20190919 : oulimots

Sous la contrainte des oulimots du 19/09/2018 : béotien rétrograder, tangente, arriviste, furibarde, itératif, grégaire, tendancieux, érotomane.

L’Homme a paraît-il l’instinct grégaire. Je dois alors faire figure d’exception. Je préfère en effet prendre la tangente dès que l’assemblée devient trop nombreuse. Et cela me vaut hélas de rétrograder dans la hiérarchie des membres de sa cour. Ce qui, je pense, peut la rendre furibarde. L’abandonner ainsi entre les griffes d’érotomanes aussi arrivistes que tendancieux. C’est dommage. C’est comme ça. Et si je ne l’avais fait qu’une fois. Mais je ne connais que trop bien le côté itératif de mon comportement. En parfait béotien des choses de l’intrigue amoureuse, je n’ai jamais su m’imposer auprès d’elle. Tant pis.

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20180918 : oulimots

Sous la contrainte des oulimots du 18/09/2018 : Rêve, Route, Demain, Passé, Charme, Village, Chienne, Vidange, Ouate

Demain, à l’aube, quand j’aurai quitté le village, il sera probablement nimbé de la ouate d’un triste brouillard automnal. Et, en reprenant la route, j’aurai la désagréable impression d’être passé dans ta vie juste le temps d’une nuit, comme un rêve.

Tout semblait si bien se passer pourtant entre nous. Qu’est-ce qui a rompu le charme ? Je n’en ai aucune idée. Mais ce que je sais c’est qu’il va falloir que je me vidange la tête. Pour t’en faire partir. Non pas que je le veuille. Tu auras tant été pour moi. Mais j’en souffrirais trop sinon.

Chienne de vie.

 

Un cunni pour le café ?

Une autre interprétation de la contrainte du 11/09/2018 des oulimots : café cunni.

Il s’était levé le premier et avait décidé de se faire un café. La Bialetti, sur le gaz, commençait à chanter quand il l’entendit bouger dans la chambre.

–  Oh que c’est bon de se réveiller avec cette odeur. Tu me fais une tasse s’il te plaît ?

Une idée venait de germer dans sa tête. Il sourit. Il lui en remplit une et la rejoignit. Qu’elle était belle, allongée, nue, encore embrumée des plaisirs de la nuit. Elle se redressa et lui prit la tasse des mains.

– C’est gentil, merci

– C’est un plaisir. Mais fais attention à ne rien renverser. Sinon…

Et, toutes affaires cessantes il plaça sa tête entre ses cuisses et colla sa bouche à son sexe. Elle manqua s’étouffer. Puis la surprise fit place à une première onde de plaisir. Il la connaissait si bien. Il savait à quel point elle aimait qu’il aspire ainsi son bouton, qu’il fasse courir sa langue le long de ses lèvres. Les aspire entre les siennes. La sensation était divine. Mais elle ne voulait pas céder. Non, pas tout de suite. Succomber à l’orgasme au point de renverser son café aurait marqué sa victoire. Et elle ne voulait pas la lui accorder trop vite. Elle oscillait donc tout doucement entre maîtrise et abandon, tout en sirotant son breuvage. Entre deux agréables frissons, elle se rappela la phrase de Talleyrand : “Café : Noir comme le diable Chaud comme l’enfer Pur comme un ange Doux comme l’amour.” À ce moment elle prenait tout son sens. Elle sentit qu’il insistait, accentuant ses caresses. Résister. Encore un peu. Soudain, vaincue, elle crispa ses doigts sur l’anse alors qu’un puissant orgasme lui traversait la colonne vertébrale. Elle cria. Il ne l’abandonna pas tout de suite mais ralentit jusqu’à ce que la houle de son bassin se calme. Puis il se redressa, un sourire de défi aux lèvres. Elle le lui rendit et lui tendit  la tasse. Vide. Il baissa les yeux. Le drap était immaculé.

–J’en reprendrais bien un. Tu en refais ?

 

Un café pour les cunnis ?

