Ce sonnet à ses seins

Ces seins si sensuels que j’ai sous mon regard

Sont de ce monde là une des sept merveilles,

On en est ébloui comme par le soleil

Et ne peut que les aimer à bien des égards.

 

Les prendre dans ses mains et la raison s’égare

Car leur rotondité, à nulle autre pareille,

Donne envie de croquer leurs si tendres groseilles

Et cette perspective me monte au cigare.

 

Je ne me lasserais, si j’en avais le choix,

D’en effleurer la peau de la pulpe du doigt

Ou de les empoigner pour en juger du poids.

 

Pourrai-je les goûter ? Je serais bienheureux

Ils m’inspirent tellement d’élans chaleureux

Et pour les conquérir je serai valeureux.

Guère de religion

En reprenant la contrainte des toupies hurlantes du 23/07/2018

Mais quelle idée avais-je eu d’accepter l’invitation à ce fichu mariage ? Déjà, je déteste ce genre d’événements et là, les deux familles huppées, qui s’unissaient, plus pour concentrer leur puissance qu’à cause de l’amour que se vouaient les deux impétrants, avaient fait les choses en grand question cucuteries convenues. C’est ainsi que je prenais mon mal en patience depuis une bonne heure dans l’église jouxtant le château de la promise. Eglise qui était devenue le théâtre de la messe de mariage la plus ennuyeuse que j’aie jamais entendu. Creuse et moralisatrice, elle semblait tout droit sortie de l’esprit d’un prêtre des plus intégristes. Eût-elle été en latin, je n’en eusse pas été surpris. Mon anticléricalisme était réellement mis à rude épreuve. Et je redoutais, à son issue, le moment tant redouté de la quête au cours de laquelle j’allais passer pour un goujat en refusant de donner le moindre sou au denier du culte. Pas de ma faute quand même si j’avais des oursins dans les poches pour tout ce qui relevait de la religion. Pour tenir le coup, je me faisais mentalement la liste de toute la nourriture et de toutes les boissons alcoolisées qui ne manqueraient pas de trôner sur les buffets du vin d’honneur. C’était hélas insuffisant et je pensai à la flasque que j’avais dans la poche intérieure de mon veston Il était peut-être un peu tôt pour un cognac mais, à tout prendre, mieux valait être saoul pour supporter les inepties qui s’égrénaient en chaire.

C’est alors qu’un jeune homme bien mis de sa personne vint s’asseoir juste à côté de moi. L’écusson armorié qu’il avait à sa veste trahissait sa noble extraction. J’avais quelques notions de hiéraldique que mobilisai à en déterminer l’origine. De gueules à une face d’argent chargée de trois fleurs de lys d’azur. La branche d’Autichamp brise d’une couronne royale d’or en chef. J’avais bien le vocabulaire mais force me fut de constater que ce blason m’était parfaitement inconnu, m’interdisant de déterminer à la famille de qui il était rattaché . Je me contentai donc de présupposer qu’il s’agissait d’un lointain cousin de l’un ou l’autre des promis dans la mesure où il n’avait pas eu sa place aux premiers rangs. En tout cas il paraissait bien dévot, psalmodiant à chaque parole du curé. J’allais m’endormir quand, subitement je sentis une main qui caressait ma cuisse. C’était mon voisin à l’étrange écusson qui avait entrepris ce surprenant massage. D’étonnement, je faillis en faire tomber le carnet de chants qu’on nous avait remis à l’entrée de l’église. Je toisai l’importun d’un air réprobateur. Il me répondit par un sourire sans se démonter. Puis me chuchota à l’oreille :

  • On s’emmerde à mort ici, vous ne trouvez pas ? Suivez-moi.

Un peu interloqué, je ne sus que lui répondre. Un peu troublé aussi par son souffle sur ma tempe.. Il me prit alors la main et m’entraîna dans un recoin de l’édifice. Il semblait le connaître par cœur car nous gagnâmes un couloir secret, lequel nous amena dans une sorte d’appartement. Certainement celui réservé au ministère du culte. Sa main se fit alors plus pressante, caressant maintenant mon entrejambe. C’était surréel. Moi qui, à priori, n’avais rien à faire avec la gent masculine, je me retrouvais à me faire polir le chinois par ce godelureau et, force était de constater que ça ne me déplaisait pas. Il avait les mains longues et fines, les doigts agiles et il fallait que je me concentre pour ne pas souiller mon pantalon. C’est ainsi que mon regard faisait le tour de la pièce, cherchant des points d’attention. La casserole en inox abandonnée sur la table de cuisson par exemple. Oui mais, en regardant son manche, je me mis à penser au mien qui était au supplice là. Vite ! Trouver autre chose ! L’oeuf mollet abandonné sur la table, voilà une bonne idée. Comment trouver quelque chose de sexuel à cette nature morte ? La tension baissa un peu. Soudain mon partenaire lâcha ma queue et me tourna le dos, appuyé sur la table, cambrant exagérément les reins. Nous y étions. Il voulait maintenant que je m’occupe de son plissé. Un frémissement de panique me traversa. Je n’avais jamais fait ça à un garçon mais il m’avait mis dans de telles dispositions que je me voyais mal le lui refuser. Un ange bien peu catholique passa. J’allais baisser mon pantalon. Le sien était déjà sur ses chevilles, révélant un fessier glabre et rebondi. Soudain des cris éclatèrent et j’entendis des coups à la porte. Le charme était rompu. Deux robustes gaillards firent irruption et vinrent prestement enlever mon éphémère partenaire de ma vue. Puis le père de la mariée s’avança vers moi, l’air embarrassé :

  • Pas de mal Monsieur ? Désolés mais notre cousine a perdu l’esprit depuis qu’elle est devenue le premier chômeur de la famille et, en bonne descendante du Chevalier d’Eon, prend plaisir à semer la confusion en se travestissant.

Ainsi l’homme qui m’avait procuré un tel trouble, qui avait fait vaciller des croyances que je croyais inébranlables, n’en était pas un ? J’étais à la fois soulagé et frustré. Soulagé dans mes croyances d’hétéro. Frustré car l’expérience, pour le moins irrévérencieuse, aurait mérité d’être menée à son terme. Mais cette aventure tuée dans l’œuf allait probablement me donner un sujet. Pas de conversation, non. Mon entourage manquait cruellement d’ouverture d’esprit. Par contre, ce serait un chapitre intéressant à coucher dans mon journal intime. En attendant, je retrouvai l’assistance d’un pas lourd. La récréation était finie et la bienséance allait reprendre ses droits. Dommage…