Voyage (5)

Il n’a pas eu à se creuser les méninges bien longtemps : le message qu’elle lui a envoyé s’est avéré très explicite quant à ses envies. Il a pris un jouet dans ses bagages ? Eh bien qu’il lui en montre l’usage.

Elle lui a également fixé une contrainte de temps : il a quarante-huit heures pour lui écrire. Le lieu est libre par contre.

Il a filé le soir même dans la salle de bains. La douche est un excellent prétexte pour s’isoler et il pourra immédiatement se rincer une fois sa mission accomplie.

Situations et cadrages lui sont venus très naturellement. 

Hypothèse

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Dans quelques jours, dans un mois, dans un an, qui sait,

Nous serons, je l’espère, à nouveau réunis

Car, éloigné de Vous, je l’avoue, je m’ennuie

Et le temps ne semble pas pressé de passer.

****

Je me sens las, comme un pantin mou, désossé,

Attendant vainement le sommeil chaque nuit

Je Vous ai dans la peau. Je le dis sans déni,

Vous êtes souvent ma principale pensée.

****

Je caresse l’espoir que ce soit pour bientôt

De veiller avec Vous bien plus tard qu’il ne faut

Pour garder ma raison. Je Vous suis attaché

****

Alors, en attendant de Vous voir Mon Amie,

Je sème quelques mots. J’espère que parmi

Tout cela Vous aurez de quoi Vous pourlécher.

Transports

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Mes pérégrinations parisiennes m’amenèrent ce jour à venir croiser dans Ses parages. Et cela occupa mes pensées dans le bus tout le temps que je me sus potentiellement sous Ses yeux.
Le nez collé à à la vitre, j’observais les immeubles, me demandant derrière quelles fenêtres Elle pourrait se trouver. Une des baies de ce grand bâtiment moderne ? Je n’y croyais guère, préférant associer à Sa classe naturelle les charmes haussmanniens que je croisais.
Je me perdis très agréablement en spéculations sur mon trajet. Et c’est ainsi, par la pensée, que Ma Dame m’accompagna sur le chemin de mon entretien.

Une belle soirée

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Ils avaient décidé d’aller au cinéma en cette fin d’après-midi pluvieuse. L’occasion de passer un peu plus de temps ensemble. Et, ils s’en étaient rendu compte plus tard, de se voir enfin autrement que sous l’éclairage de lampes. Ils s’en étaient d’ailleurs amusés.

—La lumière du jour vous va à merveille Ma Chère.

Elle avait ri. Ce rire d’oiseau qu’il aimait tant. Et lui avait répondu qu’il n’était pas mal non plus. Même si le soir tombait et que, au lieu du soleil, ils étaient plutôt sous le feu des réverbères.

Il était temps de gagner la salle obscure. Alors elle lui avait pris le bras et ils avaient franchi la porte. Prévoyant, il avait acheté les billets en avance. De sorte qu’ils n’avaient plus eu qu’à prendre place.

Les rangées étaient étonnamment clairsemées malgré le renom de la tête d’affiche. Ils avaient donc pu choisir leurs sièges. Ni trop loin ni trop près, bien au centre et, surtout sans le moindre gêneur dans les environs. Ils avaient ainsi pu prendre leurs aises.

Le temps de quelques bandes annonce et publicités et le noir s’était fait. Elle avait pris sa main et posé sa tête sur son épaule. Elle semblait s’en remettre à lui. Il en était heureux.

Ça avait été un bon film. Du moins au début. Mais il avait fini par s’essouffler. Et il s’en était détourné, reportant toute son attention sur sa dame. Elle s’était tournée également vers lui. Le temps d’un regard complice. Ils avaient été instantanément d’accord sur le fait que, pour aucun des deux, ce qui se passait à l’écran n’avait plus le moindre intérêt. Alors il avait déposé un baiser sur sa joue. Elle lui avait tendu ses lèvres. Ils s’étaient embrassés avec passion, entrechoquant leurs dents, mêlant leurs souffles, leurs langues et leurs salives.

