Toupies (4)

Sous la contrainte des toupies hurlantes du 27/07/2018.

 

— Faites-moi plaisir, goûtez ceci.

Marc releva la tête, s’arrachant à la contemplation de l’horreur culinaire qu’on venait de lui apporter. Il ne savait pas ce qu’avait bu ou fumé le chef aujourd’hui mais il s’était loupé dans les grandes largeurs dans sa carte du jour. Non pas que ce fût sans saveurs. Mais plutôt que la perception que Marc pouvait avoir de leur accord était des plus discutables. Bref, c’était vraiment mauvais ce qu’on lui avait servi. Quoi que pouvaient en dire les snobinards de tout poil qui se gobergeaient aux tables alentours. OK, c’était un étoilé. Mais de là à n’apprécier les plats qu’à l’aune des chiffres sur la carte…

Marc regarda donc la femme qui me faisait face à table. Une amie intime mais dont les affinités avec lui s’étaient, hélas, arrêtées aux confidences qu’elle avait pu lui faire du défilé de ses amants. Enfin, jusqu’à ce jour. Parce que, là, son invitation à goûter s’accompagnait du dévoilement d’un sein qu’elle avait fait jaillir subrepticement à son attention.

Il resta là, un peu ébahi par la formidable vision qu’elle lui avait accordée. Bien que Marc l’ait toujours désirée à en crever, il n’aurait jamais osé espéré une telle avance. Il bredouilla donc son acquiescement alors qu’elle remisait l’objet du délit dans son chemisier.

— On y va alors ? Nous avons beau être un peu à l’écart, sous l’ombre de cette branche d’arbre, ça va se voir si vous venez me lutiner les tétons ici.

Marc eut alors la perception de regards convergeant vers leur table. Elle avait chuchoté cette phrase mais il avait l’impression que tout le monde l’avait entendue. Elle se leva précipitamment et quitta la table direction des toilettes. Marc lui emboîta le pas, comme dans un rêve. Ils entrèrent et elle referma la porte sur eux

— Ce que j’aime dans ces lieux luxueux, c’est qu’il y a de la place pour baiser dans les chiottes.

Marc ne releva pas l’inhabituelle vulgarité des propos dans la bouche de son amie, complètement hypnotisé par le contour des aréoles qu’elle tendait vers lui. Il prit enfin les globes offerts dans ses mains et commença à en apprécier la texture, du bout des doigts puis de la langue. Elle le laissa faire un moment, en soupirant d’aise. Puis elle le repoussa, se dégagea et alla s’appuyer contre le lavabo, les reins cambrée dans sa direction. Marc, fou de désir, passa outre sa timidité et releva autoritairement la jupe de son amie. Aucun dessous. Marc jubila. Il allait enfin pouvoir se confronter à ce cul qu’il désirait tant et cette perspective l’excitait au plus au point. Il bandait dur dans son pantalon. Il le fit alors glisser le long de ses jambes. Le caleçon également. Il avait la queue désormais à l’air, tendue vers sa cible. Il avança une main vers l’entrejambe de son amie. Elle était déjà trempée, bouillante. Il avança un doigt fureteur dans sa chatte.

— Enfin Marc, vous savez bien que ce n’est pas cette voie que je vous destine, je vous en ai déjà assez parlé, non ?

Il fit aussitôt le lien avec ce qu’elle lui racontait depuis toujours. Mariée, elle accordait l’exclusivité de son sexe à son époux. Ses amants avaient par contre celle de son cul. Il cessa donc immédiatement de la titiller. Mais il avait récupéré une bonne dose de mouille sur ces doigts dont il entrepris de lubrifier la rosette qui lui était promise. L’index d’abord. Puis le majeur. Une fois joints il les fit aller d’arrière en avant avec un mouvement de rotation pour dilater le trou. Elle se cambra un peu plus.

— Mettez la moi maintenant, je n’attends plus que ça. Et vous aussi.

