord. Puis le majeur. Une fois joints il les fit aller d’arrière en avant avec un mouvement de rotation pour dilater le trou. Elle se cambra un peu plus.

  • Mettez la moi maintenant, je n’attends plus que ça. Et vous aussi.

Marc ne se fit pas prier pour présenter son gland contre l’anus désormais entrouvert. Puis, d’une irrésistible poussée, s’y engouffra. Elle était étroite, brûlante. Il eut un temps d’arrêt, comme pour s’y accoutumer. Puis commença ses va et vient. D’abord lents et délicats, ils devinrent vite plus sauvages. Le ventre de Marc tapait maintenant en rythme contre les fesses de sa désormais conquête tandis qu’il la maintenait fermement aux hanches. La tête penchée en arrière elle soupirait de plaisir sous les assauts qu’elle subissait. Puis ce devinrent des cris. Marc ahanait en cadence.

On frappa. Marc accéléra le mouvement, bien décidé à prendre son plaisir. Ils entendaient à présent toute la réprobation du monde de l’autre côté de la porte. Ils y étaient sourds, complètement pris par la montée de leur orgasme. Qui les prit d’un coup, lui se répandant dans les entrailles qu’il besognait, elle se cassant en deux vers l’avant. Ils restèrent un moment collés l’un à l’autre, groggy. Puis Il sortit d’elle. Son foutre gouttait. Elle sembla s’en soucier comme d’une guigne, se contentant de rabaisser sa jupe. Marc se rajusta.

Ils sortirent. Marc fut aussitôt saisi au collet et plaqué au mur par un costaud en maillot de corps.

  • Petit con ! C’est la dernière fois que tu mets les pieds chez moi ! Il y a des hôtels pour vos saloperies !

Marc considéra l’homme en marcel avec amusement. La toque qu’il portait l’éclairait sur sa fonction et, par conséquent, sur ce qu’il avait pu avoir dans l’assiette et qui l’avait tant navré

  • Comptez sur moi. Mais lâchez moi maintenant, je n’en partirai que plus vite.

Interloqué, le chef relâcha son étreinte. Marc prit son amie par la main.

  • Suivez-moi, il y a mieux à faire ailleurs. À tout niveau. Je connais d’ailleurs un excellent kebab où nous serons certainement mieux accueillis qu’ici. Et je pense qu’il n’aura pas à rougir de la comparaison pour ce qui est de l’assiette. Je savais que la réputation d’ici était très surfaite, j’ai pu voir ce soir qu’on m’avait parlé par euphémisme.

La brigade dut se saisir de son chef, devenu fou de rage. Et le ramena en cuisine. Quant à Marc et son amie, ils quittèrent le restaurant, sous les regards courroucés de l’assistance, mais bien décidés à remettre le couvert en d’autres lieux. La soirée ne faisait en effet que commencer et il leur restait encore beaucoup de plaisirs, charnels ou pas, à découvrir.

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Guère de religion

En reprenant la contrainte des toupies hurlantes du 23/07/2018

Mais quelle idée avais-je eu d’accepter l’invitation à ce fichu mariage ? Déjà, je déteste ce genre d’événements et là, les deux familles huppées, qui s’unissaient, plus pour concentrer leur puissance qu’à cause de l’amour que se vouaient les deux impétrants, avaient fait les choses en grand question cucuteries convenues. C’est ainsi que je prenais mon mal en patience depuis une bonne heure dans l’église jouxtant le château de la promise. Eglise qui était devenue le théâtre de la messe de mariage la plus ennuyeuse que j’aie jamais entendu. Creuse et moralisatrice, elle semblait tout droit sortie de l’esprit d’un prêtre des plus intégristes. Eût-elle été en latin, je n’en eusse pas été surpris. Mon anticléricalisme était réellement mis à rude épreuve. Et je redoutais, à son issue, le moment tant redouté de la quête au cours de laquelle j’allais passer pour un goujat en refusant de donner le moindre sou au denier du culte. Pas de ma faute quand même si j’avais des oursins dans les poches pour tout ce qui relevait de la religion. Pour tenir le coup, je me faisais mentalement la liste de toute la nourriture et de toutes les boissons alcoolisées qui ne manqueraient pas de trôner sur les buffets du vin d’honneur. C’était hélas insuffisant et je pensai à la flasque que j’avais dans la poche intérieure de mon veston Il était peut-être un peu tôt pour un cognac mais, à tout prendre, mieux valait être saoul pour supporter les inepties qui s’égrénaient en chaire.