En suivant la contrainte du 11/09/2018 des oulimots : Café cunni

On m’a dit qu’un café cunni devait s’ouvrir bientôt dans les parages. Quelle bonne idée. Les minous de ces dames sont parfois si injustement délaissés. Un lieu où l’on en prendrait soin me semble tellement approprié.

Comment je vois la chose ? quelque chose de cosy où les clientes seraient à leur aise en pouvant choisir un environnement qui serait pour elles le plus confortable possible afin qu’elles puissent s’abandonner dans les meilleures conditions. Ainsi, si certaines préfèrent un doux matelas et des coussins pour se laisser aller, jambes ouvertes, à s’offrir à une bouche, d’autres, plus autoritaires préfèrent écraser de leur fessier le visage de celui ou celle qui les gamahuche. D’autres encore, intimidées, ne voudraient peut-être pas avoir de contact autre que buccogénital avec leur prestataire. Il faudrait alors prévoir pour elles un mobilier façon banc percé qui offrirait à leur sexe la caresse désirée tout en préservant l’anonymat nécessaire à leur orgasme. Il faudrait sans doute dessiner ces éléments. Sauf erreur de ma part, la grande distribution n’en propose pas. L’occasion de reprendre les crayons et la planche à dessin ?

Ensuite, il faudrait, je pense, un personnel mixte. Hommes et femmes ne prodiguent pas leurs attouchements buccaux de la même façon, n’en ayant pas la même connaissance. Les uns procédant ainsi qu’ils pensent qu’elles aiment, les autres comme elles aimeraient qu’on leur fasse. Et, à mon avis il faut proposer de la variété. Donc songer également à avoir un échantillon représentatif de la pilosité faciale des prestataires mâles. Car si certaines, qui ont l’épiderme fragile, préfèrent des lèvres et des joues glabres, il est parfois nécessaire à d’autres de se faire frictionner l’entrejambe avec quelque chose d’un peu plus râpeux pour agrémenter leur plaisir. Une barbe plus longue et bien entretenue aura également son charme pour la douceur laineuse qu’elle procure. Quoi qu’il en soit il y aura certainement des tests préalables et un casting des plus sérieux pour proposer quelque chose de qualitatif.

Je suppose que tout a déjà été mûrement réfléchi. Mais que ce projet me tente.J’ai d’ailleurs, je crois, vu passer l’annonce et je pense que je vais tenter ma chance. Quel que soit le poste Un changement de carrière me ferait du bien et je trouve l’aventure si belle. Reste à ce que je réussisse les tests. Que je convainque l’équipe de direction. En effet, je pense pas que le piston puisse fonctionner ici. Enfin, pas celui auquel on pourrait penser de prime abord. Bref. Qui ne tente rien ne tente personne. On verra bien. Me reste à réviser mes langues vivante quand même

20180902 Oulimots

En suivant la contrainte des oulimots du 02 Septembre

cosmos, cercueil,  parole,  ressort, rien, urbain, frontière, brume, infini

 

“Vers l’infini et au delà !”

C’est par ces paroles, pour le moins surprenantes mais ô combien prometteuses, qu’elle m’avait proposé de coucher avec elle quand elle avait fini par lâcher clavier et souris. Elle voulait enfin mettre en pratique IRL avec moi les sensations qu’elle avait pu éprouver via les diverses interfaces.qu’elle utilisait. Enfin, sous réserve qu’à mon tour je pénètre son univers de sexualité assistée par ordinateur. Ce n’était pas rien comme proposition et j’étais aux anges de pouvoir enfin faire l’amour avec elle. Un peu anxieux également. Comment allait-elle réagir à des stimuli non électriques ? Comment allait-elle passer la frontière entre virtuel et réel ? Il était de mon ressort que cela se passe le mieux possible.

