Voyage (3)

J’ai envie de toi. C’est viscéral. Alors, il est vrai, nous ne nous sommes vus, ou plutôt croisés, qu’une fois.  Mais j’ai, en persistance rétinienne, les courbes de tes hanche, de tes seins. Que je ne demande qu’à parcourir des doigts ou de la bouche. Ce qui m’amènerait probablement vers tes trésors les plus secrets, ceux, exclusivement réservés aux initiés. Alors, peut-être que j’userai d’autres artifices pour en explorer les méandres.

Hélas, tu ne m’as certainement pas remarqué dans la masse des usagers de la voiture bar du train qui nous emmenait dans le Sud. Mais je ne t’oublierai pas

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Distance

Je t’ai cherchée longtemps, ne te trouvant jamais.

Et puis il y a eu ce fortuit rendez vous

Auquel tu m’as convié. Et depuis, je l’avoue,

Je n’ai jamais cessé de désirer t’aimer.

 

Virtuelle vision, devenue bien réelle,

Tu m’es lors apparue comme si évidente

Avec ton charme fou qui, désormais, me hante.

Je ne sais si tu sais à quel point tu es belle.

 

S’il n’y avait que ça. Mais tu as de l’esprit

À revendre. Et cela me tente au plus haut point,

Surtout quand tu me racontes à brûle pourpoint

Tes rêves les plus fous et que tu m’y inscris.

 

Je suis loin, je le sais, et manque d’occasions

De nous sortir un peu d’une pénible vie.

Cela n’enlève rien à toutes les envies

De toi que j’ai souvent, ô ma douce évasion.

 

C’est donc trop rarement que tu es en émoi

Sous les draps ou ailleurs mais en ma compagnie

Alors, bien que, systématiquement, tu nies,

Peut être n’attends tu pas vraiment après moi

 

Ton absence me tue, la jalousie me mord,

Lorsque je t’appelle et que tu ne réponds pas.

Et, bien que ça m’amène de vie à trépas,

Crever de ton craving est une jolie mort.

 

Il suffit cependant d’un sourire ou d’un mot

Venant de toi. Alors, la flamme se ranime

Et mes sens se réveillent alors, unanimes,

En un élan qui sait transcender tous mes maux.

Hommage

Ma belle, tes tétons, ce dimanche matin,

Ont un rose joli, tellement inspirant,

Que souligne toujours ton sourire mutin

Propre à nous rendre fous, nous tous tes soupirants.

 

C’est avec un plaisir toujours renouvelé

Que nous te contemplons lorsque tu te dévoiles

Avec tes cafés. Et je crois me rappeler

Que ta contemplation me fait frémir la moelle.

 

Alors ne cesse pas d’en boire. Et montre nous

Ce corps dont nous aimons le moindre des atouts.

Tes matins nous ravissent et nous les aimons tant.

 

J’essaie quelquefois de te rendre la pareille.

Hommages que je rend à ce qui m’émerveille

En exhibant mon torse. Instant surexcitant.

 

L’aveu (2)

Je rêve de me retrouver avec elle, contre elle. Pas forcément en elle. Bah oui, j’ai surtout envie de l’embrasser, la caresser, la lécher. Pourquoi la pénétration serait-elle une fin en soi ? Certes, je suis un garçon. Mais, même si je ne rechigne pas à me servir de ma bite, elle n’est pas mon principal instrument de plaisir. Je préfère jouer de toute la gamme des organes dont je dispose pour en donner. Et puis, une langue, des doigts, ne sont-ils  pas plus “fins”, précis, pour partir à la découverte du corps de l’autre ? C’est en tout cas mon opinion.

Attente

Il va falloir attendre ? Peu importe. Le jeu en vaut la chandelle. Je suis, de toute façon, extrêmement patient. Et, si c’est pour mieux la retrouver, que sont quelques jours, quelques semaines supplémentaires ? Bien peu de choses je vous le dis. Et, quand je constate que mon désir pour elle, loin de s’émousser, ne va que croissant, je me dis qu’il y a pire que cette délicieuse attente. Nous nous sommes déjà trouvés, nous nous retrouverons. Et ce qui ne fut pas sera. Peut-être.  Je le souhaite en tout cas. Ses envies seront les miennes, telle est ma résolution. Hâte.

Voyage (2)

Dans le train. Retour d’un bref voyage professionnel. Content. L’enrichissement personnel que j’en retire me ravit. Pas pour son objet principal, en forme de fin de cycle, non. Pour son corollaire. Ces minutes où, sorti du virtuel, j’ai pu toucher du doigt et des lèvres une réalité qui me convient tellement plus. Ces personnes dont je connaissais seulement l’image et les mots et qui sont devenus, pour mon plus grand bonheur, des êtres de chair. Alors, ma décision est prise, il y aura d’autres voyages. Bientôt. Pour d’autres raisons, sûrement. Ils me manquent déjà. Ceux qui manquaient à l’appel également.

Voyage

Ferroviaire transport qui me mène vers toi,

Je suis si impatient d’enfin te retrouver

Pour alors de mon regard pouvoir te couver

Et, enfin, t’enlacer pour de tendres émois.