C’est alors qu’un jeune homme bien mis de sa personne vint s’asseoir juste à côté de moi. L’écusson armorié qu’il avait à sa veste trahissait sa noble extraction. J’avais quelques notions de hiéraldique que mobilisai à en déterminer l’origine. De gueules à une face d’argent chargée de trois fleurs de lys d’azur. La branche d’Autichamp brise d’une couronne royale d’or en chef. J’avais bien le vocabulaire mais force me fut de constater que ce blason m’était parfaitement inconnu, m’interdisant de déterminer à la famille de qui il était rattaché . Je me contentai donc de présupposer qu’il s’agissait d’un lointain cousin de l’un ou l’autre des promis dans la mesure où il n’avait pas eu sa place aux premiers rangs. En tout cas il paraissait bien dévot, psalmodiant à chaque parole du curé. J’allais m’endormir quand, subitement je sentis une main qui caressait ma cuisse. C’était mon voisin à l’étrange écusson qui avait entrepris ce surprenant massage. D’étonnement, je faillis en faire tomber le carnet de chants qu’on nous avait remis à l’entrée de l’église. Je toisai l’importun d’un air réprobateur. Il me répondit par un sourire sans se démonter. Puis me chuchota à l’oreille :

  • On s’emmerde à mort ici, vous ne trouvez pas ? Suivez-moi.

Un peu interloqué, je ne sus que lui répondre. Un peu troublé aussi par son souffle sur ma tempe.. Il me prit alors la main et m’entraîna dans un recoin de l’édifice. Il semblait le connaître par cœur car nous gagnâmes un couloir secret, lequel nous amena dans une sorte d’appartement. Certainement celui réservé au ministère du culte. Sa main se fit alors plus pressante, caressant maintenant mon entrejambe. C’était surréel. Moi qui, à priori, n’avais rien à faire avec la gent masculine, je me retrouvais à me faire polir le chinois par ce godelureau et, force était de constater que ça ne me déplaisait pas. Il avait les mains longues et fines, les doigts agiles et il fallait que je me concentre pour ne pas souiller mon pantalon. C’est ainsi que mon regard faisait le tour de la pièce, cherchant des points d’attention. La casserole en inox abandonnée sur la table de cuisson par exemple. Oui mais, en regardant son manche, je me mis à penser au mien qui était au supplice là. Vite ! Trouver autre chose ! L’oeuf mollet abandonné sur la table, voilà une bonne idée. Comment trouver quelque chose de sexuel à cette nature morte ? La tension baissa un peu. Soudain mon partenaire lâcha ma queue et me tourna le dos, appuyé sur la table, cambrant exagérément les reins. Nous y étions. Il voulait maintenant que je m’occupe de son plissé. Un frémissement de panique me traversa. Je n’avais jamais fait ça à un garçon mais il m’avait mis dans de telles dispositions que je me voyais mal le lui refuser. Un ange bien peu catholique passa. J’allais baisser mon pantalon. Le sien était déjà sur ses chevilles, révélant un fessier glabre et rebondi. Soudain des cris éclatèrent et j’entendis des coups à la porte. Le charme était rompu. Deux robustes gaillards firent irruption et vinrent prestement enlever mon éphémère partenaire de ma vue. Puis le père de la mariée s’avança vers moi, l’air embarrassé :

  • Pas de mal Monsieur ? Désolés mais notre cousine a perdu l’esprit depuis qu’elle est devenue le premier chômeur de la famille et, en bonne descendante du Chevalier d’Eon, prend plaisir à semer la confusion en se travestissant.

