Dans les cordes

Mots contraints Promesse, dernier, fascination, voie,  silence, corde, vivant, déranger, danse

Il est plus grand et plus costaud que moi mais c’est pourtant moi qui l’ai envoyé dans les cordes la dernière fois que nous nous sommes retrouvés. Au sens littéral du terme vu que, comme je lui en avais fait la promesse, je lui ai offert sa première séance de Shibari. 

Il est ainsi devenu un tableau vivant de cet art japonais et a même connu les joies d’une danse immobile en suspension entre les mains du rigger auquel j’avais fait appel pour l’occasion.

Les choses se sont déroulées dans le plus grand silence. Sur le coup, nous n’avons pas osé déranger notre initiateur avec des questions qui, pourtant, nous brûlaient les lèvres mais notre fascination pour l’exercice fut telle que nous avons décidé de persister dans cette voie et il revient régulièrement nous donner des leçons.

Les oulimots des copines et des copains  

Exil

Mots contraints : Sensation, rugueux, festivités, médical, jeu, appeler, dehors, exil, foule

Adepte de sensations fortes, il accepta les jeux qu’elle lui proposait et se rendit chez elle plein d’espoir. 

Il ne fut pas déçu. 

Les festivités commencèrent par une nuit sur le sol rugueux d’une cave, ce dont il s’acquitta sans trop de difficultés, mais les choses se compliquèrent lorsqu’il fut appelé à subir des examens, qui n’avaient rien de médical, à l’aide d’une foule d’appareils tous plus inquiétants les uns que les autres. Dedans, dehors, aucune partie de son corps ne fut épargnée.

Il encaissa tous les sévices sans rechigner, ce dont elle se montra fort satisfaite, au point de lui proposer qu’il se mette à son service. 

Il accepta et lui baisa les pieds pour lui marquer sa reconnaissance. Son exil en terre vanille venait de prendre fin.

Les oulimots des copines et des copains

Image Astrid Deschenes / Flickr

Gare à elle

Mots contraints : Trop, enfer, sensation, lumière, perdre, attente, loin, douceur,  variation. 

Cette fois c’en est trop ! Je vis un enfer depuis que je l’ai croisée et j’ai la sensation que je n’ai plus la lumière à tous les étages. Bref, je suis en train de perdre la boule. 

Pour quelle raison ? Cela fait une semaine que je vis dans l’attente d’un mot ou d’un geste de sa part, sept longs jours loin d’elle sans qu’elle ne daigne se manifester. 

Je l’avoue, sa douceur me manque. Mais pas que. Les attentions un peu plus piquantes qu’elle pouvait avoir à mon égard également car jamais je n’avais connu tant de variation que quand elle joue avec mon cul. 

Elle me manque mais il ne faut pas pousser. Je suis à deux doigts de me jeter à d’autres pieds.

Les oulimots des copines et des copains

Préparatifs

Je dois faire attention si je ne veux pas gâcher le produit et perdre du temps. Car, voyez-vous, mon client arrive bientôt, le temps de la séance est limité, tarifé en conséquence et je ne pense pas que le client apprécie que le fait de préparer devant lui le lubrifiant avec lequel je vais le prendre fasse partie du cérémonial

Alors je dose avec d’infinie précaution la poudre et l’eau pour obtenir un gel qui ne soit ni trop collant ni trop liquide, quelque chose qui ait la viscosité parfaite pour faire pénétrer des jouets de plus en plus gros dans le cul de l’homme qui me paie pour cela, en préparatifs du bouquet final : mon avant-bras jusqu’au coude. 

Vous ne pouvez pas imaginer le nombre de mecs qui sont prêts à mettre le prix pour cela ni, parmi eux, ceux qui le font en cachette d’une épouse qui ne le sait que trop bien mais qui trouve le truc trop dégueulasse pour mettre le sujet sur la table ou mettre la main à la pâte si vous me permettez cette expression. Moi ça m’arrange. Ils me sont fidèles à leur manière, ils n’insistent pas pour rester une fois leur affaire faite et, surtout, ils me permettent de vivre en marge d’une société dans laquelle je ne me reconnais plus. 

Ça y est, le mélange est parfait. Juste à temps, j’entends des pas dans le couloir. Il est ponctuel comme à son habitude. Le jeu va pouvoir commencer. 

Romance

Mots contraints : Île, chercher, jamais, dessus, casser, solaire, lune, bois, tête

Je n’aurais jamais pu seulement rêver d’un baiser de sa part.  Vous imaginez donc ma tête quand un beau jour elle m’a demandé à brûle-pourpoint si j’avais envie de lui casser le cul. D’autant plus que joignant le geste à la parole, elle s’est mise à quatre pattes devant moi et s’est troussée jusqu’à la taille pour m’offrir la vision de sa lune. Rester de bois était parfaitement impossible. Céder à sa demande sans la moindre préparation aussi. Je suis donc allé chercher préservatifs et lubrifiant avant de lui passer dessus.

Ce fut divin.

Je savais que mon amie des îles était une personne solaire. J’ai alors découvert qu’elle pouvait aussi être une sacrée coquine.

Les oulimots des copines et des copains

(image Tresore Prada Hawkins / Flickr)

Chacun son tour

Je sais parfaitement que si je ne respecte pas sa volonté c’en est fini de cette belle soirée et, plus même, de la complicité qui s’est créée entre nous au fil des messages. Je suis donc sa consigne, poussant même le geste en plissant les paupières.

Elle rit.

  • N’exagérons rien ! À moins que tu n’aies décidé de te moquer de moi, ce qui va se payer très cher !

Il y a de l’amusement dans ces dernières phrases. Mais pas que. Je m’en rends compte immédiatement alors qu’elle vient presser quelque chose sur mon œillet.

