Au lit

Le grand soir est venu et il s’est mis au lit le premier. À travers la porte de la chambre, il l’entend se préparer dans la salle de bain.

Est-ce l’excitation de cette première fois qui est imminente ? Il se sent grossir tout doucement entre ses jambes, ne peut s’empêcher de saisir sa queue et commence à se caresser langoureusement. 

Surtout ne pas trop s’exciter avant son arrivée se dit-il. Il va avoir besoin de tous ses moyens pour l’honorer comme il se doit. Longuement, tendrement. 

N’ont-ils pas pris tout leur temps pour se séduire ? Ils prendront celui de s’aimer.

Nocturne

Ce qui m’a réveillé cette nuit, c’est le bruit mouillé caractéristique d’une langue en train de lécher. Puis, immédiatement après, ce sont ses ongles qui ont croché dans la chair de mon flanc droit tandis qu’il s’affairait entre ses cuisses. 

J’ai tout de suite compris ce que je devais faire. Alors, de ma main gauche je me suis assuré qu’il resterait bien la bouche collée à son sexe, et j’ai fait à ma belle un bâillon de mes lèvres pour étouffer ses cris de plaisir. 

Elle a coulé sur son visage. Puis, enlacés tous les trois, nous nous sommes rendormis. 

Imagination

Il est nu, alangui sur son canapé, mais seule la lumière de l’écran de son smartphone illumine la scène. Il ne la verra pas ce soir. Elle est partie s’amuser. Avec un ou une autre ? Les deux ? Il n’a pas le droit de savoir. Tout ce qu’il a pu obtenir c’est cette photo sur laquelle elle s’expose dans une tenue fetish noire qui semble cousue sur elle et qui la met divinement en valeur. Il n’aura rien de plus jusqu’à son retour et devra se contenter de spéculations qui vont le tenir éveillé tard. 

Mais Dieu qu’il aime cela, l’imaginer. 

Morning

Il fait frais ce matin. Je vais pourtant prendre mon café sur le balcon. Et je ne porterai que ma tasse.

Je le dois bien aux anonymes qui ont pu me contempler derrière leurs rideaux. Et à ceux, plus ou moins connus, qui n’en ont eu que des images sur leur écran.

Je sens déjà ma peau se hérisser, tout autant de la brise que du plaisir de m’exposer.

Le sang afflue dans ma queue qui balance lourdement entre mes jambes. Mon érection bravera-t-elle les frimas ? Je vais vous le laisser l’imaginer je crois.

Cela doit rester mon jardin secret. 

En image

Il a décidé de l’allumer et, pour ce faire, lui envoie une photo. Non pas un nu. Il connaît certes l’effet que peut procurer son corps, mais il a envie de quelque chose qui soit tout aussi évocateur sans toutefois poster son torse ou ses fesses.

Il choisit donc un cliché de sa main. Il sait la douceur des caresses qu’il pourrait lui prodiguer avec et qui sont tellement attendues, mais aussi la force avec laquelle il pourrait empoigner ou posséder. 

Il ne doute pas de la réponse qu’il aura. Il sait qu’il attige et attise mais il aime ça. 

Le cerisier

Elle lui a dit de l’attendre près du grand cerisier. Et de ne porter rien d’autre que ce qu’elle lui a fait livrer. 

Il est donc dans le jardin. Il se sent partagé entre la crainte qu’une personne du voisinage le découvre ainsi et la fierté qu’elle lui ait choisi cette tenue. 

Il l’entend descendre l’escalier et se met en position, dos à la porte. Elle ne dit rien mais le déclic d’un appareil photo lui prouve qu’il lui plaît. 

Le soleil est bas désormais dans le ciel et cela donne une belle lumière à ses évolutions. 

Il est bien.

Le test.

Une fois n’est pas coutume, elle s’est mise à genoux devant lui. C’est pour mieux l’avoir à sa merci. Car, si elle lui a interdit de jouir, elle veut savoir jusqu’où il peut tenir sa promesse.

De sa main gauche en coupe, elle lui enserre doucement les couilles. De la droite, elle fait des va-et-vient le long de sa hampe jusqu’à obtenir la raideur souhaitée.

Elle approche sa bouche du gland. Très près. Au point qu’il peut sentir son souffle. 

Sa queue oscille lourdement. Mais il sait qu’il ne doit pas esquisser le moindre geste.

Il gémit. 

Il est prêt. 

Dressing room

C’est le week-end. Le temps d’éteindre son PC et il pourra commencer son autre vie. Celle qu’il ne montre qu’à un cercle d’amis très restreint ou bien, anonyme, aux personnes de moins en moins inconnues qui partagent ses passions.

Il la commencera par le choix d’une tenue ad hoc. Il y a dédié une partie de son dressing car il a appris à aimer ces matières qu’il ne porte que quand il devient un autre. Un uniforme ? Pas vraiment. Il sait varier les combinaisons des pièces et n’est jamais deux fois le même. 

Il faut qu’il soit le plus beau. 

Oser c’est vivre

Pas question de se défiler. Elle lui a promis un café dont il sait qu’il ne sera que le prétexte à un rapprochement tant elle s’est montrée claire dans son implicite. 

Elle lui fait pourtant un peu peur. Il est si inexpérimenté, elle fait montre de tant d’assurance dans ce qu’elle décrit. Il ne sait pas s’il sera à la hauteur de ses attentes.

Mais, au fond, ne se met-il pas la pression tout seul ? Même dans ses non-dits elle n’a jamais suggéré qu’il soit un performeur

Alors il ira et fera de son mieux. Elle appréciera certainement ses intentions.

Ensemble c’est tout

Ils se sont endormis vite. Juste le temps d’un câlin  pour se réchauffer l’un l’autre.

Mais, une fois plongés dans les bras de Morphée, leurs corps se sont cherchés. Comme si, même inconsciemment, leurs peaux se manquaient.

Ont-ils aussi partagé des rêves torrides ? Probablement car, si elle s’est éveillée moite, elle l’a trouvé très rigide dans son dernier sommeil. Dont elle l’a tiré tout doucement par de légers mouvements de ses lèvres sur son gland. 

Puis, une fois qu’il a fini d’ouvrir les yeux, elle l’a chevauché. 

Le café a bouilli. Les tartines ont brûlé. Mais leur bonheur est parfait