Ainsi l’homme qui m’avait procuré un tel trouble, qui avait fait vaciller des croyances que je croyais inébranlables, n’en était pas un ? J’étais à la fois soulagé et frustré. Soulagé dans mes croyances d’hétéro. Frustré car l’expérience, pour le moins irrévérencieuse, aurait mérité d’être menée à son terme. Mais cette aventure tuée dans l’œuf allait probablement me donner un sujet. Pas de conversation, non. Mon entourage manquait cruellement d’ouverture d’esprit. Par contre, ce serait un chapitre intéressant à coucher dans mon journal intime. En attendant, je retrouvai l’assistance d’un pas lourd. La récréation était finie et la bienséance allait reprendre ses droits. Dommage…

Oulimots : l’histoire (12)

En reprenant la contrainte des oulimots du 13/01/2018 : Footing, campagne, gâterie, caleçon, cuisse, glande, fromage, mur, tête.

 

Le reste du trajet se déroula sans anicroche. Dans un silence glaçant également. Elle ne paraissait pas remise du gang bang de l’aire d’autoroute et restait mutique, absente. Quant à moi, je n’osais pas lui adresser la parole. Elle sembla toutefois un peu se détendre quand nous quittâmes l’autoroute et nous enfonçâmes dans la campagne qui entourait notre refuge. Mais quelque chose semblait s’être dressé entre nous .Dans notre intérêt, il nous faudrait pourtant cohabiter encore un moment, le temps que les choses se tassent. Si elles se tassaient. Nous n’étions, je pense, pas au bout de nos peine. J’espérais juste que, là où nous allions, nous aurions un peu de paix et qu’elle pourrait se remettre et remettre ses affaires en place. J’avais pour ma part peu d’espoir de retrouver ma vie lisse d’avant.

Heureusement, mon ami avait, une fois de plus, bien fait les choses. Les frigos et congélateurs débordaient de victuailles, ce qui nous permettrait de tenir un siège si besoin était. En outre, le jardin pourrait subvenir à nos besoins en fruits et légumes avec ses carrés et son verger si bien ordonnés. Nous allions pouvoir vivre en autarcie et  disparaître aux yeux du monde pendant un moment derrière les hauts murs de la propriété. Découvrant cela mon amie changea de tête et je la vis enfin esquisser un léger sourire.

Il était alors temps de lui faire faire le tour du propriétaire. D’abord les extérieurs. Nous passâmes un long moment à explorer le paysage arboré au sein duquel  serpentaient quelques sentiers. Découvrant que le terrain était assez vaste pour y faire de mini footings, elle se dérida un peu plus, imaginant probablement quel pourrait être son programme de remise en forme. Et ellle m’adressa enfin la parole, pour me féliciter du choix de mes relations. Elle l’avait dit sur un ton plutôt neutre mais son regard s’était éclairé quand elle m’avait fixé. J’étais rassuré. La glace semblait rompue. Nous gagnâmes alors l’intérieur. Elle sembla apprécier les volumes et l’agencement des nombreuses pièces que je lui faisais découvrir. Et, quand je lui fis remarquer que, curieusement, le maître des lieux n’avait fait aménager qu’une chambre malgré la surface habitable et qu’il faudrait partager le lit king size qui y trônait, elle ne sembla pas contrariée. Au contraire. Elle déclara d’un ton amusé qu’il serait un lieu idéal pour rééduquer ses glandes de Bartholin qui venaient d’être mises à rude épreuve. Puis, prenant les devants, elle m’y poussa et, une fois que je fus allongé dessus, s’attaqua à ma ceinture, assise à califourchon sur moi. Elle n’abaissa pas mon pantalon, non. Mais commença délicatement à me caresser à travers mon caleçon. J’étais tendu à l’extrême. Elle avait définitivement un talent inouï pour prodiguer du plaisir à son prochain. Après quelques minutes de caresses, elle jugea de la raideur de mon sexedu pouce et de l’ndex avant d’enfin le libérer de son carcan de tissu. Il lui jaillit littéralement au visage, tel un diable sautant de sa boîte. Elle n’en  fut pas effrayée, bien au contraire. Et, le jugeant sans doute trop échauffé, décida de le rafraîchir de sa salive en le prenant en bouche.

