Sujétion

Elle m’enjambe et vient saisir ma queue afin de la guider vers son entrejambe. Là. Mon gland vient à nouveau au contact de ses petites lèvres, à la seule différence près que, là, je n’ai aucun contrôle sur ce qui va se passer. J’essaie bien de relever mon bassin, impatient de retrouver sa chaleur, mais elle accompagne mon mouvement et se dérobe à moi.

Je gémis de frustration. Elle éclate de rire tout en reprenant sa position.

— Eh bien ! On n’accepte pas d’être mon jouet ? On se rend enfin compte du fait que c’est moi qui décide ?

Elle me maîtrise de ses mains appuyées sur mon torse qu’elle griffe doucement. Je me sais à présent vaincu. Mais ne le suis-je pas depuis le début ? Même lorsque c’est moi qui l’ai chevauchée, n’était-ce pas elle qui menait la danse ? Du regard, je lui avoue mon entière capitulation. Elle l’accepte et, tout doucement, s’empale sur moi jusqu’à faire toucher ses fesses sur le haut de mes cuisses. 

Elle marque un temps d’arrêt.

— Je te sens tellement mieux là

Puis elle remonte, tout aussi lentement . Avant de se laisser retomber de tout son poids. Et de recommencer. Elle va à son rythme maintenant, et seuls son souffle qui devient un peu plus anarchique et ses ongles qui s’enfoncent un peu plus dans ma chair m’indiquent qu’elle est proche de l’orgasme. Je le suis moi aussi. Mais je ne peux pas me permettre de me rendre avant elle. J’ai compris mon rôle et je dois le jouer jusqu’au bout

Le cadeau

Le tracking le confirme : tu as reçu ton paquet et, même si c’est à ton bureau, je ne t’ai pas donné d’autre choix que de l’ouvrir. 

Tu dois donc avoir sous les yeux ce que je destine à ton cul pour cet après-midi ainsi que mes consignes sur la carte qui était jointe. 

Tu fronces sûrement les sourcils, te demandant comment tu vas pouvoir accéder à ma demande. Car, non seulement il est plus gros que ce que tu as pu porter, mais encore tu dois m’en apporter la preuve avant la fin de ta journée.

Tu as trois heures. 

La lectrice

J’ai vu ce matin, en consultant mes notifications, un message d’une inconnue qui me suit. Elle m’y disait à quel point elle appréciait mon travail et je n’ai pas pu faire autrement que la remercier de son attention.

Dans quel engrenage avais-je mis le doigt. Probablement encouragée par ma réponse, mon interlocutrice a commencé à me raconter l’effet que je lui faisais par le simple vecteur de mes mots. Elle a un joli style pour me dire que, au fil des pages, une de ses mains a lâché le livre pour attraper un sein et en agacer la pointe, seul moyen à ses yeux pour essayer d’apaiser l’incendie de ses sens.

Troublé, je lui ai répondu que j’étais flatté de susciter de telles réactions, fût-ce à distance.

La surenchère n’a pas tardé et j’ai reçu une photo qui illustrait ses dires à merveilles. Elle en avait travaillé la lumière et le blanc laiteux de sa peau contrastait divinement avec le brun clair de son aréole et de son téton. Pour en revenir à ce dernier, j’ai été frappé par ses proportions. Une vraie pointe de crayon que je me suis immédiatement imaginé prendre dans ma bouche pour le suçoter. Je n’ai pas pu m’empêcher de lui en faire part.

Elle m’a répondu qu’elle appréciait mon intention et que cela la poussait à continuer son compte-rendu de lecture : car plus elle avance dans mon texte, plus sa dextre s’égare bas. Elle a déserté ce sein, qui est mien à présent, et est descendue très bas sur son ventre.

