Possession

Je demeure interdit un instant, sans savoir que dire, avant de tenter de repousser la porte en bredouillant quelques excuses et en la priant d’attendre. Elle ne m’en laisse pas le loisir et, pressant le paquet contre mon abdomen, me pousse à l’intérieur.

C’est une fois que nous sommes hors de la vue des passants que sa furie se déchaîne. Elle me plaque au mur et se met aussitôt à dévorer ma bouche. Est-ce la passion ? Elle semble douée d’une force peu commune et, cela ajouté à l’effet de surprise, je ne parviens pas à me défendre.

Je n’y avais pas fait attention jusqu’alors. Mais elle est d’une taille sensiblement équivalente à la mienne et nos visages parfaitement parallèles m’interdisent toute retraite alors que sa langue tente de forcer le barrage de mes lèvres. Ses seins, que je sens lourds de désir, se pressent contre mes pectoraux et j’ai carrément l’impression que leurs pointes s’impriment dans ma chair à travers le tissu de son chemisier.

La voilà à présent tout enroulée contre moi vu qu’une de ses jambes vient de passer derrière mes fesses pour assurer sa prise. Elle est une femme lierre qui s’accroche à moi.

La surprise m’avait fait me raidir. Mon corps finit par se relâcher sous son éteinte, à l’exception de mon sexe qui se dresse à présent entre nos ventres.

Elle finit par reculer. Elle a un regard un peu flou.

    — Pardon !  Je ne sais pas ce qui m’a pris

    — Et moi donc ! Quelle mouche m’a piqué de vous ouvrir ainsi ?

Son visage s’éclaire à présent d’un sourire mutin

— Je l’ignore mais vous voilà atteint d’un bel oedème. Qu’il va falloir résorber.

Elle a saisi ma queue.

Space X

Tout s’était bien passé. Il n’y avait pas eu d’interruption dans le compte à rebours et les ultimes vérifications n’avaient montré aucune anomalie. 

La fusée avait donc décollé à l’heure prévue et, désormais, le module habité voguait vers la station spatiale dans le silence profond de l’espace. 

C’était l’heure de la détente dans la capsule. Il ne restait plus que quelques ajustements de trajectoire mais le pilote, un homme très expérimenté s’en chargerait en temps utile.

C’est alors qu’une ombre vint obscurcir le hublot tandis qu’un choc sourd fit vibrer la carlingue. L’équipage, aussitôt en alerte, se mit à chercher les causes de cet incident ? Une collision ? Impossible ! À la vitesse à laquelle ils allaient, ils auraient été immédiatement pulvérisés. Non, ça ressemblait plutôt à un accostage en douceur. Mais qui ? 

Malgré leur entraînement, ils étaient proches de la panique. Il faut dire que la situation était tout sauf conforme à la masse de procédures qu’ils avaient eu à ingurgiter pendant leur préparation. 

Leur stress monta d’un cran lorsqu’ils virent qu’on était en train d’ouvrir l’écoutille qui les reliait à l’extérieur. Ils allaient peut-être se retrouver confronter à une atmosphère toxique pour eux et, quand bien même, ils n’avaient aucune arme pour se défendre en cas d’intrusion. 

Tout était-il perdu ? Ils étaient en tout cas prêts à vendre chèrement leur peau alors que la porte de communication venait de céder. 

  • Salut les gars ! On s’était dit qu’un peu de visite avant l’isolement de l’ISS vous ferait du bien. Ne bougez pas, on va vous mettre à l’aise 

Quatre femmes, entièrement nues, venaient de faire leur apparition à la suite l’une de l’autre, armées de bouteilles de champagne et de flûtes. Leurs lèvres intimes, teintées de rouge et saillantes ne laissaient rien ignorer de leurs intentions, surtout lorsqu’elles se mirent à défaire les combinaisons des astronautes médusés. 

  • Mais ! Par quel prodige ? 
  • Enfin les gars, ne me dites pas que vous ignorez encore que l’industrie du X cherche depuis toujours à être à la pointe de la technologie ! On va s’y mettre. N’oubliez pas de sourire, tout est filmé et streamé en direct. 