 

J’étais donc venu chez elle car nous étions convenus que tout s’y passerait. Elle n’arrivait pas encore à envisager de quitter son environnement qui la sécurisait. Et puis nous devions commencer par mon initiation au cybersex. Son appartement était à son image, complètement barré. Aussi, je ne fus pas surpris outre mesure par la quantité de mobilier urbain dont elle se servait pour sa déco Nous bûmes un verre rapidement. Pas d’alcool, elle m’avait dit que c’était déconseillé pour ce que j’allais faire.

 

Puis il fut temps de passer aux choses sérieuses. Elle me fit me déshabiller et commença à me coller des capteurs un peu partout. J’enfilai ensuite une sorte d’étui pénien duquel partait une énorme masse de câbles. J’étais un peu inquiet, elle me rassura en me montrant l’équivalent féminin qu’elle utilisait pour elle. Une sorte de godemiché garni de picots et dont la base ressemblait à une énorme bouche, sans doute destinée à envelopper toute la zone pelvienne. Il n’était pas moins relié à un nombre incalculable de fils et autres gaines.

 

  • Il paraît que le plaisir féminin est plus complexe que le masculin. J’utilise ça depuis quelques temps et, comme tu peux le voir, cela ne m’a pas amenée dans un cercueil

 

Puis ce fut le tour d’une paire de gants, également câblés. Enfin, elle me coiffa d’un casque qui occultait complètement les sens que je pouvais avoir eu niveau de la tête. Cette sensation de privation cessa rapidement quand elle me connecta. Tout d’abord ce fut une impression de plongée dans un cosmos de pixels désordonnés. C’était assez grisant quoi qu’un peu déstabilisant. Puis cela finit  par se dissiper et tout se mit en place. J’avais fait le choix de rester dans un univers assez réaliste, plus rassurant pour ma première expérience. C’était tout de même assez fascinant d’évoluer dans un monde où les rencontres se faisaient si facilement. Je fus ainsi abordé par une accorte créature aux mensurations cartoonesques qui se jeta sur moi sans autre forme de procès. Elle me caressait. Je la touchais également Les sensations, sans être totalement réalistes n’en étaient pas moins extrêmement immersives. Alors quand mon immatérielle conquête entreprit de me prendre en bouche j’eus toute les peines du monde à ne pas jouir sur le champ. C’était comme si mon sexe était tout à la fois aspiré, léché, branlé. J’aurais voulu lui rendre la pareille mais, visiblement, le goût n’avait pas été implémenté dans la matrice sensorielle. C’était toutefois si bien fait que je ne résistai pas bien longtemps et je me sentis me vider à grandes saccades tandis que mes jambes se dérobaient sous moi. C’était vraiment très fort.

 

J’eus alors une invite me demandant si je voulais recommencer. Je déclinai. De nouveau la brume de pixels. Puis je sentis qu’on m’enlevait le casque. J’étais un peu perdu. Elle me rassura, me disant que ça allait vite passer et m’allongea. Il fallait que je reprenne mes esprits pour la deuxième partie de l’expérience.

20180901 Oulimots

Le mois de septembre est arrivé et, avec lui, la reprise des oulimots

En suivant donc la contrainte du 1er septembre

 

Restaurant, escalier, étage, pizza, charmante, déjeuner, courtiser, séduction, mots

 

C’est, paraît-il, au moment de monter l’escalier que l’acte de séduction est le plus excitant. Encore faut-il parvenir à ce que votre conquête le fasse. Et, hélas, j’étais bien loin d’en être à ce point. J’avais déjà toutes les peines du monde à arracher celle que je désirais à son canapé et ses pizzas. Et elle ne semblait pas y être résolue. Elle avait, par exemple, la fâcheuse habitude de systématiquement répondre à mes propositions de déjeuner au restaurant par un refus poli mais agaçé, prétendant qu’il était beaucoup plus simple de commander en ligne et de se faire livrer et qu’au moins elle ne perdrait rien de l’évolution de l’univers dans lequel elle s’immergeait au travers de son écran et son clavier. J’avais beau lui objecter qu’elle perdait ainsi tout contact avec la réalité de ses sens, elle avait un argumentaire imparable pour me répondre, basé sur les multiples capteurs dont elle avait équipé son PC. Elle m’assura ainsi avoir une vie sentimentale et sexuelle épanouie grâce à tous ces appareils dont les moindres n’étaient pas la collection de sextoys connectés dont elle me fit l’étalage. Ainsi, me dit-elle, elle parvenait, même à distance, à allumer tous les étages de la fusée la menant à l’orgasme. J’en perdais mes mots. Pour charmante qu’elle fût, elle n’en était pas moins une indécrottable geek et je ne connaissais pas vraiment les codes servant à courtiser dans ce milieu. Il allait me falloir apprendre. Et être patient.