Marc ne se fit pas prier pour présenter son gland contre l’anus désormais entrouvert. Puis, d’une irrésistible poussée, s’y engouffra. Elle était étroite, brûlante. Il eut un temps d’arrêt, comme pour s’y accoutumer. Puis commença ses va et vient. D’abord lents et délicats, ils devinrent vite plus sauvages. Le ventre de Marc tapait maintenant en rythme contre les fesses de sa désormais conquête tandis qu’il la maintenait fermement aux hanches. La tête penchée en arrière elle soupirait de plaisir sous les assauts qu’elle subissait. Puis ce devinrent des cris. Marc ahanait en cadence.

On frappa. Marc accéléra le mouvement, bien décidé à prendre son plaisir. Ils entendaient à présent toute la réprobation du monde de l’autre côté de la porte. Ils y étaient sourds, complètement pris par la montée de leur orgasme. Qui les prit d’un coup, lui se répandant dans les entrailles qu’il besognait, elle se cassant en deux vers l’avant. Ils restèrent un moment collés l’un à l’autre, groggy. Puis Il sortit d’elle. Son foutre gouttait. Elle sembla s’en soucier comme d’une guigne, se contentant de rabaisser sa jupe. Marc se rajusta.

Ils sortirent. Marc fut aussitôt saisi au collet et plaqué au mur par un costaud en maillot de corps.

— Petit con ! C’est la dernière fois que tu mets les pieds chez moi ! Il y a des hôtels pour vos saloperies !

Marc considéra l’homme en marcel avec amusement. La toque qu’il portait l’éclairait sur sa fonction et, par conséquent, sur ce qu’il avait pu avoir dans l’assiette et qui l’avait tant navré

— Comptez sur moi. Mais lâchez moi maintenant, je n’en partirai que plus vite.

Interloqué, le chef relâcha son étreinte. Marc prit son amie par la main.

— Suivez-moi, il y a mieux à faire ailleurs. À tout niveau. Je connais d’ailleurs un excellent kebab où nous serons certainement mieux accueillis qu’ici. Et je pense qu’il n’aura pas à rougir de la comparaison pour ce qui est de l’assiette. Je savais que la réputation d’ici était très surfaite, j’ai pu voir ce soir qu’on m’avait parlé par euphémisme.

La brigade dut se saisir de son chef, devenu fou de rage. Et le ramena en cuisine. Quant à Marc et son amie, ils quittèrent le restaurant, sous les regards courroucés de l’assistance, mais bien décidés à remettre le couvert en d’autres lieux. La soirée ne faisait en effet que commencer et il leur restait encore beaucoup de plaisirs, charnels ou pas, à découvrir.

Guère de religion

En reprenant la contrainte des toupies hurlantes du 23/07/2018

Mais quelle idée avais-je eu d’accepter l’invitation à ce fichu mariage ? Déjà, je déteste ce genre d’événements et là, les deux familles huppées, qui s’unissaient, plus pour concentrer leur puissance qu’à cause de l’amour que se vouaient les deux impétrants, avaient fait les choses en grand question cucuteries convenues. C’est ainsi que je prenais mon mal en patience depuis une bonne heure dans l’église jouxtant le château de la promise. Eglise qui était devenue le théâtre de la messe de mariage la plus ennuyeuse que j’aie jamais entendu. Creuse et moralisatrice, elle semblait tout droit sortie de l’esprit d’un prêtre des plus intégristes. Eût-elle été en latin, je n’en eusse pas été surpris. Mon anticléricalisme était réellement mis à rude épreuve. Et je redoutais, à son issue, le moment tant redouté de la quête au cours de laquelle j’allais passer pour un goujat en refusant de donner le moindre sou au denier du culte. Pas de ma faute quand même si j’avais des oursins dans les poches pour tout ce qui relevait de la religion. Pour tenir le coup, je me faisais mentalement la liste de toute la nourriture et de toutes les boissons alcoolisées qui ne manqueraient pas de trôner sur les buffets du vin d’honneur. C’était hélas insuffisant et je pensai à la flasque que j’avais dans la poche intérieure de mon veston Il était peut-être un peu tôt pour un cognac mais, à tout prendre, mieux valait être saoul pour supporter les inepties qui s’égrénaient en chaire.

