Distance

Je t’ai cherchée longtemps, ne te trouvant jamais.

Et puis il y a eu ce fortuit rendez vous

Auquel tu m’as convié. Et depuis, je l’avoue,

Je n’ai jamais cessé de désirer t’aimer.

 

Virtuelle vision, devenue bien réelle,

Tu m’es lors apparue comme si évidente

Avec ton charme fou qui, désormais, me hante.

Je ne sais si tu sais à quel point tu es belle.

 

S’il n’y avait que ça. Mais tu as de l’esprit

À revendre. Et cela me tente au plus haut point,

Surtout quand tu me racontes à brûle pourpoint

Tes rêves les plus fous et que tu m’y inscris.

 

Je suis loin, je le sais, et manque d’occasions

De nous sortir un peu d’une pénible vie.

Cela n’enlève rien à toutes les envies

De toi que j’ai souvent, ô ma douce évasion.

 

C’est donc trop rarement que tu es en émoi

Sous les draps ou ailleurs mais en ma compagnie

Alors, bien que, systématiquement, tu nies,

Peut être n’attends tu pas vraiment après moi

 

Ton absence me tue, la jalousie me mord,

Lorsque je t’appelle et que tu ne réponds pas.

Et, bien que ça m’amène de vie à trépas,

Crever de ton craving est une jolie mort.

 

Il suffit cependant d’un sourire ou d’un mot

Venant de toi. Alors, la flamme se ranime

Et mes sens se réveillent alors, unanimes,

En un élan qui sait transcender tous mes maux.

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Coup de mou

Perdu dans cette vacuité

Qu’est devenue mon existence.

En aurais je perdu l’essence

Avec mon ingénuité ?

 

Ne reste plus, pour me nourrir,

Qu’amertume et puis désespoir,

Je n’arrive plus qu’à déchoir

Et je me laisse dépérir.

 

Quand cela voudra t il cesser ?

Mes états d’âme me fatiguent

Et je m’use, alors que j’endigue

Les larmes de mon cœur blessé.

 

Prendre du recul, il le faut

Pour à ce marasme échapper.

À nouveau sentir l’agapé

Qui me fait tellement défaut.

 

Balayer alors le passé,

Sans spéculer sur l’avenir

Et accepter de revenir

Au présent, Sans m’en angoisser.

 

Je crois que je détiens la clé,

Ne reste plus qu’à m’en servir.

Alors, je pourrai m’assouvir

Et la boucle sera bouclée.

#ecriturecontrainte2018 (144)

Une contrainte en quête de changement.

J’en avais ras le bol. Vraiment. Au bord du pétage de plomb. Mon entourage, habitué à mes compromis, me découvrait alors dans une logique de tout ou rien et, me sentant hors de contrôle, ne savait que décider entre stop ou encore. Et moi non plus. Bref, j’étais dans un vrai cul de sac existentiel. Alors je m’étais enfui et, réfugié dans cette chambre d’hôtel, l’écriteau “ne pas déranger” accroché à la porte, j’avais commencé à bazarder ma vie en petites annonces, prêt à offrir les frais de port à qui voudrait bien tout prendre. Il me fallait tout recommencer.

 

Fatigué

Ras le bol, plein, le dos, assez, marre,

Un matin vraiment à oublier.

Mon sourire ne peut maquiller

Que je vis un réel cauchemar.

Quand on en perd le sens de la vie

Il est peut-être temps d’en changer.

Frustration, voilà le vrai danger.

J’en ai perdu toutes mes envies.

Dépression ou burn out ? Peu importe.

Un mot sur mes maux n’y change rien.

On dit que le bonheur va et vient,

Mais je crois là que mon âme est morte.

Me foutre en l’air ? C’est hors de question.

Mais changer de monde il me le faut

Tant je ressens dans quel porte à faux

Je me trouve. Et ma sujétion

Est injuste, insensée, inutile

Je dois donc maintenant m’évader.

Et peut-être relancer les dés

Pour pouvoir rebondir. C’est subtil.

#ecriturecontrainte2018 (129)

Une contrainte de fin de cycle.

Houle* Meringue* Etoile* Haie* Alliance* Vague* Cachet* Lupin* Ecrou*

 Il devait penser à sa bonne étoile. Vous aviez échangé vos alliances et, toi dans ta robe meringue, lui dans son vilain costume, passiez sous le lupin lancé par la haie de vos invités.

On aurait pu cependant remarquer ton regard vague trahissant l’ennui dont tu étais déjà envahie. Te remémorais-tu la houle de nos bassins pendant notre dernière fois la veille ? Peu importait. Tu avais apposé ton cachet sur l’acte de mariage, document attestant désormais de ton écrou doré. Et qui, accessoirement, avait tacitement entériné ma disparition de ta vie.

À mon plus grand regret. Au tien aussi, visiblement.

Les mots du 08/02 : café • lapin • clé • collier • vague • havre • chat • dessin • vin

Et un texte autobiographique ?

J’avais choisi ce café comme havre de paix pour notre première rencontre. J’en avais assez de jouer au chat et à la souris avec toi et je voulais donner un coup de collier à notre relation en discutant autour d’un verre de vin. Il y avait une belle histoire à la clé.

Du moins je croyais.

Hélas, au bout de deux heures, je me suis rendu compte du fait que tu m’avais posé un lapin. Il était inutile de me faire un dessin quant à tes intentions à mon égard.

Je suis donc resté seul, avec mon vague à l’âme