Oulimots : l’histoire (10)

En reprenant la contrainte des oulimots du 10/01/2018

Velours, Profane, Sacré, Balançoire, Chrysalide, Glucide, Hérisser, Débonnaire, Gallinacé

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Quand nous fûmes arrivés à ma voiture, elle préféra monter derrière, arguant que, le cas échéant, il lui serait plus facile de se dissimuler aux regards extérieurs en s’allongeant sur la banquette. Ce qu’elle fit aussitôt. Je démarrai et m’immisçai dans la circulation déjà dense de la métropole qu’il nous fallait quitter au plus vite. Était-ce la fatigue ? Cette longue suite d’émotions contradictoires ? Toujours est-il qu’elle ne disait pas un mot. J’étais donc seul à meubler la conversation. Et, au bout d’une dizaine de minutes, un bref regard m’apprit qu’elle s’était endormie sur le velours un peu élimé des sièges. Je me tus donc et me concentrai sur ma conduite. Pas assez probablement car le cri strident d’un sifflet à roulette me hérissa subitement le poil. Et je vis un agent me faire de grands signes pour que je m’arrête. L’idée de commettre un délit de fuite me traversa un instant l’esprit. Mais jugeant illico que nous serions immédiatement pris en chasse, je décidai d’obtempérer, me disant que si j’avais commis une infraction bénigne, je m’en sortirais avec un bon acte de contrition. Le pandore s’approcha, débonnaire.

  • Alors monsieur, il n’y a donc pas de feux dans votre cambrousse ?

Il avait vu mon numéro minéralogique et, visiblement, pour lui tout ce qui était au delà du périphérique était le tiers monde. J’eus un sourire gêné, bien décidé de la jouer au bluff.

  • Mes excuses monsieur l’agent mais j’étais plus préoccupé par ce qui se passait derrière. Madame a voulu faire la tournée des grands ducs et, comme elle tenait une sacrée cuite, il a fallu que je vole à son secours. Et maintenant, je me hâte de la ramener avant qu’elle ne profane les sièges.

Le gallinacé considéra la forme pelotonnée sur la banquette. Ses cheveux longs , répandus de manière désordonnée sur son visage, la rendaient méconnaissable. Elle faisait vraiment peine à voir ainsi allongée. Il rit.

  • Votre papillon de nuit semble avoir regagné sa chrysalide en effet. Allez, filez ! Mais essayez de faire un peu plus attention maintenant. Les collègues ne seront pas forcément aussi sympa que moi.

Je me confondis en remerciements et promis d’être exemplaire désormais. Et je réintégrai la circulation. Nous l’avions échappé belle et la chance ne nous sourirait peut-être plus de la sorte. Aussi je redoublai de prudence.

J’avais gagné l’autoroute depuis une bonne heure maintenant quand j’eus un léger étourdissement. Je n’avais rien mangé depuis la veille et, si je voulais que nous arrivions à bon port, il me fallait absolument faire provision de glucides. Heureusement une aire s’annonçait à quelques kilomètres, où nous pourrions nous restaurer et prendre un café.

Une fois arrivé je pris soin de me garer un peu à l’écart, derrière l’aire de jeux. Il était trop tôt pour qu’elle soit envahie par la marmaille et, masqués par les balançoires je pensais que nous serions moins visibles. Je secouai légèrement l’épaule de mon amireuse pour la réveiller. Elle aurait au moins autant que moi besoin de se restaurer pensai-je. Elle fit un bond et étouffa un cri. Je la rassurai. Ce n’était que moi et nous avions mis un peu de distance avec ses ennuis. Je lui demandai ce qu’elle voulait. Elle me réclama du café. Rien de plus. Elle me dit qu’elle réfléchissait mieux le ventre vide et que, là, il fallait que ses neurones tournent à plein régime pour analyser la situation. Je la laissai donc pour aller chercher ce dont nous avions besoin. Quand je revins, elle avait disparu, me laissant en plan avec mes gobelets et mes doutes.

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Oulimots : l’histoire (9)

En reprenant la contrainte du 09/01 des oulimots.
Semences, Œdipe, Cavalier, Saxophone, Moiteur, Érudit, Architecture, Stéréotypé, Citron.