C’est alors qu’un jeune homme bien mis de sa personne vint s’asseoir juste à côté de moi. L’écusson armorié qu’il avait à sa veste trahissait sa noble extraction. J’avais quelques notions de hiéraldique que mobilisai à en déterminer l’origine. De gueules à une face d’argent chargée de trois fleurs de lys d’azur. La branche d’Autichamp brise d’une couronne royale d’or en chef. J’avais bien le vocabulaire mais force me fut de constater que ce blason m’était parfaitement inconnu, m’interdisant de déterminer à la famille de qui il était rattaché . Je me contentai donc de présupposer qu’il s’agissait d’un lointain cousin de l’un ou l’autre des promis dans la mesure où il n’avait pas eu sa place aux premiers rangs. En tout cas il paraissait bien dévot, psalmodiant à chaque parole du curé. J’allais m’endormir quand, subitement je sentis une main qui caressait ma cuisse. C’était mon voisin à l’étrange écusson qui avait entrepris ce surprenant massage. D’étonnement, je faillis en faire tomber le carnet de chants qu’on nous avait remis à l’entrée de l’église. Je toisai l’importun d’un air réprobateur. Il me répondit par un sourire sans se démonter. Puis me chuchota à l’oreille :

  • On s’emmerde à mort ici, vous ne trouvez pas ? Suivez-moi.

Un peu interloqué, je ne sus que lui répondre. Un peu troublé aussi par son souffle sur ma tempe.. Il me prit alors la main et m’entraîna dans un recoin de l’édifice. Il semblait le connaître par cœur car nous gagnâmes un couloir secret, lequel nous amena dans une sorte d’appartement. Certainement celui réservé au ministère du culte. Sa main se fit alors plus pressante, caressant maintenant mon entrejambe. C’était surréel. Moi qui, à priori, n’avais rien à faire avec la gent masculine, je me retrouvais à me faire polir le chinois par ce godelureau et, force était de constater que ça ne me déplaisait pas. Il avait les mains longues et fines, les doigts agiles et il fallait que je me concentre pour ne pas souiller mon pantalon. C’est ainsi que mon regard faisait le tour de la pièce, cherchant des points d’attention. La casserole en inox abandonnée sur la table de cuisson par exemple. Oui mais, en regardant son manche, je me mis à penser au mien qui était au supplice là. Vite ! Trouver autre chose ! L’oeuf mollet abandonné sur la table, voilà une bonne idée. Comment trouver quelque chose de sexuel à cette nature morte ? La tension baissa un peu. Soudain mon partenaire lâcha ma queue et me tourna le dos, appuyé sur la table, cambrant exagérément les reins. Nous y étions. Il voulait maintenant que je m’occupe de son plissé. Un frémissement de panique me traversa. Je n’avais jamais fait ça à un garçon mais il m’avait mis dans de telles dispositions que je me voyais mal le lui refuser. Un ange bien peu catholique passa. J’allais baisser mon pantalon. Le sien était déjà sur ses chevilles, révélant un fessier glabre et rebondi. Soudain des cris éclatèrent et j’entendis des coups à la porte. Le charme était rompu. Deux robustes gaillards firent irruption et vinrent prestement enlever mon éphémère partenaire de ma vue. Puis le père de la mariée s’avança vers moi, l’air embarrassé :

  • Pas de mal Monsieur ? Désolés mais notre cousine a perdu l’esprit depuis qu’elle est devenue le premier chômeur de la famille et, en bonne descendante du Chevalier d’Eon, prend plaisir à semer la confusion en se travestissant.