Ne restait plus qu’à prendre du bon temps. La mission attendrait. Et, dans l’espace, personne ne les entendrait crier leur plaisir 

Métro Dodo

Il n’a pas fait tout de suite attention quand elle lui a tenu le portillon du métro, se contentant d’un vague sourire pour la remercier. Un geste gentil, ça reste rare mais on est tellement anonyme dans ces mégalopoles. 

Là où il a commencé à se poser des questions, c’est quand elle est venue s’asseoir en face de lui et s’est mise à le dévisager avec insistance. Elle n’avait pourtant pas l’air d’une folle. Mais, franchement, que pouvait-elle lui trouver ? Il a vraisemblablement plus du double de son âge et ne voit pas en quoi il pourrait passionner une nymphette. 

Elle s’est levée pour descendre au même arrêt que lui et lui a emboîté le pas jusqu’à son porche. Sauf qu’elle l’a devancé pour taper le code sur le clavier, pousser la porte et s’effacer pour le laisser entrer. Même manège avant de prendre l’ascenseur. Et elle a tapé sur son étage au moment d’entrer dans la cabine. 

Trop de coïncidences pour que ce soit honnête. Il allait lui poser la question quand elle a passé ses bras autour de son cou pour l’embrasser fougueusement.

Pris par une sorte de sidération, il s’est laissé faire quand elle a fait glisser la pointe de sa langue du lobe de son oreille à la base de son cou. Il n’a pas plus réagi quand elle a glissé ses mains sous son pull pour s’emparer de ses tétons. 

Il était rouge et bandant quand l’ascenseur est arrivé à destination. On aurait pu les surprendre. Il n’y avait personne sur le palier quand elle lui a pris la main et l’a attiré jusqu’à une porte qu’elle a ouverte en un tour de main avant de le pousser dans un canapé moelleux.

Sans dire un mot, elle s’est mise nue et il a pu admirer l’arrogance de son corps mince et juvénile. Lui qui n’en est pas friand habituellement, ne pouvait que mesurer l’effet qu’elle lui faisait à l’aune de la raideur de son sexe comprimé dans son pantalon. Dont elle l’a vite extrait avant de s’agenouiller devant lui et de le prendre en bouche avec un savoir faire peu en rapport avec son âge. 

Il n’était toujours pas sorti de sa stupéfaction quand, après l’avoir couvert d’un préservatif, elle est venue s’empaler sur lui pour littéralement se baiser sur sa queue jusqu’à ce qu’ils crient tous les deux leur plaisir.

Et puis elle a parlé.

  • Je te voulais depuis si longtemps. Tu vas partir dans pas longtemps et il ne fallait pas que je rate cette occasion. Alors je t’ai suivi toute la journée. Quand je pense que je t’ai localisé très vite comme voisin sur les réseaux sociaux mais qu’il m’a fallu tout ce temps pour te coincer. Et tu es à la hauteur de ce que je lisais de toi sur tes posts. Tu restes ce soir ? Il me reste des choses à vérifier. 

Il était ébahi. Mais flatté. Et la proposition, pour indécente qu’elle pouvait être, n’en était pas moins séduisante. Alors il a souri et a fini de se mettre à l’aise. Sa dernière soirée commençait bien. 

Une rencontre à venir

Cela fait quelques temps que je traîne sur ce site de rencontres spécialisé. Sans succès jusqu’alors. Je suis plutôt quelqu’un qu’il faut venir chercher et, paradoxalement, je ne fais pas grand chose pour. Il existe paraît-il un marketing social mais je ne m’y suis jamais intéressé, comptant peut-être un peu trop sur la sincérité de mes mots.

Pourquoi n’ai-je toujours pas supprimé ma fiche alors ? Par paresse sûrement. Parce que, franchement, je n’y crois plus. Pas une seule visite sur ma page durant toute la semaine qui vient de s’écouler malgré une énième mise à jour du texte de mon annonce et de nouvelles photos. 

Mais ce soir je m’ennuie. Alors je parcours les profils sans trop chercher. Jusqu’à tomber sur ce couple. Chose rare, j’ai un profil relativement en adéquation avec ce qu’ils recherchent. Et je les trouve tous les deux très séduisants, tant dans leurs mots que dans leurs images.

