Partage

Accorder leurs agendas avait été une rude tâche mais ils avaient enfin réussi à trouver une occasion pour se rencontrer. Et chacun d’entre eux avait amené son jouet préféré pour le montrer à l’autre. Pour qu’il puisse s’amuser avec aussi. Car il s’avérait que ce qu’ils se promettaient n’était pas forcément genré. C’était par exemple le cas du noir olisbos, qu’il n’avait à ce jour que dédié à son cul, et que la perspective de le voir à l’usage sur un corps féminin faisait frémir.

Et on peut dire qu’ils n’avaient pas été déçus du voyage une fois qu’il avait été tiré de son écrin de velours. Tour à tour ils s’étaient pénétrés avec et le plaisir qu’ils avaient pu y prendre avait été plus que perceptible. Notamment pour elle, à qui le maniement de l’objet au creux de son intimité avait provoqué des orgasmes qui l’avaient fait crier. Il s’exprimait quant à lui avec beaucoup de réserve mais, rassurée par sa souplesse et une fois la crainte d’une déchirure passée, elle lui avait arraché, par l’énergique tendresse  de ses mouvements, des grognements qui ne cachaient rien de ce qu’il éprouvait.

Mais une fois que leurs corps eurent connu l’apaisement, il dut se rendre à l’évidence. À la lumière du plaisir qu’il lui avait vu prendre, elle et ce jouet étaient faits l’un pour l’autre. Ça avait été une révélation. Il ne lui appartenait plus désormais. Alors il ne put faire autrement que de le lui offrir, en gentleman, pensant déjà à tout le bonheur qu’elle se donnerait avec.

20181108 : oulimots

Une savoureuse contrainte :

Yiiiii haaa ! – Rouge – Saveurs – Vide – Bizarre- Pathétique – Apprentie

Elle était loin d’être une apprentie pour ce qui était des choses de l’amour et savait éconduire d’un mot ou d’un geste les dragueurs pathétiques qui, hélas, ne manquaient pas de graviter autour d’elle. Capable d’être extrêmement blessante envers quiconque lui déplaisait, elle savait faire le vide dans la masse de ceux qui l’entouraient et ne garder que ceux qui en valaient vraiment la peine.

Alors, au début, j’avais trouvé bizarre de faire partie de ces gens là, ceux dont elle aimait la compagnie. Comme si je me trouvais illégitime au sein de cet aréopage. D’ailleurs le rouge m’était monté au front quand elle était venue vers moi et m’avait pris la main pour m’attirer auprès d’elle sur son sofa. Et puis son talent pour mettre les gens à l’aise quand elle le désirait avait fait le reste. Très vite, elle m’avait offert le rouge de ses lèvres puis la pâleur de son corps. Alors, oubliant toutes mes réserves, je m’étais enivré de ses saveurs, tâchant de lui donner autant de plaisir en retour que ce que je pouvais en recevoir d’elle. Et nous nous étions aimés, naturellement, sans arrière pensée.

Et maintenant, chaque fois que nous nous voyons, c’est avec le même plaisir. Qu’il soit charnel ou pas. Yiiiii haaa ! Love sur toi ma belle !

20181107 : oulimots

Une contrainte aristotélicienne :

Aristote, grain, erreur, sagesse, fou, confus, égarée,  rassure, calme

L’erreur que j’avais commise de penser que l’amour devait être exclusif m’a donné du grain à moudre quand mon couple a volé en éclats. J’étais fou d’elle pourtant. Mais j’avais  le sentiment confus de ne pas connaître la plénitude. Et mon âme, égarée, a fini par prendre des chemins de traverse pour retrouver son calme. Alors, oui, il y a eu des moments troubles. Il y en a toujours. Mais, je vous rassure, je vis bien maintenant mes amours. Au jour le jour. Sans dépendance. Avec sagesse.

On ne prend pas deux fois le renard au même piège disait Aristote.

Un cunni pour le café ?

Une autre interprétation de la contrainte du 11/09/2018 des oulimots : café cunni.

Il s’était levé le premier et avait décidé de se faire un café. La Bialetti, sur le gaz, commençait à chanter quand il l’entendit bouger dans la chambre.

– Oh que c’est bon de se réveiller avec cette odeur. Tu me fais une tasse s’il te plaît ?

Une idée venait de germer dans sa tête. Il sourit. Il lui remplit un des verres à double paroi qu’elle aimait tant et la rejoignit. Qu’elle était belle, allongée, nue, encore embrumée des plaisirs de la nuit. Elle se redressa et le lui prit des mains.