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Nous ne dormîmes toutefois pas d’un trait. Notre nuit vit notre sommeil entrecoupé d’ébats plus ou moins tendres, mais toujours passionnés. C’était du moins ce que j’avais ressenti, ma belle semblant avoir partiellement lâché prise. Et l’aube nous trouva emmêlés l’un à l’autre. Mais quand les premiers rayons du soleil nous firent ouvrir l’oeil, ce fut une sacrée panique. L’heure n’avait que trop tourné et mon amante aurait déjà dû regagner son lieu de garde à vue. Et ses geôliers, bien que lui ayant été redevables d’attentions leur ayant permis de tutoyer l’extase ce qui les avait amadoué et lui avait permis de s’éclipser, risqueraient de trouver son retard pour le moins cavalier. Et la poursuite de l’interrogatoire serait certainement des plus désagréables avec l’alternance stéréotypée du good cop et du bad cop. Et je craignais que la tendance ne soit plutôt à la surreprésentation des seconds, projecteur dans la figure à l’appui, tant j’imaginais les enquêteurs érudits en matière de pression diverses et variées. Et, malgré la force de caractère que j’avais pu déceler en elle, je doutais fort que ma belle n’y résiste longtemps. Il me fallait la tirer de ce mauvais pas. Mais comment ?

L’heure était grave et le temps compté et j’étais là, à me presser le citron afin de trouver une issue honorable à ses déboires. . Quand, subitement une idée me traversa l’esprit. Un de mes amis musiciens, en tournée à l’étranger, m’avait laisser les clés de sa maison afin que je puisse arroser les plantes et faire l’entretien courant. Et l’architecture des lieux se prêtait à merveille à la clandestinité. En effet, tout avait été conçu pour qu’il puisse jouer du saxophone tout son saoul, sans que son voisinage ne puisse s’en rendre compte. La présence de mon amireuse y passerait donc parfaitement inaperçue et elle pourrait y résider le temps nécessaire à un retour au calme de ses affaires. Et comme la fragilité des semences que mon ami faisait pousser dans son jardin nécessitait que j’y passe souvent, mes allées et venues sembleraient tout à fait normales.

Je fit part de cette réflexion à mon amante. Elle s’était déjà refermée et fronça d’abord les sourcils. Puis me dit que, foutue pour foutue, ce maigre répit lui permettrait d’activer ses réseaux afin de limiter la casse. Elle espérait ainsi que certaines de ses relations en haut lieu pourraient étouffer l’affaire et lui rendre une semi virginité sur la place publique. Elles lui étaient en effet redevables d’avoir trouvé en elle une personne qui leur permettait une catharsis de leur Oedipe mal réglé et qui pouvait les entraver dans l’exercice de leur pouvoir. C’était risqué car ces gens avaient la mémoire courte et la rancune tenace. Mais cela valait le coup d’être tenté.

Une fois la décision prise, nous ne fûmes pas longs à nous mettre en route. Nos maigres affaires rassemblées, nous sortîmes donc de la chambre en catimini. Par bonheur, la réception était déserte et nous pûmes gagner la rue inaperçus. Il faisait déjà chaud et la moiteur de l’été collait nos vêtements à notre peau. J’eus alors un regard langoureux sur son corps ainsi moulé. Elle était faite comme une statue grecque et j’étais béat d’avoir pu en profiter. L’envie de recommencer me reprit de la plaquer au mur mais, hélas, l’heure n’était pas vraiment à la gaudriole. Il nous fallait gagner au plus vite mon véhicule afin de quitter la ville avant que l’alerte ne soit donnée. Nous pressâmes donc le pas, le profil bas, rasant les murs, priant pour que notre signalement n’ait pas déjà été donné.

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Oulimots : l’histoire (8)

En reprenant la contrainte du 08/01 des oulimots.

Autrefois, Présent, Héritier, Comparer, Bien, Rigolade, Boucan, Question, Vent

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La récompense de mes efforts et attentions vint quand, sans qu’aucun son ne sortît de ses lèvres, je sentis ses cuisses broyer mes tempes alors qu’un puissant squirt inondait mon visage. Puis mon amireuse, apaisée par cet orgasme, se détendit. Je m’allongeai alors auprès d’elle pour la prendre dans mes bras et l’embrasser. Elle se posa volontiers sur mon épaule. Et, peut-être rassurée par ma présence, se confia.