Oulimots : l’histoire (12)

En reprenant la contrainte des oulimots du 13/01/2018 : Footing, campagne, gâterie, caleçon, cuisse, glande, fromage, mur, tête.

 

Le reste du trajet se déroula sans anicroche. Dans un silence glaçant également. Elle ne paraissait pas remise du gang bang de l’aire d’autoroute et restait mutique, absente. Quant à moi, je n’osais pas lui adresser la parole. Elle sembla toutefois un peu se détendre quand nous quittâmes l’autoroute et nous enfonçâmes dans la campagne qui entourait notre refuge. Mais quelque chose semblait s’être dressé entre nous .Dans notre intérêt, il nous faudrait pourtant cohabiter encore un moment, le temps que les choses se tassent. Si elles se tassaient. Nous n’étions, je pense, pas au bout de nos peine. J’espérais juste que, là où nous allions, nous aurions un peu de paix et qu’elle pourrait se remettre et remettre ses affaires en place. J’avais pour ma part peu d’espoir de retrouver ma vie lisse d’avant.

Heureusement, mon ami avait, une fois de plus, bien fait les choses. Les frigos et congélateurs débordaient de victuailles, ce qui nous permettrait de tenir un siège si besoin était. En outre, le jardin pourrait subvenir à nos besoins en fruits et légumes avec ses carrés et son verger si bien ordonnés. Nous allions pouvoir vivre en autarcie et  disparaître aux yeux du monde pendant un moment derrière les hauts murs de la propriété. Découvrant cela mon amie changea de tête et je la vis enfin esquisser un léger sourire.

Il était alors temps de lui faire faire le tour du propriétaire. D’abord les extérieurs. Nous passâmes un long moment à explorer le paysage arboré au sein duquel  serpentaient quelques sentiers. Découvrant que le terrain était assez vaste pour y faire de mini footings, elle se dérida un peu plus, imaginant probablement quel pourrait être son programme de remise en forme. Et ellle m’adressa enfin la parole, pour me féliciter du choix de mes relations. Elle l’avait dit sur un ton plutôt neutre mais son regard s’était éclairé quand elle m’avait fixé. J’étais rassuré. La glace semblait rompue. Nous gagnâmes alors l’intérieur. Elle sembla apprécier les volumes et l’agencement des nombreuses pièces que je lui faisais découvrir. Et, quand je lui fis remarquer que, curieusement, le maître des lieux n’avait fait aménager qu’une chambre malgré la surface habitable et qu’il faudrait partager le lit king size qui y trônait, elle ne sembla pas contrariée. Au contraire. Elle déclara d’un ton amusé qu’il serait un lieu idéal pour rééduquer ses glandes de Bartholin qui venaient d’être mises à rude épreuve. Puis, prenant les devants, elle m’y poussa et, une fois que je fus allongé dessus, s’attaqua à ma ceinture, assise à califourchon sur moi. Elle n’abaissa pas mon pantalon, non. Mais commença délicatement à me caresser à travers mon caleçon. J’étais tendu à l’extrême. Elle avait définitivement un talent inouï pour prodiguer du plaisir à son prochain. Après quelques minutes de caresses, elle jugea de la raideur de mon sexedu pouce et de l’ndex avant d’enfin le libérer de son carcan de tissu. Il lui jaillit littéralement au visage, tel un diable sautant de sa boîte. Elle n’en  fut pas effrayée, bien au contraire. Et, le jugeant sans doute trop échauffé, décida de le rafraîchir de sa salive en le prenant en bouche.

