20180922 : oulimots

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Une verte contrainte.

Le vert est paraît-il la couleur de l’espérance. C’est ce que me dis en contemplant mon Perrier menthe  alors que, contrairement à l’accoutumée, tu es en retard. Et, à bien y réfléchir, cette couleur est une des composante essentielle de notre relation.

Déjà notre rencontre. Je m’en souviens très bien. Je cherchais un logement dans l’Essonne et j’avais fait appel aux services de l’agence Green Acres. En tant qu’agent chez eux tu m’avais proposé un logement à Vert le Petit. Et, alors que tu me le faisais visiter, j’avais été plus impressionné par tes courbes que par les volumes dont tu me faisais l’article. Ta généreuse poitrine ne demandait qu’à jaillir de ton chemisier de soie émeraude et je n’arrivais pas à en détacher mes yeux. Tu avais remarqué que je louchais dessus et, au lieu de me réprimander vertement, tu m’avais pris par la main pour me guider, d’abord vers la chambre, puis vers les boutons qui allaient faire céder les dernières barrières de tissu entre nous. Les gémissements de plaisir que tu poussas ensuite alors que je te caressais me firent vite prendre conscience du fait que j’avais la main verte pour ce qui était de cultiver notre jardin secret. Car, bien que nous eussions cédé si facilement l’un à l’autre, tu avais quelqu’un dans ta vie et moi aussi. Ce qui ne nous empêcha pas d’enchaîner des rendez-vous qui amenèrent autant d’étreintes, et ce, jusqu’à ce que nous finissions par trouver la  garçonnière qui devait m’accueillir pendant ma mission en île de France.

C’était donc pour célébrer cette signature que je t’avais invitée au restaurant la 7ème épice dont j’avais entendu le plus grand bien, notamment au niveau des cocktails. J’avais cru t’épater avec mon Gin to’Mint du Sichuan. Quelle ne fut alors pas ma surprise quand tu commandas un Last Word. Ce breuvage n’était pas des plus courant bien que remis au goût du jour dans les années 2000.  Je t’en fis part. Tu m’avouas alors ton faible pour la Chartreuse dû à tes origines iséroises. Et, une fois ton verre terminé, que ce serait probablement très difficile de se revoir maintenant que l’alibi de ton mandat auprès de moi ne tenait plus. Et tu partis. J’étais vert.

Alors aujourd’hui, alors que nous avons enfin trouvé un prétexte pour nous retrouver, je triture dans ma poche le trèfle à quatre feuilles que j’ai ramené d’Irlande, comme pour conjurer le sort alors que tu n’es toujours pas arrivée…

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20180921 : oulimots

De drôles de cadeaux pour mon anniversaire : Mensonge, Faux-semblants, Trahison, Orgueil, Domination, Partage, Lâcher-prise, Fouet, Vanille

J’ai cinquante ans aujourd’hui. Et j’ai l’orgueil de penser qu’il s’agit de la meilleure période de ma vie. Alors, bien sûr, j’ai été plus sportif, plus mince plus érudit au cours de ce premier demi-siècle. Mais je ne connais que maintenant cette belle sensation de lâcher-prise, loin des faux-semblants qui me pourrissaient la vie jusqu’à présent. Et cela a donné un coup de fouet à une existence trop rangée. Petit bémol, le collectionneur que je suis n’a pas de montre à la couronne au poignet. Mais je considère que ce serait un mensonge si je devais dire que je n’ai pas réussi ma vie. Ce serait une trahison faite à toutes les belles personnes qui sont entrées dans mon univers ces derniers mois. Car l’amour que je ressens pour chacun d’entre vous exerce sa douce domination sur tout le reste et ça me fait me sentir bien. Alors je partage ce bel anniversaire avec vous. Et m’en vais souffler les bougies sur le gâteau à la vanille qui m’attend. C’est virtuel peut-être. Mais je vous sens si proches.