c’était divin d’être ainsi sucé mais je ne voulais pas être l’unique bénéficiaire d’une gâterie à ce moment. Aussi, d’un mouvement autoritaire, je la saisis par les hanches afin de la faire pivoter au dessus de moi. Elle poussa un léger cri, visiblement surprise par mon initiative. Le gentil garçon que j’étais se découvrait de l’audace et elle semblait apprécier. Quand elle eut ses jambes disposées de part et d’autre de mon visage je relevai sa robe. Pas de culotte. Sans doute l’avait-elle perdue dans la confusion lors de notre pause mouvementée. Je découvris qu’elle avait les lèvres encore tuméfiées par ce qu’elle avait subi. Je fus alors des plus tendres pour embrasser, lécher son sexe. Elle soupira un léger “merci” avant de refermer à nouveau ses lèvres sur mon mon membre. Quant à moi, je continuai à la laper, comme une chatte l’eût fait de ses petits. D’une certaine façon, il me semblait la laver un peu de ses épreuves. Je ne voulais pas arrêter mais elle finit par me signifier qu’elle n’en désirait (pouvait ?) pas plus en écrasant ses cuisses contre mes oreilles. Ma bouche l’abandonna alors. Pas la sienne. Mais sa science sut rapidement m’amener à la jouissance et elle me reçut dans sa bouche. À son tour elle me nettoya, presque amoureusement, et vint m’accorder un baiser, plein encore de mon goût. C’était la première fois. Était-ce du fait que cela venait d’elle ? J’appréciai l’intention. La saveur également.

Il était tard, une légère fringale nous avait pris après notre plaisir. Nous descendîmes donc au sous-sol. Un espace d’affinage pour les fromages avait été aménagé à proximité des rayonnages de bouteilles dont mon ami prenait le plus grand soin. Nous jetâmes notre dévolu sur un plateau de chèvres bien secs. Je réfléchis un instant pour en chercher le meilleur accord. Un blanc, bien sûr mais lequel ? J’imaginais déjà le goût puissant et salé des rocamadours. Alors, pourquoi pas un vin liquoreux ? J’avais justement un Jurançon sous les yeux. Je le lui proposai. Elle acquiesça. Nous remontâmes au salon. Il y avait du bois dans la cheminée. Nous allumâmes un feu, non pas pour nous réchauffer mais plutôt pour profiter de la torpeur générée par les flammes. Nous en avions besoin pour cette première soirée. Était-ce Le vin ? La flambée ? Les deux, probablement, ajoutés à la tombée du stress. Toujours est il que nous sombrâmes rapidement sitôt la dernière bouchée avalée, blottis dans les bras l’un de l’autre.

Virtualité (3)

Nous sommes loin. Mais si proche à la fois. Qu’est réellement la distance géographique quand les esprits, les envies sont à l’unisson ? Et puis les moyens de communication ont tellement progressé en si peu de temps. Nous pouvons nous regarder l’un l’autre, en train de nous donner du plaisir, en direct ou quasiment. Alors, bien sûr, ça crée autant de tension que ça en assouvit. Mais n’est-ce pas un équilibre qui se crée et qui nous aide à supporter les kilomètres qui nous séparent ? Notre désir mutuel est intact, savamment entretenu par ces échanges virtuels. Et quand viennent les retrouvailles…

Attente

Il va falloir attendre ? Peu importe. Le jeu en vaut la chandelle. Je suis, de toute façon, extrêmement patient. Et, si c’est pour mieux la retrouver, que sont quelques jours, quelques semaines supplémentaires ? Bien peu de choses je vous le dis. Et, quand je constate que mon désir pour elle, loin de s’émousser, ne va que croissant, je me dis qu’il y a pire que cette délicieuse attente. Nous nous sommes déjà trouvés, nous nous retrouverons. Et ce qui ne fut pas sera. Peut-être.  Je le souhaite en tout cas. Ses envies seront les miennes, telle est ma résolution. Hâte.