c’était divin d’être ainsi sucé mais je ne voulais pas être l’unique bénéficiaire d’une gâterie à ce moment. Aussi, d’un mouvement autoritaire, je la saisis par les hanches afin de la faire pivoter au dessus de moi. Elle poussa un léger cri, visiblement surprise par mon initiative. Le gentil garçon que j’étais se découvrait de l’audace et elle semblait apprécier. Quand elle eut ses jambes disposées de part et d’autre de mon visage je relevai sa robe. Pas de culotte. Sans doute l’avait-elle perdue dans la confusion lors de notre pause mouvementée. Je découvris qu’elle avait les lèvres encore tuméfiées par ce qu’elle avait subi. Je fus alors des plus tendres pour embrasser, lécher son sexe. Elle soupira un léger “merci” avant de refermer à nouveau ses lèvres sur mon mon membre. Quant à moi, je continuai à la laper, comme une chatte l’eût fait de ses petits. D’une certaine façon, il me semblait la laver un peu de ses épreuves. Je ne voulais pas arrêter mais elle finit par me signifier qu’elle n’en désirait (pouvait ?) pas plus en écrasant ses cuisses contre mes oreilles. Ma bouche l’abandonna alors. Pas la sienne. Mais sa science sut rapidement m’amener à la jouissance et elle me reçut dans sa bouche. À son tour elle me nettoya, presque amoureusement, et vint m’accorder un baiser, plein encore de mon goût. C’était la première fois. Était-ce du fait que cela venait d’elle ? J’appréciai l’intention. La saveur également.

Il était tard, une légère fringale nous avait pris après notre plaisir. Nous descendîmes donc au sous-sol. Un espace d’affinage pour les fromages avait été aménagé à proximité des rayonnages de bouteilles dont mon ami prenait le plus grand soin. Nous jetâmes notre dévolu sur un plateau de chèvres bien secs. Je réfléchis un instant pour en chercher le meilleur accord. Un blanc, bien sûr mais lequel ? J’imaginais déjà le goût puissant et salé des rocamadours. Alors, pourquoi pas un vin liquoreux ? J’avais justement un Jurançon sous les yeux. Je le lui proposai. Elle acquiesça. Nous remontâmes au salon. Il y avait du bois dans la cheminée. Nous allumâmes un feu, non pas pour nous réchauffer mais plutôt pour profiter de la torpeur générée par les flammes. Nous en avions besoin pour cette première soirée. Était-ce Le vin ? La flambée ? Les deux, probablement, ajoutés à la tombée du stress. Toujours est il que nous sombrâmes rapidement sitôt la dernière bouchée avalée, blottis dans les bras l’un de l’autre.

Oulimots : l’histoire (11)

En reprenant la contrainte des oulimots du 12/01/2018 : océan, statue, armure, parjure, amour, mélancolie, bal, Transnistrie, orphéon.

Je sais, j’ai sauté les mots du 11/01. Un oubli ? Un acte manqué ? Peu importe. Et, de toute façon, c’est relâche. Alors je fais ce que je veux.

Le début ici

Un voile de mélancolie passa devant mes yeux. J’aurais donc perdu ma bien aimée avant même d’avoir pu faire son entière connaissance ? Je trouvais ce parjure étrange et ne pouvais m’y résoudre. Je partis à donc à sa recherche. Cela faisait une bonne heure que je parcourais l’aire de repos en tout sens quand j’aperçus un bien curieux manège à côté d’un camion dont la bâche vantait en cyrillique les charmes de la Transnistrie. Craignant le pire, je pressai le pas en sa direction. Ça parlait fort et dans toutes les langues, mais nul besoin d’être polyglotte pour en connaître la teneur. Les yeux brillants de lubricité des hommes présents étaient bien plus parlants que importe quelle traduction. Je compris aussitôt. Avait-elle été reconnue ? Était-ce seulement le fait qu’elle ait été isolée ? Mon amireuse était en tout cas tombée entre de bien mauvaises mains et elle devait s’acquitter d’une rançon dont je ne mesurais pas encore le montant.