Doit-elle poursuivre ? Elle m’a posé cette question en l’accompagnant d’un nouveau cliché. Me voilà maintenant avec, sous les yeux, l’image d’une main en conque prête à couvrir un buisson brun, luxuriant mais taillé avec soin. J’en ai salivé devant mon écran tant l’envie de perdre mon nez dans cette toison était présente à mon esprit..

Mon travail pouvait attendre et personne ne me voyait :  j’ai enlevé mon pantalon ainsi que mon caleçon et, le bas du corps désormais nu, j’ai empoigné ma queue qui avait commencé à grossir. Je ne lui ai pas dit dans quel état j’étais mais je l’ai invitée à aller de l’avant. Elle m’a alors proposé une lecture à haute voix.

Une séance d’hysterical littérature ? Je me suis pris à imaginer la chose et lui ai immédiatement envoyé mon numéro.

WhatsApp n’a pas tardé à sonner : un appel visio. J’ai décroché et ai immédiatement entendu les mots que j’avais écrits,dans sa bouche, légèrement haletants déjà, tandis que j’ai vu ses doigts en gros plan s’agiter sur son sexe. Elle en est à ce chapitre où un homme quasiment inépuisable joue avec deux femmes jusqu’à en posséder une de son poing. Je l’ai tout de suite imaginée s’infliger le même traitement tandis qu’elle avancerait dans sa lecture et ai continué à faire aller et venir ma main le long de ma hampe.

Elle n’est pas allée jusque-là. Mais, quand elle a fini le passage qu’elle me lisait, ses mots étaient devenus quasiment incompréhensibles tant elle gémissait et le point final s’est accompagné d’un grand cri alors que j’inondais mon ventre à grandes saccades.

Une fois mon corps apaisé, je l’ai remerciée de ce moment qu’elle m’avait offert. Elle en a fait de même et m’a félicité pour mon écriture avant de raccrocher.

C’est troublant. Je ne sais rien de plus d’elle que sa voix et un peu de son corps. Et pourtant je peux me vanter de l’avoir fait jouir.

Je garde toutefois un fond de culpabilité. Je n’aurais peut-être pas dû regarder mes notifications avant de commencer à travailler. Cela m’a coûté ma matinée.

Mais, même si je n’ai pas été spécialement productif, je ne peux que m’en féliciter. Je me considère comme un auteur désormais.

Le livre dont il est question ici

Surmenage

Je suis arrivé très tôt ce matin et il n’y a encore personne dans les bureaux. Tant mieux : je vais pouvoir boire mon café tranquillement sans avoir à supporter les habituelles jacasseries autour de la machine. Je ne suis vraiment pas d’humeur à les entendre aujourd’hui. Le message de mon chef, arrivé hier soir très tard et dont je n’ai pris connaissance que ce matin, m’a frustré dans des proportions que je ne pensais pas atteindre via un simple SMS. Il faut me comprendre : un refus de congés motivé par le fait que lui ne sera finalement pas là le reste de la semaine et qu’il faut que j’assure la permanence du service, ça ne s’annonce pas la veille en fin de soirée. Bref…

Mon expresso a fini de couler et je le regarde mornement tout en me disant que cette journée va être très longue, ainsi que celles qui vont suivre, quand je sens qu’on me tapote légèrement sur l’épaule. Je me tourne pour me retrouver nez à nez avec l’intérimaire de la compta, un tout petit bout de femme asiatique qui doit avoir une petite quarantaine et que je me suis déjà surpris à épier du coin de l’œil.

— Pardon, mais tu es au milieu et, autant que je le sache, ce distributeur est à la disposition de tout l’étage.

Cette déclaration aurait pu me faire sortir de mes gonds mais elle l’a dite sur un ton très mutin et avec un sourire désarmant. Je ne peux pas faire autre chose que de m’écarter de son chemin. Ce faisant, je me dis que, si elle a la manière d’obtenir tout ce qu’elle veut comme elle vient de le faire avec moi, cela doit être une sacré nana. Mon trouble s’accroît alors qu’elle s’avance .