20180920 : oulimots

Des aveux sous la contrainte des oulimots du 20/09/2018 : gauche, symphonie, canapé, sans fard, honte, castrer, fidèle, bande, ventre.

J’ai dû trop longtemps masquer mes désirs multiples sous le vernis de l’homme fidèle, les castrer en fait, et je n’ai plus envie de ça. Maintenant, je me dois d’assumer sans honte que je conjugue mes amours au pluriel. Et, quel qu’en soit le prix, je papillonnerai désormais à gauche et à droite au gré de mes rencontres.

Alors j’aime me repasser la bande son de mes envies quand je suis seul sur le canapé la nuit. Cette symphonie sans fard, que je me suis mis à composer depuis peu, me donne d’agréables papillons dans le ventre. C’est tellement bon.

20190919 : oulimots

Sous la contrainte des oulimots du 19/09/2018 : béotien rétrograder, tangente, arriviste, furibarde, itératif, grégaire, tendancieux, érotomane.

L’Homme a paraît-il l’instinct grégaire. Je dois alors faire figure d’exception. Je préfère en effet prendre la tangente dès que l’assemblée devient trop nombreuse. Et cela me vaut hélas de rétrograder dans la hiérarchie des membres de sa cour. Ce qui, je pense, peut la rendre furibarde. L’abandonner ainsi entre les griffes d’érotomanes aussi arrivistes que tendancieux. C’est dommage. C’est comme ça. Et si je ne l’avais fait qu’une fois. Mais je ne connais que trop bien le côté itératif de mon comportement. En parfait béotien des choses de l’intrigue amoureuse, je n’ai jamais su m’imposer auprès d’elle. Tant pis.

20180918 : oulimots

Sous la contrainte des oulimots du 18/09/2018 : Rêve, Route, Demain, Passé, Charme, Village, Chienne, Vidange, Ouate

Demain, à l’aube, quand j’aurai quitté le village, il sera probablement nimbé de la ouate d’un triste brouillard automnal. Et, en reprenant la route, j’aurai la désagréable impression d’être passé dans ta vie juste le temps d’une nuit, comme un rêve.

Tout semblait si bien se passer pourtant entre nous. Qu’est-ce qui a rompu le charme ? Je n’en ai aucune idée. Mais ce que je sais c’est qu’il va falloir que je me vidange la tête. Pour t’en faire partir. Non pas que je le veuille. Tu auras tant été pour moi. Mais j’en souffrirais trop sinon.

Chienne de vie.

 

20180917 : oulimots

Sous la contrainte des oulimots du 17/09/2018 : Montgolfière, Lama, Évader, Aube, Jaune, Silence, Humble Embellie, Jouir.

Quelle embellie ce fut dans ma vie, ce moment où tu m’as permis de te faire jouir. Je me souviens si bien du silence de cette aube où, après t’avoir  retiré le dernier rempart de tissu qui te restait, un tanga jaune pâle, j’ai enfoui ma tête entre tes cuisses. Te sentir t’évader vers les rives de l’orgasme sous mes humbles caresses fut une révélation pour moi. J’ai, depuis, le projet de créer un ashram. Mais je n’en serai pas le lama, non. Il sera sans autorité. Une sorte de lieu de liberté entièrement dédié au plaisir sous toutes ses formes. Et ça me rend léger. Je pourrais m’envoler tel une montgolfière si je me laissais aller. Et, après, me laisser dériver au gré des vents. C’est peut être cela la recette du bonheur. Et je te la dois.

20180916 : oulimots

Une drôle de balade sous la contrainte des oulimots du 16/09/2018 : Margarine,  orgeat, nougat, oraison, frondaison,, lac,  chien, furtif, luth.

Mais quelle idée avais-je eu d’aller m’enterrer à Oraison ! Il y avait quand même nettement mieux pour déguster une mauresque sous les frondaisons. Car, je l’avoue, j’ai un faible pour ce trait de sirop d’orgeat dans mon pastis. Mais je m’égare.