Je jouai des coudes pour en avoir le cœur net, sourd aux protestations de ceux que je privais du spectacle. Et là, je vis. C’etait bien ce que je pensais. Un matelas de fortune à même le sol et elle, aux prises avec une demi douzaine de mâles, dans une mise en scène qui relevait de tout sauf de l’amour. Empalée sur l’un d’entre eux qui était allongé sur le dos, elle offrait ses fesses à un deuxième qui semblait prendre plaisir à la labourer sauvagement. Déséquilibrée par ce double assaut, elle était contrainte de prendre en main deux autres sexes pour ne pas basculer en avant. Sexes qui coulissaient frénétiquement entre ses doigts. Un cinquième lascar lui tenait la tête en arrière et, avec le sixième larron, prenait alternativement place au fond de sa gorge, quand ils n’essayaient pas simultanément de forcer sa bouche. Le reste de l’assistance, la queue à l’air attendait son tour. Ça sentait le foutre et la transpiration et, déjà quelques préservatifs usagés jonchaient le sol, preuve s’il en fallait que le bal avait débuté depuis un moment. Intervenir ? Seul contre tous c’eût été du suicide et il était hors de question d’alerter les autorités, le remède aurait été pire que le mal. Ça me rendait malade.

Un instant, je me trouvai en face d’elle. Les hommes se succédaient en elle et elle ne semblait en avoir cure, arborant un regard vide, parfaitement inexpressif. Une statue eût donné plus de sensation de vie qu’elle à ce moment. Ou plutôt un robot. Car elle bougeait quand même. Mais son corps était animé de mouvements mécaniques, semblant optimisés pour soutirer toute substance aux sexes qui la prenaient. Cela ne semblait toutefois pas gêner la foule de ses assaillants qui se succédaient sans relâche, uniquement préoccupés par le fait d’investir chacun de ses trous et d’en jouir le plus animalement possible. L’orphéon des râles de plaisir des mâles présents etait assourdissant. Et le matelas commençait à être imbibé de toutes les humeurs qu’elle et eux pouvaient répandre au cours de cette sarabande effrénée. J’avais peur qu’elle ne se noie dans cet océan de masculinité dont les marées semblaient ne pas vouloir cesser d’affluer et refluer. Mais, un infime instant, nos regards se croisèrent et j’y retrouvai un léger éclat, vite remplacé par le néant. Je compris. Elle s’était donc réfugiée dans son armure comme elle avait dû le faire pour s’échapper de sa garde à vue. Et œuvrait de la meilleure des manières pour épuiser ses assaillants. Mais leur flux semblait sans fin.

Combien de temps cela dura-t’il ? J’avais perdu depuis longtemps le compte des hommes et celui du temps. Mais, finalement le dernier d’entre eux remonta dans son véhicule, non sans avoir souillé à son tour mon amireuse de sa semence. Elle gisait donc, nue, le corps couvert des marques de cet invraisemblable messe païenne au cours de laquelle elle s’était sacrifiée pour préserver sa liberté. Elle finit par se relever et me regarda.

  • Va chercher du savon ! Beaucoup ! Et des serviettes. J’ai besoin de me nettoyer !

Son regard avait repris toute sa détermination.J’étais à la fois effrayé et fasciné. Comment pouvait-elle ? Je fis ce qu’elle me demandait, non sans l’avoir enveloppée dans une couverture avant de l’accompagner aux douches. Je ne voulais pas que sa nudité attire de nouvelles convoitises. Au bout d’un long moment elle en sortit. Nous nous regardâmes à peine en remontant dans la voiture. La route était encore longue mais je décidai de la finir d’un trait. Tout valait mieux pour nous deux que de réitérer cette épreuve.