Autrefois escort girl pour arrondir les fins de mois difficiles de sa vie étudiante, elle avait rapidement constaté que sa culture et son charme étaient des armes extrêmement redoutables dans la résolution d’un conflit ou la signature d’un contrat. Elle s’était également vite rendu compte de son pouvoir de persuasion, pas seulement au lit. Quant à son savoir des choses de l’amour, Elle avait eu, me dit-elle, d’excellent.e.s professeur.e.s, dont une geisha particulièrement prisée dont elle était l’unique héritière des savoirs ancestraux. Elle avait donc créé une agence de conseil en stratégie et négociation pour, d’une certaine manière, légitimer son activité. C’est ainsi qu’elle avait rencontré celui pour lequel elle était plus ou moins en fuite à présent. Il avait, dans un premier temps fait appel à ses services, puis était devenu son mentor et, enfin, son compagnon. Elle reconnut que cette situation était bien rarement confortable et que, selon la nature des négociations qu’elle avait à mener, l’ambiance n’était pas à la rigolade dans son couple. Car, bien qu’étant un des bénéficiaires des talents de mon amireuse, le défunt n’était pas le dernier question jalousie. Et, pour peu qu’il ait eu vent d’une affaire avec quelqu’un d’un peu trop bien mis de sa personne, il y avait un sacré boucan dans leur appartement quand elle rentrait. Compte tenu de ce caractère bien trempé, ma belle ne comprenait d’ailleurs pas pourquoi il avait sauté par la fenêtre. Et, à son regard, je compris vite qu’elle était persuadée qu’on l’avait aidé, et que la lettre qu’il avait censément laissée n’était là que pour lui faire porter le chapeau et, ainsi, l’éliminer du marché.

Un complot ! J’étais abasourdi. À comparer nos existences, je faisais bien pâle figure avec ma petite vie d’employé sans histoire. Et cela rendait encore plus obscur l’intérêt qu’elle pouvait bien me porter. Je lui posai donc la question.

  • Tu es sans histoires, toi. Alors, en avoir une avec toi c’est tellement reposant. Mais maintenant que…

Elle se tut et, une nouvelle fois, je vis passer cette ombre dans son regard. Je n’eus toutefois pas le loisir de la consoler cette fois. Sans un mot, elle s’était emparée de mon sexe et avait entrepris de me masturber d’un rythme lent et soutenu. Cette caresse lancinante me procurait des sensation incroyables. J’étais loin des conquêtes que j’avais pu avoir et pour qui cet exercice était une figure imposée dont il fallait se débarrasser au plus tôt. Ici, c’était pratiqué avec art et passion. Du moins c’etait ainsi que je le vivais. Et, à voir l’attention de son regard sur mon membre, je devinais qu’elle vivait l’acte avec autant d’intensité que moi. Mon souffle s’accélérait, témoin de mon plaisir. Mais elle ne voulait pas en rester là. Ses lèvres vinrent poser un bien peu chaste baiser sur mon gland. Puis, s’entrouvrant, glissèrent avec une infinie douceur le long de ma hampe. J’étais donc maintenant tout entier dans sa bouche. Elle s’immobilisa un instant, puis remonta. Lentement. Mon amante semblait avoir un savoir infini en matière de fellation tant le dosage de succion, d’aspiration et de pression de sa langue semblait être fait pour m’amener à l’extrême bord de l’orgasme et m’y maintenir tant qu’elle le jugerait bon. Cette sensation d’être sur le point de jouir augmentée de sa durée m’avait plongé dans une sorte de transe et j’avais peu ou prou perdu toute sensation de mon environnement. Seules comptaient ma verge et cette bouche démoniaque qui en avait pris possession.

  • Je…

Elle ne répondit pas mais sa bouche m’abandonna. Sa main avait repris le relais et ses yeux me considéraient, mi tendres, mi amusés. Elle plongea alors sa langue dans ma bouche pantelante, ce qui déclencha mon plaisir. Et je me répandis à longs jets sur son ventre et sa poitrine vers lesquels elle m’avait délicatement orienté afin de recevoir cette offrande.

Je la regardai, éperdu de reconnaissance et admiratif de son savoir. Elle esquissa un sourire dans lequel je devinai un remerciement muet. Puis, ivres de plaisir et de fatigue, nous nous endormîmes, lovés l’un contre l’autre.

Oulimots : l’histoire (7)

En reprenant la contrainte du 07/01 des oulimots.

Couler, sable, frisson, songe, valser, nacré, voluptueux, douceur, claque.

