Dommage…

(Photo Rüdiger Dr Radkte-Harder on Flickr)

 

Il détestait cette impression de suer la tristesse. De se murer chaque jour un peu plus dans le désespoir. D’être un de ces astres morts qui s’effondrent sur eux-mêmes et dont même la lumière ne parvient plus à s’échapper.

Et il se souvenait parfaitement de quand c’était le contraire. C’était il y a peu. Il rayonnait, il était solaire. Mais il avait fini par imploser.

Il s’était retrouvé à la croisée des chemins, attendant un mot. Ou un geste. Qui n’étaient jamais venus. Qu’il n’avait, en fait, pas su aller chercher.

Il s’en était fallu de peu. De presque rien.

Attraction des extrêmes

Il y avait quelque chose de magique dans leur relation. Il ne s’étaient vus que trop rarement, faute de temps, et n’avaient échangés que quelques baisers. Et pourtant ils nourrissaient l’un pour l’autre une affection sans défaillance. Peut-être parce qu’ils étaient chacun à une extrémité de la chaîne alimentaire et qu’ils se complétaient. Elle était débordante de vitalité, menant de front plusieurs vies et se montrait dévorante dans ses relations. Il était plutôt réservé, calme et réceptif. Elle le faisait sortir de sa zone de confort. Il lui en apportait une. Et leur équilibre était sûrement dans ce juste milieu

Une nouvelle rencontre

Nos agendas ont fini par coïncider. Et, comme la météo est radieuse, elle m’a donné rendez-vous sur cette terrasse que je sais ne pas être loin de chez elle et où elle m’a dit qu’elle serait plus à son aise. J’ai respecté son choix. Son bien-être avant tout. Je m’y présente un peu en avance. Je veux m’imprégner de ces lieux qui lui sont familiers, comme si ça pouvait me permettre de mieux la connaître. Le lieu est cosy, bien à l’image du raffinement que je lui prête. C’est bien. Je m’installe à une table un peu isolée. J’ai envie d’une sorte d’intimité pour cette rencontre. Je commande un café en l’attendant, une façon de me donner une contenance. Je suis légèrement intimidé à l’idée de la voir sans Lui.

Et puis elle arrive. À la fois élégante et sexy dans une petite robe bleue qui la met merveilleusement en valeur. Elle me révèle ainsi tout le galbe de ses longues jambes et, si je relève les yeux, ils se perdent dans un joli décolleté qui laisse entrevoir l’arrondi de sa poitrine. Je me lève et l’invite à me rejoindre d’un léger signe de la main. Elle s’approche et nous nous embrassons. Sur la joue. Le baiser est toutefois délicieusement appuyé. Nous nous asseyons, face à face. Je la regarde avec envie.

Mon téléphone bipe. Un message. C’est Lui. Il me demande si elle est bien arrivée. Il veut aussi une photo de nous deux. Pour partager ce moment avec nous. Nous obtempérons. Il y a quelque chose de très excitant à Lui faire part de ce rendez-vous galant. Même si, quelque part, Il en est l’instigateur.

La conversation s’engage. Nous parlons de tout et de rien sans nous quitter des yeux. Mais, assez vite, nous glissons vers le sujet de nos attentes et nos désirs. Chose étrange, nous ne l’avons jamais abordé en chat. Comme si nous attendions d’être en tête à tête pour nous livrer. Je lui fais ainsi part de mon envie de caresser sa peau dont je n’ai pu jusqu’à présent qu’imaginer la texture. Elle ne me détrompe pas sur sa douceur. Un peu enhardi, je laisse courir mes doigts sur son avant-bras. Sans la lâcher des yeux. Elle me sourit et ne le retire pas. Mais elle a les pommettes légèrement empourprées et ses yeux brillent un peu plus fort.