Oulimots : l’histoire (10)

En reprenant la contrainte des oulimots du 10/01/2018

Velours, Profane, Sacré, Balançoire, Chrysalide, Glucide, Hérisser, Débonnaire, Gallinacé

le début de l’histoire ici

Quand nous fûmes arrivés à ma voiture, elle préféra monter derrière, arguant que, le cas échéant, il lui serait plus facile de se dissimuler aux regards extérieurs en s’allongeant sur la banquette. Ce qu’elle fit aussitôt. Je démarrai et m’immisçai dans la circulation déjà dense de la métropole qu’il nous fallait quitter au plus vite. Était-ce la fatigue ? Cette longue suite d’émotions contradictoires ? Toujours est-il qu’elle ne disait pas un mot. J’étais donc seul à meubler la conversation. Et, au bout d’une dizaine de minutes, un bref regard m’apprit qu’elle s’était endormie sur le velours un peu élimé des sièges. Je me tus donc et me concentrai sur ma conduite. Pas assez probablement car le cri strident d’un sifflet à roulette me hérissa subitement le poil. Et je vis un agent me faire de grands signes pour que je m’arrête. L’idée de commettre un délit de fuite me traversa un instant l’esprit. Mais jugeant illico que nous serions immédiatement pris en chasse, je décidai d’obtempérer, me disant que si j’avais commis une infraction bénigne, je m’en sortirais avec un bon acte de contrition. Le pandore s’approcha, débonnaire.

  • Alors monsieur, il n’y a donc pas de feux dans votre cambrousse ?

Il avait vu mon numéro minéralogique et, visiblement, pour lui tout ce qui était au delà du périphérique était le tiers monde. J’eus un sourire gêné, bien décidé de la jouer au bluff.

  • Mes excuses monsieur l’agent mais j’étais plus préoccupé par ce qui se passait derrière. Madame a voulu faire la tournée des grands ducs et, comme elle tenait une sacrée cuite, il a fallu que je vole à son secours. Et maintenant, je me hâte de la ramener avant qu’elle ne profane les sièges.

Le gallinacé considéra la forme pelotonnée sur la banquette. Ses cheveux longs , répandus de manière désordonnée sur son visage, la rendaient méconnaissable. Elle faisait vraiment peine à voir ainsi allongée. Il rit.

  • Votre papillon de nuit semble avoir regagné sa chrysalide en effet. Allez, filez ! Mais essayez de faire un peu plus attention maintenant. Les collègues ne seront pas forcément aussi sympa que moi.

Je me confondis en remerciements et promis d’être exemplaire désormais. Et je réintégrai la circulation. Nous l’avions échappé belle et la chance ne nous sourirait peut-être plus de la sorte. Aussi je redoublai de prudence.

J’avais gagné l’autoroute depuis une bonne heure maintenant quand j’eus un léger étourdissement. Je n’avais rien mangé depuis la veille et, si je voulais que nous arrivions à bon port, il me fallait absolument faire provision de glucides. Heureusement une aire s’annonçait à quelques kilomètres, où nous pourrions nous restaurer et prendre un café.

Une fois arrivé je pris soin de me garer un peu à l’écart, derrière l’aire de jeux. Il était trop tôt pour qu’elle soit envahie par la marmaille et, masqués par les balançoires je pensais que nous serions moins visibles. Je secouai légèrement l’épaule de mon amireuse pour la réveiller. Elle aurait au moins autant que moi besoin de se restaurer pensai-je. Elle fit un bond et étouffa un cri. Je la rassurai. Ce n’était que moi et nous avions mis un peu de distance avec ses ennuis. Je lui demandai ce qu’elle voulait. Elle me réclama du café. Rien de plus. Elle me dit qu’elle réfléchissait mieux le ventre vide et que, là, il fallait que ses neurones tournent à plein régime pour analyser la situation. Je la laissai donc pour aller chercher ce dont nous avions besoin. Quand je revins, elle avait disparu, me laissant en plan avec mes gobelets et mes doutes.