Ainsi l’homme qui m’avait procuré un tel trouble, qui avait fait vaciller des croyances que je croyais inébranlables, n’en était pas un ? J’étais à la fois soulagé et frustré. Soulagé dans mes croyances d’hétéro. Frustré car l’expérience, pour le moins irrévérencieuse, aurait mérité d’être menée à son terme. Mais cette aventure tuée dans l’œuf allait probablement me donner un sujet. Pas de conversation, non. Mon entourage manquait cruellement d’ouverture d’esprit. Par contre, ce serait un chapitre intéressant à coucher dans mon journal intime. En attendant, je retrouvai l’assistance d’un pas lourd. La récréation était finie et la bienséance allait reprendre ses droits. Dommage…

Virtualité (3)

Nous sommes loin. Mais si proche à la fois. Qu’est réellement la distance géographique quand les esprits, les envies sont à l’unisson ? Et puis les moyens de communication ont tellement progressé en si peu de temps. Nous pouvons nous regarder l’un l’autre, en train de nous donner du plaisir, en direct ou quasiment. Alors, bien sûr, ça crée autant de tension que ça en assouvit. Mais n’est-ce pas un équilibre qui se crée et qui nous aide à supporter les kilomètres qui nous séparent ? Notre désir mutuel est intact, savamment entretenu par ces échanges virtuels. Et quand viennent les retrouvailles…

Attente

Il va falloir attendre ? Peu importe. Le jeu en vaut la chandelle. Je suis, de toute façon, extrêmement patient. Et, si c’est pour mieux la retrouver, que sont quelques jours, quelques semaines supplémentaires ? Bien peu de choses je vous le dis. Et, quand je constate que mon désir pour elle, loin de s’émousser, ne va que croissant, je me dis qu’il y a pire que cette délicieuse attente. Nous nous sommes déjà trouvés, nous nous retrouverons. Et ce qui ne fut pas sera. Peut-être.  Je le souhaite en tout cas. Ses envies seront les miennes, telle est ma résolution. Hâte.

L’aveu

Je crois que, depuis que j’ai découvert ce qu’était le sentiment amoureux, je n’ai cessé de l’être. Un sourire, une attitude, un rien et je succombais. Je succombe toujours d’ailleurs. La grande majorité des cas ce ne fut hélas que rêvé. Une timidité surdimensionnée couplée, comme c’est souvent le cas, à une image de moi déplorable ont souvent été des obstacles insurmontables. Mais j’ai aimé. Passionnément. L’ai je été en retour ? Sûrement. Et peut être plus que ce que je ne l’ai cru. Mais j’ai surtout souffert de ne pouvoir assumer ce trop plein dans un monde où les amours ne semblent se conjuguer qu’à deux. Car je crois que les miennes n’ont jamais été uniques, exclusives. Il me semble qu’il y a toujours eu, dans mon cœur, de la place pour plusieurs personnes.

Mais, curieusement, coucher n’a jamais été une fin en soi pour ce qui me concerne. J’ai besoin d’implication affective pour faire l’amour mais la réciproque n’est pas exacte. Donc j’ai aimé et j’aime. De façon plurielle. Platoniquement la plupart du temps. Et même si j’ai vécu des histoires fortes, passionnées, parfois houleuses, il y a toujours eu cette autre, ces autres dans un coin de ma tête, de mon cœur. Aucune relation n’a su effacer ces hypothétiques amours de mon esprit.

J’ai donc trompé de façon idéelle bien plus que de façon concrète. Cela fait il de moi un homme infidèle ? Assurément. Et, aux yeux des gens, peut être même d’une façon pire que si j’avais donné sans cesse des coups de canif dans mes différents contrats.

Mais j’ai l’impression que ce papillonnage, qui devient d’ailleurs de plus en plus réel au fur et à mesure que je m’accepte en tant que tel, est nécessaire à mon équilibre. D’aucuns évoqueront la crise de la cinquantaine. Je ne cherche pourtant pas à rattraper le temps perdu, à prendre une revanche sur une jeunesse gâchée. Ni à me prouver quoi que ce soit. Je découvre simplement qu’un autre possible existe et qu’il semble me correspondre plus que celui que j’ai vécu jusqu’à présent.

Alors oui, je l’assume, je suis un coeur d’artichaut. J’aime. Au sens large du terme. Pas à celui d’une norme à laquelle je me suis jusqu’à présent plié mais qui, finalement, ne m’a jamais convenu et dont je n’ai eu de cesse que de tenter de m’en évader en imagination. Alors, quitte à vous déplaire, je me préfère en panamoureux assumé qu’engoncé dans le costume trop étroit du compagnon idéal.