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J’aurais volontiers pris mon amante là, contre un mur, en pleine rue, tant mon désir pour elle était grand. Et je crois qu’elle ne s’y serait pas opposée si je lisais bien son regard. Je pensais cependant à sa semi liberté, même pas officielle et à ses conséquences. Et, en y réfléchissant bien, si une patrouille nous surprenait en plein ébat, nous ne serions pas sortis du sable. Aussi, d’un commun accord, nous décidâmes de gagner l’intimité sécurisante et discrète de ma chambre d’hôtel. Les cinq minutes théoriques de marche y menant se virent toutefois affectées d’un coefficient trois tant, dans notre empressement, nous faisions des pauses baisers et caresses sitôt que nous trouvions un prétexte pour ce faire.
Arrivés à destination, mon amireuse eut un soupir de soulagement. Je n’avais pas choisi un de ces claques luxueux pour lobbyistes ou businessmen et elle ne courait pas le risque d’être identifiée, ce qui aurait sonné le glas de notre rencontre. Nous parvînmes enfin à la porte de ma chambre que j’ouvris avec précipitation et maladresse, tant mes mains brûlaient de se consacrer plutôt à l’exploration du moindre centimètre carré du corps de ma belle. Inutile de préciser qu’une fois à l’intérieur nous envoyâmes valser nos vêtements en tout sens afin d’enfin pouvoir profiter de nos nudités.
Comme dans un songe je vis apparaître sous la lumière des halogènes le galbe voluptueux de sa poitrine. J’avais déjà pu en apprécier la texture sous ma paume, mais la découverte visuelle de ses seins aux épaisses pointes sombres n’en était pas moins un ravissement. Je les pris tendrement entre mon pouce et mon index. Elle pencha la tête en arrière. Puis je descendis vers son ventre. Je me serais bien attardé un peu mais le regard impatient de mon amante m’apparut presque comme l’ordre de l’aider à ôter sa jupe. Je libérai ainsi ce qui manquait encore à ma vue. J’eus alors un délicieux frisson en voyant apparaître le buisson luxuriant de son pubis. Elle n’était pas de celles à avoir succombé à la mode de l’épilation intégrale et je lui en savais gré. Je lui fis part de mon plaisir à ce propos. Elle me répondit que je ne pouvais pas imaginer à quel point mon opinion pouvait être partagée dans les hautes sphères. Et une ombre voila son regard. Son lourd passé, dont je n’entrevoyais qu’une infime partie, semblait lui gâcher cet instant, ce qui était la dernière chose que je voulais.
Je fis alors allonger mon amireuse au bord du lit, les jambes largement écartées et pendantes et m’agenouillai entre elles. J’avais ce désir fou de la faire jouir de mes doigts et de ma bouche pour tenter de tout lui faire oublier. Je commençai donc par embrasser délicatement sa toison puis ses lèvres. Je les écartai légèrement afin de découvrir le rose légèrement nacré de son clitoris, dont la turgescence témoignait du désir qu’elle pouvait avoir. Je le contemplai un instant puis, goulûment, le pris entre mes lèvres, l’aspirant avec douceur. Ma belle eut alors un sursaut et plaqua ses mains sur ma tête, m’interdisant tout retour. J’étais donc condamné à rester, la tête entre ces cuisses tant convoitées, dévoué au plaisir de ma belle. La prison me plaisait et j’en entrepris l’exploration exhaustive, arrachant au passage des soupirs de contentement à ma geôliere. Pas plus cependant. Elle semblait avoir un contrôle d’elle même hors du commun, et, malgré ce que pouvait laisser transparaître son langage corporel, ne voulait visiblement rien me donner de plus.
J’étais un peu vexé mais en pris mon parti. C’était un de ses nouveaux mystères et j’avais décidé de le respecter. Je n’en rendis toutefois pas les armes, bien décidé à sentir son plaisir couler dans ma bouche, dussè-je ne pas entendre le moindre encouragement de la sienne.

Oulimots : l’histoire (6)

En reprenant la contrainte du 06/01 des oulimots.

Vert, prisme, miroir, lien, échéance, désuet, théâtre, nonchalant, canne.