Je finis par retirer ma main. Une belle complicité entre nous est en train de naître, j’aime ça. Je crois qu’elle aussi. D’ailleurs elle ne manque pas de me le faire savoir en faisant délicatement glisser son pied nu le long de ma jambe sans me quitter des yeux. Cette caresse me met dans tous mes états et elle ne manque pas de le remarquer. Elle semble savourer le trouble qu’elle a provoqué en moi et en remets une couche en faisant glisser un index mutin le long de ma joue. Puis elle se lève, se penche vers moi et murmure à mon oreille qu’elle doit me laisser un moment. Une petite course à faire pas loin.

Je ne sais sur quel pied danser. L’accompagner ? J’en ai une folle envie. Mais un fond de réserve me cloue sur mon siège. Jusqu’à ce message. Une photo d’elle. La bretelle de sa robe a glissé sur son épaule, laissant apparaître sa lingerie. En seul commentaire le nom d’une boutique et un : “viens”.

Il me faut prendre sur moi pour ne pas courir la rejoindre. Je règle nos consommations et pars à sa recherche. Ce n’est pas loin. Un joli magasin de dessous. La vendeuse me dit que madame est dans la cabine du fond. J’ai le sang qui bat à mes tempes. Je pousse le rideau. Elle me tourne le dos et son soutien-gorge est dégrafé. Elle me demande si je peux l’aider. Je m’approche pour ce faire et elle bascule la tête en avant. J’ai sa nuque offerte sous les yeux. Je ne peux m’empêcher d’y poser mes lèvres. Elle soupire et vient appuyer son dos contre mon torse. Je l’enlace, les mains d’abord sur sa taille. Puis je les fais remonter vers sa poitrine. Je sens ses tétons s’ériger sous mes doigts. Ses fesses, collées contre mon bassin, ne doivent rien ignorer de l’effet qu’elle me fait. Je l’embrasse maintenant dans le cou sans cesser mes caresses.

Finalement elle se dégage et se retourne face à moi, torse nu. Le soutien-gorge est tombé. Je porte aussitôt ma bouche à ses seins. Je les embrasse, les aspire entre mes lèvres, les mordille. Elle gémit et tangue sur ses jambes.

Nous avons envie d’aller plus loin mais soudain nous entendons une voix inquiète derrière le rideau qui demande si tout va bien. Nous allons devoir arrêter là pour aujourd’hui. Mais, avant de partir, elle porte ma main à son ventre. Sa culotte est trempée. Elle me dit en souriant qu’Il va être content. Je porte mes doigts à mes lèvres. Le goût est divin et j’imagine aisément Son plaisir quand elle le rejoindra. Je me permets toutefois de lui proposer une variante. Elle m’offre ce slip en souvenir et elle repart avec celui que je compte lui proposer. Elle acquiesce. Il sera ravi de cette initiative me dit-elle. Et, comme elle connaît parfaitement sa taille dans les modèles proposés ici, je n’ai qu’à choisir. Je décide qu’elle portera un ravissant tanga assorti à sa parure. Je passe en caisse et demande à la vendeuse médusée de couper les étiquettes. C’est pour porter immédiatement lui dis-je. Puis je retourne à la cabine. Je fais glisser sa culotte le long de ses jambes. Puis lui passe la nouvelle. Elle frissonne.

Nous finissons par sortir sous le regard circonspect de la commerçante. Il est temps qu’elle Le rejoigne. Nous nous embrassons, les lèvres mêlées maintenant. Puis elle me regarde dans les yeux et je vois le plaisir qu’elle a pris à cette rencontre. Elle me donne rendez-vous très bientôt et monte dans sa voiture. Elle démarre et me salue d’un geste gracieux de la main.

C’est une fois rentré que je reçois un message. elle Lui a tout raconté. Cela Lui a plu. Il me remercie également pour mon attention et le cadeau que j’ai fait à sa femme. Le geste les a touchés. Ils ont tous les deux hâte du prochain épisode. Je les assure de la réciproque. J’ai envie de savoir où nos envies nous mèneront.