Ils sont en ligne. Qui ne tente rien n’a rien. Je leur envoie un message. J’ai aussitôt une notification de consultation de ma page. Et puis un « salut » accompagné d’un emoji souriant. Ils n’ont pas traîné. 

Nous engageons la conversation. Je tombe immédiatement sous le charme. L’élégance de ce qu’ils montrent ne se dément pas au fil des messages et, s’ils me montrent très précis sur leurs attentes, il apparaît que je peux très bien entrer dans leur jeu. Ils ne se privent d’ailleurs pas de me le faire savoir. Mais, et c’est tout naturel, ils veulent en savoir plus sur moi. 

Nous passons une bonne heure à discuter avant de convenir d’un rendez-vous. Il se fera en terrain neutre autour d’un verre. Nous nous connaîtrons d’abord verticalement avant de passer éventuellement à autre chose. Je souris toutefois quand ils m’annoncent le lieu de notre rencontre. Je connais un peu le quartier et je sais qu’il y a un joli endroit où se restaurer et jouer si le cœur nous en dit…

Un dimanche

C’est dimanche. Je suis seul chez moi et je n’ai pas envie de grand chose. Pas même de faire le moindre effort de toilette. Alors, depuis mon lever, je reste nu. De toute façon je n’attends pas de visite et n’ai pas reçu la moindre invitation à mettre le nez dehors. C’est agréable d’évoluer ainsi dans mon appartement auquel les volets mi-clos donnent une ambiance intime et calme.

Est-ce à cause de cela que, depuis quelques minutes je rêvasse, alangui sur mon canapé, en attendant que la bialetti se mette à chanter ? Probablement. Peut-être me faut-il aussi ce temps pour songer à mon prochain texte. 

Le café est prêt. Je m’en sers une première tasse. C’est habituellement celle qui dilate mon imagination, celle avec laquelle je me lance. Mais aujourd’hui c’est la panne sèche. Qu’à cela ne tienne. Ce sera avec la suivante. Alors je me lève et marche vers la cuisine pour me la servir.

Mon attention est soudain captée par mon reflet dans le miroir de l’entrée. Je me trouve beau dans la lumière tamisée qui règne chez moi. L’occasion de faire quelques photos ? Je saisis mon smartphone et prends quelques poses. Je n’ai pas l’intention de faire grand-chose de ces images mais, si elles peuvent lancer ma journée de création, elles sont bienvenues.

Tasse fumante dans une main et téléphone dans l’autre, je regagne mon canapé. Mes clichés ont un rendu qui m’émeut. Je me suis un peu arrondi, alourdi, mais je trouve que cela me confère une nouvelle virilité, plus mûre qu’avant.

Je tiens mon idée : une exhibition par écran interposé. Ce n’est pas un sujet nouveau mais j’aime m’y renouveler. Les mots viennent assez vite.

Soudain on sonne. Mon premier réflexe est de ne pas me lever, de laisser l’importun s’escrimer sur le bouton. Je n’attends personne après tout. Il insiste et  la curiosité finit par me gagner. Je file alors vers l’interphone. C’est une voix tout à la fois étrangère et familière. Comme dans un rêve, j’actionne à distance le verrou électrique avant d’ouvrir ma porte et d’aller me rasseoir dans mon salon. Je ne pense même plus à ma nudité, elle me semble naturelle au vu des circonstances. Juste à l’attendre le plus posément possible en sirotant mon café.

J’entends du bruit dans le couloir. Cette rencontre que nous nous disions inévitable va devenir réelle. Je n’y suis certainement pas prêt. Mais cela n’a désormais plus aucune importance.

Le fantasme va se faire chair.

Un effet bœuf

Image Jodiann Russell on Flickr

De retour dans la région qui m’avait vu naître, l’occasion était belle de renouer des liens fraternels que la vie n’avait que par trop distendus. 

Musicien armateur, il m’avait proposé de le retrouver lors d’une de ses répétitions. L’endroit n’avait pas été facile à trouver mais, une fois sur place, je fus transporté. Qui aurait pu imaginer que là, au milieu de rien du tout, se trouvait un studio qui n’avait rien à envier à ses structures professionnelles ?