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Une fois qu’elle eut fini son récit, je proposai un verre à mon amireuse. A mon grand étonnement, elle commanda un Mint Julep. Décidément je n’étais pas au bout de mes surprises. Qu’elle ait choisi ce cocktail un peu désuet n’était ni commun ni anodin à mes yeux. Le rhum, d’un daiquiri par exemple, m’aurait semblé plus conforme à l’idée que me faisais d’elle. Mais du bourbon. Même adouci de sucre de canne, cet alcool me semblait un peu raide pour un gosier féminin. Et ce, même après l’avoir entendue me raconter son histoire. Alors, l’envisager maintenant au travers du prisme de ses consommations me plongeait un peu plus dans une fascinante perplexité. Qu’elle fût à ce point complexe me ravissait au moins autant que cela pouvait m’inquiéter quant aux suites données à cette rencontre. Et, plus je cherchais à faire le lien entre ce que je savais d’elle et ses motivations à me voir, moins je comprenais. Mais c’était un fait avéré, j’avais envie d’elle et, au moindre signe de sa part, le sofa sur lequel nous étions deviendrait le théâtre de nos premiers baisers.

Le devina-t-elle ? Sa main, faussement nonchalante, se posa à la jonction entre mon épaule et mon cou et elle m’attira à elle. Je me laissai alors faire, bien peu surpris par cette initiative et nos lèvres se trouvèrent avec un naturel tel que nul n’aurait pu imaginer qu’il s’agissait de notre premier baiser. Nous tanguions de concert, nos mains débridées explorant respectivement nos corps sans se soucier du regard des autres. À cet instant, seul comptait notre désir, que nous pouvions ressentir l’un de l’autre, en miroir et le fait que nous étions en public semblait être la seule chose qui pouvait encore retarder l’échéance de nos premiers ébats. Et encore. Elle avait déboutonné ma braguette et me massait le.sexe d’une main experte tandis que la mienne avait glissé sous sa robe, ne rencontrant pas l’obstacle du moindre dessous. Nous voilà donc, allongés l’un contre l’autre à nous caresser, nos bouches vissées l’une à l’autre. Pressés d’aller plus loin, nous fûmes pris de la même inspiration quand, cessant de nous embrasser, nous nous indiquâmes du coin de l’œil le chemin vers les toilettes. C’était indéniable, il nous fallait assouvir une première fois nos instincts, et ce, le plus vite possible. Nous étions sur le point d’y entrer lorsque nous fûmes alpagués par l’équipe de sécurité qui nous demanda poliment mais fermement de cesser notre manège ou de quitter les lieux. Et là, en nous regardant, rouges, décoiffés, débraillés, nous.comprîmes que les minutes ici nous étaient comptées et qu’il était temps de nous mettre au vert. Nous nous laissâmes donc nous faire raccompagner vers la sortie le plus dignement possible, mais sans toutefois chercher à nous rajuster le moins du monde, le tout sous le regard mi réprobateur mi envieux des habitués.

Une fois dehors, nous nous jetâmes à nouveau l’un sur l’autre. La nuit ne faisait que commencer et elle nous appartenait.

Oulimots : l’histoire (5)

En reprenant la contrainte du 05/01 des oulimots: Bûche, crème, défenestrer, Neptune, foutre, baguette, bulle, sèche, ancre.

Bûche, crème, défenestrer, Neptune, foutre, baguette, bulle, sèche, ancre.

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Il n’était pas loin de minuit lorsque mon rencard se décida enfin à jeter l’ancre en ces lieux. Je la reconnus aussitôt au regard scrutateur qu’elle lança à la cantonade à peine entrée. Comme moi, elle avait l’air de la personne la plus en attente, la plus impatiente qui fût.

Je lui adressai donc un signe de la main. Elle sourit et s’avança dans ma direction. Un peu confuse, elle me présenta ses excuses pour cette si longue attente. Et me servit un récit pour le moins extravagant. En effet, elle me dit sortir à peine du commissariat du quartier où elle avait été retenue pour interrogatoire. Celui qu’elle m’avait dépeint comme un ex extrêmement encombrant s’était visiblement défenestré du quatrième étage de son appartement et la bûche lui avait été fatale. Il s’agissait d’une personne qui avait ses réseaux d’influence et, comme il avait laissé un message très explicite impliquant mon amireuse avant de faire le grand saut, la crème des enquêteurs avait débarqué sur les lieux afin de l’entendre et d’investiguer. A ce qu’elle me dit, on voyait encore des bulles à la surface de la mare de sang que la victime avait répandue sur le trottoir quand ils étaient arrivés, preuve s’il en fallait de leur diligence. Pour ajouter au dramatique de la situation, elle me déclara que le déploiement de forces pour son interpellation n’avait rien eu à envier à celui du Neptune’s Spear et que c’était carrément le locataire de la place Beauvau qui était à la baguette de l’opération.