L’aveu

Je crois que, depuis que j’ai découvert ce qu’était le sentiment amoureux, je n’ai cessé de l’être. Un sourire, une attitude, un rien et je succombais. Je succombe toujours d’ailleurs. La grande majorité des cas ce ne fut hélas  que rêvé. Une timidité surdimensionnée couplée, comme c’est souvent le cas, à une image de moi déplorable ont souvent été des obstacles insurmontables. Mais j’ai aimé. Passionnément. L’ai je été en retour ? Sûrement. Et peut être plus que ce que je ne l’ai cru. Mais j’ai surtout souffert de ne pouvoir assumer ce trop plein dans un monde où les amours ne semblent se conjuguer qu’à deux. Car je crois que les miennes n’ont jamais été uniques, exclusives. Il me semble qu’il y a toujours eu, dans mon cœur, de la place pour plusieurs personnes.

Mais,  curieusement, coucher n’a jamais été une fin en soi pour ce qui me concerne. J’ai besoin d’implication affective pour faire l’amour mais la réciproque n’est pas exacte. Donc j’ai aimé et j’aime. De façon plurielle. Platoniquement la plupart du temps. Et même si j’ai vécu des histoires fortes, passionnées, parfois houleuses, il y a toujours eu cette autre, ces autres dans un coin de ma tête, de mon cœur. Aucune relation n’a su effacer ces hypothétiques amour de mon esprit.

J’ai donc trompé de façon idéelle bien plus que de façon concrète. Cela fait il de moi un homme infidèle ? Assurément. Et, aux yeux des gens, peut être même d’une façon pire que si j’avais donné sans cesse des coups de canif dans mes différents contrats.

Mais j’ai l’impression que ce papillonnage, qui devient d’ailleurs de plus en plus réel au fur et à mesure que je m’accepte en tant que tel, est nécessaire à mon équilibre. D’aucuns évoqueront la crise de la cinquantaine. Je ne cherche pourtant pas à rattraper le temps perdu, à prendre une revanche sur une jeunesse gâchée. Ni à me prouver quoi que ce soit. Je découvre simplement qu’un autre possible existe et qu’il semble me correspondre plus que celui que j’ai vécu jusqu’à présent.

Alors oui, je l’assume, je suis un coeur d’artichaut . J’aime. Au sens large du terme. Pas à celui d’une norme à laquelle je me suis jusqu’à présent  plié mais qui, finalement, ne m’a jamais convenu et dont je n’ai eu de cesse que de tenter de m’en évader en imagination. Alors, quitte à vous déplaire, je me préfère en panamoureux assumé qu’engoncé dans le costume trop étroit du compagnon idéal.

Oulimots : l’histoire (11)

En reprenant la contrainte des oulimots du 12/01/2018 : océan, statue, armure, parjure, amour, mélancolie, bal, Transnistrie, orphéon.

Je sais, j’ai sauté les mots du 11/01. Un oubli ? Un acte manqué ? Peu importe. Et, de toute façon, c’est relâche. Alors je fais ce que je veux.

Le début ici

Un voile de mélancolie passa devant mes yeux. J’aurais donc perdu ma bien aimée avant même d’avoir pu faire son entière connaissance ? Je trouvais ce parjure étrange et ne pouvais m’y résoudre. Je partis à donc à sa recherche. Cela faisait une bonne heure que je parcourais l’aire de repos en tout sens quand j’aperçus un bien curieux manège à côté d’un camion dont la bâche vantait en cyrillique les charmes de la Transnistrie. Craignant le pire, je pressai le pas en sa direction. Ça parlait fort et dans toutes les langues, mais nul besoin d’être polyglotte pour en connaître la teneur. Les yeux brillants de lubricité des hommes présents étaient bien plus parlants que importe quelle traduction. Je compris aussitôt. Avait-elle été reconnue ? Était-ce seulement le fait qu’elle ait été isolée ? Mon amireuse était en tout cas tombée entre de bien mauvaises mains et elle devait s’acquitter d’une rançon dont je ne mesurais pas encore le montant.