– C’est gentil, merci

– C’est un plaisir. Mais fais attention à ne rien renverser. Sinon…

Et, toutes affaires cessantes il plaça sa tête entre ses cuisses et colla sa bouche à son sexe. Elle manqua s’étouffer. Puis la surprise fit place à une première onde de plaisir. Il la connaissait si bien. Il savait à quel point elle aimait qu’il aspire ainsi son bouton, qu’il fasse courir sa langue le long de ses lèvres. Les aspire entre les siennes. La sensation était divine. Mais elle ne voulait pas céder. Non, pas tout de suite. Succomber à l’orgasme au point de renverser son café aurait marqué sa victoire. Et elle ne voulait pas la lui accorder trop vite. Elle oscillait donc tout doucement entre maîtrise et abandon, tout en sirotant son breuvage. Entre deux agréables frissons, elle se rappela la phrase de Talleyrand : “Café : Noir comme le diable Chaud comme l’enfer Pur comme un ange Doux comme l’amour.” À ce moment elle prenait tout son sens. Elle sentit qu’il insistait, accentuant ses caresses. Résister. Encore un peu. Soudain, vaincue, elle crispa ses doigts sur le verre alors qu’un puissant orgasme lui traversait la colonne vertébrale. Elle cria. Il ne l’abandonna pas tout de suite mais ralentit jusqu’à ce que la houle de son bassin se calme. Puis il se redressa, un sourire de défi aux lèvres. Elle le lui rendit et lui tendit la tasse. Vide. Il baissa les yeux. Le drap était immaculé.

–J’en reprendrais bien un. Tu en refais ?

#ecriturecontrainte2018 (150)

30/05/2018 : Martinet, verge, chatte, érection, œillet, oignon, bourses, vit, bander.

Une contrainte, deux interprétations.

1/ Sage :

Je me demande vraiment s’il y a des bourses d’échange pour les félins. Parce que, là, je n’en peux plus, Poupougne me fait devenir chèvre. Qu’elle soit montée sur le toit pour essayer d’attraper les martinets au vol et qu’ensuite il ait fallu l’érection de la grande échelle pour aller la chercher, passe encore. Qu’elle ait bouffé le bouquet d’œillets que je destinais à ma bien aimée, toute ça parce qu’elle manquait d’herbe pour se purger, et qu’elle ait vomi ensuite sur la belle carte en papier vergé qui devait accompagner les fleurs, ça commençait à faire beaucoup. Alors, quand elle jeta à bas de la table la montre gousset de mon trisaïeul, mon sang ne fit qu’un tour. Pensez-vous, un oignon de deux siècles ! Sans compter la valeur sentimentale. Et croyez-vous qu’elle ait manifesté la moindre peur quand elle me vit approcher la main levée pour la corriger ? Au contraire ! Cette peste préféra l’offensive et me laboura le bras de ses griffes acérées, au point que je dus en bander les plaies afin d’éviter la lymphoréticulose. Non, vraiment, une chatte à la maison, ce n’est pas pour moi. Mieux vaut un bon gros matou. Entre mâles on se comprend.

2/ Ou moins :

Tu avais voulu mettre du piment dans notre vie sexuelle en y incorporant une composante BDSM. D’abord un peu réticent j’avais fini par accepter et venais, à ta demande, de te fesser. Échauffée par le martinet, tu étais donc là, à quatre pattes, offerte à mon érection. Cependant j’étais perplexe, ne sachant pas qui de ta chatte ou ton œillet accueillerait ma verge. Les deux palpitaient pourtant du désir que tu avais de me sentir en toi. Mais j’hésitais quant à ce que je voulais te faire. Commencer par l’un pour finir dans l’autre ? Alterner mes pénétrations pour te laisser la surprise de quel trou serait investi ? Vraiment, je ne savais que faire pour ton plaisir et restai là, la queue ballante. Mes tergiversations finirent par te faire perdre patience. Il y eut switch. De soumise tu devins Domina. Tu m’empoignas alors par les bourses afin de me contraindre à te suivre jusqu’au canapé, transformé en pilori occasionnel pour l’occasion. Tu m’y installas énergiquement. Maté par cette autorité qui émanait de toi je n’opposai aucune résistance, et, l’eussè-je fait, je n’aurais fait qu’exacerber ta fureur. Et Dieu sait ce qu’il serait advenu. Pour affirmer un peu plus ton emprise, tu pris soin de contraindre chacun de mes membres, y compris le plus viril. J’étais donc attaché, enfermé, offert à tes caprices. Et je sentis bientôt le monstrueux vit dont tu t’étais harnachée forcer mon oignon. C’était si bon. La cage de chasteté dont tu avais pris soin de m’affubler m’empêchait douloureusement de bander mais tes va et vient qui dilataient mon fondement me firent finalement me répandre à grosses gouttes sur le sol. Cette jouissance par contrainte fut une révélation.