J’étais donc venu dans ce riant village des Alpes de Haute Provence pour les beaux yeux d’une Dame du Lac rencontrée au bord du Léman qui, après m’avoir ensorcelé, m’avait promis monts et merveilles à l’occasion de nos retrouvailles quand elle était partie en m’adressant un baiser furtif. Et, maintenant que j’étais là, elle me jouait un air de luth sur la partition de la femme fidèle. Bref, je pouvais aller me faire beurrer la raie avec de la margarine si j’imaginais parvenir à mes fins avec elle. J’avais eu beau lui montrer mon sexe turgescent en lui demandant si c’était du nougat, elle était, comme lui, restée inflexible.

Ne me restaient plus donc que les plaisirs de l’apéritif méridional à défaut de quoi que ce soit de plus charnel. Et, un peu paf, je fredonnais tristement une chanson sur un petit oiseau qui s’était blessé suite au bris de la branche d’oranger sur laquelle il s’était posé.

L’amour est un chien de l’Enfer.

20180915 : oulimots

Un esclavage contraint par les oulimots du 15/09/2018 :

neuf anagrammes de neuf lettres : Algériens, Galériens, Grenelais, Lanigeres, Réalignes, Régaliens, Glenerais, Ralignees,  Engrelais –

J’ai souvent assisté à ces scènes où de pauvres hommes étaient échangés contre quelques dinars alors que je grenelais quelques pièces de cuir  au fond de mon échoppe ou que je les engrelais.

Et on peut dire que, capturés par des pirates barbaresques (on dirait algériens de nos jours), ces pauvres prisonniers, constamment réalignés sur le marché aux esclaves, n’avaient pas vraiment de belles perspectives devant eux. La plupart d’entre eux allaient finir galériens ou, s’ils pouvaient répondre par l’affirmative à la question : “tu glènerais ?”, finiraient leur vie comme loveurs. Certains deviendraient ouvriers agricoles, chassant les pucerons lanigères. Rares seraient ceux qui, ayant tapé dans l’oeil de quelque princesse, allaient pouvoir leur assurer des services régaliens. Avec la mise en garde préalable disant que qui assurera lignées à l’une d’entre elles se verra émasculé séance tenante et que les bâtards nés de cette union seront prestement éloignés des palais. Je n’aurais  pas envié cette pression sur résultats.

Alors je peux dire que je l’ai échappé belle quand l’épouse de mon maître a fait des pieds et des mains pour m’avoir. Et elle m’a bien eu depuis. Je suis au service de Monsieur la journée de Madame la nuit. Et, pour épuisantes que soient ces journées sans fin, elles ne sont pas désagréables au final. Surtout quand je pense au sort de mes congénères.

20180914 : oulimots

La fin d’une histoire sous la contrainte des oulimots du 14/09/2018 :

féerie, lumière, roue, bateau, surprise, rue, noir, inoubliable, plénitude

Quand je poussai la porte de la chambre, quelle ne fut pas ma surprise de la trouver dans le noir. Il me semblait pourtant que la lumière était allumée quand je l’avais laissée. Elle avait dû vaguement émerger et n’avoir le courage que de presser l’interrupteur avant de sombrer à nouveau. Je n’eus pas le cœur de la réveiller malgré mon désir. J’étais certes un peu déçu mais je préférais la laisser à la plénitude de son sommeil. Je refermai donc la porte et commençai à me rhabiller. Puis je sortis de l’appartement et descendis l’escalier.

Je lui avais laissé un mot pour lui dire à quel point son initiation aux choses réelles de l’amour resterait inoubliable pour moi. Pas un post it, non. Un fichier Word plutôt, laissé ouvert sur le bureau de son PC. Je lui disais notamment que j’aimerais avoir d’autres bulles de temps avec elle, comme celle que nous venions de passer ensemble. Pour prolonger la féerie de ces moments de communion charnelle. Bref, une sorte de déclaration amireuse. Que je ne  trouvais pas vraiment brillante. J’avais beau avoir essayé de ne pas être trop bateau dans la construction de mes phrases, je ne pouvais m’empêcher de penser que je n’avais toujours pas trouvé la formule pour la séduire. On verrait bien si elle allait me rappeler.

