Pentecôte

Pentecôte n’a pas été chômé pour tout le monde et il m’a fallu me lever tôt ce matin pour aller assurer la permanence au bureau. Pas grave, j’ai été tiré de mon sommeil par un rêve particulièrement cochon une demie heure avant que ce ne soit le réveil qui ne le fasse et j’étais dans d’excellentes dispositions pour attaquer la journée. 

La pépinière d’entreprises dans laquelle j’exerce était déserte lorsque je suis arrivé et j’en ai profité pour prendre mon temps à la machine à café. C’est alors que j’ai remarqué que, si la fenêtre de l’espace détente donnait sur un bout de pelouse jouxtant une grande avenue, elle pourrait être un fond idéal pour une photo un peu dénudée. 

Il me fallait faire vite. Du monde pouvait arriver à tout moment. Je me suis déshabillé en quatrième vitesse et j’ai commencé à prendre des poses suggestives. Je me suis amusé jusqu’à ce que j’entende le sas du bâtiment s’ouvrir à l’étage au-dessous. Heureusement qu’il régnait un silence de cathédrale dans le bâtiments, loin de l’effervescence habituelle 

J’ai sauté dans mes vêtements tout aussi vite que je les avais quittés et j’ai essayé de me faire une contenance lorsque la patronne de la boîte de bio-tech qui occupe les bureaux tout proches est entrée. Sous ses airs cool d’étudiante attardée, j’ai pu entendre à travers les portes alors qu’elle mettait les choses au point avec quelque collaborateur, qu’elle était un vrai bulldozer. 

J’ai donc été extrêmement surpris quand elle m’a lancé un sourire qui n’avait rien d’amical mais tout de gourmand en prenant son expresso. Puis quand elle est venue se planter devant moi et a posé sa main sur mon torse.

— Jolis pectoraux. Tournez-vous à présent afin que je puisse vérifier si l’envers vaut l’endroit. 

Je me suis exécuté dans un état second. Je ne savais pas quelle mouche l’avait piquée, juste qu’elle était capable de me faire virer si je n’obtempérais pas.

— Les mains sur le mur maintenant ! Et cambrez-vous bien !

Puis une légère tape 

— Ce petit cul mérite que l’on s’y intéresse. Venez dans mon bureau. 

Je l’ai suivie. Et c’est une fois que je me suis retrouvé les mains sur son sous-main et le pantalon aux chevilles et qu’elle m’a dit que j’étais un vilain garçon à vouloir créer des accidents sur la voie publique que j’ai compris. Elle avait été une spectatrice assidue de ma petite représentation en arrivant et elle avait décidé de prendre sa part.

Que vouliez-vous que je fisse ? Je lui ai offert tout ce qu’elle attendait de moi. Vraiment tout. Je suis un prestataire de services après tout 

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