#ecriturecontrainte2018 (148)

Une Contrainte dans l’ombre

Meringue* Cathartique* Obsolète* Pléonasme*  Incertitudes* Grand oncle* Banquier* Saxifrage* Acidophile*

 

C’était censé être le plus beau jour de ta vie et tu étais ravissante malgré ta robe de mariée qui évoquait plus une meringue qu’autre chose. Cependant un regard attentif pouvait remarquer à quel point tu pouvais être, entre autres, acidophile, ne fût ce qu’à cause de tes pupilles dilatées ou des perles de sueur à ton front. Et je pense que tu en avais bien besoin en ce jour qui serait un bad trip quoi qu’il advienne. En effet, il y avait peu d’incertitudes quant au fait que tu subissais une union arrangée. Et personne n’était dupe, ton grand-oncle en était l’instigateur. Tout ça parce qu’il avait des dettes et que ton promis était issu d’une grande famille de banquiers. La pratique avait beau sembler obsolète aux yeux du vulgum pecus qui vous acclamait sur le perron de l’église, elle n’en était pas moins fréquente dans ce monde qui se disait grand. Bref, les dés semblaient jetés et c’était triste de savoir que toi, si éprise de liberté, allais vivre quasiment en recluse dans le manoir de ta belle famille. Mais, par bonheur, j’avais réussi à me faire engager à leur service en tant que jardinier. À oser le pléonasme je dirais que l’aubaine avait été bonne pour ce  recrutement. Car je savais que, si j’allais passer le plus clair de mon temps à entretenir les parterres de saxifrages, j’aurais également le loisir de faire quelques plantations susceptibles de te fournir les substance qui t’aideraient à supporter ta captivité conjugale. De plus, au vu des liens sensuels qui nous avaient déjà liés et de la promesse que je t’avais faite, il était certain que j’allais également m’occuper de ton jardin secret dès que l’occasion se présenterait. Connaissant les nombreuses obligations de ton futur époux et son penchant pour la boisson, les opportunités ne manqueraient pas. Et nos ébats, pour cathartiques qu’ils soient, n’en seraient pas moins délicieux et passionnés. Tu allais être entre mes mains l’épouse modèle, à la fois la plus comblée et la plus dépravée qu’il soit. Et être l’homme de l’ombre qui en recueillerait les faveurs était pour moi une belle revanche sur cette caste qui avait réduit mes ambitions à néant quelques années auparavant. Tu allais y trouver ton compte et moi aussi. Eux, par contre, allaient le payer cher.

#ecriturecontrainte2018 (145)

Une contrainte dans l’éther.

J’aime quand sous mes yeux, tendres, interrogateurs,

L’ectoplasme jaillit, libéré, de ton corps,

Et, alors, affranchi de toute pesanteur,

Me montre le plaisir que tu as pris encore.

Evanescent, nimbé d’une douce lumière,

Ils flotte doucement, témoin de nos ébats,

En écho, je le crois, de muettes prières

Échangées par nos corps en un tendre débat.

Cette extracorporelle manifestation

Est, je crois, le fruit de toutes les variations

De l’amour charnel que nous aimons nous donner.

Ce n’est pas pour autant que toujours il paraît,

Mais j’aime te savoir à ce point libérée

Que tu jouisses au point de t’y abandonner.

(Merci Françoise)

#ecriturecontrainte2018 (144)

Une contrainte en quête de changement.

J’en avais ras le bol. Vraiment. Au bord du pétage de plomb. Mon entourage, habitué à mes compromis, me découvrait alors dans une logique de tout ou rien et, me sentant hors de contrôle, ne savait que décider entre stop ou encore. Et moi non plus. Bref, j’étais dans un vrai cul de sac existentiel. Alors je m’étais enfui et, réfugié dans cette chambre d’hôtel, l’écriteau “ne pas déranger” accroché à la porte, j’avais commencé à bazarder ma vie en petites annonces, prêt à offrir les frais de port à qui voudrait bien tout prendre. Il me fallait tout recommencer.