Quand j’arrivai, mon frère était sur scène avec ses camarades. Ils travaillaient sur une de leurs compositions, un morceau jazz fusion à la ligne de basse élaborée. Je reconnus tout de suite son style. Il n’avait pas changé. C’était juste nettement plus fin qu’à ses débuts. 

Je fus accueilli avec bienveillance On me proposa un siège. Il y avait des canapés profonds, inévitablement occupés par quelques groupies et les musiciens qui ne jouaient pas.

L’ambiance était bon enfant. Ça buvait et fumait gentiment. Deux ou trois personnes étaient un peu parties mais tout allait bien. 

L’une des filles présentes me prit tout d’un coup à parti. 

– Tu joues de quoi toi ?

Je dus lui avouer que mes années de pianiste étaient par trop anciennes pour pouvoir en tirer quoi que ce fût. Elle sembla déçue 

– Mais j’écris. 

Que n’avais-je dit là. Elle ameuta tout le monde et je fus mis au défi de trouver des paroles au prochain morceau qu’ils allaient travailler, nettement plus rock. 

C’était une base à quatre temps, plutôt punk rock. Je décidai donc de travailler en octosyllabes et l’idée me vint d’une rencontre avec une créature bien montée. Je trouvais le propos tout à fait en rapport avec l’esprit du morceau et mes phrases s’enchaînaient. 

Papier et stylo en main, j’étais devenu durant quelques minutes leur centre d’intérêt et j’eus assez vite une trentaine de vers à leur soumettre. 

– Tu as écrit, tu chantes 

C’était plutôt péremptoire mais j’avais envie de jouer Je montai donc à mon tour sur scène, feuillet en main. 

C’était parti. Ça sonnait plutôt pas mal pour une pure impro et nous fûmes applaudis une fois mon texte terminé. 

Je descendis

– Eh bien, tes mots dépotent, on ne croirait pas à te voir 

Et, avant que je ne puisse la remercier, elle colla ses lèvres aux miennes. 

– Un acompte. La soirée ne fait que commencer Je vais te faire connaître ce dont tu parles, même s’il me faudra un accessoire. Mais j’ai tout le nécessaire chez moi. Tu viens ? 

Il était temps de partir. Mon frère m’adressa un clin d’œil complice en me prenant dans ses bras. 

– Café demain chez moi ? Elle connaît le chemin et nous avons des choses à nous dire. 

Je ne mesurais pas encore à quel point. 

Une rencontre impromptue

Image Renaud Camus on Flickr

Le trajet n’est pas long. Je dois pourtant faire une pause sur une aire d’autoroute pour évacuer un trop plein de café. 

Les toilettes ont bien changé. Fini, les murs constellés de messages obscènes, elles sont devenues presque trop sages. 

Enfin, à bien y regarder, je finis par trouver une « petite annonce ». Elle doit être fraîche si j’en crois les parois récemment repeintes. Il s’agit d’un homme qui veut offrir sa femme à un inconnu. Je souris. Qui croit encore à ce genre de choses ?

Je photographie quand même le graffiti avant de sortir. La lubie de contacter son auteur m’a pris. C’est sûrement une connerie mais j’ai toujours eu envie de savoir ce qu’il y avait derrière le miroir de ce genre de textes. Et, au pire, je passerai pour un idiot. 

J’envoie donc un message. La réponse ne tarde pas. On me donne rendez-vous à l’endroit de l’annonce dans une dizaine de minutes. Il fait jour et  l’endroit est passant. Le risque est donc mesuré. Je réponds donc que j’attends et me poste à proximité des toilettes. Mon rendez-vous attendra. 

La ponctualité fait partie des qualités de ces gens car, à l’heure dite, je vois arriver un couple qui scrute les alentours. Je leur donne une bonne quarantaine. Ils n’ont rien de particulier si ce n’est le collier de cuir qui ceint le cou de madame.

Je leur fais un signe de la main. Ils s’approchent, tout aussi intimidés que moi. Les salutations sont brèves avant qu’elle n’entre dans les toilettes pour homme tandis qu’il se poste pour faire le guet. 

J’entre à mon tour. Elle s’est mise à genoux à côté des urinoirs et s’est dépoitraillée. Je m’approche. Elle défait ma ceinture et ma braguette avant de baisser pantalon et boxer. Puis elle s’empare de ma queue. 