—  C’est gentil de me céder le passage, merci. Ôte-moi d’un doute  : je n’ai pas l’impression que tu as une envie folle de prendre ton poste. Je t’offre un café ?

Elle pose sa main sur mon avant-bras pour appuyer sa demande. C’est comme si une bombe venait d’exploser dans mon ventre. Du feu liquide se répand dans tout mon corps. 

Je ferme les yeux un court instant. Puis je passe une main dans son dos et la plaque contre moi. Elle sent bon. Je reconnais Miracle de Lancôme et je le trouve tout à fait adapté à la situation : « La vie est un véritable miracle, n’oubliez pas d’en profiter à chaque seconde ! ». Nos bouches avides finissent par se trouver, nous ouvrons nos lèvres et nos langues finissent par s’exposer dans un ballet endiablé.

Nous tanguons l’un contre l’autre, cherchant à vaincre les obstacles que nous opposent nos vêtements. Ma main gauche file sous sa jupe et remonte le long de sa cuisse. Sa culotte est déjà humide. Je l’attrape alors par la taille et la fait asseoir sur le comptoir. Ses jambes passent par-dessus mes épaules et elle attire mon visage vers son ventre. C’est un tout autre parfum qui émane d’ici, plus musqué mais tout aussi enivrant. De deux doigts j’écarte sa culotte avant de boire à sa source. 

— Ouh Ouh ! Ça va? 

J’ouvre les yeux. Elle est devant moi, un gobelet fumant à la main. Elle me le tend. 

— Tu ne serais pas un peu surmené toi ? J’ai cru que tu allais faire un malaise. Viens t’asseoir. Tu as besoin de prendre des congés je crois. 

Si elle savait…

Tous les goûts sont dans la nature

Ce premier café, bien trop tôt, a une drôle de saveur. Parce qu’il pense à elle qui est à la fois si loin et si proche et qui aime tant l’embrasser entre deux gorgées de son expresso. Elle aime d’ailleurs le faire très souvent une fois qu’il a eu quelque chose en bouche. Elle lui a dit que tout avait une autre saveur une fois que c’était mêlé à sa salive.

Sa gourmandise du soir c’est de lui rouler une pelle juste après son carré de chocolat. Il l’aime fort et boisé. Un peu amer et, elle que cela rebutait, en a découvert le plaisir à travers le filtre de ses lèvres.

Il en vient bien d’autres ensuite, lorsque leurs peaux se frottent. Il adore par exemple la lécher longuement et lui faire ressentir du bout de la langue comme la saveur de son sexe change au fur et à mesure que son plaisir monte. Tout d’abord iodée et marine, elle devient acidulée par la suite et c’est un festin de roi pour lui, qu’il a tout de suite voulu partager avec elle. Elle s’est d’abord récriée de ces interruptions, elle en est désormais friande, au point d’exiger qu’il n’ait de cesse d’embrasser alternativement ses lèvres du bas et du haut jusqu’à ce que l’orgasme la foudroie.

Qu’elle apprécie de  boire son foutre n’a pas été une chose évidente. Trop de garçons le lui avaient imposé et elle leur avait trouvé bien peu de tact quand, sans prévenir, ils déchargeaient au fond de sa gorge. Elle le lui a dit. Alors il s’est retiré au moment fatidique et lui a demandé s’il pouvait jouir sur son ventre. Elle le lui a accordé et, à sa grande surprise, l’a vu lécher ses fluides qu’il avait étalés sur sa peau. Il est venu lui demander ensuite s’il pouvait  l’embrasser. Elle a accepté l’offrande avec joie, débarbouillé ses lèvres de sa semence et trouvé une saveur particulière à ce baiser. Elle le goûte maintenant de toutes les façons possibles.