Je n’en revenais pas. Et, un peu incrédule devant cette histoire, je lui demandai comment elle avait pu se sortir aussi rapidement d’un tel dispositif. Car, en effet, de telles péripéties entraînaient pour moi un retard au moins égal à la durée maximale d’une garde à vue. Voire même à celle de quelques années de placard. Pas des quelques heures durant lesquelles j’avais fait le pied de grue. Elle me fixa sans ciller et me dit qu’elle avait un sens très prononcé de la négociation occulte et qu’elle savait payer de sa personne si besoin était. Et que c’était d’ailleurs pour ça que le défunt s’était attaché des services avant de carrément s’attacher à elle. Elle ajouta ne pas vouloir s’étendre sur le sujet mais me laissa entendre que la plupart de ses geôliers avaient obtenu plus que nécessaire en échange de cette parenthèse de liberté obtenue pour me rejoindre. Car, me dit-elle, aux premiers rayons du soleil elle devrait regagner les lieux de son interrogatoire.

J’étais encore un peu perplexe. C’est alors que je remarquai, un peu partout sur sa robe, des traces de foutre à peine sèches. Et je me dis, d’une part que la compromission avait dû être à la hauteur du retard et de la gravité de l’événement, et, d’autre part, que le reste de la nuit promettait si elle n’avait pas déployé toute son énergie à trouver le moyen de me retrouver. Je n’étais, je crois, pas au bout de mes surprises.

Oulimots : l’histoire (4)

En reprenant la contrainte du 04/01 des oulimots:

Rose, airain, ciel, cicatrices, lys, éphémère, genou, dalle, cape.

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La soirée était déjà bien avancée et mon amireuse n’était toujours pas arrivée. Et je n’avais reçu aucune notification pouvant m’expliquant ce retard. J’étais donc partagé entre agacement et abattement. Un lapin me semblait inconcevable. Et pourtant. Quelques minutes auparavant, j’avais eu un éphémère espoir lorsque cette ravissante brune avait fait son apparition dans la salle. Mais le regard qu’elle avait jeté au ciel quand je lui avais adressé mon sourire le plus charmeur m’avait brutalement fait prendre conscience du fait qu’elle n’était pas celle que j’attendais. Dommage. Son cul, qu’on eût cru moulé dans l’airain et dont une jupe rose, largement au dessus du genou, ne faisait qu’exacerber le galbe, aurait fait le bonheur le plus complet du pygophile que j’étais. Et quand,en baissant les yeux, j’avais vu la fleur de lys tatouée à sa cheville, mon sang n’avait fait qu’un tour. Cet ornement corporel avait le don de m’exciter au plus haut point, tant j’y associais la flétrissure dont on marquait les filles de joie il y a fort longtemps. Pour moi c’était donc une manière qu’avait sa porteuse d’affirmer de manière plus ou moins implicite le fait qu’elle était une courtisane disponible à toute sorte de turpitude. Ce qui aurait fait mes affaires tant j’avais la dalle en matière de libido et tant mes désirs de jeux de domination / soumission allaient croissant. Je me serais donc bien vu faire courber l’échine à ce superbe animal afin d’en faire ma chose. Nous serions restés ici le temps que je la prenne en main. Peut-être l’aurais-je contrainte à gagner les toilettes homme afin qu’elle s’offre aux regards des mâles présents. Peut-être eût-elle du leur donner plus que la contemplation de ses formes et payer de sa personne pour assouvir les plus basses pulsions de l’assemblée avec sa bouche et ses mains. Un bukkake improvisé n’aurait pas été pour me déplaire. En effet cet abattage intervenant précocement dans notre relation m’aurait montré à quel point son dévouement envers moi était grand et aurait été un des prémices de jeux nettement plus corsés qui auraient laissé des cicatrices dans son amour propre, voire dans sa chair. Mais bon, il fallait se rendre à l’évidence. Dans la mesure où il ne s’agissait pas de celle que j’attendais, j’allais encore passer quelques temps avant de pouvoir laisser libre cours à ce genre d’envies. Toutefois cette attente allait se payer. D’une façon que j’imaginais à la fois tendre, délicieuse et cruelle. J’en ricanais d’avance sous cape.