Je jouai des coudes pour en avoir le cœur net, sourd aux protestations de ceux que je privais du spectacle. Et là, je vis. C’etait bien ce que je pensais. Un matelas de fortune à même le sol et elle, aux prises avec une demi douzaine de mâles, dans une mise en scène qui relevait de tout sauf de l’amour. Empalée sur l’un d’entre eux qui était allongé sur le dos, elle offrait ses fesses à un deuxième qui semblait prendre plaisir à la labourer sauvagement. Déséquilibrée par ce double assaut, elle était contrainte de prendre en main deux autres sexes pour ne pas basculer en avant. Sexes qui coulissaient frénétiquement entre ses doigts. Un cinquième lascar lui tenait la tête en arrière et, avec le sixième larron, prenait alternativement place au fond de sa gorge, quand ils n’essayaient pas simultanément de forcer sa bouche. Le reste de l’assistance, la queue à l’air attendait son tour. Ça sentait le foutre et la transpiration et, déjà quelques préservatifs usagés jonchaient le sol, preuve s’il en fallait que le bal avait débuté depuis un moment. Intervenir ? Seul contre tous c’eût été du suicide et il était hors de question d’alerter les autorités, le remède aurait été pire que le mal. Ça me rendait malade.

Un instant, je me trouvai en face d’elle. Les hommes se succédaient en elle et elle ne semblait en avoir cure, arborant un regard vide, parfaitement inexpressif. Une statue eût donné plus de sensation de vie qu’elle à ce moment. Ou plutôt un robot. Car elle bougeait quand même. Mais son corps était animé de mouvements mécaniques, semblant optimisés pour soutirer toute substance aux sexes qui la prenaient. Cela ne semblait toutefois pas gêner la foule de ses assaillants qui se succédaient sans relâche, uniquement préoccupés par le fait d’investir chacun de ses trous et d’en jouir le plus animalement possible. L’orphéon des râles de plaisir des mâles présents etait assourdissant. Et le matelas commençait à être imbibé de toutes les humeurs qu’elle et eux pouvaient répandre au cours de cette sarabande effrénée. J’avais peur qu’elle ne se noie dans cet océan de masculinité dont les marées semblaient ne pas vouloir cesser d’affluer et refluer. Mais, un infime instant, nos regards se croisèrent et j’y retrouvai un léger éclat, vite remplacé par le néant. Je compris. Elle s’était donc réfugiée dans son armure comme elle avait dû le faire pour s’échapper de sa garde à vue. Et œuvrait de la meilleure des manières pour épuiser ses assaillants. Mais leur flux semblait sans fin.

Combien de temps cela dura-t’il ? J’avais perdu depuis longtemps le compte des hommes et celui du temps. Mais, finalement le dernier d’entre eux remonta dans son véhicule, non sans avoir souillé à son tour mon amireuse de sa semence. Elle gisait donc, nue, le corps couvert des marques de cet invraisemblable messe païenne au cours de laquelle elle s’était sacrifiée pour préserver sa liberté. Elle finit par se relever et me regarda.

  • Va chercher du savon ! Beaucoup ! Et des serviettes. J’ai besoin de me nettoyer !

Son regard avait repris toute sa détermination.J’étais à la fois effrayé et fasciné. Comment pouvait-elle ? Je fis ce qu’elle me demandait, non sans l’avoir enveloppée dans une couverture avant de l’accompagner aux douches. Je ne voulais pas que sa nudité attire de nouvelles convoitises. Au bout d’un long moment elle en sortit. Nous nous regardâmes à peine en remontant dans la voiture. La route était encore longue mais je décidai de la finir d’un trait. Tout valait mieux pour nous deux que de réitérer cette épreuve.

Oulimots : l’histoire (5)

En reprenant la contrainte du 05/01 des oulimots: Bûche, crème, défenestrer, Neptune, foutre, baguette, bulle, sèche, ancre.

Bûche, crème, défenestrer, Neptune, foutre, baguette, bulle, sèche, ancre.

le début de l’histoire ici

Il n’était pas loin de minuit lorsque mon rencard se décida enfin à jeter l’ancre en ces lieux. Je la reconnus aussitôt au regard scrutateur qu’elle lança à la cantonade à peine entrée. Comme moi, elle avait l’air de la personne la plus en attente, la plus impatiente qui fût.