Les cahots du transport me gardent en éveil

Presque autant que l’envie de t’avoir en mes bras.

La magie à venir, cet abracadabra

De ton corps contre moi. Cette idée m’émerveille

Du train où vont les choses on aura, c’est certain

Dès que j’arriverai de la complicité.

Car nous serons amants. Et la lubricité

Promise deviendra un moment libertin.

Nous avons tant à dire, à faire, et j’entrevois

Ton corps nu et offert dans mon imaginaire.

Et je lui offrirai tous les préliminaires

Auxquels il a droit. Jusqu’à te laisser sans voix.

En attendant, je vois défiler, sous mes yeux,

La campagne endormie, qui ne se doute pas

Que je ne pense qu’à caresser tes appas,

Qui ont, j’en suis certain, un galbe délicieux.

J’ai hâte d’être enfin, avec toi, sur le quai

Mon voyage fini, un autre commençant

Dans de douces contrée. Et ce que je ressens

À cette idée me met, corps et âme au taquet.

Sonnet pileux

Ta toison caressée, du regard seulement,

Me donne des envies de choses plus osées.

J’entrevois, sous le poil, ton beau sexe rosé

Et je veux le laper si animalement.

 

Je n’ai jamais compris cet absurde diktat

Du minou épilé. Et je m’insurge alors

Contre cette agression infligée à vos corps.

Même si, quelquefois, il se peut que j’en tâte.

 

Alors, je t’en supplie, laisse sur ton pubis

Ce triangle subtil, féminin ô combien.

Ne succombe donc pas à l’appel du rasoir.

 

Et puis, quand nous serons ensemble en ton boudoir,

Je saurai rendre hommage à ton con. Et si bien

Que, tout à ton plaisir, tu voudras que je bisse.

L’aveu

Je crois que, depuis que j’ai découvert ce qu’était le sentiment amoureux, je n’ai cessé de l’être. Un sourire, une attitude, un rien et je succombais. Je succombe toujours d’ailleurs. La grande majorité des cas ce ne fut hélas  que rêvé. Une timidité surdimensionnée couplée, comme c’est souvent le cas, à une image de moi déplorable ont souvent été des obstacles insurmontables. Mais j’ai aimé. Passionnément. L’ai je été en retour ? Sûrement. Et peut être plus que ce que je ne l’ai cru. Mais j’ai surtout souffert de ne pouvoir assumer ce trop plein dans un monde où les amours ne semblent se conjuguer qu’à deux. Car je crois que les miennes n’ont jamais été uniques, exclusives. Il me semble qu’il y a toujours eu, dans mon cœur, de la place pour plusieurs personnes.

Mais,  curieusement, coucher n’a jamais été une fin en soi pour ce qui me concerne. J’ai besoin d’implication affective pour faire l’amour mais la réciproque n’est pas exacte. Donc j’ai aimé et j’aime. De façon plurielle. Platoniquement la plupart du temps. Et même si j’ai vécu des histoires fortes, passionnées, parfois houleuses, il y a toujours eu cette autre, ces autres dans un coin de ma tête, de mon cœur. Aucune relation n’a su effacer ces hypothétiques amour de mon esprit.

J’ai donc trompé de façon idéelle bien plus que de façon concrète. Cela fait il de moi un homme infidèle ? Assurément. Et, aux yeux des gens, peut être même d’une façon pire que si j’avais donné sans cesse des coups de canif dans mes différents contrats.

Mais j’ai l’impression que ce papillonnage, qui devient d’ailleurs de plus en plus réel au fur et à mesure que je m’accepte en tant que tel, est nécessaire à mon équilibre. D’aucuns évoqueront la crise de la cinquantaine. Je ne cherche pourtant pas à rattraper le temps perdu, à prendre une revanche sur une jeunesse gâchée. Ni à me prouver quoi que ce soit. Je découvre simplement qu’un autre possible existe et qu’il semble me correspondre plus que celui que j’ai vécu jusqu’à présent.

Alors oui, je l’assume, je suis un coeur d’artichaut . J’aime. Au sens large du terme. Pas à celui d’une norme à laquelle je me suis jusqu’à présent  plié mais qui, finalement, ne m’a jamais convenu et dont je n’ai eu de cesse que de tenter de m’en évader en imagination. Alors, quitte à vous déplaire, je me préfère en panamoureux assumé qu’engoncé dans le costume trop étroit du compagnon idéal.

Réciprocité

Caresses réciproques sur le canapé

Que se donnent sans fin les amants éperdus,

Je les veux avec toi mais la tâche est ardue,

À notre quotidien il est dur d’échapper.



Il nous faudrait trouver le lieu et l’occasion

De pouvoir nous goûter jusques à pâmoison,

Accorder nos plaisirs à ce doux diapason,

Et faire ainsi entrer nos deux corps en fusion.



Lécher ton abricot et tes lèvres rosées,

Et ta bouche faisant à ma queue un fourreau,

Habite bien souvent mes pensées délurées.



En attendant, je souhaite pouvoir t'assurer,

Car je garde l’espoir d'être un jour ton héros,

Du désir qui est mien par ces rimes osées.