Oulimots : l’histoire (3)

En reprenant la contrainte du 03/01 des oulimots :

Onirisme, obsolescence, olisbos, baroque, lessiveuse, prolétaire, cyclo-rameur, rémoulade, compétitif

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Mes observations m’apprirent vite qu’elle n’était pas encore arrivée. L’assemblée n’était pour le moment qu’exclusivement masculine. Tant pis. Afin de patienter, je décidai d’aller prendre une consommation. Avec un verre à la main j’aurais peut-être un peu plus de contenance à son arrivée. Pas d’alcool par contre, je voulais conserver toute ma lucidité. Je craignais, dansle cas contraire, de patauger dans la rémoulade. Et puis, si ivresse il devait y avoir, elle serait plutôt sensuelle. Du moins je l’espérais. Arrivé au comptoir, je commandai donc un virgin mojito, lequel me fut servi dans un verre si grand qu’on eût cru une lessiveuse. Le prix en était parfaitement compétitif vue la quantité J’étais donc dans un de ces endroits qui n’avait pas succombé aux sirènes du boboïsme et qui demeurait accessible à des bourses prolétaires.

Mon verre à la main, j’entrepris de faire le tour de l’établissement. Je découvris vite que sa déco, à l’obsolescence délicieusement baroque, était parfaitement propice à la rêverie. Tout ça ajouté à une ambiance musicale parfaitement en raccord avec l’endroit, je plongeai dans une douce torpeur qui m’obligea à m’asseoir sur une banquette afin de prolonger ma séance d’onirisme du mieux possible. Je posai mon verre sur la table basse. La transparence de son plateau de verre me fit découvrir que les pieds étaient constitués par.des pièces récupérées sur un cyclo-rameur. Décidément, je n’étais pas au bout de mes surprises quant à la personnalité du designer qui avait agencé le club. Et je me mis à réfléchir également à celle de ma correspondante qui m’avait fixé rendez-vous ici. Nous n’allions pas nous ennuyer si son originalité, entraperçue lors de nos échanges et confirmée par le lieu de notre rencontre, allait jusqu’aux jeux de l’amour. Je me surpris alors à l’imaginer si éprise de liberté, si anticonformiste, qu’elle transporterait en tous lieux un olisbos dans son sac afin d’accéder à son gré au plaisir, quel que soit le contexte, se moquant parfaitement du qu’en dira-t’on.

Cette perspective me fit sourire. Était-ce l’ambiance dans laquelle je baignais, propice à la détente et l’imagination ? Mon appréhension avait quasiment disparu, ne laissant place qu’à la curiosité et l’impatience. Je jetai alors un œil à ma montre. Si elle était ponctuelle, elle n’allait pas tarder.

#ecriturecontrainte2018 (150)

30/05/2018 : Martinet, verge, chatte, érection, œillet, oignon, bourses, vit, bander.

Une contrainte, deux interprétations.

1/ Sage :

Je me demande vraiment s’il y a des bourses d’échange pour les félins. Parce que, là, je n’en peux plus, Poupougne me fait devenir chèvre. Qu’elle soit montée sur le toit pour essayer d’attraper les martinets au vol et qu’ensuite il ait fallu l’érection de la grande échelle pour aller la chercher, passe encore. Qu’elle ait bouffé le bouquet d’œillets que je destinais à ma bien aimée, toute ça parce qu’elle manquait d’herbe pour se purger, et qu’elle ait vomi ensuite sur la belle carte en papier vergé qui devait accompagner les fleurs, ça commençait à faire beaucoup. Alors, quand elle jeta à bas de la table la montre gousset de mon trisaïeul, mon sang ne fit qu’un tour. Pensez-vous, un oignon de deux siècles ! Sans compter la valeur sentimentale. Et croyez-vous qu’elle ait manifesté la moindre peur quand elle me vit approcher la main levée pour la corriger ? Au contraire ! Cette peste préféra l’offensive et me laboura le bras de ses griffes acérées, au point que je dus en bander les plaies afin d’éviter la lymphoréticulose. Non, vraiment, une chatte à la maison, ce n’est pas pour moi. Mieux vaut un bon gros matou. Entre mâles on se comprend.