Je lui adressai donc un signe de la main. Elle sourit et s’avança dans ma direction. Un peu confuse, elle me présenta ses excuses pour cette si longue attente. Et me servit un récit pour le moins extravagant. En effet, elle me dit sortir à peine du commissariat du quartier où elle avait été retenue pour interrogatoire. Celui qu’elle m’avait dépeint comme un ex extrêmement encombrant s’était visiblement défenestré du quatrième étage de son appartement et la bûche lui avait été fatale. Il s’agissait d’une personne qui avait ses réseaux d’influence et, comme il avait laissé un message très explicite impliquant mon amireuse avant de faire le grand saut, la crème des enquêteurs avait débarqué sur les lieux afin de l’entendre et d’investiguer. A ce qu’elle me dit, on voyait encore des bulles à la surface de la mare de sang que la victime avait répandue sur le trottoir quand ils étaient arrivés, preuve s’il en fallait de leur diligence. Pour ajouter au dramatique de la situation, elle me déclara que le déploiement de forces pour son interpellation n’avait rien eu à envier à celui du Neptune’s Spear et que c’était carrément le locataire de la place Beauvau qui était à la baguette de l’opération.

Je n’en revenais pas. Et, un peu incrédule devant cette histoire, je lui demandai comment elle avait pu se sortir aussi rapidement d’un tel dispositif. Car, en effet, de telles péripéties entraînaient pour moi un retard au moins égal à la durée maximale d’une garde à vue. Voire même à celle de quelques années de placard. Pas des quelques heures durant lesquelles j’avais fait le pied de grue. Elle me fixa sans ciller et me dit qu’elle avait un sens très prononcé de la négociation occulte et qu’elle savait payer de sa personne si besoin était. Et que c’était d’ailleurs pour ça que le défunt s’était attaché des services avant de carrément s’attacher à elle. Elle ajouta ne pas vouloir s’étendre sur le sujet mais me laissa entendre que la plupart de ses geôliers avaient obtenu plus que nécessaire en échange de cette parenthèse de liberté obtenue pour me rejoindre. Car, me dit-elle, aux premiers rayons du soleil elle devrait regagner les lieux de son interrogatoire.

J’étais encore un peu perplexe. C’est alors que je remarquai, un peu partout sur sa robe, des traces de foutre à peine sèches. Et je me dis, d’une part que la compromission avait dû être à la hauteur du retard et de la gravité de l’événement, et, d’autre part, que le reste de la nuit promettait si elle n’avait pas déployé toute son énergie à trouver le moyen de me retrouver. Je n’étais, je crois, pas au bout de mes surprises.

Oulimots : l’histoire (1)

Pour cet été, comme les oulimots font relâche, j’ai décidé de constituer un récit en écrivant au jour le jour sous les contraintes depuis le début. On verra bien où cela nous mènera.

En reprenant donc la contrainte des oulimots du 01/01 :
Coquelicot, analphabète, cage, sang arabesque, firmament, harmonie, transhumance, sirop

J’étais là, comme un lion en cage, à me ronger les sangs. Nous devions nous voir bientôt et, malgré la joie qui pouvait m’animer à cette perspective, une sourde angoisse montait en moi. Cette liaison virtuelle que nous entretenions depuis un moment déjà n’était qu’harmonie et nous avait emmené au firmament de la félicité. Mais qu’allait-il advenir lorsque nous nous retrouverions face à face ? J’avais peur de perdre toute contenance devant elle et de patauger dans un sirop de phrases convenues et plates, bien loin de nos conversations écrites. Parce que, si avec un clavier, j’arrivais à produire de bien belles arabesques avec les mots, ma timidité me rendait quasiment analphabète dans la vraie vie. Et j’avais si peur de la décevoir.