Très vites leurs mains avaient cherché le corps de l’autre à travers le tissu qui le couvrait. Il portait son pull à même la peau. Elle avait glissé ses doigts dessous et en agaçait la pointe de ses tétons. Quant à lui, sans cesser de parcourir de ses lèvres la base de son cou et le lobe de ses oreilles, il était parti de son genou et il était lentement remonté le long de sa cuisse. Sans rencontrer de couture. Elle portait des collants ce soir- là. C’était peut-être là une barrière infranchissable. Mais elle restait perméable aux caresses. Alors il avait entrepris de la masser à travers le tissu, vite devenu humide.

Elle avait un peu plus ouvert ses jambes, autant que pouvait le lui permettre sa robe courte et lui avait lancé un regard de défi. Il avait accentué la pression de ses doigts sur son entrejambe, faisant épouser la fine laine aux contours délicats de son sexe. Il ne pouvait bien évidemment pas aller plus loin sans mais il voyait luire le plaisir dans les yeux de sa partenaire.

Et puis elle avait brutalement resserré ses cuisses sur sa main, tout en lui mordant les lèvres afin d’étouffer un cri de jouissance. Avant de déposer un baiser sur sa joue en souriant avant de se rajuster et de reprendre sa main.

Le film s’était terminé sagement. Comme s’il ne s’était rien passé. Puis ils étaient allés dîner à proximité. Ils rapidement mangé et avaient longuement parlé, leurs doigts entremêlés.

Le temps semblait suspendu. Mais avait fini par les rattraper, chacun des deux devant regagner ses pénates. C’est alors qu’elle l’avait abandonné quelques minutes. Il avait demandé l’addition. On lui avait répondu qu’elle était payée. Et puis elle était revenue et avait glissé quelque chose dans la poche de sa veste. Avant de lui intimer l’ordre d’attendre d’être rentré chez lui avant de prendre connaissance de la nature de ce cadeau.

Et ils s’étaient séparés, non sans avoir échangé d’ultimes baisers. Il était à la fois rongé par la curiosité et respectueux de la demande de sa dame. Le défilé des stations avant sa destination avait été bien long, l’ascenseur désespérément lent, et il avait fébrilement tourné la clé dans sa serrure avant d’entrer et d’avoir enfin son cadeau sous les yeux et les narines :

Le tanga, humide de ses sécrétions, qu’elle avait tenu à lui offrir en remerciement de cette soirée.

Plaisir sur ordonnance

Elle voyageait et, j’avais beau guetter Son retour, rien n’y faisait.

La pénurie me guettait. 

Jusqu’à ce jour. Cette proposition par messagerie.

Elle serait, à distance, la source de mes extases en me faisant parvenir hebdomadairement une photo d’Elle devant laquelle je pourrais jouir. Et Lui en envoyer la preuve en retour. Dans un temps imparti. 

J’avais accepté cette contrainte avec joie. Ne fût-ce que parce que j’aurais de nouveau des preuves de l’affection de Ma Reine pour le petit peuple que j’étais. 

La source de Ses attentions n’était donc pas tarie.

Celle de mes hommages coulerait à Sa demande. 

 

Les origines

Cent mots pour #elle

Je ne crois pas que je serais objectif si je devais la décrire. Emporté par ma verve et ainsi enivré, je perdrais toute mesure.

Alors tout ce que je vais vous dire d’elle c’est qu’elle compte. Et que, si je déplore qu’elle ait été si longtemps dans l’oubli d’elle-même, ce qui l’a empêchée de s’épanouir, je ne peux qu’être heureux de la voir prendre son envol maintenant. 

Vous voudriez savoir de qui je parle ? Bon sang de bonsoir, il faut respecter son désir d’anonymat ! Il est garant de sa liberté. Et je ne le trahirai pas, même sous la contrainte.