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Oulimots : l’histoire (9)

En reprenant la contrainte du 09/01 des oulimots.
Semences, Œdipe, Cavalier, Saxophone, Moiteur, Érudit, Architecture, Stéréotypé, Citron.

le début de l’histoire est ici

Nous ne dormîmes toutefois pas d’un trait. Notre nuit vit notre sommeil entrecoupé d’ébats plus ou moins tendres, mais toujours passionnés. C’était du moins ce que j’avais ressenti, ma belle semblant avoir partiellement lâché prise. Et l’aube nous trouva emmêlés l’un à l’autre. Mais quand les premiers rayons du soleil nous firent ouvrir l’oeil, ce fut une sacrée panique. L’heure n’avait que trop tourné et mon amante aurait déjà dû regagner son lieu de garde à vue. Et ses geôliers, bien que lui ayant été redevables d’attentions leur ayant permis de tutoyer l’extase ce qui les avait amadoué et lui avait permis de s’éclipser, risqueraient de trouver son retard pour le moins cavalier. Et la poursuite de l’interrogatoire serait certainement des plus désagréables avec l’alternance stéréotypée du good cop et du bad cop. Et je craignais que la tendance ne soit plutôt à la surreprésentation des seconds, projecteur dans la figure à l’appui, tant j’imaginais les enquêteurs érudits en matière de pression diverses et variées. Et, malgré la force de caractère que j’avais pu déceler en elle, je doutais fort que ma belle n’y résiste longtemps. Il me fallait la tirer de ce mauvais pas. Mais comment ?

L’heure était grave et le temps compté et j’étais là, à me presser le citron afin de trouver une issue honorable à ses déboires. . Quand, subitement une idée me traversa l’esprit. Un de mes amis musiciens, en tournée à l’étranger, m’avait laisser les clés de sa maison afin que je puisse arroser les plantes et faire l’entretien courant. Et l’architecture des lieux se prêtait à merveille à la clandestinité. En effet, tout avait été conçu pour qu’il puisse jouer du saxophone tout son saoul, sans que son voisinage ne puisse s’en rendre compte. La présence de mon amireuse y passerait donc parfaitement inaperçue et elle pourrait y résider le temps nécessaire à un retour au calme de ses affaires. Et comme la fragilité des semences que mon ami faisait pousser dans son jardin nécessitait que j’y passe souvent, mes allées et venues sembleraient tout à fait normales.

Je fit part de cette réflexion à mon amante. Elle s’était déjà refermée et fronça d’abord les sourcils. Puis me dit que, foutue pour foutue, ce maigre répit lui permettrait d’activer ses réseaux afin de limiter la casse. Elle espérait ainsi que certaines de ses relations en haut lieu pourraient étouffer l’affaire et lui rendre une semi virginité sur la place publique. Elles lui étaient en effet redevables d’avoir trouvé en elle une personne qui leur permettait une catharsis de leur Oedipe mal réglé et qui pouvait les entraver dans l’exercice de leur pouvoir. C’était risqué car ces gens avaient la mémoire courte et la rancune tenace. Mais cela valait le coup d’être tenté.

Une fois la décision prise, nous ne fûmes pas longs à nous mettre en route. Nos maigres affaires rassemblées, nous sortîmes donc de la chambre en catimini. Par bonheur, la réception était déserte et nous pûmes gagner la rue inaperçus. Il faisait déjà chaud et la moiteur de l’été collait nos vêtements à notre peau. J’eus alors un regard langoureux sur son corps ainsi moulé. Elle était faite comme une statue grecque et j’étais béat d’avoir pu en profiter. L’envie de recommencer me reprit de la plaquer au mur mais, hélas, l’heure n’était pas vraiment à la gaudriole. Il nous fallait gagner au plus vite mon véhicule afin de quitter la ville avant que l’alerte ne soit donnée. Nous pressâmes donc le pas, le profil bas, rasant les murs, priant pour que notre signalement n’ait pas déjà été donné.

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