Bref, j’en perdais peu ou prou le sommeil malgré toutes les décoctions de coquelicot que je pouvais me faire le soir et les moutons que je pouvais compter pour essayer de m’endormir commençaient à constituer une sacrée transhumance. Il y avait cependant un avantage à mes endormissements aléatoires. C’était que, comme elle était passablement insomniaque elle aussi, nous avions plus de temps à consacrer à nos discussions. Et leurs heures indues nous laissaient plus de liberté. J’apprenais ainsi mieux la connaître, le paradoxe étant que, plus je la connaissais, plus je brûlais de me retrouver dans ses bras et plus je redoutais ce moment.

Puis le jour J arriva. Et, sur le trajet qui me menait à elle, je rejouais dans ma tête tous les scénarii imaginables, tout en sachant au fond de moi qu’aucun ne fonctionnerait à l’instant T et qu’il me faudrait alors improviser.

#ecriturecontrainte2018 (150)

30/05/2018 : Martinet, verge, chatte, érection, œillet, oignon, bourses, vit, bander.

Une contrainte, deux interprétations.

1/ Sage :

Je me demande vraiment s’il y a des bourses d’échange pour les félins. Parce que, là, je n’en peux plus, Poupougne me fait devenir chèvre. Qu’elle soit montée sur le toit pour essayer d’attraper les martinets au vol et qu’ensuite il ait fallu l’érection de la grande échelle pour aller la chercher, passe encore. Qu’elle ait bouffé le bouquet d’œillets que je destinais à ma bien aimée, toute ça parce qu’elle manquait d’herbe pour se purger, et qu’elle ait vomi ensuite sur la belle carte en papier vergé qui devait accompagner les fleurs, ça commençait à faire beaucoup. Alors, quand elle jeta à bas de la table la montre gousset de mon trisaïeul, mon sang ne fit qu’un tour. Pensez-vous, un oignon de deux siècles ! Sans compter la valeur sentimentale. Et croyez-vous qu’elle ait manifesté la moindre peur quand elle me vit approcher la main levée pour la corriger ? Au contraire ! Cette peste préféra l’offensive et me laboura le bras de ses griffes acérées, au point que je dus en bander les plaies afin d’éviter la lymphoréticulose. Non, vraiment, une chatte à la maison, ce n’est pas pour moi. Mieux vaut un bon gros matou. Entre mâles on se comprend.

2/ Ou moins :

Tu avais voulu mettre du piment dans notre vie sexuelle en y incorporant une composante BDSM. D’abord un peu réticent j’avais fini par accepter et venais, à ta demande, de te fesser. Échauffée par le martinet, tu étais donc là, à quatre pattes, offerte à mon érection. Cependant j’étais perplexe, ne sachant pas qui de ta chatte ou ton œillet accueillerait ma verge. Les deux palpitaient pourtant du désir que tu avais de me sentir en toi. Mais j’hésitais quant à ce que je voulais te faire. Commencer par l’un pour finir dans l’autre ? Alterner mes pénétrations pour te laisser la surprise de quel trou serait investi ? Vraiment, je ne savais que faire pour ton plaisir et restai là, la queue ballante. Mes tergiversations finirent par te faire perdre patience. Il y eut switch. De soumise tu devins Domina. Tu m’empoignas alors par les bourses afin de me contraindre à te suivre jusqu’au canapé, transformé en pilori occasionnel pour l’occasion. Tu m’y installas énergiquement. Maté par cette autorité qui émanait de toi je n’opposai aucune résistance, et, l’eussè-je fait, je n’aurais fait qu’exacerber ta fureur. Et Dieu sait ce qu’il serait advenu. Pour affirmer un peu plus ton emprise, tu pris soin de contraindre chacun de mes membres, y compris le plus viril. J’étais donc attaché, enfermé, offert à tes caprices. Et je sentis bientôt le monstrueux vit dont tu t’étais harnachée forcer mon oignon. C’était si bon. La cage de chasteté dont tu avais pris soin de m’affubler m’empêchait douloureusement de bander mais tes va et vient qui dilataient mon fondement me firent finalement me répandre à grosses gouttes sur le sol. Cette jouissance par contrainte fut une révélation.