Ils ont su, depuis, varier les plaisirs et quand tête-bêche ils s’occupent l’un de l’autre, ils s’efforcent de parvenir au même moment au sommet de l’extase avant d’échanger de langoureux baisers, leurs bouches pleines de leurs fluides. Autant l’un que l’autre, ils aiment ce mélange de queue et de chatte, de sperme et de cyprine et se baisent un peu plus longtemps quand leurs langues dansent ce ballet.

Ils pensent maintenant à mêler des aliments à leurs jeux. Pas seulement pour les déguster sur la peau de l’autre. Les aliments peuvent, paraît-il, donner de nouvelles saveurs à leurs corps. Ce sera donc l’occasion de nouvelles combinaisons.

Il n’aurait jamais songé que ce sens devienne prépondérant dans leur relation. Mais Bon Dieu que c’est bon.

Chaud et froid

Image LFDT photographie

Il fait un froid de gueux aujourd’hui. Et le ciel est menaçant. On a même annoncé de la neige je crois. Alors, pour aller travailler, je me suis emmitouflée autant que possible. Tant pis si on ne voit de moi que mes yeux surmontant une silhouette rendue informe par les couches de vêtements que j’ai empilées. Je ne suis pas glamour le moins du monde mais au moins je ne suis pas gelée.

J’arrive en bas du bâtiment qui accueille les bureaux de la société où je travaille. Je porte machinalement la main à ma poche pour prendre mon sésame . Rien. Et là, je le visualise très bien dans le vide-poches de mon entrée. Mince, il va me falloir attendre que les hôtesses du desk arrivent pour récupérer un badge visiteur. Ma journée commence bien. 

— Vous avez des soucis Madame ? 

Je tourne la tête et tombe nez à nez avec un gars que je n’ai jamais vu mais dont je ne peux détacher mon regard. Je suis soufflée. L’hiver ne semble pas avoir de prise sur lui si j’en crois sa tenue : des derbies, un chino, et un manteau léger très cintré qui ne cache rien de sa carrure. Il est taillé dans un V très prononcé et je me dis qu’il doit le travailler très régulièrement. Il doit ressentir mon trouble car, sans qu’il ne me quitte des yeux, je vois un large sourire éclairer son visage. 

Il répète sa question. Je finis par bredouiller que je ne peux pas entrer. 

— Ce n’est que cela ? Vous vous collerez à moi au portillon d’entrée. Et puis nous prendrons l’ascenseur ensemble. Vous allez bien au onzième, non ? 

— C’est tout à fait ça. On se connaît ? 

— Non mais j’ai déjà croisé votre regard à la machine à café. Il est de ceux que l’on n’oublie pas. 

Je rougis et souris sous mon masque. 

— Merci 

Il finit par se présenter. C’est un nouveau du service informatique, fraîchement sorti de son école. La DRH a bien choisi me dis-je avant de le suivre dans le hall. Il sort son badge et me conseille de se coller à son dos. Je m’exécute et sens ses muscles rouler alors qu’il ouvre. J’ai subitement très chaud alors que nous nous dirigeons vers les cabines. 

Nous montons et je vois mon niveau défiler sous mes yeux alors que nous continuons à nous élever. Il s’excuse. Il a machinalement sélectionné le sien. Mais l’éclat de son regard dément ses dires. Nous arrivons au treizième. Tout est encore éteint. Il me propose un café, tranquille, avant que ses collègues n’arrivent. Il pose d’abord son manteau dans son bureau. Je le suis, les yeux vissés sur son adorable cul bombé. Est-il aussi musclé de partout ?

Il fait couler deux expressos. J’ai ôté mon écharpe. Il siffle d’admiration en voyant le tatouage dans mon cou. J’ai habituellement les cheveux lâchés et il ne pouvait pas l’avoir remarqué auparavant. Il y porte un doigt timide

— Je peux ? 

