Iris Solemnis

Iris Solemnis, paru dans la collection Alcôve des éditions Ex Aequo, est la suite logique de Iris à fleur d’O.

On avait vu, dans le premier opus une belle histoire d’amour, un peu épicée, commencer entre Iris et O

Le second, s’il lui donne toujours la part belle, s’offre la liberté d’ouvrir le champ des possibles 

Julie-Anne de Sée nous y montre toujours qu’une relation domi/soumis ne se passe pas forcément dans la souffrance et le fait avec l’élégance dont elle est coutumière.

Les mots sont choisis avec soin. Les situations sont pour le moins originales et illustrent à la perfection les trésors d’imagination que l’on peut déployer dans le cadre de relations entre adultes consentants.

On est toutefois loin ici de la bête juxtaposition de scènes de sévices. Il y a une vraie intelligence dans la narration L’érotisme n’en demeure pas moins très présent mais sait rester à son service. 

J’ai passé un très agréable moment à Lire Iris Solemnis et demeure persuadé que cet ouvrage, ainsi que celui qui le précède, peut servir à dédiaboliser le monde des relations de domination/soumission.

Vous cherchez à en savoir plus ? vous avez quelques clés dans ce livre, même s’il n’est que fiction. Il est terriblement réel.

Iris Solemnis est en vente sur le site des éditions Ex Aequo et sur les autres plateformes comme la Fnac ou Amazon

Délicieuse immersion

Je connais Clarissa Rivière par l’intermédiaire de ses écrits, que ce soient ses nouvelles ou son blog. Je voulais savoir ce que pourrait donner un texte long de sa plume. Alors, quand l’occasion m’a été donnée de lire « Immersion », son roman qui sort le 16 octobre aux éditions elixyria, je n’ai pas pu résister à la tentation de m’y plonger. 

Eh bien ce fut un réel plaisir. On retrouve dans cet ouvrage cette fraîcheur qui fait le charme de l’autrice. Le sujet, l’exploration d’une relation de domination / soumission, aurait pu rendre l’atmosphère de ce livre étouffante. Clarissa a réussi le tour de force d’en faire quelque chose de léger sans négliger la profondeur des personnages. Et même si, à l’occasion, certaines situation se montrent extrêmes, elles ne sont jamais vues de façon glauque.

Plus que la compilation de séances BDSM, Clarissa nous offre ici le récit d’une belle relation amoureuse qui sort des sentiers battus. 

Je ne vais pas vous dévoiler les détails du récit. Vous le découvrirez par vous-même. Je vous dirai juste que j’ai lu ce livre quasiment d’une traite, complètement captivé par l’histoire. Le titre en est parfaitement trouvé tant le texte est immersif. Le soumis romantique que je suis y a trouvé son compte en se fondant dans la peau d’Elric et je ne doute absolument pas du fait que je ne serai pas le seul, quel que soit le côté de la cravache où l’on se trouve.

En résumé, si vous êtes attirés par la domination / soumission, les histoires d’amour ou même les deux, je ne peux que vous inviter à vous procurer cet ouvrage. 

Vous voulez le lire ? C’est ici

Osez le polyamour.

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J’avais adoré « Troublante excitation » de Eve de Candaulie. Alors quand j’ai eu la possibilité de lire son dernier livre « Osez le polyamour » paru à la Musardine j’ai sauté sur l’occasion avec d’autant plus d’intérêt que je me sens particulièrement touché par le sujet. J’ai en effet toujours eu la sensation de conjuguer mes amours au pluriel sans oser l’assumer jusqu’à présent.

Je n’ai pas été déçu. Dès l’avant-propos Eve se montre parlante avec cette image que je trouve superbe :

« L’idée phare, c’est de ne plus penser vos relations comme des bulles qui doivent se séquencer. Elles peuvent tout à fait coexister en même temps quelle que soit leur taille et être très solides, durables ou d’une jolie lueur éphémère. »

Et puis on découvre au fil de l’ouvrage que le polyamour a une réalité historique. Qu’il est plutôt naturel si on le replace dans le contexte plus large du vivant et que, au contraire, le couple exclusif est une invention économique. Mais attention : le polyamour ne relève pas seulement de la multiplicité des relations. Il obéit à certaines règles malgré son image de liberté. Eve utilise d’ailleurs le terme « éthique », qu’elle oppose à la morale dans un de ses chapitres, et je trouve que c’est parfaitement juste. Je me permets de la citer :