#ecriturecontrainte2018 (150)

30/05/2018 : Martinet, verge, chatte, érection, œillet, oignon, bourses, vit, bander.

Une contrainte, deux interprétations.

1/ Sage :

Je me demande vraiment s’il y a des bourses d’échange pour les félins. Parce que, là, je n’en peux plus, Poupougne me fait devenir chèvre. Qu’elle soit montée sur le toit pour essayer d’attraper les martinets au vol et qu’ensuite il ait fallu l’érection de la grande échelle pour aller la chercher, passe encore. Qu’elle ait bouffé le bouquet d’œillets que je destinais à ma bien aimée, toute ça parce qu’elle manquait d’herbe pour se purger, et qu’elle ait vomi ensuite sur la belle carte en papier vergé qui devait accompagner les fleurs, ça commençait à faire beaucoup. Alors, quand elle jeta à bas de la table la montre gousset de mon trisaïeul, mon sang ne fit qu’un tour. Pensez-vous, un oignon de deux siècles ! Sans compter la valeur sentimentale. Et croyez-vous qu’elle ait manifesté la moindre peur quand elle me vit approcher la main levée pour la corriger ? Au contraire ! Cette peste préféra l’offensive et me laboura le bras de ses griffes acérées, au point que je dus en bander les plaies afin d’éviter la lymphoréticulose. Non, vraiment, une chatte à la maison, ce n’est pas pour moi. Mieux vaut un bon gros matou. Entre mâles on se comprend.

2/ Ou moins :

Tu avais voulu mettre du piment dans notre vie sexuelle en y incorporant une composante BDSM. D’abord un peu réticent j’avais fini par accepter et venais, à ta demande, de te fesser. Échauffée par le martinet, tu étais donc là, à quatre pattes, offerte à mon érection. Cependant j’étais perplexe, ne sachant pas qui de ta chatte ou ton œillet accueillerait ma verge. Les deux palpitaient pourtant du désir que tu avais de me sentir en toi. Mais j’hésitais quant à ce que je voulais te faire. Commencer par l’un pour finir dans l’autre ? Alterner mes pénétrations pour te laisser la surprise de quel trou serait investi ? Vraiment, je ne savais que faire pour ton plaisir et restai là, la queue ballante. Mes tergiversations finirent par te faire perdre patience. Il y eut switch. De soumise tu devins Domina. Tu m’empoignas alors par les bourses afin de me contraindre à te suivre jusqu’au canapé, transformé en pilori occasionnel pour l’occasion. Tu m’y installas énergiquement. Maté par cette autorité qui émanait de toi je n’opposai aucune résistance, et, l’eussè-je fait, je n’aurais fait qu’exacerber ta fureur. Et Dieu sait ce qu’il serait advenu. Pour affirmer un peu plus ton emprise, tu pris soin de contraindre chacun de mes membres, y compris le plus viril. J’étais donc attaché, enfermé, offert à tes caprices. Et je sentis bientôt le monstrueux vit dont tu t’étais harnachée forcer mon oignon. C’était si bon. La cage de chasteté dont tu avais pris soin de m’affubler m’empêchait douloureusement de bander mais tes va et vient qui dilataient mon fondement me firent finalement me répandre à grosses gouttes sur le sol. Cette jouissance par contrainte fut une révélation.

#ecriturecontrainte2018 (144)

Une contrainte en quête de changement.

J’en avais ras le bol. Vraiment. Au bord du pétage de plomb. Mon entourage, habitué à mes compromis, me découvrait alors dans une logique de tout ou rien et, me sentant hors de contrôle, ne savait que décider entre stop ou encore. Et moi non plus. Bref, j’étais dans un vrai cul de sac existentiel. Alors je m’étais enfui et, réfugié dans cette chambre d’hôtel, l’écriteau “ne pas déranger” accroché à la porte, j’avais commencé à bazarder ma vie en petites annonces, prêt à offrir les frais de port à qui voudrait bien tout prendre. Il me fallait tout recommencer.