 

#ecriturecontrainte2018 (141)

Une contrainte de circonstance

Céleste*, voie, nébuleux/se*, leste* attraction* talon*, fil*, air* tortue*

Quand Babar revint de la ville et déjoua les plans des chasseurs, Céleste fut séduite par sa mâle assurance. Et cette attraction n’avait pour elle rien de nébuleux. Il avait beau être son cousin, il fallait absolument qu’elle le mette dans sa couche. Et son esprit leste ne voulait pas emprunter de chemin tortueux pour ce faire. Alors, l’air de rien, elle fut sur ses talons dès qu’elle le pouvait, prenant des airs inspirés aussitôt qu’il prenait la parole. C’était un peu cousu de fil blanc blanc comme méthode de séduction mais cela eut le mérite de fonctionner. Et, bientôt, Babar succomba aux douces attentions de sa cousine, ainsi qu’à son expertise des choses de l’amour. La voie était donc toute tracée pour un #royalwedding qui allait enchanter la savane.

#ecriturecontrainte2018 (138)

Une contraire en forme de genèse.

– coulée* banc* femme à sa toilette* fantôme* heureux* voiture* genoux* « ne bouge pas »* nuit*

La nuit venait juste de tomber lorsque Gustave sortit de la voiture qui le déposait à l’orée de la coulée verte menant jusqu’à l’hôtel particulier où elle l’attendait. Encore quelques pas et ils seraient ensemble. Il en avait les genoux tremblants. À tel point qu’il dut s’arrêter un instant sur un banc pour reprendre ses esprits. Il arriva enfin à la porte et sonna. Un majordome taciturne lui ouvrit.

  • Vous êtes en retard. Madame attend. Suivez-moi.

Un peu refroidi, il suivit le serviteur. Un peu comme un fantôme. Une fois arrivés devant le boudoir, le morne domestique le planta là, sans un mot. Gustave était un peu interdit. Un moment passa sans qu’il n’osât rien faire. Puis il finit par prendre son courage à deux mains et poussa la porte. Elle était là, devant sa table de toilette, en train de défaire sa crinoline. Il admira la vision double de son aimée qui, bien que lui tournant le dos, lui offrait la vue de son décolleté grâce à un habile jeu de miroir. Elle semblait ne pas s’être aperçue de sa présence et se déshabillait avec un naturel qui, bien que ne ressemblant que de très loin à un effeuillage, le rendait fou de désir.

  • Ne bouge pas !

S’entendit-il lui dire. Elle demeura immobile. Silencieuse, ses vêtements au sol. Un bref instant passa, durant lequel le regard de Gustave s’emplit de la scène qui s’offrait à ses yeux. Puis il s’approcha et commença à la caresser. Elle appuya ses mains sur la table et creusa un peu plus les reins, s’offrant à ses mains. Il prit son temps pour jauger les courbes et les proportions de son aimée, laquelle demeurait parfaitement impassible. Du moins en apparence. L’humidité qui perlait de son sexe révélait toutefois le plaisir qu’elle prenait à cette exploration. Gustave recueillit un peu de cette rosée du bout du doigt et la porta ensuite à ses lèvres. Son palais lui dit qu’elle était prête.

  • Le voulez-vous ma mie ?

Elle ne répondit pas mais pencha un peu plus son buste en avant, offrant des fesses de plus belle. À ce signal, Gustave n’y tint plus. Il déboutonna sa braguette et extirpa un membre raide et congestionné qu’il approcha prestement du con offert. Elle ne bougea pas d’un cil quand il s’enfonça en elle, ses mains crochées à ses hanches. Pas plus que quand il commença ses va et vient, d’abord langoureux, puis furieux. Elle fixait le miroir sans le moindre battement de paupière, offrant le reflet de son regard à l’homme qui la burinait. Gustave prenait un plaisir insensé à cet échange silencieux. Le manège dura un petit moment, sans qu’elle ne manifestât le moindre signe de passion. Puis il jouit dans un râle. Gustave retira finalement son sexe mollissant, qu’il remit dans son pantalon sans même prendre la peine de l’essuyer. Elle n’avait toujours pas bougé, le foutre de son amant mêlé à ses humeurs gouttant au sol.

  • Partez maintenant !

Ce furent les seuls mots qu’il entendit de sa bouche. Il obtempéra et quitta les lieux. Le glacial valet le raccompagna jusqu’à la sortie. Gustave était cependant heureux. L’inspiration semblait revenue. Il rentra directement à son atelier qu’il ne quitta pas jusqu’à l’aube. La femme à sa toilette était née.