Ainsi, la monogamie s’intéresse à des généralités, à des dogmes, tandis que le polyamour s’attache au spécifique, à des particularités. »

Et puis, ne l’oublions pas, le polyamour n’est pas seulement de la sexualité débridée. Les façons d’aimer sont légion – comme nous le rappelle Eve dans sa « théorie des cordes sensibles » et comme elle le développe par la suite – et peuvent s’interpénéter (si vous me permettez ce jeu de mots). Et, même au sein du polyamour, les façons d’évoluer ne sont pas figées. Eve parle de rapports entre êtres humains, rappelons-le. Avec tout ce que ça peut comporter de complexité.

Tout cela pourrait apparaître comme un essai purement théorique et difficile d’accès. Mais Eve l’a écrit avec la fluidité et l’intelligence que je lui connaissais déjà et sa lecture est donc aisée et passionnante. Si vous avez aimé ses précédents livres vous ne serez pas perdus. Et, si vous la découvrez, vous verrez à quel point son propos est immersif.

Belle cartographie du sujet, très documentée et annotée, ce livre a été pour moi une source d’acculturation au polyamour et une belle matière à réflexion. Eve à fait un beau travail pour en expliquer les tenants et les aboutissants et je suis persuadé que, comme moi, tout le monde y apprendra quelque chose. Mais gardez cela bien à l’esprit : ce n’est pas une étiquette de plus mais plutôt une ouverture du champs des possibles. Pas non plus une panacée mais une alternative au modèle monogame. Il est toujours de votre ressort d’inventer votre vie.

Le livre est disponible sur le site de la Musardine ainsi que sur toutes les plateformes habituelles.

La Peau Du Monstre

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Tout n’est qu’une question de point de vue : voilà ce qu’a été ma première pensée quand j’ai refermé ce livre. Car la monstruosité, quand elle existe, n’est qu’en fonction de celle où celui qui la regarde. Un charmant animal de compagnie ne peut-il par exemple pas devenir un redoutable prédateur ou une créature de science fiction une fois qu’il a quitté les genoux de sa maîtresse ? D’autres part, certains actes que l’on pourrait qualifier de monstrueux ne sont-ils pas le fruit d’une indifférence collective bien plus monstrueuse encore ? Dans un autre registre, certaines pathologies, certaines paraphilies ne font-elles pas passer pour monstrueuses les personnes qui, pourtant, les vivent au jour le jour. Bref, n’est-on pas tous, finalement, le monstre de quelqu’un ?

Tel est à mon avis le parti pris de Stella Tanagra dans son nouveau recueil de nouvelles. De nous montrer la possible monstruosité, selon comme on la regarde, de ce nous pouvons côtoyer au quotidien. C’est sous cet angle, celui du monstre qui peut se tapir en chacun de nous, que l’autrice déroule le fil de la douzaine de textes qu’elle nous propose ici .

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Stella nous avait habitués à de la littérature érotique au cours de ses trois premiers ouvrages. La voilà qui s’attaque au registre du fantastique. Mais toujours avec ce regard si spécifique et ce vocabulaire complexe qui sont sa patte. Vous avez aimé sa façon d’écrire des textes coquins ? Vous ne serez pas dépaysés ici, d’autant plus qu’on remarque ça et là des notes de sensualité.

Le thème de sa prose à certes changé. Mais elle est toujours aussi incisive et on n’en sort pas totalement indemne. On aime ou on déteste mais Stella est de celles dont l’écriture marque. Elle m’a marqué en tout cas.

Vous désirez vous y confronter ? Je vous y invite. Mais prenez garde : le monstre ne se trouve pas toujours là où l’on croit qu’il est.

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L’ouvrage est disponible ici ainsi que sur toutes les plateformes

Lettre 23

Lettre 22

Ma chère amie, 

Notre correspondance a bien failli se terminer aujourd’hui.

Figurez-vous que, alors que je déambulais sur ma terrasse à la recherche de la meilleure lumière possible pour ma série quotidienne, j’ai été surpris par la voisine, alors sortie sur la sienne. 