 

#ecriturecontrainte2018 (141)

Une contrainte de circonstance

Céleste*, voie, nébuleux/se*, leste* attraction* talon*, fil*, air* tortue*

Quand Babar revint de la ville et déjoua les plans des chasseurs, Céleste fut séduite par sa mâle assurance. Et cette attraction n’avait pour elle rien de nébuleux. Il avait beau être son cousin, il fallait absolument qu’elle le mette dans sa couche. Et son esprit leste ne voulait pas emprunter de chemin tortueux pour ce faire. Alors, l’air de rien, elle fut sur ses talons dès qu’elle le pouvait, prenant des airs inspirés aussitôt qu’il prenait la parole. C’était un peu cousu de fil blanc blanc comme méthode de séduction mais cela eut le mérite de fonctionner. Et, bientôt, Babar succomba aux douces attentions de sa cousine, ainsi qu’à son expertise des choses de l’amour. La voie était donc toute tracée pour un #royalwedding qui allait enchanter la savane.

#ecriturecontrainte2018 (138)

Une contraire en forme de genèse.

– coulée* banc* femme à sa toilette* fantôme* heureux* voiture* genoux* « ne bouge pas »* nuit*

La nuit venait juste de tomber lorsque Gustave sortit de la voiture qui le déposait à l’orée de la coulée verte menant jusqu’à l’hôtel particulier où elle l’attendait. Encore quelques pas et ils seraient ensemble. Il en avait les genoux tremblants. À tel point qu’il dut s’arrêter un instant sur un banc pour reprendre ses esprits. Il arriva enfin à la porte et sonna. Un majordome taciturne lui ouvrit.

  • Vous êtes en retard. Madame attend. Suivez-moi.

Un peu refroidi, il suivit le serviteur. Un peu comme un fantôme. Une fois arrivés devant le boudoir, le morne domestique le planta là, sans un mot. Gustave était un peu interdit. Un moment passa sans qu’il n’osât rien faire. Puis il finit par prendre son courage à deux mains et poussa la porte. Elle était là, devant sa table de toilette, en train de défaire sa crinoline. Il admira la vision double de son aimée qui, bien que lui tournant le dos, lui offrait la vue de son décolleté grâce à un habile jeu de miroir. Elle semblait ne pas s’être aperçue de sa présence et se déshabillait avec un naturel qui, bien que ne ressemblant que de très loin à un effeuillage, le rendait fou de désir.

  • Ne bouge pas !

S’entendit-il lui dire. Elle demeura immobile. Silencieuse, ses vêtements au sol. Un bref instant passa, durant lequel le regard de Gustave s’emplit de la scène qui s’offrait à ses yeux. Puis il s’approcha et commença à la caresser. Elle appuya ses mains sur la table et creusa un peu plus les reins, s’offrant à ses mains. Il prit son temps pour jauger les courbes et les proportions de son aimée, laquelle demeurait parfaitement impassible. Du moins en apparence. L’humidité qui perlait de son sexe révélait toutefois le plaisir qu’elle prenait à cette exploration. Gustave recueillit un peu de cette rosée du bout du doigt et la porta ensuite à ses lèvres. Son palais lui dit qu’elle était prête.

  • Le voulez-vous ma mie ?

Elle ne répondit pas mais pencha un peu plus son buste en avant, offrant des fesses de plus belle. À ce signal, Gustave n’y tint plus. Il déboutonna sa braguette et extirpa un membre raide et congestionné qu’il approcha prestement du con offert. Elle ne bougea pas d’un cil quand il s’enfonça en elle, ses mains crochées à ses hanches. Pas plus que quand il commença ses va et vient, d’abord langoureux, puis furieux. Elle fixait le miroir sans le moindre battement de paupière, offrant le reflet de son regard à l’homme qui la burinait. Gustave prenait un plaisir insensé à cet échange silencieux. Le manège dura un petit moment, sans qu’elle ne manifestât le moindre signe de passion. Puis il jouit dans un râle. Gustave retira finalement son sexe mollissant, qu’il remit dans son pantalon sans même prendre la peine de l’essuyer. Elle n’avait toujours pas bougé, le foutre de son amant mêlé à ses humeurs gouttant au sol.

  • Partez maintenant !