Un autre voyage (20)

L’une comme l’autre, les deux femmes ont perçu son mouvement. Celle qu’il léchait recule d’un pas et le saisit au menton. 

  • Vous caresser la queue ne vous suffit pas on dirait. 

Elle n’attend pas sa réponse. 

  • Relevez vos jambes. 

Il s’exécute et, après lui avoir ôté ses chaussures, elle fait suivre le même chemin à son pantalon et son boxer. 

Il a maintenant le bas du corps complètement nu. 

  • Repliez vos jambes sur votre torse

Il se sait parfaitement obscène dans cette posture, le cul offert et la queue tendue. 

La contrôleuse le reprend dans sa main. 

L’autre femme s’agenouille. 

Un autre voyage (19)

Tout entier aux caresses qu’il prodigue, il ne s’est pas senti mollir. Et c’est quand la contrôleuse se saisit de lui qu’il se rend compte du fait qu’il a légèrement baissé la tête. 

Pas pour très longtemps. 

Les doigts qui enserrent maintenant sa hampe ont peut-être des ongles règlementairement courts, la façon qu’ils ont de se mouvoir sur sa queue lui rendent très rapidement vigueur et rigidité. 

Voire même plus. 

Ils lui donnent l’idée d’une fouille. Qu’il n’ose pas encore formuler de façon distincte. Mais que son corps réclame alors qu’il bascule imperceptiblement le bassin afin de proposer son cul. 

Un autre voyage (18)

Il veut quand même goûter jusqu’au bout cette première victoire. Les entendre gémir sous ses caresses en signe d’abdication. 

Il continue donc à s’appliquer et agacé maintenant les deux clitoris qu’il a à sa disposition. 

Il s’amuse de leur différence. Celui sur lequel il a son index est plutôt du genre timide et il a fallu aller le sortir de sous son capuchon pour qu’il puisse enfin s’exprimer. C’est tout le contraire de celui qu’il suce. Lui, protubérant et fier de sa taille, est presque venu forcer les lèvres venues à sa rencontre.

Sont-ils des reflets de leurs hôtesses ? Probablement 

De cuivre et de graphène

Mes dernières expériences en matière de lecture d’anticipation remontaient au Cycle des Robots d’Isaac Asimov pendant mes années estudiantines. C’est vous dire si je ne suis pas un assidu du genre

Mais, poussé par la curiosité, j’ai commandé “De cuivre et de graphène” de KeoT. Je le suis sur les réseaux sociaux car il anime un atelier de micronouvelles et j’ai voulu en savoir plus sur son activité littéraire en dehors de cet exercice.

Le moins que l’on puisse dire c’est que je n’ai pas été déçu. Au cours des six nouvelles que comporte l’ouvrage, l’auteur nous embarque dans des univers tout à la fois futuristes et très proches de ce que nous pouvons vivre actuellement. Au point que j’ai eu quelques frissons en terminant chaque texte en me disant que cela pourrait très bien nous arriver.

Une mention spéciale à celui qui clôt l’ouvrage. KeoT a su insuffler une émotion incroyable à une histoire qui pourrait glacer à priori. Non pas que les précédentes en manquent, bien au contraire. Il y a beaucoup d’humanité dans ces histoires technologiques. Mais j’ai été particulièrement marqué par cette nouvelle finale

Je ne déflorerai rien. Mais, si vous êtes friands de ce genre de littérature, courez vous procurer “De cuivre et de graphène”. Vous ne serez pas déçus.

Un autre voyage (17)

Pas évident de lécher une femme debout devant soi alors qu’une autre offre son intimité à la pulpe de vos doigts.

Il s’efforce pourtant de se multiplier afin de donner tout autant de plaisir à l’une qu’à l’autre. 