Une fois dans la rue, je jetai un dernier coup d’œil à ses fenêtres, toujours obscures et  m’éloignai doucement, à la fois heureux et triste. Ça avait été de bons moments. C’était désormais derrière moi. Chemin faisant, je n’eus de cesse que de regarder l’écran de mon smartphone. En vain. Pas la moindre notification de sa part. Pour me rassurer je me dis qu’elle devait encore dormir.

Toujours pas de nouvelles au bout d’une semaine. J’en pris mon parti. J’avais été un aimable sujet d’expérimentation, point barre. Il me fallait passer à autre chose. La roue avait tourné, tant pis. J’essayai de l’oublier dans d’autres bras. Sans jamais vraiment y parvenir. Et puis, un soir, alors que j’étais en train de chatter, essayant d’attirer dans mon lit une énième conquête, l’écran devint noir. Puis une paire de fesses apparut tandis qu’une phrase flottait en lettres de feu : “same player shoot again”. Je les reconnus aussitôt. C’était les siennes. Puis : “press enter to continue, cancel to exit”. Je m’exécutai et validai avec une impatience non feinte. L’image disparut et j’entendis sa voix me murmurer un “viens” langoureux. Puis tout s’éteignit. Je pris ma veste, un grand sourire aux lèvres. Ça recommençait.

20180913 : oulimots

Des souvenirs de vacances sous la contrainte du 13/09/2018 des oulimots :

Bikinis, ristourne, miroitant, réminiscences, débroussailleuse, calamar, coquecigrue, billevesées, obédience.

J’aime profiter des dernières réminiscences de l’été pour partir en vacances au bord de la mer. Déjà les voyagistes sont plus enclins à faire des ristournes pour peu qu’on arrive à couper court à leurs billevesées sur des destinations improbables. Et puis, une fois sur place, quoi de mieux que d’apprécier la baignade sans subir la foule des vacanciers ?

Alors, bien sûr, le taux de bikinis au mètre carré est bien moindre qu’en juillet ou en août. Mais je n’en ai cure. Au contraire, leur rareté fait tout le charme de leur découverte et, quand je les aborde, elles ne sont pas lasses d’avoir entendu toute la gamme des coquecigrues que peuvent déclamer les dragueurs de toutes obédiences qui écument les plages durant les congés d’été. Il m’est donc plus aisé de parvenir à mes fins. D’abord en les invitant au restaurant autour d’une assiette de calamars farcis par exemple. Puis, pendant la petite balade d’après repas, de leur voler un baiser après leur avoir parlé longuement de Mars et Vénus aperçus au dessus des flots miroitants  sous la voûte céleste. Cette obédience céleste est si prégnante que rares sont celles qui, à ce moment, résistent à une douce étreinte dans les dunes. Ce sont souvent des aventures sans lendemain. Parfois des numéros sont échangés et l’histoire un peu plus suivie. Quoi qu’il en soit, cela reste toujours de beaux souvenirs. Et, quelle que fut la durée de la relation, j’avoue que j’ai aimé chacun des moments passés avec mes conquêtes. Je les ai aimées elles aussi, ne fût ce qu’un instant. Souvent plus longtemps.

Mais cette chienne de vie reprend à chaque fois ses droits et je rentre dans le rang. Jusqu’aux vacances suivantes. Et, durant ce laps de temps, je me contente de passer la débroussailleuse dans mon jardin secret afin d’éviter qu’il n’étouffe, activité manuelle pas des plus passionnante mais qui s’avère parfois nécessaire. Il faut ce qu’il faut.