Et là tout change. J’oublie le lieu et le fait que l’on puisse nous surprendre tant sa bouche est un fourreau de velours. Elle m’aspire avec une douceur infinie et me fait aller de ses lèvres au fond de sa gorge avec une sensualité qui détonne compte tenu des circonstances. Ce n’est pas la première fois que je me fais sucer. Mais je ne l’ai jamais été ainsi à ne savoir si je vais jouir tout de suite ou jamais. C’est comme si des ondes de chaleur liquide entouraient mon sexe.

Je souffle. Je gémis. Et m’accroche à ses tempes. Elle accélère et me masse à présent les couilles et le périnée d’une main qui n’a rien à envier à sa bouche.

Je ne vais pas tenir plus longtemps. Je le lui dis, presque dans un cri. Elle me dirige alors vers sa poitrine que j’inonde vite à grands jets. 

Elle se relève après avoir à peine pris le temps de se recouvrir et sort. Je me rajuste à mon tour et gagne le parking. Je constate, une fois dehors, que mes inconnus ont disparu. C’en est presque irréel.

J’ai quand même le souffle court et les jambes flageolantes au moment de monter dans ma voiture. 

Il est temps de repartir. J’ai du mal à croire à ce qui s’est passé

– Merci 

Ce petit mot vient d’apparaître sur mon écran, d’un numéro que je ne connais pas.

Je n’ai donc pas rêvé.

Le docteur

Image apox apox on Flickr

Trouver un nouveau médecin traitant fait partie des choses à faire pour ma nouvelle vie. Alors je suis dans la salle d’attente de celui qu’elle m’a chaudement recommandé pour une prise de contact. 

II n’y a pas grand monde devant moi. Je devrais donc passer assez rapidement. C’est sans doute idiot mais j’ai une légère appréhension. C’est un toubib certes. Il n’en est pas moins un inconnu auquel je vais me confier et je ne sais pas quel va être le feeling entre nous. 

C’est mon tour. Il me fait un signe de la main et j’entre dans le cabinet. Je suis immédiatement frappé par ce que dégage cet homme. Je ne saurais dire s’il est beau, il n’en demeure pas moins qu’il en impose. Son sourire bienveillant fait tomber mes dernières réserves et je me livre sans la moindre hésitation. Tout y passe. J’ai quelques antécédents pas forcément faciles à avouer mais je suis en confiance. 

Vient à présent le temps de l’examen. Il me fait me déshabiller, à l’exception de mon boxer et je m’allonge sur la table. Son auscultation est à l’image de son discours. Prévenante et douce. Je ferme les yeux.

Ce n’est pas du tout déontologique mais je pense à ses mains sur moi et sens immédiatement mon sexe se dresser. S’il s’en rend compte, il n’en fait pas état, mais je me sens horriblement gêné. 

Il se fait plus léger à présent. Plus précis. J’ai la sensation que la palpation se fait caresse. Nous nous regardons. Je crois que nous nous sommes compris car il se penche sur mon visage jusqu’à ce que je sente son souffle.

– Embrassez-moi 

Ces mots sont sortis de ma bouche presque malgré moi. Il sourit et pose ses lèvres sur les miennes. Un simple baiser d’oiseau et il se redresse avant de regagner son bureau et m’inviter à me rhabiller. 

Les dernières formalités se passent comme dans un rêve. Je ne sais plus vraiment où j’en suis et c’est plein de ce trouble que je vais la rejoindre chez elle.  

– Alors ? Ça s’est bien passé ? 

Je ne peux pas ne pas lui dire ce qu’il y a eu entre le docteur et moi. Elle se met à rire. 

– Confidence pour confidence, je ne t’ai pas adressé à lui par hasard. Il m’a fait le même effet et nous nous voyons en privé à l’occasion. Ça ne te dérange pas j’espère. 

Je ne vois pas du tout d’objections à cela. Et mon esprit se met aussitôt à échafauder toutes sortes de scenarii. 

Je vais être bien dans cette ville je crois. 