Avec succès semble-t-il. Le goût qu’il a en bouche a en effet légèrement changé pour devenir un petit peu plus acidulé. Il adore cela. Quant à celle qu’il caresse, le clapotis qu’il entend alors qu’il bouge ses phalanges en elle lui donne une excellente idée de l’effet qu’il lui fait. 

Il est peut-être temps à présent de faire permuter ses deux amantes. 

Un autre voyage (16)

Il agit à l’aveugle, le visage contre le pubis de sa camarade de voyage. Mais son index arrive rapidement à l’endroit où les nymphes de la contrôleuse se rejoignent.

Il s’arrête un instant infinitésimal sur le capuchon du clitoris et hésite juste le temps qu’il faut avant de se laisser guider jusqu’à l’entrée du vagin de l’agent de la SNCF. 

Laquelle se tend sur son siège et écarte un peu plus les jambes pour le laisser s’aventurer plus loin.

Il l’a à peine touchée et, pourtant, elle est déjà trempée sous ses doigts.

Et tellement douce, chaude.

Un délicieux écrin. 

Un autre voyage (15)

Pendant qu’il s’affaire en haut des cuisses que l’on lui a présentées, la contrôleuse ne perd pas son temps. Elle s’est assise à côté de lui, a pris sa queue en main et le branle doucement. 

Il est regrettable qu’elle porte un pantalon se dit-il. Je pourrais lui rendre la pareille sinon. 

Il tend tout de même la main droite vers son ventre. La caresser à travers le tissu sera mieux que rien. 

Elle tombe sur un doux frisottis qui lui agace délicieusement la paume. La coquine s’est montrée prévoyante et s’est mise à l’aise. 

Il descend un doigt mutin. 

Tous les prétextes sont bons

Mots contraints : Chat, jouet, chinois, retard, rose, espace, enceinte, punition, main

— Vous ne me croirez jamais, mais j’ai été le jouet d’un drôle de truc en venant. 

— Dis toujours. 

— Eh bien figurez-vous que j’étais dans l’enceinte de la gare pour venir vous rejoindre quand on nous a tout à coup annoncé le train ne partirait pas tout de suite à cause d’un colis suspect

— Et ? 

— Il s’est avéré qu’il s’agissait d’un chat dans une boîte. Avec un nœud rose. Et qu’il était à la fois mort et vivant. 

— Foutaises ! Et dire que, l’espace d’un instant j’ai été prête à te croire. 

— Mais je vous assure ! 

— Tais-toi maintenant ! Et suis moi dans mon bureau ! Tu devras te polir le chinois devant moi pendant un temps équivalent à celui de ton retard. Soit une heure, montre en main.

— Chic ! J’adore ! 

— Sans te faire jouir, banane ! 

— Outch ! C’est en effet cruel comme punition… 

Un autre voyage (14)

Il sait qu’il doit s’appliquer. Les deux femmes ont été aux petits soins pour lui et il désire tellement leur rendre la pareille.

À tout seigneur tout honneur. Il commence avec celle qui lui a échauffé les sens depuis le début du voyage. 

Elle le saisit aux tempes pour le guider et il darde  une langue avide vers les nymphes luisantes de désir qui lui sont offertes.

Elles ont un parfum musqué qui l’enivre. Il en veut déjà plus et les prend entre ses lèvres.

Il aurait voulu en connaître les saveurs mêlées de bulles. 

Ce sera probablement son entracte. 

Un autre voyage (13)

Cette pelle phénoménale prend fin et il ouvre les yeux. Pour voir s’avancer vers lui le bassin nu de sa compagne de voyage. Il est orné d’une toison fournie mais, visiblement très bien entretenue.

  • Vous avez eu la bouche fraîche pour vos lèvres du haut, je l’aurai chaude pour les miennes du bas. 
  • Je vous la cède bien volontiers. Et vais perdre de la salive un peu plus bas. Il en aura besoin je crois. 

La femme passe la main derrière sa nuque et plaque son pubis contre son visage. 

Elle sent à la fois la douche et le désir.