J’étais, vous vous en doutez bien, dans le plus simple appareil, à l’exception de mon nouveau bijou dont le saphir brillait de mille feux au creux de moi. Reflets qui avaient dû attirer l’attention.

Elle aurait pu me dénoncer pour exhibitionisme . 

Elle a plutôt eu un sourire d’encouragement. 

Je crois que j’ai une nouvelle fan

Votre Dévoué. 

Lettre 24

Conservez comme vous aimez. Mon impression

« On ne se rend pas compte de la suprématie des choses qui puent mais elles s’imposent »

Une phrase qui se décline dans nombre d’univers.

Et qui prend tout son sens dans la bouche de l’héroïne du dernier opus de Martine Roffinella : « Conservez comme vous aimez ».

Quoi de pire en effet que de se faire évincer par celle qui n’a pour elle qu’un pouvoir de nuisance ?

Une plongée dans la folie ordinaire des personnes auxquelles on prend tout et qui n’ont que des rites auxquels s’accrocher.

J’ai été happé. Au point de ne pouvoir le poser qu’à son dernier mot.

Courez-y.

Des coups tordus mais un plaisir non feint.

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“Amalric est un goujat”

C’est ce qui m’a le plus marqué dans ce recueil à quatre mains.

Mais les autres protagonistes ne sont pas en reste et, animés par les plumes élégantes et rafraîchissantes de Julie-Anne de Sée et Clarissa Rivière, ils sauront vous faire sourire. Parfois enrager. Mais surtout réfléchir.

Car nous sommes toutes et tous peu ou prou les homologues des personnes croisées au détour de chacune des trente histoires. Nos deux autrices ont réussi le tour de force de délivrer ici un bel inventaire de nos travers amoureux.

On peut se sentir égratigné.

On en est ravi.

 

ça se passe ici

Les hommes grillagés

 

J’ai lu « les hommes grillagés » de Martine Roffinella.

Je l’ai englouti d’un trait serait un terme plus exact. J’ai été happé et ai voulu aller jusqu’au bout. Pas pour en connaître la fin, non. Ce n’est pas un livre qui se conclut. Mais plutôt pour le shoot émotionnel qu’il procure. Sans craindre l’overdose. Parce que même si le texte est dur, brutal presque, ce qu’il en ressort est touchant. Et m’a rappelé certaines choses. Car, même si ce ne fut que l’espace d’une journée, j’ai connu la vie de ces hommes. Et leur humanité dans cette inhumanité.

Alors merci Martine

Les Dessous de l’innocence par Stella Tanagra : retour d’impression

Voilà maintenant de longues années que je lis. Des lectures de toutes sortes, sur tous supports. Et puis m’est venue l’envie d’écrire mon ressenti. Voilà donc mon retour d’impression sur Les Dessous de l’innocence aux Éditions Tabou

Après deux recueils de nouvelles, Sexe Cité et Sexe Primé, fort réussis à mes yeux, Stella Tanagra s’essaye maintenant au roman. À la romance comme elle le dit. J’étais donc impatient de lire ce nouvel exercice. Au point d’en avoir préféré dans un premier temps une version dématérialisée pour pouvoir l’amener en weekend avec moi. La version papier n’était de toute façon pas encore disponible. Eh bien, je n’ai pas été déçu du voyage.

Tout d’abord on n’est pas dépaysé. On retrouve avec plaisir son goût pour la musicalité des mots et les figures de style. Notamment un oxymore qui m’a littéralement sauté au visage mais que je vous laisse découvrir. Stella ne déroge pas non plus à son sens aigu de la description et cela sert à merveille son histoire. Ce que l’on découvre par contre, c’est qu’elle sait tenir en haleine le lecteur. Le récit va crescendo au fil des pages et, bien qu’on se prenne à imaginer ce qui va advenir, la surprise est souvent au rendez-vous. Ajoutons à cela le talent reconnu de l’auteure pour ses scènes érotiques et nous avons à mes yeux tous les ingrédients d’une réussite littéraire.

Les dessous de l’innocence est un livre qui se savoure. Je me suis d’ailleurs contraint à faire des pauses dans ma lecture pour mieux l’apprécier. Cette friandise ne mérite pas la boulimie mais plutôt d’être dégustée.

En résumé, je vous encourage vivement à courir chez votre libraire préféré afin de vous procurer les dessous de l’innocence. Je prends le pari que vous succomberez également.