Les choses sérieuses viennent de commencer. 

Chacun son tour

Elle reste ainsi, mon gland au bord de ses lèvres, à m’interroger du regard quelques secondes qui me semblent interminables mais je n’ose briser le silence lourd de sens qui s’est fait entre nous. Elle finit par le rompre

  • Tu m’as presque rendu folle avec ton chaud et froid. Mais résisteras-tu au doux supplice de ma bouche ? Sache que quiconque s’y est aventuré à fini par crier grâce. Ou plutôt supplié pour que je l’achève.

Ses yeux ont eu un éclat indéfinissable quand elle a prononcé ces paroles. Mais je suis allé trop loin pour reculer. Je me dois d’assumer 

L’éveil

Ce n’est qu’au bout d’une dizaine de pressions et de retraits qu’elle finit par avaler le jouet de verre en poussant un soupir que je devine triomphant. Elle vient, tout autant que moi, de faire tomber la dernière de ses limites. La suite promet. 

Je maintiens le plug en elle quelques secondes, le temps qu’elle s’accoutume aux dimensions de l’objet. Puis, tout doucement, je le retire. Elle pousse un gémissement et j’y entends sa frustration. Alors je la comble à nouveau, tout aussi lentement. Et puis je recommence.

Je sens ma queue se redresser doucement tandis que je la tisonne.

Image Kitten Zer0 / Flickr

Préparation

Je fais courir la pointe du plug le long de sa colonne vertébrale avec une infinie lenteur. Est-ce le froid ? La douce griffure de la pointe de verre ? Quoi qu’il en soit son corps s’arque sous ma caresse jusqu’à ce que je vienne m’arrêter à la lisière de sa raie. 

Elle enfouit alors sa tête entre ses bras et replie ses cuisses sous elle afin de réhaussser sa coupe. Elle est maintenant offerte, les reins creusés et son cul se balance sous mon regard que son œillet froncé semble sonder . Elle est tout à la fois obscène et tellement délicate. 

Gueule de bois

Il doit faire grand jour alors que j’ouvre péniblement un œil. C’est en tout cas ce que me dit la lumière qui perce à travers les volets. J’essaie de rassembler mes esprits, même si une migraine atroce me vrille le crâne.

Un premier regard circulaire me rassure un peu. Au moins je suis dans ma chambre. Parce que je n’ai aucun souvenir de comment j’ai pu y arriver. La dernière chose dont je me souviens c’est cette fille avec qui je m’étais chauffé il y a quelques jours, qui tenait absolument à me rencontrer « parce que je suis fan de tes œuvres » et que je suis allé rencontrer dans un bar hier soir. Alors oui, nous avons pas mal picolé. Mais de là à ce que ça me provoque un trou noir pareil…

Mon mal de tête me donne la nausée. Il me faut un cachet. Je me lève. Ça tangue encore alors que je me dirige vers la salle de bain. La cuvette des WC me fait de l’œil pendant un bref instant. Je résiste et essaie d’avaler un Doliprane. J’ai la bouche trop sèche et ça ne suffira pas. Alors je fais fondre un comprimé de citrate de bétaïne dans le verre qui me sert usuellement à ranger ma brosse à dents. Je manque tout rendre. J’ai vraiment pris une cuite incroyable on dirait. Et pourtant j’ai la sensation diffuse d’être revenu ici sur mes deux jambes. Mais alors que s’est-il passé ensuite ?

Je comprends tout quand je rentre dans le salon. Il y règne un désordre indescriptible et ça pue un mélange d’herbe froide, et d’alcool éventé. Nous avons dû nous finir chez moi. Mais ça sent aussi le stupre et la fornication. Et il y a une culotte sur la bouteille de bourbon qui trône sur la table basse. Nous avons donc baisé ? J’espère qu’elle en garde un bon souvenir. Parce que moi… 

Il y a aussi un mot. 

Cher ami, 

Je voulais savoir si tes actes étaient à la hauteur de tes œuvres. J’ai eu un peu peur d’être déçue au début tellement tu étais réservé. Alors quand nous sommes allés chez toi j’ai tenté ma botte secrète en sortant de mon sac le Jack qui ne me quitte jamais. Et là, au bout de trois verres, tu es devenu un autre. Tu as commencé par déclamer des vers tellement crus que j’en ai mouillé ma culotte. Je te l’ai dit. Tu t’es agenouillé devant moi et tu me l’as arrachée. J’ai défait ton pantalon. Tu bandais. Un peu mou certes mais je t’ai vite fait reprendre vigueur avec ma bouche. Tu me l’as d’ailleurs littéralement baisée  avant de me basculer sur le canapé et de t’occuper de ma chatte. Tu m’as d’abord fait miauler. Puis crier. Je ne sais pas si c’était l’alcool mais tu semblais ne jamais pouvoir t’arrêter de me limer. Il me fallait faire une pause, j’étais trop échauffée. Tu ne l’as pas vu ainsi et, le temps que mon sexe refroidisse, tu m’as proposé de t’occuper de mon cul. Nous sommes repartis pour une nouvelle cavalcade. Tu as improvisé une ode à la sodomie pendant que tu me besognais.

Et puis tu as eu envie d’un nouveau verre. Celui de trop. Il t’a foudroyé net. Alors je suis allée te coucher. Je vais te laisser, je n’aime pas finir ma nuit avec un garçon la première fois. Mais je suis heureuse de t’avoir découvert. Surtout ta part d’ombre. 

Bisous. 

Viviane. 

P. S. Tes vers sont gravés dans ma tête. Pas sûre qu’ils soient restés dans la tienne. Si tu veux les récupérer, tu sais où me trouver.