Révélation

Succomber à une personne de son sexe ? Je n’aurais pas cru la chose possible il y a peu encore. Et puis il y a eu cette soirée 2+2. Une de mes amantes avait convié un couple de ses amis à nous rejoindre pour jouer et essayer d’oublier un peu les vicissitudes du moment. Ce n’était pas la première fois que nous allions nous mélanger. Et j’avais toujours bien vécu la proximité d’un autre homme au cours de leurs parties fines. Mais cette fois, au moment de serrer la main de notre nouveau complice, j’ai senti que les choses n’allaient pas se passer de la même façon. De ce gars, sensiblement du même âge que moi, émanait quelque chose que je n’arrivais pas à déterminer mais qui me troublait terriblement. Peut-être était-ce cette mâle assurance qu’il affichait, cette virilité tranquille et bienveillante dont il semblait auréolé. En tout cas, il me faisait de l’effet.

Et ce n’est pas le fait qu’il ait entamé la discussion en annonçant très simplement qu’il était bi et en me demandant si je l’étais aussi qui avait arrangé les choses. Je n’ai su que bredouiller un vague “non”et, d’une certaine façon, ma réponse m’afrustré. Il n’en a pas pris ombrage et la discussion estt partie sur d’autres sujets.

Jusqu’au moment de passer aux choses sérieuses. Une fois que nous nous étions déshabillés, je n’ai pas pu m’empêcher de jauger sa queue du regard. Circoncise, légèrement courbée vers le haut et de fort belles proportions sans toutefois être énorme, je n’ai pas pu m’empêcher d’imaginer le plaisir qu’elle pouvait procurer.

La suite devait parfaitement l’illustrer. Cet homme était doté d’une vigueur et d’une endurance stupéfiante et allait d’une femme à l’autre sans jamais donner l’impression de défaillir. J’étais fasciné de le voir les baiser ainsi et ce formidable sexe me tentait de plus en plus. Jusqu’à ce qu’il se retire de mon amante pour souffler un peu. Là, je n’ai pas pu résister à la tentation de tendre la main vers lui.

— Prends-la.

Il m’a souri avec bienveillance en se mettant sur le dos pour s’offrir à ma caresse. et je me suis mis à le branler doucement. Sa queue était plus chaude, plus noueuse que la mienne. J’aimais la caresser. J’ai fini par tendre mes lèvres vers son gland avant de le gober. Un homme avait donc ce goût là. Je prenais le temps de le savourer en lui imprimant mon rythme. Ce qu’il semblait apprécier à en croire ses gémissements.

Les deux femme nous regardaient, délaissées pour le moment mais attendries par la scène. Puis mon amante est venue s’asseoir sur le visage du garçon tandis que son amie l’embrassait à pleine bouche en lui caressant les seins.

Nous avons varié les tableaux à l’infini ce soir-là, du moins dans la limite de nos moyens physiques et, finalement, lui et moi nous sommes fait jouir mutuellement sur les poitrines des deux femmes.

Nous avons passé la nuit à quatre dans le lit king size et, quand après le café du matin, ils se sont préparés à prendre congé, je lui ai demandé quand nous nous reverrions. Elles ont ri. Lui m’a embrassé sur la joue avant de me murmurer un brûlant “Bientôt. Nous avons beaucoup à faire ensemble”. J’ai bandé illico.

Vivement qu’ils reviennent. Vivement qu’il soit là à nouveau

Sur le quai

Image Trinh Lè sur Flickr

Mots contraints : Cerise, manette, lunette, correspondance, volet, fauteuil, souris, chocolat, cahier.

J’attends ma correspondance sur le quai de la gare en griffonnant quelques mots sur un cahier quand elle vient s’asseoir sur le même banc que moi. Elle me dévisage avec un regard trouble et ses lèvres se retroussent sur ses dents, comme si elle allait me dévorer tout cru. Cerise sur le gâteau, en se penchant vers moi elle m’offre un point de vue incomparable sur son décolleté. Je lui souris, l’imaginant déjà aux manettes et nous amenant dans un fauteuil vers des plaisirs inoubliables.

Elle pose sa main sur la mienne. Je bande déjà. C’est alors qu’elle chausse une paire d’épaisses lunettes de myope. 

— Oh pardon ! Je vous avais pris pour quelqu’un d’autre ! 

Et elle se lève avant de disparaître dans l’escalier, me laissant chocolat. 

Encore un volet de ma vie de séducteur sur lequel je ne vais pas m’apesantir.