C’est comme si une bombe éclatait dans mon corps quand la peau de son index entre en contact avec la mienne. Je ne peux retenir un soupir et renverse la tête en arrière. Ses lèvres prennent alors le relais. J’ai l’impression de devenir liquide et porte la main en bas de son dos pour le plaquer contre moi. Il résiste un instant. Juste le temps de déboutonner mon manteau et d’en écarter les pans. Puis son corps s’écrase contre le mien. Il bande. Je fonds un peu plus. Je veux le toucher et lance une main vers son ventre. Il me faut sa queue entre mes doigts. Il grogne alors que je le libère avant de me saisir de son sexe. Puis essaie de se frayer un passage sous mes vêtements. Je me prends à maudire toutes ces couches que j’appréciais tellement il y a à peine quelques minutes. Il finit par arriver jusqu’à moi, m’électrisant un peu plus alors qu’il remonte le long de mes flancs en direction de mes seins. Je suis trempée. Je désire cet homme comme rarement cela a pu m’arriver.

La rampe de néons du couloir s’allume soudain et il nous faut reprendre une attitude digne le plus vite possible. Je n’en reste pas moins rouge. Tant pis si on le remarque, je mettrai cela sur un chauffage trop fort par rapport à ma tenue. Il me faut descendre à présent, pleine de frustration

J’ai quand même commencé à réfléchir à tous les prétextes possibles pour mobiliser le helpdesk en espérant tomber sur lui. Je n’aurai de cesse que lorsque je l’aurai. Et la fin justifie les moyens.

Une rencontre virtuelle ?

Il n’a pas croisé âme qui vive aujourd’hui. Cloîtré dans son appartement il a travaillé comme un damné, commençant avant le lever du soleil et finissant bien après que la nuit est tombée. 

Le manque de contact lui pèse se dit-il, alors qu’il finit par envoyer un dernier mail et éteint son PC. Mais que peut-il y faire ? Son boulot est plus que prenant et les restrictions en vigueur interdisent les sorties vespérales. Il essaie bien les applications de rencontre géolocalisées mais les profils qu’il retient ne sont souvent que de passage dans son quartier. Et quand bien même, dans quelles circonstances pourraient-ils faire plus ample connaissance ? Il insiste pourtant, passant quelques minutes à faire glisser son doigt sur l’écran de son smartphone. En vain. 

Jusqu’à ce soir. Un pseudo retient son attention. Beaucoup plus élaboré que ce qu’il peut croiser d’habitude. Il lit la bio. Sybilline mais extrêmement attirante pour son esprit curieux. Alors il like. À sa grande surprise c’est un match. Il hésite un instant. Comment aborder une telle personne ? 

Il n’a pas le temps de se poser trop de question. La notification d’un message reçu tinte à ses oreilles. Il ouvre. Il n’y a qu’une ligne. Un lien. Cliquer dessus ? Et si c’était une arnaque ? Il ne sait rien de son expéditeur après tout.

La suite le fait sourire. Un GIF tiré de Alice au pays des merveilles : « ouvre-moi et goûte au contenu » . Puis c’est Kaa : « aie confiance ». Quelqu’un de malveillant se donnerait-il cette peine ?

Il fait glisser son index. Et finit par presser. 

Son navigateur s’ouvre sur un blog. La page d’accueil est éloquente. Il doit régner ici un érotisme tout aussi raffiné que sulfureux. 

Il se promène un moment sur le site. Et va de surprise en surprise. Si les billets sont autobiographiques, la personne qui les a écrits est un(e) fieffé(e) coquin(e). Car aucun sujet ne lui échappe. Et la sexualité abordée n’a pas de genre ni de nombre.

Il n’a pas pu s’empêcher de porter la main à son entrejambe pendant ses lectures. Et caresse maintenant sa queue dressée avec une entêtante lenteur au rythme d’un récit de slow sex. Il a envie que cela dure longtemps encore. Il se sent bien. 

Il ne peut soudain pas s’empêcher de pousser un juron. La fenêtre vient de se fermer sans qu’il n’ait touché à quoi que ce soit.