2/ Ou moins :

Tu avais voulu mettre du piment dans notre vie sexuelle en y incorporant une composante BDSM. D’abord un peu réticent j’avais fini par accepter et venais, à ta demande, de te fesser. Échauffée par le martinet, tu étais donc là, à quatre pattes, offerte à mon érection. Cependant j’étais perplexe, ne sachant pas qui de ta chatte ou ton œillet accueillerait ma verge. Les deux palpitaient pourtant du désir que tu avais de me sentir en toi. Mais j’hésitais quant à ce que je voulais te faire. Commencer par l’un pour finir dans l’autre ? Alterner mes pénétrations pour te laisser la surprise de quel trou serait investi ? Vraiment, je ne savais que faire pour ton plaisir et restai là, la queue ballante. Mes tergiversations finirent par te faire perdre patience. Il y eut switch. De soumise tu devins Domina. Tu m’empoignas alors par les bourses afin de me contraindre à te suivre jusqu’au canapé, transformé en pilori occasionnel pour l’occasion. Tu m’y installas énergiquement. Maté par cette autorité qui émanait de toi je n’opposai aucune résistance, et, l’eussè-je fait, je n’aurais fait qu’exacerber ta fureur. Et Dieu sait ce qu’il serait advenu. Pour affirmer un peu plus ton emprise, tu pris soin de contraindre chacun de mes membres, y compris le plus viril. J’étais donc attaché, enfermé, offert à tes caprices. Et je sentis bientôt le monstrueux vit dont tu t’étais harnachée forcer mon oignon. C’était si bon. La cage de chasteté dont tu avais pris soin de m’affubler m’empêchait douloureusement de bander mais tes va et vient qui dilataient mon fondement me firent finalement me répandre à grosses gouttes sur le sol. Cette jouissance par contrainte fut une révélation.

#ecriturecontrainte2018 (148)

Une Contrainte dans l’ombre

Meringue* Cathartique* Obsolète* Pléonasme*  Incertitudes* Grand oncle* Banquier* Saxifrage* Acidophile*

 

C’était censé être le plus beau jour de ta vie et tu étais ravissante malgré ta robe de mariée qui évoquait plus une meringue qu’autre chose. Cependant un regard attentif pouvait remarquer à quel point tu pouvais être, entre autres, acidophile, ne fût ce qu’à cause de tes pupilles dilatées ou des perles de sueur à ton front. Et je pense que tu en avais bien besoin en ce jour qui serait un bad trip quoi qu’il advienne. En effet, il y avait peu d’incertitudes quant au fait que tu subissais une union arrangée. Et personne n’était dupe, ton grand-oncle en était l’instigateur. Tout ça parce qu’il avait des dettes et que ton promis était issu d’une grande famille de banquiers. La pratique avait beau sembler obsolète aux yeux du vulgum pecus qui vous acclamait sur le perron de l’église, elle n’en était pas moins fréquente dans ce monde qui se disait grand. Bref, les dés semblaient jetés et c’était triste de savoir que toi, si éprise de liberté, allais vivre quasiment en recluse dans le manoir de ta belle famille. Mais, par bonheur, j’avais réussi à me faire engager à leur service en tant que jardinier. À oser le pléonasme je dirais que l’aubaine avait été bonne pour ce  recrutement. Car je savais que, si j’allais passer le plus clair de mon temps à entretenir les parterres de saxifrages, j’aurais également le loisir de faire quelques plantations susceptibles de te fournir les substance qui t’aideraient à supporter ta captivité conjugale. De plus, au vu des liens sensuels qui nous avaient déjà liés et de la promesse que je t’avais faite, il était certain que j’allais également m’occuper de ton jardin secret dès que l’occasion se présenterait. Connaissant les nombreuses obligations de ton futur époux et son penchant pour la boisson, les opportunités ne manqueraient pas. Et nos ébats, pour cathartiques qu’ils soient, n’en seraient pas moins délicieux et passionnés. Tu allais être entre mes mains l’épouse modèle, à la fois la plus comblée et la plus dépravée qu’il soit. Et être l’homme de l’ombre qui en recueillerait les faveurs était pour moi une belle revanche sur cette caste qui avait réduit mes ambitions à néant quelques années auparavant. Tu allais y trouver ton compte et moi aussi. Eux, par contre, allaient le payer cher.