Ce furent les seuls mots qu’il entendit de sa bouche. Il obtempéra et quitta les lieux. Le glacial valet le raccompagna jusqu’à la sortie. Gustave était cependant heureux. L’inspiration semblait revenue. Il rentra directement à son atelier qu’il ne quitta pas jusqu’à l’aube. La femme à sa toilette était née.

#ecriturecontrainte2018 (135)

Une contraire de hall de gare.

Nez*, genou* immature* pouls, cheville* cabinet* flanc, boutonnière* turbulence*

“Tu me reconnaîtras facilement sur le quai, j’aurai un œillet à la boutonnière.”

C’était son dernier message avant leur premier rendez-vous. Elle avait souri en le lisant. Ce détail suranné mais charmant. Preuve, s’il en fallait, de son esprit décalé et joueur qu’elle appréciait tant. Dans la zone de turbulences affective qu’elle traversait, cet humour était comme une bouffée d’oxygène. Elle était impatiente de le découvrir dans la vraie vie.

Une photo de sa cheville juste ornée d’un origami de grue japonaise en guise de réponse. Il apprécia la symbolique qu’il trouva encourageante. Il reconnaissait là le perpétuel optimisme qu’il avait décelé dans ses paroles. Il se dit par contre qu’il devrait baisser les yeux pour identifier son inconnue. L’idée de ne pas forcément chercher un visage n’était pas pour lui déplaire. Il était curieux. Il avait hâte.

Ils avaient tous deux prétexté un déplacement professionnel pour se retrouver. Elle avait abandonné son agence de communication et lui son cabinet comptable. C’était un peu immature comme comportement se disait-elle. Mais elle en avait besoin. Lui aussi lui avait-il dit. Leurs pseudo-clients leur laissaient deux journées complètes à passer ensemble, qu’ils comptaient occuper de la plus agréable des façons. Quitte à prêter le flanc à la critique, autant que cela se passât du mieux possible.

Elle s’imaginait donc, à genoux devant lui, rendant hommage à son sexe dont les photos lui avaient causé tant d’émois. Elle appelait à la gâterie cette queue dont elle avait pu apprécier tant de fois la rectitude marbrée de belles veines. Et elle saurait y rendre grâce de sa bouche et ses doigts. Elle en avait envie et elle se disait que ce désir lui conférerait tous les talents. Irait-elle jusqu’à à le gober entièrement ? À en avoir le nez contre son ventre ? Elle l’espérait. Elle voulait le surprendre, l’amener dans ses derniers retranchements. Le faire exploser sur sa langue pour pouvoir le boire jusqu’à plus soif.

Il connaissait d’elle surtout son sourire. Qu’il brûlait d’embrasser. Ses lèvres semblaient si accueillantes. Pour le reste, elle ne s’était pas tellement dévoilée à lui, mais il avait entrevu à l’occasion un peu des courbes de son corps. Et il se plaisait à imaginer comment il prendrait ses seins en main, en agacerait délicatement les pointes d’un doigt délicat. Son intimité restait cependant un mystère qu’il s’était contenté de fantasmer. Il la voyait presque glabre. Juste soulignée d’une légère toison dans laquelle il perdrait ses doigts. Puis sa bouche, titillant ses lèvres du bas et son bouton d’une langue agile et légère. Il boirait ses sucs directement à leur source. Plus sensuel que sexuel, il rêvait de la caresser, la lécher, plus que de la prendre. Il serait toutefois attentif à ses désirs et tâcherait de les combler au mieux.

Et puis ils se retrouvèrent face à face. Elle l’avait reconnu en premier et lui avait tendu la jambe vers lui. Il vit l’oiseau de papier. Remonta doucement, ne perdant aucun détail. Jusqu’à son visage. Elle lui sourit. Il lui rendit son sourire.Il sentait son pouls battre à ses tempes sous le coup de l’émotion. Timidement, il déposa un baiser sur sa joue. Elle tourna la tête pour lui offrir sa bouche. Il la prit dans ses bras. Ils n’avaient que quelques heures mais il leur sembla à cet instant que la vie leur appartenait. L’éternité même.