Le message qu’il reçoit dans la foulée le rassure autant qu’il entretient son excitation

Vous ne croyiez quand même pas que j’allais tout vous donner le premier soir ? Allons donc. Je ne suis pas si facile que je peux en avoir l’air. Rendez-vous demain soir. Même heure. Soyez ponctuel. Bonne fin de soirée. 

Il pose son smartphone, fou de désir. Mais il se refuse à s’assouvir. Il verra bien jusqu’où il pourra aller avant de demander grâce. 

Voyage (7)

Il ne s’est pas contenté d’une pièce de lingerie lors de ses visites dans l’univers des sex shops en ligne. Il a également commandé un imposant plug en acier massif orné d’une pierre en son embout.

Il est loin d’être débutant mais il a été fasciné par le poids annoncé du bijou. Plus d’un kilo de métal à s’introduire dans l’anus c’est loin d’être anodin et il se demande vraiment comment il arrivera à le tenir en lui. Cela doit demander une sacrée maîtrise de ses muscles. Mais il va relever le défi.

Elle veut le voir ? Elle sera surprise. 

Mettre la clef USB dans le disque dur

Nous sommes connus sur une application de rencontre, de celles où il suffit de les faire défiler pour faire son marché parmi toute une foule d’inconnus. De celles aussi où l’on recherche des coups d’un soir plus que des relations d’une vie. Tu avais d’ailleurs plus mis en avant tes pectoraux que ta culture sur ton profil. Mais qui étais-je pour te juger, moi qui ne faisais que prendre des poses en bikini sur le mien ? 

Quoi qu’il en soit nous avons matché et tu as entamé immédiatement la conversation. Et tu t’es avéré être nettement plus intéressant que la horde des prétendants au français approximatif qui me faisaient la cour. Alors je t’ai donné mon numéro pour que nous puissions aller plus avant. Et, très vite nous nous sommes échangés, outre des photos et des vidéos suggestives, quelques confidences sur des oreillers virtuels.

J’ai par exemple appris que, bien que doté d’une bite que je trouve fort appétissante, ton kiff c’est de lécher ta partenaire. Que pour ce qui est de l’anal tu peux tout aussi bien être donneur que receveur. Et tu as su que je préférais me faire éjaculer dessus plutôt que dedans, que j’avais une jolie collection de sextoys dont certains pourraient t’être agréables et, pour finir que si j’aimais la tendresse, ce qui me faisait grimper aux rideaux c’était l’amour qui fait boum.

Ça fait un moment que nous partageons nos impressions sur Whatsapp et des fichiers dans un Drive que tu as créé rien que pour nous deux. Que je t’écoute me raconter les choses des choses plus qu’osées jaillies de ton imagination. Que je streame les vidéos de tes plaisirs solitaires. Que de ton côté tu fais de même.

Mais j’en ai marre du sexe digital et dématérialisé. Je veux maintenant du plug and play, la connexion physique de nos deux corps. Je veux de la sueur, de la chaleur, un réel partage.

Alors je guette ce moment où, enfin libérés, nous pourrons enfin nous voir IRL et où tu viendras me mettre la clé USB dans le disque dur. Bien profond.

Roulette

Paris est un casino paraît-il. Mais ils n’avaient pas voulu faire de leur vie un jeu de carte. Leur rencontre était tour sauf un coup de poker et il n’y avait aucun bluff entre eux. Alors ils avaient opté pour la roulette. Pair, impair, manque, passe, rouge, noir, cela leur convenait mieux. Croupière, elle avait lancé la roue bien des fois. Joueur, il avait connu la fièvre de l’incertitude, celle de ne plus rien maîtriser. Et cela l’avait marqué.

Au final, ils en étaient sortis tous les deux gagnants et s’étaient jurés de recommencer dès qu’une nouvelle opportunité se présenterait.